Faites la guerre

IMF raises Russia growth outlook as war boosts economy
Russia’s economy will expand much more rapidly this year than previously expected, according to the IMF, as President Vladimir Putin’s military spending feeds through into wider growth.

Financial Times, hier

M.Poutine prouve-t-il que le crime paie ?

En tous cas, il montre à quel point l’Occident a chu. Il serait bien qu’il envisage de relever sérieusement son niveau de jeu.

PS.

Le PIB français est resté stable au quatrième trimestre 2023 et a progressé de 0,9% sur l’ensemble de l’année, après 2,5% en 2022, a annoncé ce mardi l’Insee.

La Tribune, hier

Et si l’on envahissait Monaco ?

Orient mystérieux

D’abord, les services secrets israéliens ont été surpris par le Hamas. Ensuite, Israël semble avoir choisi la méthode Poutine pour régler les problèmes de la région. Les otages ne comptent pas. Et on liquide l’ennemi. Y compris, peut-être bien, le Hezbollah. Et, pour le moment, il n’y a pas de réactions. Lien de cause à effet : les services secrets israéliens avaient-ils correctement perçu que leurs adversaires étaient faibles ?

(Toujours tactique poutinienne : les médias occidentaux vont-ils finir par se lasser ?)

En tous cas, cela va à l’envers de ce que préconisait un précédent billet : une prise en main internationale de la région, pour trouver à ses tensions une solution définitivement pacifique.

Le mur

La force de la BBC est de faire des émissions historiques passionnantes. Cette fois, il s’agissait du mur de Berlin. On est à côté des dirigeants est-allemands, et même d’un Vladimir Poutine, qui assiste, impuissant, aux événements.

La chute du mur tiendrait à une bourde. Les dirigeants est-Allemands avaient prévu de permettre la sortie d’Allemagne de l’Est par un dispositif compliqué, fait pour doucher les enthousiasmes. Mais le responsable de la communication s’emmêle dans ses papiers et répond incorrectement à une question d’un journaliste, ce qui déclenche un mouvement de foule, qui a raison du mur de Berlin et de l’Allemagne de l’Est. Apparemment Gorbatchev n’en est pas mécontent. Y compris si cela signifie la réunification des deux Allemagnes.

L’histoire, celle-là en particulier, tient-elle à une bourde, ou est-elle un rouleau compresseur ?

(Une autre émission, sur la Chine cette fois, rappelait qu’elle ne s’est pas dissoute avec les autres pays communistes. Elle a écrasé les revendications populaires.)

Trump et Poutine

M.Trump est l’espoir de M.Poutine ? Mais, si M.Trump n’est pas élu, M.Poutine jettera l’éponge ?

Je lisais que l’on se demandait pourquoi les Occidentaux n’avaient pas donné aux Ukrainiens les armes qu’ils ont fini par leur donner. Peur des représailles et stratégie du voleur chinois ? Volonté de faire traîner la guerre en longueur pour user les ressources de M.Poutine ?…

Pas de complot, simplement « de bruit et de fureur » comme dit Shakespeare ?

Concordance des temps

Hier soir, il n’y en avait que pour M.Prigogine.

Pour une fois, ce blog ne s’était pas trompé. En fait, contrairement à ce que l’on entend, cela fait probablement depuis longtemps que les jours de M.Prigogine étaient comptés. Ce blog avait repéré un article qui comparait la milice Wagner aux SA nazis. Il prévoyait une Nuit des longs couteaux.

Dans ce monde qui semble perdre la tête, voilà qui est rassurant, il y a au moins une chose qui ne change pas : le totalitarisme ?

Saga Trump

La vie de M.Trump n’aura été que grand spectacle. A tel point que plus rien. de ce qui lui arrive ne semble spectaculaire.

Et pourtant. Il est actuellement jugé pour ce qui, dans un autre pays, aurait été appelé un coup d’Etat. Un temps puni par la peine capitale, après un jugement expéditif.

(Et, aujourd’hui, il dénonce la justice, alors que c’est le principe même de la démocratie américaine, et que, lui-même, est allé, avec une armée d’avocats, de procès en procès.)

Et pourtant, pour démontrer quelque-chose qui est aussi évident, il faut des années de travail, des empilages de preuves, et même l’ensemble des tweets de M.Trump…

En Russie ou en Chine, quelqu’un déplaît au pouvoir, il disparaît dans un cul de basse-fausse.

Pas étonnant qu’autant de gens trouvent M.Poutine sympathique : tout est tellement plus simple avec lui ?

Prigogine

Que va devenir M.Prigogine ?

Lors de sa journée de manifestation, les commentateurs que j’ai entendus, ne donnaient pas lourd de ses chances de survie. Les émissions parlant d’espions russes, que j’écoutais alors, leur donnaient raison : lorsque l’on trahit, en Union Soviétique, on est liquidé.

Depuis, il n’est plus question de lui. Il reviendrait en Afrique, lit-on parfois. Mais est-il possible de pardonner ?

Je soupçonne que M.Prigogine a tenté un coup de bluff. D’après ce que j’ai entendu, M.Poutine a divisé les forces armées russes, pour régner. Il a sa propre milice. Ce qui est aussi vrai de chaque homme fort local. L’armée, en elle-même, ne semble pas très vigoureuse. L’élite guerrière n’est pas dans ses rangs. Quant au peuple, il paraît amorphe. Pour vivre heureux, vivons cachés. L’assaut de Moscou était un appel à ces forces. Si elles s’étaient coalisées, M.Poutine aurait dû obtempérer. Ce n’a pas été le cas, M.Prigogine a reculé.

Eu égard à la fragilité du dispositif sur lequel repose le pouvoir de de M.Poutine, il semble difficile qu’il ne puisse faire autrement que de se montrer ferme. Je crois que M.Prigogine a accepté son sort.

Quant aux Ukrainiens, il semble que la situation leur sourit. M.Poutine aurait perdu ses meilleurs combattants. Il semble difficile maintenant de faire autrement que de lancer un assaut aussi méchant que possible, afin de négocier une trêve aussi avantageuse que possible ?

Vladimir Kara-Murza

Vladimir Kara-Murza a fait de brillantes études en Angleterre, et possède un passeport de ce pays, mais il est aussi russe, et s’oppose à Vladimir Poutine. Il a survécu par miracle à deux empoisonnements, mais n’a pas voulu quitter son pays. Il vient d’écoper de 25 ans de prison. Il a une quarantaine d’années, mais, sa santé ne laisse pas espérer qu’il survive longtemps.

Il y a de martyrs de la foi. Il y a eu les dissidents russes. Comment peut-on être martyr ? Il est possible qu’être convaincu d’avoir raison permette d’endurer tous les tourments.

Tendre Poutine

La guerre d’Ukraine ne doit pas se terminer de façon humiliante pour M.Poutine, dirait M.Macron.

Surprenant. On lit qu’il commet des « crimes contre l’humanité », il déclenche une guerre qui fait des centaines de milliers de victimes et détruit un pays, et il faut ménager son amour propre ? Pauvre chéri ?

Les paroles de M.Macron doivent être le coup de pied de l’âne. M.Poutine croit un grand destin à sa nation. Or, depuis qu’elle s’est effondrée, elle est considérée, à la façon Macron, avec condescendance. Et, en plus, par quelqu’un que M.Poutine doit mépriser.

Guerre psychologique ?

Iraq, 20 ans après

Suite de l’enquête de la BBC, sur la guerre d’Iraq.

L’Iraq s’est instantanément dissout. Le spectacle qu’il donne fait penser à l’histoire de l’URSS au temps de la Glasnost. Simplement, il n’a pas été repris en main par un M.Poutine. Le chaos y règne toujours.

Cela a été une défaite complète pour l’Occident. Mais peut-être pas celle que l’on croit. En effet, comme au Mali ou en URSS, le monde était convaincu de la capacité de l’Occident à apporter la paix et la prospérité. Après tout, l’Iraq est un pays riche de ressources naturelles. Le spectacle ridicule qu’il a donné a fait douter de l’Occident. Quant aux opinions publiques occidentales, elles ont perdu toute confiance en leurs élites, qui les avaient menées en bateau.

En outre, une fausse leçon aurait été tirée de cette déroute. L’Occident ne serait plus intervenu, lorsqu’il aurait fallu le faire… M.Blair, à qui ce reportage réussit, explique qu’on ne le croyait plus, alors, qu’au contraire, c’était parce qu’il avait commis des erreurs que son expérience avait un intérêt. (Quel dirigeant français aurait reconnu s’être trompé ?)

A l’envers cela a encouragé M.Poutine à intervenir. En soutenant les dictatures, et en ne les lâchant pas. (Leçons de l’expérience occidentale ?)

L’Ukraine pourrait aussi être une conséquence de l’Iraq. Seulement, M.Poutine a commis la même erreur que M.Bush. Et, nouveau rebondissement paradoxal, il a redonné du poil de la bête à un Occident en pleine détresse existentielle.