Résoudre la question russe

L’imprévisible Russie, dont la classe dirigeante semble avoir besoin d’ennemis, paraît poser une bien difficile question à l’Europe. Un article apporte une solution inattendue :

Il existerait une haine féroce entre l’Allemagne, la Pologne et la Russie, résultat de l’histoire.

Jusque-là, ce que faisaient les uns et les autres alimentait le feu en huile.

Mais le nouveau gouvernement de Donald Tusk prend à rebours la politique précédente. La Pologne chercherait à établir de saines relations avec la Russie. Pour cela, elle aurait besoin de l’aide de l’Allemagne, de ce fait préférant un ancrage européen à son amitié initiale pour l’Amérique. Si le mouvement réussit, non seulement Pologne et Allemagne pourraient connaître, dit l’article, une réconciliation semblable à celles de la France et de l’Allemagne, mais l’Europe pourrait trouver le moyen de vivre en bonne intelligence avec la Russie.

Ce scénario peut-il se réaliser ? En tout cas, la manœuvre semble étonnamment élégante, et susceptible de réussir d’une pierre de multiples coups.

Traité de Lisbonne en péril ?

Irish issue to dominate EU talks montre à quel point l’Europe tient à un fil :

Si je comprends bien, le premier ministre irlandais procède à ce qui me semble un petit chantage : alors que son pays est, de sa propre faute, dans une situation fort délicate, et que l’UE lui est probablement d’une grande utilité, il demande un aménagement du traité de Lisbonne. Il veut s’assurer qu’il pourra conserver sa neutralité militaire, le contrôle de son système d’imposition, et de ses lois sur l’avortement.

Ce qui révèle le fragile jeu de dominos qu’est l’Europe : les présidents polonais et tchèque, opposés à l’Europe, ne signeront le traité de Lisbonne que si l’Irlande l’accepte. Or, si l’on attend trop, Gordon Brown aura été remplacé par les conservateurs anglais qui veulent un référendum sur le dit traité, qui ne peut qu’être rejeté (la majorité des Anglais veut sortir de l’UE !).

À ce sujet la situation de Gordon Brown est paradoxale. Il est immensément impopulaire et n’a pu garder son poste que par la grâce d’un de ses pires ennemis. Parce qu’il est aussi faible, mais favorable à l’Europe, ses partenaires européens lui accordent ce qui lui permet de tenir encore un peu (Will EU watchdog bite UK?).