- Une attaque en règle de tout ce qui a fait « autorité » (mot important) : religions, science…
- Paradoxalement, tentative de création d’un nouvelle forme d’autorité, d’un univers qui nie la société et place au premier plan le « marginal », le « déviant » qui refuse de contribuer à la marche de la société, mais pas d’en profiter.
- Perte d’autorité des intellectuels, porteurs de cette doctrine. Puisque eux-mêmes affirment que leur parole est aléatoire. Ce qui explique que nous n’ayons plus aucun penseur digne de ce nom?
Étiquette : Postmodernisme
Le Paradoxe de Foucault, ou un changement de notre temps
Evolution politique de la France
- La France a été longtemps radicale. En fait jusqu’à de Gaulle. Le radicalisme n’est rien d’autre que la mise en œuvre des idées de la Révolution. Je pense qu’il correspond toujours à l’esprit de la nation.
- Les partis de gouvernement actuels me semblent représenter les privilégiés d’hier. D’ailleurs, ils sont ouvertement « anti Lumières » (cf. le postmodernisme de gauche) :
- D’un côté N.Sarkozy à repris le combat de « la première droite » de la classification de René Rémond (les possédants), la seule à s’être toujours opposée à la Révolution.
- De l’autre, la gauche a repris le discours moraliste de l’Eglise catholique (aucun lien avec la religion du même nom) dont l’objet est d’assurer le statu quo en convainquant le peuple qu’il porte une faute originelle (le colonialisme).
- Mais le radicalisme est aussi un individualisme, et les égos qui le constituent l’empêchent de rassembler ses forces pour gouverner dans le respect de l’intérêt général. Aujourd’hui, le radicalisme, c’est aussi bien Bayrou, Borloo, Loos, Morin, Rama Yade que Valls ou Rocard.
- Faute d’union, ses thèses ont été récupérées par le FN, défenseur de tout ce qui est national.
L'histoire contaminée par le postmodernisme ?
David Armitage (vidéo) se plaint de ce que les historiens ne s’intéressent plus qu’à des périodes courtes. Plus question d’attaquer des sujets de fond, des débats de société, qui demandent de brasser des centaines voire des milliers d’années. Ils doivent apprendre de l’exemple de Thomas Piketty.
Je me suis demandé si l’on n’était pas, là, en face d’une conséquence du postmodernisme.
Qu'est-ce que les Lumières ?
Le postmodernisme, religion du marché ?
Le monde expliqué…
Ce modèle extrêmement simple a un pouvoir d’explication surprenant :
- Il explique la révolte à laquelle nous avons assisté récemment, révolte de ceux qui croient à une « grande histoire », par exemple à une religion, à la nation, au progrès… Explication de l’émergence du Tea Party, Manif pour tous, Al Qaïda…
- La gauche est le mouvement postmoderniste par essence. Cela explique tous ses combats. Combats extraordinairement abstraits pour l’homme ordinaire. Son obsession de la discrimination est ici, mariage pour tous, théorie du genre, tout est là. Mais aussi abandon des « grands récits » auxquels on continue à l’associer. En particulier, « libération de la classe ouvrière », plus généralement le progrès et le combat pour l’amélioration du sort de l’humanité, vue comme une communauté (comme dans « socialisme »).
- C’est la victoire du marché, et de l’homme réduit à sa dimension d’électron libre, d’animal, de jouisseur, consommateur, ou, pour les perdants, de bête de boucherie. C’est ainsi que, paradoxalement, la gauche rejoint la droite ultralibérale et néoconservatrice. Et ce en utilisant des arguments scientifiques, pour réfuter la science.
Qu'est-ce que le postmodernisme ?
Et si le postmodernisme était l’esprit de 68 ? me suis-je demandé. Je lisais alors un texte sur les techniques de conduite du changement. Et il se trouve qu’on a essayé d’y appliquer les théories postmodernistes !
En fait, d’après une enquête rapide, personne ne sait définir le postmodernisme. Un thème commun aux courants qui le constituent, cependant, serait la dénonciation de la société comme moyen d’oppression. Et l’appel à sa destruction.
Ce qui m’amène à ma phrase d’introduction est une conjonction de faits. Les troupes combattantes de 68 semblent avoir été constituées de « mal lotis ». Des gens mécontents de leur sort. Michel Foucault aussi semble avoir été malheureux. Ainsi que Richard Descoings, le réformateur de Sciences Po. Et si 68 et ce qui s’en est suivi avaient été la revanche de tous ces mécontents ? Une revanche que la théorie du « post modernisme » aurait rationalisé ? Une revanche de gosses de riches qui cassent les jouets du pauvre ?
A la réflexion, je me suis demandé si ce n’était pas le résultat logique de la société d’après guerre. Son individualisme matérialiste a produit des petits riches en manque d’affection. Certes, certains ont réussi, comme Foucault ou Descoings. Mais n’ont-ils pas souffert, terriblement, de solitude ? Plus que tout, ils auraient voulu de l’aide, mais ils ne l’ont pas eue ? Alors ils ont voulu détruire ce qu’ils croyaient la cause de leur mal ? Ce qu’il nous faut, c’est réinventer la société, et l’entraide ?
(Un livre sur le poststructuralisme, autre nom du postmodernisme, refus de toute autorité. Autorité, synonyme du pouvoir paternaliste oppressif d’après guerre ? Ce qui expliquerait les théories actuelles sur le genre et autres ? Un autre sur la réaction conservatrice à l’esprit 68.)
