Georges Braque

Enfin une occasion de comprendre l’oeuvre de Georges Braque, me suis-je dit : émission de France Culture.

Je savais qu’avec Picasso, ils avaient été inséparables, et avaient créé le cubisme, à tel point que leurs oeuvres de l’époque ne peuvent être distinguées. Je savais aussi que la guerre de 14, que Picasso n’a pas faite, et de laquelle Braque aurait pu ne pas revenir, fut une rupture entre eux.

Ce qui ressortait de l’émission est que c’était Cézanne qui était à l’origine de son inspiration. Il était intéressé par la structure de l’objet et non par sa forme. Voire par ce qui était entre les objets. Un genre de surréalisme ? La réalité serait tout sauf ce que l’on voit ?

En tous cas, je ne vois rien de très beau chez Braque, et je trouve que Cézanne est triste et anguleux. Auraient-ils été victimes de ce qu’ils dénonçaient ? Ils furent le jouet de la raison ?

Un Picasso

Pièce de théâtre idéale, bon texte, bons acteurs, pas trop tard, pas trop long (un acte), pas trop cher. Salle comble.

L’Allemagne nazie veut brûler trois oeuvres de Picasso, peut-il les sauver ? Huis clos. D’ordinaire je n’aime pas les reconstitutions. Elles ne peuvent qu’être infidèles. (Imaginez que, dans quelques décennies, on veuille jouer votre rôle.) Surtout en ce qui concerne Picasso. Mais là, exploit, Picasso est crédible.

Facture classique, d’une certaine façon. Malin, aussi. On reconnaît le professionnalisme américain. Mais c’est surtout une intéressante réflexion sur la personnalité de Picasso, et ses démesures, faiblesses et contradictions, et sur les mystères de l’art.

L’art moderne expliqué

Pourquoi notre art n’en est pas un ? Réponse de David Galenson (Conceptual revolutions in twentieth-century art) :

1874, le salon des indépendants (impressionnistes) rompt le monopole des expositions officielles : apparition de galeries indépendantes qui offrent un marché à l’art ; les marchands découvrent que ce qui se vend le mieux est l’innovation radicale : les innovateurs ont le vent en poupe ; Picasso, bientôt massivement imité, invente le changement de style, puis le genre artistique (collage…) ; l’art explose en un kaléidoscope de ruptures totales.

L’art contemporain est le résultat logique du (…) comportement délibéré de jeunes inventeurs conceptuels, opérant dans un marché concurrentiel qui a systématiquement récompensé l’innovation radicale et ostentatoire.

Ainsi, si l’art contemporain ne remplit pas les fonctions que lui attribue l’ethnologie, c’est parce qu’il a été récupéré par le marché ? Son prix serait-il déterminé par des mécanismes spéculatifs, qui, comme pour le pétrole, reposent sur des lois comportementales qui s’établissent entre traders ? L’art contemporain serait-il abstrait, sans lien avec la sensibilité humaine, parce qu’il est à l’image du marché ?

Compléments :