Libanisation de l’Ukraine ?

Ukraine. Les tanks russes passent à l’offensive et font reculer l’armée ukrainienne. Situation compliquée. Armée faible, de plus en plus constituée de seigneurs de guerre qui veulent jouer un rôle politique. L’Ouest use de la sanction. Mais les sanctions ne marchent pas si bien qu’on le dit. Y compris en Iran. Cependant, M.Poutine a un point faible. Son opinion n’aime pas que ses soldats se fassent tuer. Ce qui est le cas. L’idéal, pour lui, serait une Ukraine anarchique.
En Allemagne, un équivalent du Tea Party s’impose, à l’extrême droite. Après die Linke, à l’extrême gauche. Politique devenant chaotique, et Mme Merkel contrainte à la rigueur. En France, la tendance Rocard aurait pris le pouvoir avec M.Valls. Europe. La crise a renforcé le rôle des nations, au détriment de celui de l’UE. Angleterre. M.Cameron va bien mal. Subitement, les indépendantistes écossais gagnent des points ; l’aile droite de son parti se révolte ; et surtout, le niveau de vie de l’Anglais n’est pas brillant.
« A mesure que la guerre divise l’Iraq et la Syrie selon des lignes sectaires, toute action américaine contre l’Etat Islamique risque, sans le faire exprès, d’aider l’Iran et les Shiites, de ce fait renforçant le sentiment des Sunnites d’être des victimes, dont se nourrit l’Etat Islamique. » Israël est, lui aussi « en face d’un choix déplaisant ». S’allier ou non avec Assad. En attendant, il étend ses colonies.
Au Brésil, Marina Silva pourrait être le prochain président. Mais le système politique est chaotique. Pourra-t-elle gouverner ? Au Japon, M.Abe remanie son gouvernement. Acte désespéré ? Au Pakistan, l’armée joue toujours un rôle décisif, mais il n’est plus question qu’elle prenne le pouvoir. En Inde, M.Modi semble beaucoup plus populiste que réformateur.
Aux USA et en Angleterre, les stages sont généralement non payés. Cela favorise l’accès à l’emploi des gosses de riches. Les salaires des pays riches baissent. « Une reprise, saine et durable, dans les pays riches, demeurera illusoire aussi longtemps que durera la pression sur les salaires. »
L’Allemagne se ligue contre Google. L’industrie allemande a peur que l’économie numérique ne lui vole sa valeur. Matières premières. Les banques se séparent de leurs activités dans ce domaine. Les négociants spécialisés s’intègrent verticalement en récupérant, en particulier, les installations dont se débarrassent les producteurs, qui cherchent à améliorer leur rentabilité… 

Ukraine : la série de l'été en Russie

Ukraine. Les séparatistes abattent par erreur un avion civil. En Russie, la popularité de M.Poutine est exceptionnelle (83%). « Les Russes voient la guerre en Ukraine comme un drame télévisuel captivant ». Toutefois, « M.Poutine se soucie de son image internationale ». La Pologne s’arme pour pouvoir faire la guerre à la Russie. Mais l’industrie de la France n’aura pas de contrats, puisqu’elle fournit la Russie.
En Italie, M.Berlusconi est lavé d’une partie des charges qui pesaient sur lui. La justice, de gauche, a obéi à M.Renzi, qui a besoin de l’appui de M.Berlusconi pour réformer le sénat. La Croatie est dans de sales draps. Et son élite, corrompue, ne fait rien pour l’en tirer. La Grèce est sous tutelle de ses créditeurs internationaux. Elle aimerait s’en dégager. Ce ne sera probablement pas possible. L’Allemagne est la seule puissance européenne qui compte. Mais elle n’agit pas en leader. (Ou en Führer ?) Israël / Palestine. Les deux camps semblent commencer à penser qu’il faudrait peut-être trouver une solution pacifique à leur éternel conflit. Les islamistes chassent les chrétiens d’Irak. L’anarchie règne dans les pays qui bordent le lac Tchad. Les sectes islamistes y prospèrent. La Malaisie élit un nouveau président. L’opposition, mauvaise perdante, ne devrait pas pouvoir paralyser le pays.
Aux USA, le choix des parents influe considérablement sur le succès des enfants. Les parents riches s’occupent de plus en plus de leurs enfants. Ils les couvent, et leur parlent beaucoup (ça développe l’intellect). Les pauvres pas du tout (l’année dernière, 61% des femmes n’ayant pas le bac qui ont accouché étaient célibataires). Tout se joue dans les premières années de la vie.
Le marché (l’Occident ?) n’aime pas certains pays. Ce qui leur coûte gros. En réduisant massivement la valeur de leurs sociétés (le « price earning ratio » des entreprises russes est de 5,2, contre plus de 25 pour les entreprises américaines), et en leur faisant payer cher leurs emprunts (9,8% à l’Argentine, contre quasiment zéro en Occident). Siemens change de dirigeant. Entreprise pas assez rentable. Il faut faire un élégant redécoupage d’activités pour plaire aux marchés financiers. De manière plus préoccupante, l’entreprise semble avoir développé une culture de la défiance fort peu allemande, et sa conséquence : « une mauvaise capacité à la réalisation de projets ». Microsoft rationalise son portefeuille d’activités. Le pragmatisme est au pouvoir.
Le coût des énergies propres est bien supérieur à ce que l’on pensait jusque-là. « Les gouvernements devraient attaquer les réductions d’émissions plutôt que s’entêter à promouvoir certaines formes d’énergies renouvelables. »
On essaie d’expliquer la schizophrénie par la génétique. Ce qui pourrait avoir un peu plus de succès que les travaux de ce type menés pour d’autres maladies.
Justice. « Pour toutes les culture, présentes ou passées, l’intention du criminel compte plus que le mal qu’il a fait. » « On peut donc faire l’hypothèse que l’impartialité résulte de l’évolution, qui a voulu que (la raison l’emporte sur la passion). »

Les robots arrivent…

Les robots vont-ils envahir le monde ? L’invasion serait plus une question de robotisation que de robots. L’avenir serait à des robots bêtes et pas chers ; des robots partiellement dépendants de l’homme ; une « robotisation » accrue de parties mais pas du tout. Selon The Economist, ce serait suffisant pour liquider un grand nombre d’emplois.

Ukraine. M.Poutine désirerait étendre l’empire russe. En commençant par l’Ukraine de l’Est. Les russophones du monde entier s’en réjouissent. Les pays baltes craignent d’être les prochains sur sa liste. Et, grâce à lui, les USA et l’Europe se rapprochent et l’OTAN a retrouvé une raison d’être.

Explosive Irlande du Nord : « Les principales raisons qui expliquent l’échec de l’Ouest à remodeler les sociétés en Irak, en Afghanistan et ailleurs étaient visibles depuis toujours dans ce coin de Grande Bretagne : l’histoire et la culture, les orphelins d’une politique néoconservatrice, ont presque toujours le dessus sur ses favoris, la démocratie et la prospérité. »

Raidissement du pouvoir en Turquie, prise de pouvoir de l’armée en Egypte et Obamacare dysfonctionnel, course en avant.

Amérique latine. Ralentissement en Chine. Fin de la croissance tirée par les matières premières. Heureusement, les pays de la région ont été un peu moins cigales que d’ordinaire. Mais, ils innovent peu, et leur infrastructure de transport est mauvaise. « Le risque que coure la région n’est pas, comme avant, une crise, mais un choc entre une croissance faible et le réveil des attentes d’une classe moyenne en pleine expansion. » Les entreprises africaines emploient peu. Taux de change surévalués, main d’œuvre exceptionnellement peu productive, gouvernements qui rançonnent les grandes entreprises et poids de l’agriculture, privée d’investissements.

Elections en Afghanistan. « Beaucoup d’Afghans ont peur de perdre dans le changement de gouvernement – une menace qui apparaît à certains plus grande que celle d’un retour des Talibans. » La Chine, curieux pays. Riche (collectivement) et pauvre (individuellement) à la fois, et qui s’endette pour pouvoir économiser…

Bataille contre les cartels. Ils s’établiraient dans des métiers dominés par 3 ou 4 entreprises. Le cartel serait une « réaction à une menace existentielle », des donneurs d’ordres exerçant une trop forte pression sur leurs fournisseurs. On les attaque en divisant pour régner. C’est-à-dire en promettant l’impunité à ceux qui balancent leurs comparses. Stress tests. Apparemment, les banques centrales cherchent à créer, par leurs tests, des crises fictives. Et ce afin que les banques ne puissent s’endormir. Immobilier d’entreprise : bulle ? Les bas taux d’intérêt font que l’on construit des immeubles, sans demande (notamment à la Défense). Les investisseurs forcent les entreprises à s’intéresser aux risques environnementaux (la législation en étant un). Toujours pas assez d’inflation. Les banques centrales doivent viser plus haut.
J’imagine que Mark Zuckerberg doit laisser des pourboires d’un m€. Il vient d’acheter 2md$ une nouvelle start up. Il obéirait, comme ses pairs, à deux modes. Celle de la plate-forme, et celle de la réalité virtuelle, la prochaine plate-forme. Uber, service de taxis en ligne, fixe ses prix selon l’offre et la demande. Si bien, qu’ils atteignent des sommets quand tout le monde a besoin de se déplacer. (Invention du taxi pour les riches ?) De grands journaux numériques apparaissent aux USA, capables de faire du vrai journalisme. Mais ça n’a pas profité à la presse locale. Et il y a de moins en moins de journalistes.

Bricolage génétique. On reconstruit les chromosomes de la levure, en éliminant ce qui ne semble pas utile, et en ajoutant ce qui pourrait l’être. Demain, c’est au tour de l’homme. On découvre que les confins du système solaire ne sont pas ce que l’on croyait. Par des exercices, ont parvient à éduquer le cerveau et à guérir des maladies (certaines dystonies).

Guerre de 14. Histoire d’un changement ? La guerre a été d’un degré de complexité sans précédent. Les armées ont dû s’adapter. La responsabilité de son déclenchement irait à l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et la Russie. 

L'Ukraine enrichit l'Amérique ?

Il faut sauver l’Europe de sa dépendance au gaz russe. Il faut l’approvisionner en gaz américain et irakien. Voilà le message qu’envoie de plus en plus la presse anglo-saxonne (UK urges EU to cut energy reliance on Russia, dit le Financial Times.)

La crise ukrainienne ne pourrait-elle pas tourner en une magnifique action commerciale anglo-saxonne ? S’emparer du marché de l’énergie européen, cela doit rapporter beaucoup, non ? Ne serait-il pas dans l’intérêt de l’Europe d’amener M.Poutine à arrêter de se comporter comme un irresponsable ? (Ce qui est peut être le jeu de Mme Merkel.)

Poutine, de Gaulle russe ?

The Economist répèteque ce que désire M.Poutine, c’est le respect. Il aimerait que son pays retrouve l’image qu’il a eue à l’époque de l’Union soviétique. Il ne serait pas très difficile de lui faire plaisir, donc d’éviter qu’il se rende nuisible pour se faire remarquer. Mais la Russie est tellement insignifiante que M.Obama ne parvient même pas à faire semblant.

M.Poutine aurait-il le complexe de Gaulle ? Un complexe au dessus des moyens de la Russie (et de la France) ?

Poutine sauve Obama

M.Poutine sauve M.Obama
Pour redonner une place à son pays dans le monde, M.Poutine aurait sauvé la face de M.Obama (accessoirement de MM.Hollande et Cameron), en proposant une solution à la crise syrienne. Mais, la mise en œuvre du plan de M.Poutine paraît impossible. En ce qui concerne l’Europe, Mme Merkel est aimée de son peuple et haïe par le reste de l’Europe. Elle a une curieuse stratégie. Pour prendre des voix à ses adversaires elle leur emprunte leurs idées. Si bien qu’elle tend à faire une politique de gauche. Bizarrement aussi, The Economist reproche à M.Hollande ce qu’il apprécie chez Mme Merkel : dans le doute, il avance à petits pas. En Angleterre, M.Milliband est toujours aussi confus. Quant à l’UE « elle compte encore ». Par sa nature même, c’est un poids lourd de la politique internationale. Ses sanctions frappent, son opinion est respectée, on cherche son appui. Encore faudrait-il qu’elle parvienne à mobiliser cette force. Le problème de la Norvège est sa richesse. Qui vient du pétrole. Les salaires augmentent et son économie n’est plus concurrentielle. Et elle doit gérer un fonds de bientôt 1100md$, qui « possède en moyenne 2,5% de toutes les sociétés européennes cotées. »
L’entreprise américaine, combattante de la cause nationale
Les espions américains auraient infiltré Internet et les produits que vendent les entreprises de leur pays. Ce qui est ennuyeux. Les failles qu’ils ont installées un peu partout sont d’un grand intérêt pour les criminels. Surtout, cela jette un discrédit sur les entreprises américaines (« qui favorisent la dissémination de la culture et des valeurs américaines »). Peut-être serait-il sage de leur monter des concurrents ? L’Europe est maintenant en retard dans le domaine de la téléphonie mobile (4G). Ses entreprises n’ont pas les moyens d’investir dans de nouvelles technologies. Parmi les solutions envisagées : unifier le marché européen ; réduire la concurrence nationale (le contraire ce qu’a fait la France ?). Ce qui pourrait conduire à une forte augmentation des prix.
La croissance est bonne pour la biodiversité
The Economist conclut, ce qui ne surprendra personne, que la croissance est bonne pour la biodiversité. A condition, toutefois, qu’elle soit réglementée par les pouvoirs publics. A lire cet article, on peut se demander si la biodiversité n’est pas un concept de repus. Les pauvres et les nouveaux colonisateurs, qu’ils viennent de notre culture ou d’autres, et quelle que soit leur espèce, commencent par tout détruire sur leur passage. Puis la nature s’adapte, et un équilibre s’installe.
La France, éternelle perdante
Chronique d’un livre sur la peur de l’inflation en Allemagne. « Histoire d’une mauvaise gestion financière. » Qui vient de ce que « les vainqueurs (de la guerre de 14) ont écrit l’histoire et les conditions de la paix ». Un livre qui « fait attention de ne faire de reproche à personne – sinon peut-être aux Français ». Car s’il y a un vaincu de l’histoire, c’est bien la France. Autres livres, sur le cancer. « le cancer est une conséquence inévitable de la multicellularité. » Nos cellules doivent se multiplier jusqu’à un certain point. Malheureusement, le mécanisme de blocage s’use. La science n’a pas encore trouvé comment traiter la question. En attendant, le plus efficace est une bonne hygiène de vie. 

Une France de croisés ?

Les opposants au mariage pour tous se sont reconvertis dans l’opposition à une intervention en Syrie, dit le Monde. Leur motivation serait la défense de la minorité chrétienne (orthodoxe), actuellement protégée par M.Assad. M.Poutine serait leur héros.
Ce qui est un peu étrange, historiquement parlant. En effet, les orthodoxes ont été traditionnellement les ennemis des catholiques romains. Et les derniers ont organisé des croisades spécifiquement contre les premiers. Les chevaliers teutoniques en furent les champions. Et ce sont probablement bien plus les croisades qui ont abattu Byzance, que les Ottomans. Or, Byzance c’était ce qui survivait de l’empire romain…
Apparemment, pour ces activistes, il y a deux types d’hommes. Les bons chrétiens et les autres, qui peuvent crever. Pour sauver les premiers ils sont prêts à pactiser avec M.Assad. Or, pour répondre au mécontentement de ses concitoyens, il a choisi la force. Non seulement ce choix a produit plus de cent mille morts, mais c’est aussi lui qui est à l’origine de la présence d’Al Qaeda dans ce conflit. Car, c’est lui qui a fait sortir ses membres de ses geôles. L’aide de la Russie et de l’Iran n’aurait-elle pas pu lui servir à autre chose qu’à acheter des armes ? D’autres pays ont connu des troubles, aucun ne les a réglés à la manière Assad. M.Assad ne commence-t-il pas à sentir un peu le soufre ?
Comment justifier cette position ?  Une frange de la population française se sent attaquée par les valeurs du libéralisme, anglo-saxon ? Un individualisme dont le cheval de Troie est une certaine idée des droits de l’homme (voir billet précédent) ? Certes. Mais cela n’excuse ni l’irresponsabilité, ni la lâcheté. 

Après le chaos, la démocratie ?

« Les crises économiques, plus que la prospérité, annoncent la démocratie. »The Economist s’interroge sur la vague de révoltes qui secouent le monde. Et s’en réjouit, finalement. D’ailleurs, les affrontements sectaires, Shiites contre Sunnites, n’ont pas pour vocation de dégénérer. Une forme d’équilibre a toujours été de rigueur. « Ni le poids des allégeances religieuses ni la forme des alliances politiques n’ont été constants au Moyen-Orient. Savoir que cela peut changer agit comme un frein contre un affrontement sectaire à outrance. » Pour le reste, ça bouge partout. En Turquie, le gouvernement a été apparemment ferme face à ses opposants, mais flexible, en réalité. Les négociations avec l’Europe et les Kurdes n’ont pas été suspendues. Au Brésil, la crise semble calmée. Mais n’a-t-on pas promis l’impossible ? (Le problème majeur est la corruption et le dysfonctionnement de l’Etat, si je comprends bien, i.e. de ce qui devrait mener les réformes !) Qui va tirer parti de ces troubles ? L’ex président Lula ? Mais n’est-il pas à l’origine de ce dont souffre le pays ? (Demain le chaos ?) Le retour de fortune brésilien a fait une victime : son homme le plus riche. Les investisseurs étrangers ne croyant plus au pays ne lui prêtent plus. Et ses affaires n’étaient apparemment que des bulles spéculatives. En Egypte, le pays est paralysé par l’affrontement entre gouvernement et opposition. Ce qui pourrait ramener l’armée au pouvoir. L’équilibre politique italien est suspendu aux démêlés judiciaires de M.Berlusconi. En Russie, Gazprom, outil de pouvoir et d’influence internationale de M.Poutine est menacé par le gaz de schiste. Il fait choir les prix, émerger une concurrence interne, et apporte de nouveaux fournisseurs à ses clients. En France « les implications politiques (de l’affaire Tapie) sont explosives ». Les Portugais veulent rester dans l’euro, mais ils souffrent. Qu’ils supportent cette souffrance est capital. « L’UE (…) a désespérément besoin d’un succès. Si le Portugal ne peut pas se remettre sur pieds en dépit d’un gouvernement de centre droit qui adopté le libre échange avec zèle, les critiques diront que le problème est dans le traitement, pas dans son application ». C’est la faiblesse de la France qui a fait de l’Allemagne un leader. Mais elle est extraordinairement mal à l’aise dans ce rôle. Elle sait surtout ce qui n’est pas bien. Non où aller. Barack Obama tente de faire passer quelques mesures de lutte contre le réchauffement climatique. Mais il est paralysé par une opposition qui utilise toutes ses initiatives pour lui nuire. (Dans ces conditions, ne devrait-il pas chercher à encourager le réchauffement climatique ?) L’Affaire Snowden, en dévoilant l’hypocrisie massive des USA, provoque « le malaise de l’Amérique et la joie de ses ennemis ». Annonce de la prochaine crise économique ? La banque fédérale américaine parle de ralentir sa politique de soutien de l’économie. Partout les marchés sont sans dessus dessous. Et les banques tremblent.  « C’est une douce ironie que les titans de la gestion de fonds, qui se considèrent comme des champions robustes du système du libre échange, soient si dépendants des subventions des autorités monétaires. » Quant à Internet, il facilite les révolutions, mais pourrait bientôt être la meilleure arme pour les éviter, ou les réprimer.

Dans le monde de l’entreprise. Le marché monte à l’assaut de l’école. Dorénavant, on va apprendre par ordinateur. Certes ce n’est pas la première fois que l’on cherche à appliquer une innovation à l’école. Mais cette fois-ci, c’est sûr, c’est plus efficace que la méthode traditionnelle. Mais n’est-ce pas un moyen de licencier de l’enseignant ? D’accroître les inégalités ? En tout cas les lourdeurs administratives pourraient freiner ce changement, bénéfique selon The Economist. Alors, les entreprises cherchent à rendre les familles accro à leurs produits, afin qu’elles fassent pression sur l’Etat. (Au fait : quid de la socialisation dans l’apprentissage ?) Pour le reste, cela bouge presqu’autant que dans la société civile. Les télécoms européennes sont « dans le trou ». En particulier, les spécialistes du mobile. La faute apparemment à trop de concurrence, et trop de déréglementation ! Du coup, ils n’ont pas les moyens d’investir dans le 4G. Les Américains tournent autour des sociétés européennes, exangues. Le cloud donne l’avantage à IBM et Amazon (« Amazon pourrait rouleau compresser tout le monde »). Cela force Salesforce, Oracle et Microsoft à s’unir, pour tenter de sauver leur peau. 

Le libre échange sauve le monde de la pauvreté

Grâce au capitalisme et au libre échange, le monde sort de la pauvreté, dit The Economist. Ce qui me laisse dubitatif. Ce qui ne me va pas est la définition même de pauvreté. Les indiens d’Amazonie sont pauvres, nos ancêtres étaient pauvres, les animaux sont pauvres. On est pauvre lorsque l’on n’obéit pas au modèle capitaliste. Tout le génie de l’Occident aurait-il été d’avoir défini le progrès comme le degré d’adhésion du monde à ses valeurs ?
M.Poutine, pour sa part, représente le mal. Il utilise la confrontation avec l’Occident pour se maintenir en poste. Il semble extraordinairement habile, et les Russes particulièrement crédules. « Le nombre de ceux qui croient que la Russie a des ennemis étrangers est passé de 13% en 1989 à plus de 70%. » En France, comme je le soupçonnais, M.Moscovici mène des manœuvres européennes sous-marines : « Quand il est devenu clair, l’année dernière, que la France n’allait pas atteindre l’objectif des 3% – bien avant que le gouvernement l’admette, il a commencé des discussions discrètes avec Olli Rehn, le commissaire européen à l’économie. Les deux hommes, l’un socialiste français, l’autre libéral finlandais, forment un curieux couple, pourtant ils ont construit une « excellente relation » ». En Italie, la coalition gauche, droite a gagné des élections. La montée du parti cinq étoiles est-elle irrésistible ? Et il y a encore du monde pour vouloir rejoindre l’Europe, et la zone euro. Curieusement. C’est maintenant au tour de la Lettonie. Elle veut échapper à « l’emprise de la Russie ». « En adhérant, elle gagnera un siège à la table de négociation, des coûts d’emprunt plus faibles, et elle attirera des investissements étrangers. Et, dites-le doucement, la Lettonie aurait accès aux liquidités de la BCE et aux fonds de sauvetage, au cas où la crise reviendrait. » En échange, la zone euro gagne une plaque tournante du commerce et de la circulation de fonds russes. Mais l’Europe aurait bien mauvaise grâce de se plaindre. N’est-elle pas chargée de tous les pêchés ?
Et maintenant, un voyage chez les bons. La Suède, grande donneuse de leçons économiques et morales, est en feu. « l’économie se débat avec une baisse de la demande de la zone euro et une monnaie forte ». L’Allemagne va-t-elle exporter son modèle d’apprentissage ? Pas simple. « La tradition de coopération entre l’Etat, les syndicats, les employeurs et les écoles a mis des générations pour se construire ». Et il n’est peut-être pas si bon que cela. En effet, il était déjà là lorsque l’Allemagne était en crise et surtout, « il apparaît que les connaissances acquises par un enseignement professionnel deviennent rapidement obsolètes ». Les jeunes espagnols les mieux qualifiés quittent leur pays. Or sa population vieillit vite. Qui va nourrir ses retraités ? En Angleterre, les jeunes partagent les valeurs de The Economist. Ils ne se mêlent pas des affaires des autres et se méfient de la protection sociale, contrairement à leurs parents. Malheureusement, ils ne sont pas prêts à se battre pour leurs idées. The Economist soupçonne que tout ceci est une question de conditionnement. Les USA envisagent de légiférer quant à l’usage des drones. Ils craignent que des nations mauvaises, Chine, Iran, Russie… ne suivent leur exemple et ne se mettent à frapper leurs opposants en dehors de leurs frontières. Mais est-ce bien utile ? L’Amérique ne nous a-t-elle pas simplement rappelé que la loi qui s’applique au monde est celle du plus fort ? Au Japon, les réformes économiques de M. Abe donnent des signes inquiétants. Les taux des obligations d’Etat grimpent alors que le pays est massivement endetté. Apprentis sorciers ? Décidément, M. Abe n’a pas de chance, il voulait faire voter une loi qui lui aurait permis de transformer aisément la constitution du pays, et de revenir à un nationalisme d’avant guerre, mais il ne semble plus pouvoir disposer de la majorité nécessaire. Heureusement, il y a la Chine. Le Japon fait des affaires avec les pays qu’elle inquiète (notamment la Birmanie). 
Technologie de l’information et destruction créatrice. La presse apprend à utiliser les informations véhiculées par les réseaux sociaux. Montée des plates-formes électroniques internationales créant un marché mondial du travail. Risque de « déplacer l’emploi vers les pays pauvres » ? En tout cas, il semble qu’il y ait une tendance au morcellement du travail : « entre un cinquième et un tiers des travailleurs américains sont maintenant des indépendants ou des intérimaires, ils n’étaient que 6% en 1989. » Le marché des serveurs (ordinateurs) change. On utilise des sous-traitants ou on les construit soi-même (Cisco) plutôt que de les acheter chez IBM ou HP.
L’entreprise privée veut conquérir Mars. Elle a trouvé un moyen de pallier son manque de ressources : il y a des volontaires pour prendre des risques. Soit d’un aller et retour sans escale, avec une probabilité d’un tiers de survie, soit d’un aller unique, avec installation. Pour le reste l’argent viendrait des droits de diffusion médiatique de cette forme de « reality show ». Mars n’est-il pas le nom approprié à des jeux du cirque ? 

Chypre, Alibaba et cigarette électronique

Cette semaine, la crise chypriote fait bouillir The Economist. C’est souvent le cas dès qu’il est question de la zone euro. Quant à moi, je crois que l’affaire est particulièrement compliquée, et que l’on ne peut la régler que de la façon dont l’Europe procède actuellement : par essais et erreurs, coups de théâtre et de bluff. Le journal veut aussi que la cigarette électronique se répande partout. Une décision qui me paraît mériter mieux qu’un raisonnement expéditif. (Au passage, j’ai appris que la nicotine et la caféine étaient des poisons antiparasites…)
Alibaba, gigantesque plate-forme électronique chinoise, devrait conquérir le monde et devenir l’entreprise qui vaut le plus cher, dit encore The Economist. Si le gouvernement chinois ne prend ombrage de la concurrence que la société fait, notamment dans les services financiers, aux entreprises d’Etat. Ailleurs dans le monde, l’influence chinoise semble plutôt pacifique. Le pays est surtout guidé par ses besoins intérieurs, et résiste assez peu, finalement, aux exigences des pays qui sont ses fournisseurs. En Russie, Gazprom est l’instrument politique de Vladimir Poutine, ce qui en a fait un monstre inefficace. The Economist le pousse à se réformer. Pour sa part, lapolitique internationale de Barack Obama essaie d’en appeler à la raison, plutôt que de brandir la menace. Jouer sur la responsabilité des gens est plus efficace que d’en faire des assistés (de sa puissance militaire, dans ce cas), disent mes livres. The Economist en doute. La présidente argentine aurait cherché à discréditer le pape. S’étant rendu compte que ce n’est pas dans son intérêt, elle veut maintenant en faire un ami. « Si (la société) considère la presse comme tellement importante que la liberté d’expression doit être protégée à tout prix, alors elle doit éviter la régulation de l’Etat comme la peste ». La liberté de la presse anglaise est menacée. Les scandales provoqués par la presse de caniveau du groupe Murdoch ont conduit les parlementaires anglais (qui ont sauté sur l’occasion ?) à décider de la contrôler.
Rien ne va plus dans le domaine de la distribution électronique. On expérimente pour trouver le bon équilibre entre boutique réelle et virtuelle. Il va y avoir des morts ?
Un livre sur les frères Emmanuel, réussites américaines. Où l’on voit que c’est votre environnement familial qui forme votre caractère. Et décide si vous serez un seigneur. Ou un esclave ?