Faisons vœu de pauvreté pour sauver la planète ?

La croissance mondiale semble parfaitement corrélée à sa consommation d’énergie. Conséquence (approximative) : si vous voulez baisser de 80% nos émissions de CO2, vous devez réduire par 5 notre PIB ! (revenir aux années 30, si l’on fait l’hypothèse d’une croissance annuelle de 2%.)


Le plus étrange est que tout ce que nous tentons pour réduire ces émissions ne fait qu’aggraver le mal :
  • Notre capacité à produire de l’énergie limite, donc, notre croissance. Tout ce qui permet de produire des énergies alternatives conduit à une accélération de celle-ci. Ainsi, elles ne se substituent pas au pétrole (dont la production est stable), elles s’y ajoutent. Or, elles sont massivement émettrices de CO2 (gaz, biocarburants).
  • L’Ouest expédie ce qui consomme de l’énergie dans les pays émergents, qui sont moins efficaces que nous dans le domaine.

Les énergies alternatives ont un immense intérêt, donc, elles donnent bonne conscience à l’écolo en permettant de faire de très bonnes affaires…

Compléments :

Notre avenir : une crise continue ?

Je découvre une thèse extrêmement surprenante. La production de pétrole serait limitée pour des raisons économiques, non pas par la disponibilité de ressources. En effet, un curieux mécanisme fait qu’il n’est jamais rentable d’exploiter certains gisements. Et ce phénomène nous condamnerait à une série de crises sans fin.

La recherche suggère que lorsque les prix du pétrole atteignent un niveau suffisamment haut (estimé par Steven Balogh à 85$ le baril en dollar 2009), le prix élevé du pétrole commence à faire basculer l’économie dans la récession, la récession contre le mouvement de hausse, le prix du pétrole baisse. Avec le temps, ce prix augmente de nouveau, jusqu’à ce que la hausse mène une fois de plus à la récession. Ce cycle de hauts et bas conduit à une oscillation des prix du pétrole, qui ne les fait jamais augmenter suffisamment pour accroitre réellement la production. Cette impossibilité d’atteindre des prix suffisants fait aussi que l’énergie renouvelable ne devient jamais concurrentielle.

Étrangement, ce simple mécanisme serait suffisant pour fournir une explication alternative aux crises actuelles. Les lois du marché font que l’économie n’aura jamais assez d’énergie pour ses besoins ?

Compléments :  

  • À approfondir : Getting Started | Our Finite World(Merci à Dennis Meadows de m’avoir fait découvrir les travaux de Gail Tverberg, qui méritent d’être regardés de près.)

Le retour du choc pétrolier

Notre économie fragile va-t-elle être secouée par des chocs pétroliers ?

Ça semble imparable : la production croit beaucoup moins vite que l’économie mondiale.

Curieusement, une partie de la solution serait aux USA. Ils consomment 20% de la production mondiale, et en gaspillent beaucoup. Il suffit de taxer le pétrole pour à la fois remplir les caisses de l’État, et diminuer le gaspillage. Solution systémique : faire le contraire de l’évidence.

Mais c’est le type de changement dont il ne peut être question en période électorale.

Compléments :

Faut-il aider Petroplus ?

Le gouvernement français se donne beaucoup de mal pour Petroplus. Est-ce une bonne idée ?

D’ailleurs, il est étrange que les raffineries aient des difficultés alors que les pétroliers n’en ont pas. Le raffinage n’est-il pas à plus forte valeur ajoutée que l’extraction ? (Erreur ?).

En fait, il y aurait excès de capacité de raffinage, chronique et ayant peu de chances de se résorber dans la prochaine décennie : les émergents ayant investi ce secteur jugé stratégique.

Si ce raisonnement est juste, les banques de Petroplus ont probablement raison de ne plus vouloir lui prêter… Et, au moment où beaucoup d’entreprises manquent de crédits, elles ont certainement mieux à faire ailleurs.

Compléments :
  • Voir Raffineries à vendre et, surtout, ses sources.
  • Qui est Petroplus ? La propriété d’un fonds d’investissement ! « En 2005, le groupe d’investissements américain Carlyle l’a acquise, pour plus de 500 M€, dans le but de « doubler la taille de l’entreprise, dans les deux-trois [années suivantes] » – T. O’Malley, PDG de Petroplus Holdings, 2005. Depuis novembre 2007, Petroplus Holdings a de nouveau le statut de société anonyme, à la bourse de Zurich, y ayant réalisé la plus importante introduction depuis 2001. Le groupeCarlyle en détient 57% des parts. » (wikipedia).

Total menacé ?

Les bénéfices colossaux des grands pétroliers seraient des trompe-l’œil.

Ces groupes seraient pris en sandwich entre de monstrueuses compagnies d’État (Iran, Arabie Saoudite…), et des sociétés spécialisées plus petites et plus agiles.

Leur avantage concurrentiel ? Leur technologie. Leurs bénéfices honteux ne sont soutenables qu’à condition que le pétrole demeure coûteux et difficile à extraire. (Big Oil’s bigger brothers)

Nous baignons dans le pétrole

On nous a longtemps parlé de pénurie pétrolière. Maintenant, on nous affirme que les réserves sont gigantesques ! La lutte contre le réchauffement climatique semble mal partie… (The power of infinity)

Pourquoi ces curieuses transformations ? L’intérêt des pétroliers et de certains États serait-il que le pétrole soit rare, pour être cher, mais pas trop, pour ne pas encourager le développement d’énergies de substitution ? Mauvais esprit ?
Compléments :

Raffineries à vendre

Les raffineries ne seraient pas rentables et seraient vendues par les pétroliers à des fonds ou à des pays émergents.
Les pays émergents voudraient augmenter leur capacité de raffinage. Quant aux fonds, je ne comprends pas très bien comment ils réussiront mieux que les professionnels. En faisant des économies de maintenance, peut-être ?
Compléments :
  • Refined tastes.
  • Projets de Total.
  • Mais la gestion à courte vue des compagnies pétrolières fait aussi des heureux : les « spillionnaires » (traduire en marionnaires ou millionnoirs ?)

Vers une crise pétrolière ?

L’opinion de Dr Doom selon laquelle les évènements actuels sont favorables à une augmentation massive du prix du pétrole, du type de celle qui a conduit aux crises mondiales, paraît gagner du terrain.
La crise pourrait être grave, mais moins qu’hier. Parce que nous avons appris du passé. Surtout, cela pourrait nous forcer à nous sevrer du pétrole… (The 2011 oil shock.)
La crise et « l’anxiété de survie » qu’elle crée, encore et toujours, moteur du changement ?

Sable bitumineux

Le sable bitumineux est une source de pétrole qui s’est développée récemment. Il fait la fortune du Canada, dont le pétrole constitue 22% des importations des USA (le Canada a la seconde réserve de pétrole au monde).
Mais le traitement de ce sable est redoutablement polluant : il « produit 82% de gaz à effet de serre de plus que le baril moyen raffiné aux USA », et expliquerait pourquoi le Canada est très au dessus de ses engagements de Kyoto. Et les intérêts en jeu sont trop importants pour qu’il y ait un quelconque changement : cela rapporte beaucoup à l’Alberta, les exploitants sont Américains… Seul espoir : que le prix de l’énergie passe au dessous du seuil de rentabilité du dit sable.