Agressif Pialat

Rediffusion d’une émission de France Culture concernant Maurice Pialat et son film Police. 

J’ai vu ce film à sa sortie. Je n’en garde pas grand souvenir. J’ai pensé que l’émission serait un moment agréable en un temps de mauvaises nouvelles. Que nenni. 

Le présentateur, audiblement mal à l’aise, commence par une interminable introduction. Police est un chef d’oeuvre, qui a quelque chose de Shakespeare, « toutes proportions gardées ». 

Que n’a-t-il pas dit ? Maurice Pialat s’en prend à « toute proportion gardée ». Pourquoi n’avons-nous plus de Shakespeare ou de Victor Hugo ? Pourquoi le cinéma est-il aussi médiocre ?… Je ne m’attendais pas à un tel déluge d’agressivité. J’ai mis un terme à ses propos. 

Je me suis demandé si ce mal être extraordinairement corrosif de Maurice Pialat ne représentait pas une de nos caractéristiques culturelles. Quand l’individualiste arrive en société, il ne sait pas se comporter ?

Maurice Pialat

Emission sur le cinéaste Maurice Pialat

Il n’appartenait pas à la « nouvelle vague ». Cette vague « anti système » aurait, paradoxalement, profité du système. Ce qui lui aurait rendu facile l’accès aux fonds nécessaires à la réalisation de films. Lui a dû manger de la vache enragée pendant de longues années. 

La réalisation d’un film était incertitude et angoisse. Avec lui la vie des acteurs et de l’équipe de tournage était douloureuse. Les licenciements fréquents. 

Qui voudrait travailler dans ces conditions ? me suis-je demandé. Et aussi : pour l’artiste, l’art n’est-il pas un absolu qui justifie sa « domination » ?

Pourquoi les riches volent-ils les pauvres ?

Je regardais passer les cyclistes, un week-end, et j’ai noté qu’ils paraissaient tous riches. Jadis, seuls les pauvres se déplaçaient à bicyclette. Cela m’a rappelé une réflexion que je me fais souvent : pourquoi les riches semblent-ils voler les pauvres ?
Les riches ne vivent-ils pas à la campagne, alors que c’était jadis le lieu d’une « abjecte pauvreté » selon l’expression de The Economist ? N’y avait-il pas une tradition, en Angleterre, qui voulait que les étudiants des universités aillent affronter les gens des basses castes ?…
Je me demande s’il n’y a pas ici quelque chose des films de Maurice Pialat. Ce que le pauvre a, et que n’a pas le riche, c’est la vie. Mais le riche a les moyens d’acheter ce qu’il n’a pas. Seulement la vie n’est pas une chose. Et ce qu’achète le riche est dénaturé. Personne ne trouve son compte dans cette affaire. Certainement pas le pauvre.
Et si l’on construisait une société qui produise des hommes bien finis ?

Loulou

Pialat 1980.

Impression d’une histoire d’extraterrestres. Plus de repères connus. Les années 80 sont-elles si loin de moi ?

Après un difficile travail de modélisation, je me suis demandé si ce n’était pas une histoire de rencontre entre classes sociales. D’un côté la bourgeoisie, violente, irrationnelle, et impuissante, de l’autre le prolétariat, riche d’instincts primaires et d’inconséquence.

J’ai enquêté alors sur Pialat. On le disait violent, imprévisible, et cinéaste de la « vérité ». J’imagine que sa violence se retrouve dans les scènes bourgeoises. Quant à la partie populaire du film, j’ai du mal à y voir de la vérité. La « vérité » serait-elle la vision qu’a le bourgeois du peuple ?

Compléments :