Guerre de 23

Les Russes auraient adopté les tactiques de 14. Ils lancent leurs repris de justice sur les tranchées adverses. Ce qui leur permet de savoir où il y a du monde.

Mais les Ukrainiens ont trouvé leur point faible : la vie humaine ne compte pas, le matériel, si. Donc il faut leur en prendre, ou en démolir, le plus possible. Voici ce que disait la BBC, qui a un correspondant en première ligne, hier.

Que nous préparent tous ces gens qui renvoient la Russie et « l’OTAN » dos à dos ? Une apologie d’Hitler et de Staline ?

La division chez l’ennemi

Apparemment, comme l’avait prévu un article cité par ce blog, M.Poutine laisserait se faire massacrer le groupe Wagner. Comme au temps des SA, son chef est devenu une menace pour le pouvoir.

Les Ukrainiens ayant vu la faille sont prêts à de grosses pertes, pour une chance de victoire définitive. On est apparemment parti pour un grand massacre. (La BBC, hier.)

Qu’en déduire ? Que décidément M.Poutine a beaucoup de difficultés ? Mais qu’il n’est pas prêt à prendre tous les risques, pour gagner ? Au moins que certaines prévisions se réalisent…

Un train peut en cacher un autre

Règlement de compte en Russie ? Le propriétaire de la milice privée Wagner ne chercherait-il pas à remplacer l’armée et à prendre la pouvoir, comme le firent les SA de Hitler ? M.Poutine va-t-il avoir recours aux méthodes de ce dernier, dans les mêmes circonstances ? (Article.)

Peut-être ne faudrait-il pas se préoccuper que d’arrêter les chars russes, mais se demander que faire de la Russie ?

Faut-il chercher à l’empêcher définitivement de nuire, ou doit-on penser qu’elle est nécessaire à l’équilibre mondial ? Et qu’elle finira bien, comme la France et l’Allemagne, par se civiliser ?

La transition climatique de M.Poutine

« L’isolation d’une maison au Royaume-Uni ne réduit la consommation de gaz que pendant la première ou la deuxième année, toutes les économies d’énergie disparaissant à la quatrième. C’est ce dit une étude de Cambridge, qui suggère que toute économie réalisée par l’installation d’une isolation écoénergétique est annulée par une augmentation constante de la consommation d’énergie. » (Nouvelle de l’Université de Cambridge)

Est-ce différent chez nous ?

Les systèmes naturels ressemblent à des thermostats. De même qu’il ne sert à rien d’ouvrir une fenêtre pour faire baisser la température d’une pièce qui en possède un, de même, une réforme qui ne comprend pas le système qu’elle veut changer échoue.

Résultat de systémique qui n’est pas enseigné à l’ENA. Mais certainement au KGB : M.Poutine a été plus efficace que toutes les réformes. Il a trouvé le levier du changement.

Discours guerrier

Ukraine. Après avoir annoncé une Blitzkrieg, M.Poutine parle maintenant d’une guerre longue. Explication : c’est une guerre avec l’OTAN. M.Poutine joue la montre, en se disant que jusque-là il s’est toujours sorti d’affaire. Mais il n’est pas prêt à faire partir la planète en fumée. En fait, ce n’est pas un chef de guerre. Il manquait d’expérience, il a sous-estimé le problème ukrainien. (Emission de BBC4, treizième épisode de « Putin ».)

Rassurant ?

(Suite du billet précédent.)

Printemps nucléaire

Créons un prix Nobel de l’innovation sociale ? Cette année, on aurait pu le donner à M.Poutine.

Il a certainement beaucoup appris de l’Américain, qui sait qu’aucun engagement n’est définitif, et qui, par exemple, met une entreprise en faillite pour liquider la dette contractée auprès des retraités. L’innovation de M.Poutine est bien plus remarquable : elle est nucléaire.

Il envisage d’utiliser la bombe atomique, et bombarde les centrales nucléaires.

Comment éviter les conséquences imprévues de l’innovation sociale ? Relire Elinor Ostrom ? Le nucléaire pourrait être décrété « bien commun » et contrôlé par l’humanité, et non par M.Poutine.

Il devrait en être heureux : cela se nomme le « communisme ».

Agression systémique

M.Poutine est le « fléau de Dieu », en quelque-sorte. Il cherche la faille de l’ordre mondial pour abattre l’Occident.

Au fond, il est dans l’air du temps.

Depuis quelques décennies, il y a tout un mouvement, qui consiste à attaquer les cultures nationales dans ce qu’elles ont de plus fondamental. Cela se fait au nom de « droits de l’homme », qui ne sont plus entendus comme ils le furent initialement. (Ce qui intéresse les ONG, au Qatar, est-ce le sort des ouvriers qui meurent sur les chantiers, ou celui des Qatari qui ne peuvent pratiquer ouvertement leur sexualité ?)

Peut-être serait-il temps de marquer une pause et de s’interroger sur l’efficacité du procédé ?

Guerre cognitive

L’armée se préoccupe désormais, un peu tard ?, de guerre cognitive (article).

Phénomène curieux. La propagande russe est tellement efficace que l’on n’entend même pas ce que dit réellement, tous les jours, M.Poutine. Au contraire, on s’interroge s’il n’a pas quelques raisons de vouloir réinstaller l’URSS dans ses frontières.

C’est étonnant à quel point on peut être manipulé. En lisant les cours de physique de R. Feynman, je me rends compte que cela n’a rien à voir avec ce qui m’a été enseigné. Par exemple, on m’a annoncé la mécanique quantique par des équations tombées du ciel. Or, elle a été mise au point tout différemment. On a poussé à ses limites la mécanique classique. On a alors comparé la réalité à la théorie, et on a cherché une modélisation qui collerait au comportement réel, sans lui chercher la moindre interprétation. C’est ainsi que procède Planck avec le « rayonnement du corps noir ». D’ailleurs dès qu’il aborde un sujet qui m’a été enseigné comme parole d’évangile, il s’empresse de dire : « c’est honteux, mais il faut commencer par là, pour des raisons pédagogiques ».

Cela a des conséquences massives. Mes professeurs étaient des « idéalistes », les physiciens dignes de ce nom sont pragmatiques. Ils ne prétendent pas que la nature a des lois que l’esprit peut comprendre. En revanche, c’est très clair dans le livre de Feynman, ils cherchent à acquérir une « intuition » des phénomènes physiques, comme le navigateur a une « intuition » du vent.

Ce n’est probablement pas la fin de l’explication. Alors que l’on m’a toujours dit que « j’avais un esprit de synthèse », je trouvais les exercices de synthèse d’une bêtise insigne. On nous faisait travailler sur des textes de théorie des sciences écrits par de pompeux inconnus. Or, pour moi, la synthèse, c’est le sens. Là, il n’y en avait pas. Sinon l’insupportable contentement de soi de l’auteur.

En fait, tout l’enseignement français tend à sélectionner l’esprit abstrait. La matière, mathématiques, physique, lettres, ne compte pas. Elle est transformée en exercice. A trop vouloir sélectionner, on crée la bêtise artificielle ?

Réchauffement climatique, ou hiver nucléaire ?

Ce blog a été créé pour observer les changements en cours. Cela fait plus de 14 ans que ça dure. Au début c’était le chaos, le « dégel » de la théorie de Kurt Lewin. L’espoir venait de ce que personne ne semblait avoir de certitudes. Puis on a vu apparaître de nouvelles aspirations. Le besoin de « sens ». Et une série de crises. Une à une, les faiblesses de notre modèle de société sont attaquées.

Maintenant, les choses changent à nouveau. Le doute s’efface. M.Poutine et Xi semblent mal vieillir. Ils se racornissent et s’enferment dans ce qui pourrait être de la paranoïa. Ils sont prêts à sacrifier l’humanité à des rêves de grandeur misérables. Paradoxalement, il se peut que leurs deux empires aient une même caractéristique : ils sont fragiles.

Après l’univers bureaucratique et technocratique, et ses blocs, que nous avait légués la seconde guerre, il est possible que nous entrions dans un nouvel ordre mondial. Une anti thèse à la Hegel. Un monde à la fois morcelé, instable, mais armé jusqu’aux dents de centrales et de missiles nucléaires ?

Qui ne tue pas renforce ?

Faut-il croire M.Poutine ?

Faut-il croire M.Poutine ? se demandaient, à peu près en même temps, la BBC et Alain Finkielkraut.

L’Occident a-t-il trahi la parole donnée à M.Gorbatchev ? M.Gorbatchev avait explicitement approuvé la possibilité d’extension de l’OTAN. Cela tenait à ce qu’il avait besoin d’argent pour son pays et était prêt à faire des gestes de bonne volonté. Ce qui m’a rappelé, effectivement, de très vieux souvenirs. On se demandait, à l’époque, si l’Allemagne devait être dans l’OTAN, puisqu’elle contenait désormais la RDA. Je crois me rappeler qu’une partie de l’opinion de l’Ouest n’avait rien contre une Allemagne neutre.

En fait, il ressort de ces émissions et d’autres que M.Poutine est un esprit fruste, modelé par le KGB, mais frustré de ne pas avoir appartenu à son élite. Il veut reconstituer l’URSS. En conséquence de quoi, il doit reconquérir une partie de l’Union Européenne. Et il l’a dit explicitement, il y a quelques années, en menaçant l’Ouest d’une guerre nucléaire si celui-ci n’obtempérait pas. Dans ce plan, l’Ukraine comptait peu. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle résiste. M.Poutine est la réincarnation de Picrochole.

L’émission d’A.Finkielkraut revenait sur la question de la solidité de l’empire russe. Lors de l’effondrement de l’URSS, l’Occident a tout fait pour qu’il ne se disloque pas. Car il pourrait se transformer, comme après la révolution russe, en une collection de royaumes de chefs de guerre. Cette fois-ci armés de la bombe atomique. Une invitée se demandait s’il n’aurait pas mieux valu les laisser s’entre-déchirer. (Ce qui enchanterait une Chine qui a horreur du vide, me suis-je dit.)

Le plus curieux est, peut-être, pourquoi nous posons-nous ces questions ? Pourquoi se demander si quelqu’un qui parle de « dénazification » et cherche à asservir un peuple peut avoir la moindre justification ?