L'ETI à la française

Le DG de France Clusters, que j’interviewais il y a quelques jours, a eu une remarquable idée : 

Nos PME ne veulent pas grandir ; pourquoi vouloir, à toute force, en faire des ETI ?

L’ETI à la française c’est une alliance de PME, chevillées à leur territoire. C’est bien plus flexible qu’une ETI allemande !

(Reste à bâtir ces réseaux de PME !)

Interpreneurs

L’entrepreneur Français est hyper créatif, mais il ne tire pas profit de cette créativité. Pourquoi ? Comment faire pour changer les choses ? 

Pour répondre à cette question, je me suis lancé dans ce qui est devenu l’aventure des INTERpreneurs. Interviews (62) et expérimentation, avec l’aide d’un groupe de gens compétents et sympathiques donne ceci :

  • Ma question a une réponse simple. Contrairement à ce que l’on croit, l’entrepreneur français ne veut pas créer une entreprise. Il poursuit une idée. 
  • Ce qui explique sa créativité, mais aussi qu’elle ne soit pas exploitée : ce qui n’est pas idée ne l’intéresse pas. 
  • Après guerre, la PME était une sorte de service déporté de la grande entreprise bureaucratique, donc rigide. La PME rendait flexible la grande entreprise. 
  • La grande entreprise a rompu ce contrat, en délocalisant. La PME n’a pas changé. 
  • Avec 50 ans de retard, il faut réussir un changement collectif, d’en bas. 
  • Il ressemble à ce que l’on observe dans les expériences « d’entreprises libérées » : la PME doit passer du modèle du sous-traitant à celui d’entreprise à part entière. 
  • Pour cela, elle doit s’appuyer sur ses forces culturelles : le modèle, qui nous est propre, de « l’homme de l’art ». 
  • Ne rien plaquer qui vienne de l’extérieur, ce serait rejeté.
  • Les temps sont favorables au changement. 
  • Mais pas les esprits ? Comme le montrent les expériences d’entreprises libérées, peu de gens ont réellement envie d’être libres ?
Plus de détails, ici… Et à suivre. 

Déficit du commerce extérieur : une question d'exportations ?

Le déficit de la France se creuse. Sommes-nous de mauvais exportateurs ?

  1. Nous avons des super champions de l’export (Airbus, l’auto, le luxe, l’agro, l’armement, le tourisme – un export à l’envers, etc.). 
  2. Mais ce sont des multinationales, les PME exportent peu.  
  3. Notre déficit est nettement moins élevé que celui d’un pays qui n’a de leçons à recevoir de personne en termes de dynamisme entrepreneurial : les USA. 
  4. Et le coronavirus, comme d’habitude, rajoute une couche de complexité : il a attaqué ce que l’on exportait, et nous a forcés à importer ce que nous ne fabriquions pas. 

Voilà pourquoi on parle tant de souverainisme, et de circuits courts ? Si nos grandes entreprises achetaient à nos PME, nous n’aurions plus de déficit ? Qui sait ? 

  • C’est peut-être ce qui se passait jadis. 
  • Ce qui expliquerait que nos PME n’aient pas pris le réflexe export, plus généralement autonomie. Elles fournissaient nos multinationales.  

Conclusion ? Le déficit du commerce extérieur n’est peut être pas un problème d’exportation !

Economie résiliente

Le coronavirus nous pose une question : que serait une économie résiliente ? 

Ce blog cite le réseau de fournisseurs de Toyota. Maillé et autonome, et résilient. 

Pourquoi ne pas rêver la même chose pour la France ? Plus que des PME, en réseau. Avantage supplémentaire, la PME peut exporter, mais ne délocalise pas. Et pourquoi une fédération de PME ne pourrait-elle pas réussir, par exemple, là où le management d’Alcatel a, lamentablement, échoué ? Refaire notre retard sur Huawei ? Le génie de centaines de PME ne pourrait-il pas venir à bout du Parti Communiste chinois ?

Mais les PME se méfient les unes des autres, me direz-vous. Certes, mais l’open source prouve, depuis longtemps, qu’il est possible de faire coopérer des fous furieux, et qu’il en résulte un travail d’une qualité sans équivalent. Tout est une question de méthode, numérique dans ce cas. 

Et pour lancer tout cela ? On parle de « leader jardinier« . Henri Bouquin disait : « le contrôle de gestion, c’est organiser l’autonomie« . Qu’est-ce que cela signifie ? 

  • Il faut trouver l’objectif collectif qui va motiver ceux dont le succès a besoin. (Par exemple : une 10G, 100 fois meilleure que la 5G.)
  • Fixer les grandes règles du plan de marche, et du travailler ensemble. C’est l’autonomie, selon Henri Bouquin.
  • De plus, il faut des indicateurs qui signalent les difficultés. Elles ne sont que les étapes nécessaires de la création. Afin de déclencher un processus de résolution du problème. 
  • D’où un « leader jardinier », « contrôleur de gestion », qui a la légitimité de déclencher des crises. 

(Un article à méditer ?)

Coronavirus : un sain rappel aux réalités ?

Ce blog a toujours tort. C’est le cas, une fois de plus. Il n’avait pas prévu le coronavirus.

Aussi bien l’aérien que le ferroviaire étaient en grèves, interminables, on n’entend plus parler d’eux. On raconte, un peu partout que, devant l’incohérence des ordres qu’on leur donnait, les médecins ont décidé de prendre la situation en main. Le livreur, le caissier, l’éboueur… sont devenus essentiels. Brutalement, les lignes de force ont changé.

Et maintenant, c’est le patron de PME, qui est essentiel. Si la PME s’effondre, chômage de masse. Pire : si elle ne fait pas croître ses bénéfices, impossible de payer la dette du coronavirus. On ne peut pas compter sur la multinationale, qui va au plus offrant. 

Après les année financières et numériques, la réalité nous a rappelés à l’ordre ? 

La dette de l'Etat et la prospérité de l'entreprise

La France empile des dettes. Un jour il va falloir s’en occuper. Comment ? L’impôt ! 

Et s’il produisait un cercle vicieux ? Appauvrissant le consommateur, et faisant perdre sa compétitivité à l’entreprise. Et produisant toujours moins de capacité à payer l’impôt et donc toujours plus d’impôts ?

Pour qu’il ne soit pas pire que le mal, il faut que nos entreprises trouvent le moyen de dégager de bien meilleurs résultats, de gagner sérieusement en performance. Face à l’épidémie, et qui nous dit qu’elle est la dernière ?, l’entreprise compte autant, voire plus, que notre système de santé. 

Voici une réalité que nous avions oubliée. Une leçon du virus. 

Le sens du changement

Dans les milieux d’affaires, on ne s’intéresserait plus qu’à la start up ayant un « impact sociétal », si possible à but non lucratif. On a oublié nos deux millions de PME et leur énorme « impact » en termes d’économie et d’emploi ! 

Et si l’on vivait un changement « à la grecque » ? Jadis, les Grecs ont connu un moment de folie, qui a coïncidé avec l’invention de la raison, et d’à peu près tout ce qui fait notre société actuelle. 

Cette crise de folie semble consécutive à cette « invention » de la raison. Ils l’ont utilisée pour inventer un monde factice. C’est pourquoi on parle aujourd’hui de « sophisme ». La chute fut brutale. De conquérants, ils devinrent précepteurs pour parvenus. Mais, elle leur a révélé la réalité. 

Et si, nous aussi, nous étions en train de nous réveiller ?

Boom économique : une question de reconnaissance ?

Depuis deux ans, je mène une enquête : la PME française a un potentiel ignoré, comment le développer ? Pourquoi me poser cette question ? Si la PME décollait, les maux de notre société disparaîtraient. 

Mais aucune idée qui ressort de mon étude ne motive le dirigeant. Grande frustration. 

Mais, voilà une surprise. « Vous êtes la première personne qui me dit que je suis important« . Le dirigeant se croit un paria ! « Si j’étais aux USA, je n’aurais pas deux restaurants, mais quinze« . Pas parce que la vie des affaires est plus facile là-bas, mais parce que la société encourage l’entrepreneur à se dépasser. Et si le dirigeant, au lieu d’investir dans le développement de son entreprise, s’offrait de petits luxes, pour lutter contre la déprime ? 

Le dirigeant aurait-il besoin de reconnaissance ? Et si c’était la condition d’un boom économique ?

Autre observation : le dirigeant, comme nous tous, semble rechercher un sens « non financier » à sa vie. 

Devrait-on lui dire qu’il est le médecin de l’économie ? C’est à lui de nous sauver de la crise économique, en poussant à fond son entreprise ? Tant pis s’il s’enrichit au passage ?

Il en faudrait peu pour changer la France ?

 Les entreprises françaises ne savent pas ce qu’elles valent, dit le directeur du « deal flow » de la BPI, qui en voit 950 par an. Il a mis au point une méthode pour leur révéler leur potentiel. 

Rêvons un peu ? Imaginons que cette technique se diffuse, ne serait-ce qu’aux entreprises qui cherchent des fonds auprès de la BPI. Que ces entreprises découvrent que la vie est plus simple qu’elles ne le croyaient, et qu’elles ont des marchés à portée de la main. Que leur succès crée une émulation… 

Alors ? Plus de chômage, de djihadiste, de gilet jaune, de désertification des provinces, de dette de l’Etat ?

Nous ne cherchons pas nos licornes au bon endroit ?

Histoire d’une PME française. Au début, quelqu’un aime faire des photos de voitures. Un constructeur lui propose de photographier tous les modèles qui sont exposés dans les salons. Il a l’idée de vendre sa base de données à tous les constructeurs. Un autre constructeur le forme à démonter les voitures, et en photographier les pièces. Il vend sa base de données à tout le monde. Aujourd’hui, l’entreprise démonte 90 modèles par an. Avec les pièces numérisées, elle est capable de remonter numériquement la voiture, et de lui faire passer des tests, ce qui lui révèle son comportement et les choix techniques de conception. 

Cette entreprise, dont le siège est toujours situé dans sa ferme d’origine, a été achetée par un fonds. Quel est l’écart entre la valeur que lui donnait ses fondateurs et celle qu’elle a aujourd’hui ? Un facteur 20 ? En tout cas, il est probable que, dans peu de temps, elle entre dans la catégorie « licornes ».

Et si, aveuglés par la Silicon Valley, nous ne cherchions pas les licornes au bon endroit ?