Elections en Italie

On pensait que le populisme était en recul. Raté. Après les Autrichiens et les Anglais, ce sont les Italiens qui font un choix inquiétant. Peut-être s’explique-t-il par les compromissions des partis politiques traditionnels ? A force de dire, c’est nous ou le chaos, l’électeur choisit le chaos ?

Cela montre certainement que la situation mondiale est fragile. Et qu’il en faudrait peu pour que les choses tournent très mal. En même temps, le SPD a décidé de rejoindre le gouvernement allemand, même s’il lui en coûte beaucoup. Admirons le sens des responsabilités de l’Allemand ? Mais aussi la France : avec son air con et sa vue basse, elle a tout de même évité la solution italienne ? En tout cas, il va falloir se demander ce que signifie solidarité européenne.

Populisme

Il y a un peu de Johnny Halliday dans tous nos hommes politiques. C’est étrange. En effet, hier, il était de bon ton de se moquer de l’inculture de Johnny.

Nous avons peut-être renouvelé notre chambre des députés, mais une chose ne change pas : la volonté de faire peuple, chez nos élus ?

Populisme

Le néoconservatisme n’est  pas mort avec M.Bush. Aujourd’hui, il s’appelle « populisme ». MM. Poutine et Trump en sont les champions.
Le « populisme » est le nom que ses ennemis donnent maintenant au (néo)conservatisme. Le néoconservatisme est une réaction à la « contre culture » anglo-saxonne des années 60. (Ce, qu’en France, on appelle la « pensée 68« .) Cette « contre culture » est culture de « l’élite », puisque les contestataires étaient fils de famille et qu’ils n’ont pas changé d’avis lorsqu’ils sont arrivés aux affaires. D’où le sens de conservatisme : c’est une contre contre culture ! Tentative de retour aux sources. C’est aussi la raison pour laquelle c’est un « populisme ». Le « peuple » porte les valeurs traditionnelles d’une nation. La contre culture affirme que ses valeurs sont mauvaises, donc qu’il porte le mal. Le conservatisme, lui, dit qu’il est le bien. 
(M.Poutine est le chef de file de la révolution conservatrice.
Croire que l’élite hait le peuple est faux. Elle se dit « force de progrès« . Elle aimerait que le peuple l’imite. Il cesse d’être porteur du mal, s’il change. « L’Île-de-France monte des start-up, cultive les champs, fait du hip-hop, se tatoue les bras ! » dit Claude Bartolone.
Et si, entre MM. Poutine et Bartolone, il y avait une troisième voie, acceptable par tous ?)

Populisme et empathie

Marcel Gauchet parlait de populisme à un journaliste de France Culture qui ne comprenait pas comment les contre-sens de M.Trump aient pu vaincre (lundi matin). Réponse : « la force du populisme, c’est de poser des problèmes ». Ce que l’électeur cherche, c’est quelqu’un qui parle comme lui.

Ce que l’on reproche à « l’élite », c’est son manque d’empathie ? 

Trump : dictateur ou publicitaire ?

Aux USA, il n’y en a que pour Donald Trump. Les intellectuels américains se déchainent contre lui. Ils ne sont pas loin de considérer qu’Hitler et Staline étaient, en comparaison avec Trump, des dilettantes.

Mais qui est M.Trump ? 
L’histoire de Trump n’est pas celle d’Hitler ou de Staline. C’est un gosse de riche auquel tout a réussi. Cependant, il y a des choses curieuses dans ce passé : il dit qu’il est milliardaire, mais il ne l’est probablement pas ; jusque-là, politiquement, il était modéré ; non seulement il met son nom sur toutes les tours qu’il construit, mais il a été une vedette de téléréalité. (Un milliardaire n’a-t-il pas mieux à faire que jouer les clowns sur un plateau de TV ?)
Et si ce qui caractérisait M.TRump, était un formidable besoin de notoriété ? Et s’il avait un formidable talent de promotion personnelle ? Et si M.Trump ne disait pas ses convictions ? Et s’il avait, simplement, trouvé le seul message que les médias étaient prêts à relayer ? 
(Si c’est juste, que va-t-il faire, une fois élu, pour que l’on parle de lui ?
En tout cas, M.Obama devrait se poser des questions. Comment se fait-il que son mandat soit suivi d’un tel phénomène ? N’y serait-il pas pour quelque-chose ?
PS. Opinion de M.Krugman sur la question.)

Trump, Hitler et l'Etat Islamique

J’entends la radio dire du mal de M.Trump ou qu’il faut être idiot pour croire la propagande de l’Etat Islamique. Mais ce que montre l’histoire est que ce n’est pas Hitler qui a fait l’Allemagne, mais les circonstances qui ont permis à Hitler de prendre le pouvoir. N’en est-il pas de même aujourd’hui ? Les meilleurs alliés de M.Trump ou de l’Etat Islamique ne sont-ils pas ceux qui le combattent ? Leurs intérêts ne favorisent-ils pas les conditions qui leur sont nécessaires ? Si le peuple est aux mains des populistes, n’est-ce pas parce qu’il n’y a qu’eux qui s’intéressent à lui ?

Nous sommes tous Marine ?

Le monde après Charlie. Il est inquiétant. La menace ne vient pas de l’Islam, mais d’une crise de société, aussi bien en Europe qu’au Moyen-Orient, et du manque de sens de notre vie. L’Islam en fournit un aux djihadistes. Et, encore plus, aux mouvements populistes européens, dans lesquels The Economist voit un danger bien plus grand que celui de l’attentat. Quant aux services de renseignement, ils se heurtent à un os : les entreprises qui véhiculent les données sont maintenant privées. Il devient difficile d’espionner les communications. Mais il est facile de voler en toute impunité. Notamment grâce au Bitcoin et aux logiciels qui permettent d’agir sur le web en anonyme. Dernière innovation : un logiciel qui s’empare de vos données et ne vous les rend que contre rançon. Les autoroutes de l’information génèrent leurs « voleurs de grands chemins ».
L’économie russen’est pas efficace. Elle vit du copinage, et des revenus de ses matières premières. Ils lui ont permis d’éviter toute réforme douloureuse. La baisse du prix du pétrole combinée aux sanctions européennes va faire passer un bien mauvais moment au pays, en particulier à son système bancaire, qui risque de boire la tasse. Cette baisse des prix, par ailleurs, pourrait permettre à beaucoup de pays de supprimer des subventions, massives, à l’énergie. Elles ont des effets redoutablement vicieux. Le monde de l’énergie se transforme. En bien. Il  y a de plus en plus de sources d’énergie. La crise de l’approvisionnement s’éloigne. L’énergie va devenir propre. Et on la consomme de manière de plus en plus efficace et astucieuse. On se dirige vers une sorte d’écosystème où l’intelligence sera dans le réseau, et nous serons tous producteurs et consommateurs. Ce qui promet un changement douloureux aux fournisseurs d’énergie nationaux, européens en particulier. (L’article ne dit pas qui va gérer le dit réseau, mais que la situation ressemble à celle d’Internet…)
L’Europe devrait éviter une crise grecque. Chaque camp est prêt à transiger. A moins d’un « accident ». Ne serait-ce que parce que le prochain gouvernement grec sera constitué d’une « joyeuse bande de néophytes ».
On disait que la Chine, grâce à sa puissance économique, allait dominer l’Afrique et l’Amérique latine. Son influence connaîtrait un reflux. Ce serait une question de valeurs. Au fond elles comptent plus que l’argent. Or les cultures de ces continents sont proches de celles de l’Occident. Les USA sont à la manœuvre. En Inde, M.Modi demeure un farouche nationaliste hindou. (Faut-il avoir peur qu’un super Le Pen soit à la tête de ce qui sera demain le pays le plus peuplé au monde ?)
BP pourrait être acheté par Exxon. La société est affaiblie par la baisse des prix du pétrole et, surtout, par une stratégie hasardeuse qui a eu des conséquences désastreuses. (Comme quoi, il en faut bien peu pour plomber un pan entier de l’économie.) IBM traverse aussi des moments difficiles. Son modèle économique est secoué par celui du partage. La société devrait s’organiser pour suivre un marché « à deux vitesses » : avec d’un côté les services à grosse valeur ajoutée et de l’autre le traitement d’informations banal. Quant aux fabricants de voitures américains, les beaux jours sont finis. Le marché est saturé, ils sont surcapacitaires et face à une concurrence montante sur le haut de gamme. Une guerre des prix suicidaire s’annonce.
La tradition coréenne voulait que les habitants du pays financent l’expansion internationale des champions nationaux. Le citoyen est devenu consommateur et refuse désormais cette pratique.
Economie mondiale : rien ne va plus. Signaux favorables et défavorables. La baisse du prix de l’énergie, c’est bon pour la consommation, mais mauvais pour les producteurs américains. Et puis, que vont faire les banques centrales ? Des bêtises comme la banque suisse ?… L’investisseur est inquiet. Idem en Chine : impossible de savoir si un dirigeant ne va pas faire l’objet d’une purge.