Grande illusion ?

The unseen dangers of lead contamination in the UK
As floods intensify, the threat of the toxic metal seeping into the food chain is as big a problem as sewage in rivers or air pollution.

Financial Times du 6 juin

Tout le battage que l’on fait pour le réchauffement climatique, et ses illusoires solutions, ne nous fait-il pas oublier la nature réelle du monde qui nous entoure ?

Usine à la campagne

Traditionnellement, l’industrie est à la campagne. La division par deux du poids de l’industrie en France ces dernières années a surtout touché la province. La volonté de relancer l’industrie devrait donc profiter à la campagne. 

Mais la campagne veut-elle de l’industrie ? me demande-t-on.

Une erreur que l’on peut commettre est de croire qu’il y a incompatibilité entre elles parce que la campagne, c’est la nature, et l’industrie, c’est l’usine et c’est sale. Or, ce n’est pas le cas, surtout aujourd’hui. Les PMI modernes ressemblent souvent à des laboratoires. L’Allemagne en donne l’exemple : les PME sont à la campagne et intégrées au paysage. 

Et l’avenir est à des entreprises hyper productives, pour être compétitives, et attirer le jeune surdiplômé, donc au « nettoyage » du parc existant. Zola, c’est fini, même en Angleterre, d’ailleurs. 

Banane à retardement ?

« De 1972 à 1993, la chlordécone, un insecticide hautement toxique, a été épandu sur de nombreuses terres agricoles de la Martinique et de la Guadeloupe. Ce pesticide très persistant dans l’environnement est à l’origine d’un scandale environnemental et sanitaire et fait l’objet depuis 2006 d’une bataille judiciaire à l’issue incertaine. » (Emission de France Culture

Il est surprenant que l’on s’étonne que l’on puisse croire à la théorie du complot. Dans ce dossier, il n’y a que des questions. Pourquoi ce pesticide a-t-il été utilisé alors que des études avaient montré sa dangerosité ? Pourquoi le président Macron a-t-il reconnu, dans une envolée lyrique dont il est coutumier, la responsabilité de la France, sans qu’il n’en résulte rien, apparemment ? Et que fait-on des terres concernées ? 

Si je comprends bien, la réponse est : rien. La quasi totalité de la Gouadeloupe et de la Martinique est contaminée par une molécule qui ne se décompose pas, ou difficilement. Alors, on y fait pousser des plantes qui semblent peu l’absorber. Bref, la question est compliquée, or, pour le moment, rien de grave ne s’est produit ? Et je continue à manger des bananes des Antilles. 

Pollueur payeur

Une étude montre que le pourcent le plus riche pollue deux fois plus que les 50% les plus pauvres. Elle incrimine les « inégalités ». (Article.)

Bon raisonnement ? Qui sera surpris de ce résultat ? Il est évident que les pauvres ne peuvent pas polluer, puisqu’ils ne consomment pas grand chose. Ce n’est pas l’inégalité qui crée la pollution, au contraire. C’est le mode de vie auquel nous aspirons tous. Celui du 1% qui a réussi.

Bonne nouvelle, tout de même ? Il suffit qu’un tout petit nombre de gens trouvent une autre façon de vivre, pour que, en les imitant, nous supprimions la pollution ?

Les microparticules de Mme Merkel

Depuis quelques temps, et depuis quelques années à cette période, je suis pris de quintes de toux, qui ne sont pas liées à un rhume. Et si c’était un coup des microparticules qui nous polluent depuis une semaine ? Et si ces microparticules venaient des centrales à charbon de Mme Merkel ? comme on l’entend depuis deux ans. 
La guerre des lobbys
Prev’air donne la carte ci-dessus. On voit, pour le 10, que la pollution est centrée sur l’Allemagne, mais aussi sur la Hongrie. Une enquête rapide sur Internet ne donne rien de concluant. Ou plutôt, une information très intéressante : on ne peut pas croire ce que l’on lit. Nous sommes soumis à de la désinformation. Il semblerait que deux lobbys s’affrontent. D’un côté, il y a ceux qui affirment que les particules viennent des voitures, de l’autre que la voiture n’est pas en cause, que c’est une question de centrales. 
Les arguments des uns et des autres ne sont pas très convaincants. Pour exonérer les centrales, on affirme que la pollution est essentiellement locale, et que les vents dominants ne viennent pas d’Allemagne. Certes, mais les pics de pollutions ne sont pas des questions de moyenne, mais d’exception. Et, oui, il semble bien que les centrales produisent beaucoup de microparticules. La carte ci-dessus est l’argument majeur des anti Allemands. Mais elle ne prouve rien non plus. Elle peut résulter de la situation climatique et des émissions locales. 
Et si tous ces gens comprenaient qu’il y a quelque chose de plus important que leur idéologie : la santé publique ? Et si l’on faisait, à nouveau, appel à une science désintéressée et non manipulée pour étudier la question ?  
(C’est ce type de comportement honteux qui fait dire à M.Trump que les travaux sur le réchauffement climatique ne prouvent rien. A force de vouloir défendre ce qu’il croit « bien », le scientifique a perdu toute légitimité, et a nui à sa cause.)

(Compléments.)

Changement d'air

A chaque fois qu’il fait beau, une alerte d’Airparif m’avertit qu’il y a un pic de pollution. En comptant les alertes, j’en déduis qu’il fait beau un mois par an. Heureusement ? Mais, le magazine de la mairie de Paris (n°54) m’explique qu’elle s’en prend à la question. Attaque contre la voiture. En particulier celle qui pollue le plus. 
Exemple de changement mal conduit. On parle de moyen, pas de résultat. Et on ne fait pas appel à la participation du citoyen.
Comment savoir si les mesures prises seront efficaces ? La voiture est-elle le seul vecteur de pollution ? Dominant ? Et le chauffage urbain ? Peut-il y avoir des causes extérieures à Paris ? Et les mesures prises vont-elles avoir un effet significatifs ?… Ce qu’il aurait fallu c’est essayer de comprendre d’où vient la pollution. Et, à partir de là, l’attaquer à sa racine. En montrant le lien entre l’action et les résultats attendus. Et en en déduisant un objectif quantifié. Au moins cela aurait été convaincant. Surtout si l’on avait expliqué les dangers que représente la pollution parisienne pour notre vie. Et cela nous aurait donné envie d’appuyer la mairie, de faire un effort. Or, peut-être bien que nous sommes les principales causes de pollution !

(Changement « dirigé ». Changement technocratique type. Le maire agit, seul. Et considère implicitement ses administrés comme des enfants. Une typologie des changements est ici.)

Paris, capitale mondiale de la pollution

La BBC disait ceci de Paris : 

The city saw a severe spike in smog on Wednesday last week and briefly had the world’s dirtiest air

A moins que l’air ait été exceptionnellement propre dans le monde, cela veut dire que Paris a un sévère problème de pollution. C’est inattendu, puisque Paris n’est pas Shanghai ou Pékin : son activité économique est déprimée, sa population est stable, elle a des transports publics bien développés, des vélib et des autolib, et des maires écolos depuis des années… 
La réponse semble être que le pic de pollution ne vient pas de Paris. Peut-être des agriculteurs qui entourent la capitale… Ou des centrales au charbon allemandes. En tout cas, le pic ne serait pas propre à Paris, mais à une partie de l’Europe. (Et l’information de la BBC serait fausse.)
(Ce qui ne va pas dire qu’il ne faut par réduire la circulation. Cependant j’aimerais bien connaître l’efficacité de la mesure.)

Circulation alternée et anxiété de survie

La circulation alternée est décrétée à Paris, pour cause de pollution. Je me suis dit que c’était une manœuvre habile. 
La mairie de Paris veut changer nos habitudes. Elle veut nous détourner de la voiture. Or, parler de pollution n’a pas beaucoup d’effets sur nos comportements. Mais un jour de circulation alternée marque les esprits. D’un seul coup la pollution prend un sens pour nous. La mairie de Paris augmente notre « anxiété de survie ». Premier pas vers le changement ? 
Mais quid de notre « anxiété d’apprentissage » ? Cette journée va-t-elle nous faire découvrir les transports en commun, ou le covoiturage ? Peut-être. Ou peut-être pas. De quoi cela dépend-il ? Probablement de la répétition de tels jours, de façon à ce que les habitudes s’installent. Mais, plus encore, de l’existence et de la facilité d’utilisation des transports alternatifs. Si nous découvrons que ce n’est pas difficile de modifier notre comportement, le changement va réussir. Si ce n’est pas le cas, nous allons contourner la contrainte. Cela semble être ce qui se passe en Grèce. J’ai lu quelque part que les gens avaient deux voitures, une avec plaque paire, et l’autre impaire. Et que c’était, pour qu’elles ne soient pas chères, de mauvaises voitures, polluantes. (Enantiodromie.)

La Grèce fait souffler le vent du renouveau ?

M.Renzi et le gouvernement grec annonceraient-ils le renouveau de l’Europe ? Le premier ministre et le ministre des finances grecs font le tour des capitales du continent. Leur style, détendu et créatif, a quelque chose de rafraîchissant (après celui, mesquin et constipé, des politiques traditionnels). Ils apportent des idées neuves, pas idiotes. Ils ont redonné de la fierté à la Grèce. Et les Espagnols rêvent de les imiter. L’Europe du Sud, tout en prétendant suivre la ligne Merkel, caresse l’espoir qu’ils soient l’hirondelle qui dégèle la rigueur. Quant à la BCE, certes elle tient la Grèce entre ses mains, mais sans légitimité démocratique peut-on éjecter une démocratie de la zone euro ? M.Renzi s’est attelé à des travaux d’Hercule : rationaliser la démocratie italienne. Il vient de réussir un exploit : faire élire son président.
A l’opposé, l’Allemagne donne une désagréable image de repli sur soi. Droite et gauche s’unissent dans le refus. Euro, immigrants et surtout, cela pourrait surprendre, Amérique. En France, la laïcité est en question. Et si elle avait été instrumentalisée en outil de domination ?
Délicate Ukraine. L’armée ukrainienne n’a aucune chance face à la russe. Peut-on l’armer sans déclencher une dangereuse escalade ? L’Allemagne et B.Obama pensent non, le nouveau ministre de la défense et les Républicains américains, oui.
Le fermier anglais, jadis le plus productif au monde, est maintenant en queue de peloton. Parmi les causes de ce retard, il semble qu’il y ait surtout le désengagement de l’Etat (Mme Thatcher ?). « Les instituts de recherche publique britanniques ont été liquidés dans les années 80. » Et la terre est devenue un « hot market » pour spéculateur.
Le Japon ne parvient ni à reconstruire une vie pour les victimes du tsunami et de l’accident nucléaire, ni à démanteler la centrale nucléaire de Fukushima. Ce n’est pas une question d’argent, mais de dysfonctionnement du système. Goulots d’étranglement. (Corruption ?… Au passage, je note ce que coûte un accident nucléaire : « 71.000 réfugiés nucléaires », plus démantèlement et nettoyage : peut-être plus de 400md€, sur une quarantaine d’années !)
En brûlant un pilote jordanien, l’Etat Islamique a fait une erreur de relations publiques. Il recule en Iraq, mais l’Etat de non droit syrien pourrait lui fournir un asile durable. D’autant que les candidats au djihad continuent à affluer.
M.Netanyahou joue des puissantes amitiés que compte Israël aux USA pour ennuyer M.Obama. Ce n’est probablement pas judicieux.
La pollution en Indeest effrayante. Elle ferait 1,6m de morts par an. En cause une croissance propulsée par une technologie d’un autre temps. Voitures (pourtant seulement 5% de la population est équipée) et usines. Il va falloir moderniser et penser transports en commun… En termes de pollution, ça ne va pas fort, non plus, en Chine. Mais on y a pris des mesures, à la Chinoise : la situation doit s’améliorer radicalement, quitte à sacrifier l’emploi et la croissance.
Le numérique n’a pas encore disrupté la traduction, mais pourrait bien disrupter le traducteur. Façon Uber. L’Amérique devient le plus gros exportateur mondial de pétrole. C’est bon pour ses affaires, et mauvais pour celles de ses adversaires.
Economie mondiale : l’enlisement ? Les Etats continuent à accumuler des dettes à grande vitesse. Pourquoi ? Pas de croissance, démographie en recul. Et surtout :  « comme n’importe quel médicament de confort, après quelques temps on ne peut plus se passer de la dette » ?)Tout le monde faisant face aux mêmes circonstances, pas possible d’exporter ses malheurs chez le voisin. Les banques centrales essaient, toutefois. Les taux de change sont partis pour fluctuer. D’où graves difficultés pour les pays endettés en monnaies étrangères. D’autant que les marchés financiers font sauter toutes les tentatives d’arrimage d’une monnaie à une autre. (Le montant des échanges de devises représente plus de cent fois celui du commerce mondial…) Petit succès, tout de même, les Etats se sont mis, avec une efficacité inconcevable il y a peu, à traquer les riches qui échappent à l’impôt, partout où ils se cachent. 
Pourquoi se rase-t-on ?(Et surtout, pourquoi les femmes s’épilent-elles ?) La culture contre la nature. Autre effet de la culture, américaine cette fois : le fonds activiste. Il lui suffit d’acquérir une petite partie du capital d’une grande entreprise pour lui dicter ses volontés. En effet, les autres investisseurs sont soit passifs, soit des spéculateurs attirés par une affaire fumante. L’existence de tels fonds forcerait le dirigeant à demeurer sur ses gardes. Mais leur avenir est compromis : ils sont devenus trop gros pour le marché. Et seuls les USA leur sont propices. 

Antoine de Saint-Exupéry précurseur de la RSE

« Le plus beau métier est d’unir les hommes »

On le sait « Saint-Ex » était visionnaire et homme de bon sens. Une bonne partie de son œuvre porte sur la nature des relations humaines et les qualités de ceux qui les rendent durables.


En 2008, j’ai probablement participé à une des expertises les plus enrichissantes depuis quinze ans de métier, qui illustre si bien cette citation.
En mars de cette année-là, lors du chargement d’un navire, la rupture d’une canalisation laisse échapper plus de 500 tonnes de pétrole brut dans l’estuaire de la LOIRE, à DONGES. La configuration des installations, les marées, l’écosystème, vont provoquer une dispersion de ce pétrole jusqu’à l’ile de Ré et la plage de La Baule, mettre à pied les pêcheurs de l’estuaire, menacer les agriculteurs et mettre en péril la saison touristique qui s’ouvre. Le désastre paraît immense et l’abattement est profond.
3 mois plus tard, l’intégrité de l’écosystème sensible de ce milieu humide a été préservée, la pollution absorbée. Les professionnels de la pêche ont été indemnisés, leur business est préservé. L’image de cette magnifique région n’a pas été dégradée et des projets de développement maîtrisé qui sommeillaient, ont été dynamisés.
Comme un symbole, la raffinerie à l’origine de la pollution, sera la seule épargnée, en France, lors de la grève très dure de cette période. Son image locale, pourtant si noire (pétrole) après l’ERIKA, sera même redorée. L’absence de « judiciarisation » du dossier complète le tableau.

Un miracle ! Certainement pas !
Ce sont simplement les hommes qui se sont réunis et unis pour que chacun joue son rôle sociétal et assume sa part.

L’immense désordre (Tohu) provoqué par cette pollution, a fait place à un ordre supérieur (Bohu).
Les responsables de la raffinerie ont assumé leur responsabilité de pollueur involontaire, et ouvert le dialogue franc avec les parties prenantes : la sécurité civile et les autorités, les associations de pêcheurs, d’agriculteurs et de professionnels du tourisme, les collectivités locales, les associations, les assureurs…
  • La nature a pu retrouver son équilibre, et au-delà, ce milieu humide si sensible et si essentiel, bénéficie de nouveaux projets de préservation.
  • L’économie des secteurs qui vivent de ce milieu a été préservée et pérennisée.
  • Les hommes qui n’étaient pas supposés se rencontrer ont pu se réunir et comprendre l’étroite et totale interdépendance qui les lie, et surtout, que derrière chaque entité froide : une raffinerie, le business de la pêche, les collectivités… il y a, avant tout, des hommes et des femmes avec des besoins communs et une dépendance à la nature nourricière.
La crise s’est donc transformée en prise de conscience et en formidables opportunités.
Et j’ose croire que les experts qui ont participé à cette formidable aventure humaine ont été comme la très – trop – discrète abeille qui vole de fleur en fleur, et sans qui beaucoup d’espèces végétales ne pourraient se développer durablement.
Compléments :