Les raisons du populisme

Les opinions publiques des démocraties veulent-elles des hommes forts ? Sont-elles fatiguées de leur régime, de l’état de droit ? Les Européens veulent-ils dissoudre l’Union ?…

Eh bien non. La cause des succès de l’extrémisme actuel tient à la surdité des partis politiques traditionnels. Les enquêtes montrent que les populations réclament simplement ce que pensait être M.Hollande : un « gouvernement normal », qui fasse fonctionner correctement les institutions du pays. Dans cette situation, leur seule option est de voter « populiste ».

Voici ce que l’on entendait dans l’émission de Christine Ockrent.

Raison du populisme

Une étude universitaire (article du Financial Times) semble donner raison à l’observation ordinaire : les partis politiques traditionnels ont fait le lit de l’extrémisme.

Comme souvent, le phénomène est plus subtil que ce que l’on tend à penser. Il s’agit bien d’une question d’immigration et d’incivilité impunie. Mais non par haine de l’immigré ou de petitesse peureuse, mais parce que la population y voit une désagrégation de la société (l’immigré intégré est accepté sans difficultés) peut être voulue par des partis traditionnels, au mois insensibles au sort de leurs électeurs.

Le seul pays étant parvenu à aligner population et politiques est le Danemark. Et on n’y voit pas d’extrémistes.

Gauche

« Les appels directs au peuple, par dessus les assemblées, ont toujours été envisagés avec réticence par les républicains et la gauche en particulier » (La constitution, Guy Carcassonne et Marc Guillaume).

Surprenant : la gauche n’est-elle pas le parti du peuple ? Apparemment, si elle n’aime pas le référendum, c’est qu’il fut utilisé par sa bête noire : le « populiste ».

Mais n’est-ce pas une exception qui confirme la règle ? D’ailleurs, il n’y a pas génération spontanée du populisme. Ne surgit-il pas en dernier ressort, lorsque plus rien ne va. En particulier que les partis politiques ont failli ?

De quoi « gauche » est-il le nom ?

Météo déréglée

Il fait froid et il pleut. Mais quand, donc, va commencer le printemps ? Je n’en peux plus. Un ami me disait que c’était un temps pour climatosceptique.

D’où ma surprise : vendredi, en cherchant une raison d’espérer sur un site de prévision météo, je lis que nous en serions au 28ème mois record. La température moyenne aurait connu une hausse de 0,1° par rapport au précédent mai le plus chaud.

Cela tiendrait à ce qu’il y a eu une pointe de température au début du mois.

Voilà qui fait comprendre pourquoi tant de monde vote Trump ?

La force et l'opinion

Le philosophe Alain oppose la force et l’opinion. 

Exemple ? L’affaire Dreyfus. Il y a la force, l’Armée. Rien ne semble pouvoir lui résister. Et pourtant, l’opinion la fait plier. Et qu’est-ce qui fait l’opinion ? Quelques informations. 

J’ai pensé aux Gilets jaunes. A mon grand étonnement, ils ont fait renoncer le président Macron à son programme de gouvernement. Et ce du jour au lendemain. Après avoir joué un temps les bateleurs, il s’est converti à l’arrosage du pays à la finance publique.

J’ai aussi pensé à Staline et à Xi Jinping. Est-ce « l’opinion » qui les empêche de dormir ? Et c’est pour cela qu’ils doivent surveiller leur peuple comme le lait sur le feu ? En le divisant, si nécessaire à coups de purges, pour régner ? 

Le peuple est-il populiste ?

On n’arrête pas de parler de « populisme ». Mais qui est populiste ? Le peuple ou les hommes politiques ? Le populisme n’est-il pas une solution par défaut ?

Il a, d’ailleurs, un curieux effet. Au lieu de s’en prendre au leader populiste, ses opposants insultent le peuple. Ce qui renforce la conviction de celui-ci. 

Pourquoi une telle erreur ? Parce qu’il est insupportable de penser que le « populisme » puisse être jugé meilleur que ses « idées » ? Pour le personnel politique, le changement serait-il seulement pour les autres ?…

L'expérience de la banlieue

J’ai été en avance sur mon temps. J’ai quitté Paris avant tout le monde. Mais pas pour la province, mais pour la banlieue. J’ai pu constater, une fois de plus, que l’on est conditionné par son environnement. Vivre en banlieue, c’est :

  • Comprendre les gilets jaunes. J’ai retrouvé, 40 ans après, le lieu de mon adolescence. Surprise : nous sommes totalement dépendants de la SNCF, et elle ne fonctionne plus. Et les avions ? Il n’y en avait pas. Maintenant nous avons deux couloirs aériens. Ils passent en rase motte (pour simplifier le travail des contrôleurs aériens ?). Visiblement la vie des classes moyennes s’est dégradée, sans que cela émeuve le politique. Au contraire ?
  • Comprendre le populisme. L’élu aime l’insécurité, et les polices municipales qui l’accompagnent ? Ca fait vendre ?
  • Comprendre l’écologiste. L’Artificialisation est une réalité ! Ma petite commune a désormais de gigantesques magasins entrepôts. Et les anciennes plaines agricoles sont bétonnées par des programmes immobiliers. D’où vient cette mode ?
  • Comprendre la politique. La commune de banlieue ressemble à l’Etat. Le maire y est quasiment de droit divin, il est incontrôlé. Le seul moment démocratique est l’élection municipale. Et, encore : la médiocrité appelle la médiocrité. 
  • Découvrir le ciel, que l’on ne voit pas à Paris. Et la lune. Du coup, je me suis intéressé à ses phases, et à Vénus !
  • Découvrir la nature, et qu’il peut y avoir des fleurs toute l’année, vive la pluie !, des araignées utiles et curieuses à observer, des nids de guêpes… 

L'Allemagne exploite la misère du monde ?

L’Allemagne telle qu’on ne la connaît pas. Son miracle semble menacé. Menacé parce qu’il est fondé sur la misère du monde ? Elle a besoin d’une immigration massive extra européenne, donc des malheurs de la Syrie notamment, elle profite à fond des bas salaires des pays est européens, et « 1 actif sur 8 – soit 4 millions de personnes – vivent dans la précarité des petits boulots depuis des années et manquent de protection sociale« .

La menace vient de la croissance explosive des prix de l’immobilier, non compensée par l’augmentation des salaires, du tournant anti-démocratique de l’Europe de l’Est combiné à l’influence chinoise grandissante, et du rejet croissant des immigrés par les natifs. (Article.)

Faillite d’une politique que l’on nous donne en exemple ?

Et si M.Trump avait raison ?

J’entendais les chiffres de l’économie des USA, qui sont bons, et ceux de l’Europe, qui sont mauvais. On me disait aussi que les « populistes » italiens voulaient attirer les riches chez eux, pour qu’ils y déversent leur argent. Et si les affreux, sales et méchants obtenaient de meilleurs résultats que les bons ? On a oublié aujourd’hui que Mussolini et Hitler, un moment, ont mieux fait que les démocraties. Et qu’ils ont peut-être inspiré à Roosevelt son New deal.

En fait, les théories économiques qui montrent l’intérêt de l’échange ont probablement raison. Mais l’échange n’est bien que s’il profite à tous. Serait-ce ce qui a manqué ces derniers temps ? L’injustice est la cause du populisme ?

Paradoxe allemand

Le parti d’extrême droite allemand est particulièrement fort dans une région où il y a trois pour cent de chômage, et pas d’immigrés. (Article de Politico.) Pourquoi ???

Et si, paradoxalement, ce que l’on a appelé « populisme » n’était qu’une revendication à ne pas être pris pour un niais par une « élite » gouvernante ?

(“The post-1989 liberal elite assumed that governance is a kind of enlightened administration on behalf of an ignorant public,” Zielonka writes. It seems the public didn’t agree.)