Le pétrole c'est le casino

Pourquoi le prix du pétrole a-t-il baissé ? « surplus de 2%, 70% de baisse ». La production des USA a doublé en 7 ans, la Chine a fléchi, l’OPEC n’a rien fait, en partie parce que l’Arabie Saoudite ne voulait pas faire de la place à l’Iran. Aux USA, le gaz de schiste avait créé quelques millions d’emplois et fait la fortune de nombre de fournisseurs. La chute des cours a causé beaucoup de dégâts. (L’analyse.)
Très américain tout cela ? On se précipite pour exploiter le gaz de schiste, ce qui produit une chute des cours et des faillites. C’est pourquoi l’Américain est si rapide : il sait qu’il y a peu de temps pour exploiter une occasion. Du coup, il transforme tout ce qu’il touche en casino ? 

Liberté de parole et complications

Stéphane Charbonnier, was asked if he could understand that moderate Muslims might have been offended by (Charlie Hebdo’s) cartoons of the Prophet Muhammad. “Of course!” he replied. “Myself, when I pass by a mosque, a church or a synagogue, and I hear the idiocies that are spoken in them, I am shocked.”” La liberté de parole pose des problèmes compliqués. En Arabie saoudite, par exemple, l’Amérique fait passer son intérêt avant ses principes. En Chine, les Ouigours font front avec Al Qaeda, mais c’est en résistance aux tentatives d’assimilation chinoises… Le Pape ne serait pas heureux si l’on s’en prenait à ce à quoi il croit.
La BCE tuée par Mme Merkel ? La BCE imprime trop tard et trop peu. Seul effet probable : baisse de l’euro. L’Allemagne l’a entravée par crainte que les pays du sud ne soient pas contraints à la réforme. Mais si c’est l’échec, la BCE aura perdu toute crédibilité. La banque centrale suisse ne soutient plus sa monnaie. Importants dégâts. Mais encore difficile de savoir ce qui va en résulter.
Aux USA, avoir un travail bien payé demande d’avoir fait un certain type d’études. Ce qui permet aux classes supérieures, qui ont verrouillé le système éducatif, de se reproduire. Machiavélique Obama ? Son discours à la nation serait-il un piège pour Républicain ? Les pousser à censurer des mesures favorables aux 99% pour défendre les 1% ? En Italie, M.Renzi veut réformer les institutions. Mais pour cela il doit affronter des « marais », qui ont « avalé plus d’un candidat à la réforme ». M.Hollande s’est comporté en homme d’Etat. Habilement, il a subtilisé « les valeurs patriotiques »  et le drapeau à la droite. Marine Le Pen a fait des erreurs tactiques. Mais l’état de l’économie française rendra ce succès sans lendemain.  En Allemagne arrivée d’un parti à droite de la droite… la place des Nazis ? L’Angleterre n’est pas plus antisémite que par le passé. Mais il y a de plus en plus de Juifs orthodoxes. Ils font des cibles tentantes. En Ukraine, M.Poutine relance la guerre, histoire de montrer que l’Ouest ne le fera pas plier. L’Etat Islamique fait le jeu de l’Iranqui vole au secours des Etats shiites. Mais cela lui coûte cher. D’autant que ses revenus pétroliers baissent fortement. Partout, des groupes religieux cherchent à se tailler des royaumes (Nigeria, Yemen…).
Baisse des prix du pétrole. Elle va durer peu, le temps d’éliminer les faibles. Les forts, eux, licencient, augmentent leurs dividendes et investissent. L’innovation frugale envahit l’Occident. Grâce à l’émergence d’une classe de pauvres.  « Les grands perdants (des transformations connues par le monde ces dernières décennies) comprennent les classes moyennes des pays riches ». Standard and Poor est condamnée par la justice américaine. Cela signifie-t-il que les agences de notation ne sont plus au dessus des lois ? 

Lutte (désespérée) entre M.Poutine et les forces du marché ?

La Russie serait dans une mauvaise passe. Ses capitaux la fuient. Libérez les forces du marché ! dit The Economist à M.Poutine. Mais, il semble vouloir empêcher l’aliénation de son pays par le dit marché. Pour le contrôler il utilise une clique de copains. Ils sont inefficaces et corrompus. On ne peut rien contre le marché ? Rendez-vous, vous êtes cerné ?
Les sénateurs américains voudraient priver la Russie de SWIFT, le système d’échange interbancaire. Arme extrêmement efficace. Mais The Economist craint qu’en montrant trop ouvertement qu’il est aux mains des forces du bien, celles du mal, Chine et autres émergents ainsi que mafieux et terroristes, n’utilisent d’autres voies. Elles deviendraient alors incontrôlables et inespionnables.
Au sujet de la corruption. Elle toucherait le Portugal. Comme beaucoup d’autres pays en difficulté, il vendrait sa citoyenneté en échange d’investissement dans l’économie locale. Cela conduirait naturellement à la malversation. Vous voulez une augmentation de salaire ? Offrez-vous un consultant spécialisé dans la paie. Uber est un digne représentant des nouvelles sociétés technologiques : tous les coups sont permis pour réussir. Maintenant, il cherche à intimider les journalistes qui ne disent pas de bien de lui. (Demain, il placera un contrat sur leur tête ?) Mais le marché vote avec son argent. L’esprit Silicon Valley a de beaux jours devant lui.
« Plus d’un tiers des sociétés minières et d’exploration sont canadiennes ». Mais leur comportement à l’étranger suscite des mécontentements, ternissant l’image du pays. Son gouvernement est leur ami, parviendra-t-il à les ramener à la vertu ?
En Allemagne, l’heure n’est toujours pas à la dépense. En France, M.Sarkozy refait surface. Mais il a perdu beaucoup de supporters. Mme Mogherini, remplaçante de Mme Ashton, se révèle une femme à poigne. L’Etat Islamique se ferait plus d’ennemis que d’amis. Aux USA, la dépendance à l’héroïnese répandrait. Ce serait les traitements médicaux qui créeraient l’habitude. Le fléau ne touchant plus uniquement les pauvres, le gouvernement va réagir. Après de multiples revers, les transports en communs s’implanteraient au sud des USA. Cela permettrait aux pauvres d’avoir accès à l’emploi. Les institutions tendent à avoir des couleurs politiques. Goldman Sachs est massivement républicain et Harvard massivement démocrate. M.Obama lance un défi aux Républicains, qui le haïssent. Il décide de légaliser 5m d’immigrés illégaux. (Démocratie bloquée = pouvoir dictatorial ?)
L’avenir de l’Amérique latine est sombre. Elle aurait dû profiter de son boom économique pour investir et construire une capacité de production propre. Elle ne l’a pas fait. Maintenant, il est peut-être trop tard. Mais sa population s’est habituée à une vie facile… M.Abe procède à une élection anticipée. Apparemment pour reprendre en main son propre parti, qui résiste au changement, et avoir les moyens de réformer le pays. La Chine a du mal avec ses étudiants. Elle les expédie à l’étranger, mais ils ne reviennent pas. Ou vieux, leur capacité productive derrière eux. Par ailleurs, sa banque centrale imprime beaucoup d’argent, pour relancer l’économie. Mais sans le dire. Les banques centrales, devenues toutes puissantes, ne sont pas plus clairvoyantes que le reste de la population. Comment éviter le panurgisme ?
Les Entreprises polonaises s’étendent à l’étranger. Mais elles sont petites et manquent de recherche et développement pour pouvoir encore avoir beaucoup d’ambitions. Les grandes entreprises montent des fonds d’investissement. Ce qui leur permet d’absorber leurs concurrents potentiels. Les banques devant être prudentes, elles ne prêtent plus. De nouveaux acteurs apparaissent, les fonds mutuels, qui pourraient prendre la partie risquée des emprunts d’entreprise.
La fin de la carte SIM ? C’est ce qu’envisage Apple, depuis quelques temps. Cela permettrait de choisir son opérateur en temps réel. Cela permettrait à Apple de les écrémer et de les remplacer par son monopole. (Décidément, nous vivons à l’heure des trusts ?) Le paiement par terminal mobile semble avoir le vent en poupe. Tout le monde s’y met. La rentabilité de la chose ne paraît pas encore évidente. Les fournisseurs de services aux compagnies pétrolières se concentrent. La baisse du prix du pétrole devrait les affecter. Mais, à long terme, la complexité croissante de l’exploitation pétrolière pourrait leur être favorable. (Sans compter que moins on est nombreux, mieux on peut s’entendre pour rançonner son marché.)
Et si la stagnation mondiale venait du manque de jeunes ? « L’effort simultané de tant de pays de constituer des réserves pour les retraites, combiné à un faible investissement, une baisse de la croissance potentielle, l’austérité fiscale, l’accumulation de cash par les entreprises et l’inégalité (qui laisse une part croissante du revenu national entre les mains des riches, gros épargnants) déprime le taux d’intérêt  qui permet l’équilibre entre investissement et épargne. » Il faudrait mettre les retraités au travail. Il se trouve aussi qu’il arrive un moment où le retraité brûle la chandelle par les deux bouts. Ce qui est bon pour l’économie.
Médecine. On cherche à utiliser les anticorps, en appui aux antibiotiques défaillants, dans la lutte contre les bactéries. 

Vieille Amérique

« Même si la croissance potentielle repart un peu, l’Amérique va de plus en plus ressembler aux économies vieillissantes, à faible croissance, qu’elle méprisait ». Le chômage est faible, mais l’Amérique ne croît pas. Le moteur de son développement est grippé.
La France est enlisée au Mali. M.Hollande a voulu faire comme M.Mitterrand. Mais il n’avait pas les mêmes atouts. En Ukraine, « La colère sur le terrain peut-être en train de créer ce que Alexender Golts (…) appelle « une longue guerre partisane » ». Elle aurait échappé au contrôle de la Russie. Justice italienne. Cauchemar de l’économie. Cause culturelle, peut-être : ce qui compte n’est pas l’efficacité mais l’élégance intellectuelle du jugement… La Suisse, une confédération, pourrait-elle donner des leçons à l’UE ? Elle semble avoir tiré le meilleur des cultures qui la composent. Mais, « l’union monétaire suisse est arrivée après des siècles d’unité politique ». Remaniement ministériel en Angleterre. M.Cameron a constitué un gouvernement en vue des prochaines élections. Il a de bonnes chances de gagner, vue la médiocrité d’Ed Milliband. Gouvernement faible, et qui n’améliore pas les chances de l’Angleterre de rester dans l’UE. Israël et les Palestiniens. Pas une guerre mais recherche du retour au statu quo ante. Le Hamas est dans l’intérêt d’Israël, qui craint qu’il ne soit remplacé par Al Qaeda. Les frappes visent essentiellement ses membres, et leur famille. Aux USA, le monde politique se solidifie en deux camps, qui ne veulent pas se parler. Démocratie paralysée.
Venezuela. A la suite d’une grève, M.Chavez a licencié une grande partie des employés de son industrie pétrolière. Ils avaient une compétence rare. Ils sont partis faire la fortune des pays voisins. Les BRICS (ou la Chine, surtout ?) ont décidé de remplacer le FMI. Ambition : aider les pays en développement à investir dans des infrastructures de transport. Au Japon, la côte de popularité de M. Abe choit. « M. Abe est perçu comme ayant fait passer en force, contre la volonté de la plupart de la population, un changement historique de la politique de sécurité japonaise ». Les capitaux, les oligarques et les mafieux de la Chine continentale sont en passe de museler la presse de Hong Kong. Chine continentale dans laquelle les victimes de la nouvelle révolution culturelle, anti corruption, sont de plus en plus nombreuses. Nouveau gouvernement égyptien. Paternaliste et paralysé par sa dépendance aux intérêts spéciaux nationaux.
Qu’est-ce qui tire l’industrie pharmaceutique ? La recherche des failles de la législation. L’industrie pétrolière, elle, parie que le pétrole restera cher et  que les gouvernements seront incapables de combattre le réchauffement climatique. Après des années douloureuses, les affaires de l’industrie de l’armement repartent. Mais le marché est fragmenté et difficile. L’industrie de l’armement doit devenir efficace. Apple et IBM s’allient. Les forces d’IBM vont se mettre à vendre les produits d’IBM à l’entreprise. Leurs concurrents sont pris par surprise. Qu’attendre de Big data ? Pas de rupture, une optimisation à la marge, mais sur de gros volumes.  

L’économie de marché, ou l’art de coincer la bulle

Amazon ou la bulle permanente. Amazon vaut 500 fois son bénéfice (grande leçon pour Alstom !). Amazon, c’est la course en avant dans l’hétéroclite. Réel potentiel ou art de faire durer la spéculation ? Les groupes américains cherchent à changer de nationalité, de façon à pouvoir mettre la main sur les fonds qui sont planqués à l’étranger par peur du fisc. Les génériques n’ont pas produit les baisses de prix escomptés. Les grands laboratoires graissent la patte de leurs concurrents, jouent sur la publicité ou sur des modifications d’apparence, pour maintenir leurs monopoles au-delà de l’expiration de leurs brevets. Le poids du secteur financier n’a pas cessé de croître ces derniers temps. Curieusement, il n’y a pas eu effet d’échelle. L’augmentation de son train de vie a excédé celle de ses revenus. Et cela « s’est accompagné d’un ralentissement de la croissance économique ». Les ventes en ligne dominent le marché du voyage. Il arrive à maturité. L’évolution technologique est la principale force sur laquelle jouer.
Et si l’Angleterre était l’hirondelle qui annonce la fin de cette ère spéculative ? L’Angleterre se racornit. Sa puissance politique et économique disparaît. Elle était liée à son secteur financier et à ses partenariats avec les USA et l’UE. Mais l’influence internationale de ses derniers est désormais faible. Et la réglementation financière et le repli national des banques ont réduit à peu de choses les banques anglaises et enlèvent leur intérêt aux atouts de la City. Parallèlement, le capitalisme d’Etat s’est réinventé. Au lieu de diriger les entreprises, il devient une sorte de minorité de blocage. (Ce qui me semble être le modèle allemand.) Les Chinois bloquent le rapprochement des 3 principaux armateurs mondiaux.
Les crises en cours modifient les équilibres internationaux. En ce qui concerne l’Ukraine, tout est une question de gaz. Les pipelines russes veulent contourner l’Ukraine. Les USA et l’UE refusent, ce qui fait tomber le gouvernement bulgare. Quant aux Suédois et aux Finlandais ils se rapprochent de l’OTAN. Les Kazakhs nouent une alliance inconfortable avec les Russes. La crise irakienne rapproche l’Amérique de l’Iran, et les Kurdes d’une nation. Pétrole. Les crises irakienne, syrienne et libyenne vont réduire l’offre, d’où augmentation de prix. Ailleurs, la justice américaine veut faire payer l’Argentine pour des dettes acquises par des fonds spéculatifs. Comment contourner cette décision ? En Inde, le parti du congrès est réduit à néant, et sans leader. Sa stratégie consiste à attendre les erreurs du gouvernement. Les Chinois submergent le Tibet. Et l’Indonésie est un curieux pays. Le quatrième plus peuplé au monde, il est fait de « 14466 îles, avec plus de 360 groupes ethniques parlant 719 langues ». Une forme de régionalisme prendrait le pas sur le centralisme des dernières décennies. Mais il tiendrait ensemble grâce à des liens interpersonnels forts. Qui sont aussi vecteurs de corruption. 
Les fougères auraient produit un refroidissement climatique. Elles ont piégé du carbone et sont devenues pétrole. (Où l’on apprend aussi que la science s’en remet au « crowdfounding ».) Newton fut « le dernier des magiciens ». Il rêvait d’alchimie. 

Derniers changements de l'économie

L’économie en changement
Les grandes compagnies pétrolières vont devenir de moyens producteurs de gaz. Pour diverses raisons. Notamment parce que les nations ont décidé d’exploiter elles-mêmes leurs réserves, et que les « grandes compagnies ont jugé sage de sous-traiter le forage et d’autres aspects de la production » à des entreprises qui ont apporté leur savoir-faire aux dites compagnies nationales. George Mitchell est l’entrepreneur qui a le plus fait pour le gaz de schiste. Il semble avoir eu une détermination increvable : c’est à près de 80 ans qu’il a trouvé l’idée qui a fini par rendre le processus d’extraction rentable. C’était aussi un défenseur de la nature. Et un homme de contradictions.
Fusion Publicis Omnicom. Publicité bouleversée par Internet. Plus besoin d’intermédiaires, annonceurs et médias traitent en direct. Les agences elles mêmes construiraient des plates-formes d’achat d’espace. Et se regrouperaient pour ce faire. Leur avenir semble sombre. « Fintech ». Les start up s’attaquent au métier des banques. En Europe, les banques « continuent à réparer leur bilan ». Ce qui les rend fort peu rentables. En outre, la BCE va les inspecter. Mais que faire si elle trouve qu’elles ont besoin de capitalisation, sachant que beaucoup d’Etats sont trop endettés pour les aider, et que l’Allemagne a bloqué toute possibilité d’aide mutualisée ?
Siemens semble avoir des difficultés à gérer une multitude d’activités. Par ailleurs, le modèle allemand de coopération syndicats – employeurs serait sur le déclin. Il aurait fait les frais des réformes Schröder.
Curieux calcul de PIB. Il dépend des hypothèses choisies. En tout cas, il semblerait que l’on cherche à évaluer la production non marchande (production et consommation de la famille), qui pourrait l’être. Où va-t-on s’arrêter ?
Le monde en changement
Prochaine coalition gouvernementale allemande ? Toujours aussi incertaine. Mais Mme Merkel est prête à toutes les cohabitations. En Egypte, l’armée serait tentée de prendre le pouvoir. Mais elle contrôle une grande partie de l’économie. Comment faire le bien collectif sans nuire à ses intérêts ? En Iran, le nouveau président tiendrait ses engagements de réforme. Comment va-t-il résoudre la crise économique causée par les sanctions internationales ? Au Mali, les élections se sont à peu près bien passées. Reste à régler la question de l’indépendantisme touarègue. Aux USA, on se demande si, après tout, la collecte de données privées dénoncée par M.Snowden n’est pas illégale. Un des étudiants de MIT a piraté un système informatique. Contrairement à sa devise, le MIT l’a laissé condamner. Et il s’est suicidé. Le grand bond en avant chinois serait mû par le désir de « venger l’histoire honteuse du pays ». Que va-t-il arriver quand la Chine sera puissante ? Vengeance ou repos du guerrier ?
Science ?
On essaie de construire des ordinateurs sur le modèle du cerveau. 3 avantages : ça consomme peu, c’est robuste, et ça se programme tout seul. 

Y a-t-il un pilote dans l’avion ? L’Allemagne dirige l’Europe

« Les Allemands ont une vision biaisée de la crise de l’euro (« elle est due à des défaillances des économies de la périphérie »), une interprétation incomplète de leur succès économique (« on a réussi parce qu’on s’est serré la ceinture ») et une conscience limitée des liens entre leur économie et les autres (« l’Allemagne doit être protégée du désordre extérieur »). » The Economist dresse un portrait inquiétant d’une Allemagne autiste. C’est un pays qui souffre. Où le travailleur est pauvre, et l’entreprise riche. Il s’est imposé la rigueur. Et il pense que c’est la solution aux problèmes de l’Europe. Mais il se trompe sur toute la ligne. Il doit son succès en grande partie à la chance (« fabriquer les bonnes choses au bon moment », un euro faible, et avoir laissé filer son déficit, sans respecter le traité de Maastricht…), et les décisions unilatérales qu’il prend, comme sa politique énergétique ou le réinvestissement désastreux de ses surplus, sont des échecs et peuvent avoir des conséquences déplorables sur l’Europe. Un espoir tout de même : le pays vieillit vite, il devra absorber une grosse immigration. Cela le forcera à transformer les principes même de sa société, qui sont aujourd’hui une forme de ségrégation. A noter que la courbe des salaires allemande (plate) semble se distinguer de celle de toutes les nations occidentales, pas uniquement de celles d’Europe du sud. Dumping social ?
Chaque peuple a ses obsessions. Les Allemands s’opposent à la BCE, qui distribue leur argent. La France s’inquiète de son « exception culturelle ». The Economist s’étonne d’un comportement « suicidaire ». Apparemment, « la menace principale vient d’Internet et du développement des services de vidéo à la demande ».
La Turquie aurait une curieuse interprétation de la démocratie : la minorité n’a aucun droit. Le style de M.Erdoggan est le passage en force. Et il va continuer sur cette ligne. Il faut espérer qu’il ne laissera pas ses partisans écraser les mécontents.
Au Japon, la montagne promise par le premier ministre accouche d’une souris. Les réformes attendues ne sont pas annoncées. Peut-être après les élections ? Mais la résistance au changement semble forte au sein de son parti.
La Chine va-t-elle intervenir au Mali ? Elle aimerait cultiver une image de coopérant pacifique.
La banque fédérale américaine parle de réduire ses achats de dette américaine,  l’argent qui était allé s’investir dans les pays émergents (4000md$ depuis 2009) pourrait être rapatrié. De ce fait, les émergents vont traverser des moments difficiles, mais un désastre majeur n’est pas à attendre. (Le moteur de leur économie doit passer de la consommation tirée par un crédit facile, à l’exportation.)
En dépit du gaz de schiste américain, le prix du pétrole est élevé. Ce serait l’Arabie Saoudite qui jouerait les régulateurs. Il y aurait peu d’espoirs que les prix baissent à terme.
L’Angleterre est devenue le champion de la lutte contre l’évasion fiscale. Le G8 aurait adopté une nouvelle stratégie « mettre sa maison en ordre ». Ce qui semble signifier la transformation de son système d’imposition des entreprises « qui remonte à l’époque ou les actifs principaux des entreprises étaient fixes ». En dépit de l’émergence d’un consensus sur le sujet, les obstacles sont formidables. A commencer par l’empilage de sociétés écrans qu’utilisent les entreprises, et la complaisance du Delaware et du Nevada.
L’Amérique, PRISM et l’espionnage des données Internet. Comme d’habitude, elle respecte la lettre pour trahir l’esprit. L’espionnage porterait principalement sur les « métadonnées » (pas le contenu du message, mais des informations sur l’échange en lui-même). Elles étaient mal protégées par une réglementation qui remonte à l’époque du téléphone fixe. En outre, les entreprises d’Internet emploient apparemment des personnels de l’Etat, qui ne leur rendent pas de comptes. Ce qui leur permet de protester de leur innocence. L’affaire montre aussi les liens étroits entre les services d’espionnage et les entreprises privées. On passe aisément des uns aux autres. (J’imagine qu’outre de belles carrières on doit aussi y faire de belles fortunes.) Avantage du scandale : les entreprises découvrent qu’elles sont espionnées (par l’Etat américain !). Voilà qui est bon pour les consultants !
Google achète Waze. Surtout, pour le retirer des pattes de ses concurrents ? Le streaming a le vent en poupe (écouter de la musique que l’on choisit, sans l’acheter). Solidement installé dans sa nouvelle stratégie d’iMitation, Apple le propose, après tout le monde. Menace pour iTunes ? Ou pour les radios ? L’autoradio serait le prochain client du streaming.
Le câble de carbone allège l’ascenseur et permet de construire des immeubles de plus de mille mètres, et de relier les satellites à la terre. Ascenseur pour les étoiles.

Pétrole et ordre mondial

On nous menaçait d’une crise énergétique, et voilà que l’on trouve partout du pétrole. Qu’est-ce que cela signifie ? Des éléments de réponse, venant de droite et à gauche :

  • Ce qui compte n’est pas la quantité, mais le prix d’extraction. S’il est élevé (ce qui pourrait être le cas), la crise pourrait revêtir la forme d’oscillations.
  • Le pétrole joue un rôle majeur dans la politique américaine. Il expliquepourquoi l’Amérique a essayé de stabiliser le Moyen-Orient, en s’alliant à des régimes dictatoriaux. Par ailleurs, elle a une forte tendance à l’isolationnisme. Alors, ses nouvelles ressources énergétiques vont-elles l’inciter à laisser sombrer le monde dans le chaos ?
  • La Chine, qui, elle, dépend de l’importation de matières premières, va-t-elle devenir le stabilisateur du monde ? (Voir le paragraphe concernant l’Asie centrale, ici.) Avènement d’un nouvel ordre mondial chinois ?
  • Le pétrole n’est ni une bonne nouvelle pour l’effet de serre, ni pour l’innovation. C’est le signe d’une économie peu durable. Car elle est marquée beaucoup plus par l’exploitation que par la création d’un héritage. 

Migrations climatiques et autres nouvelles

Quelques observations de la semaine :

  • Faut-il craindre les migrations climatiques, causées par le réchauffement et la montée des eaux ? se demande CLES (www.grenoble-em.com). Il y a de quoi. « 500 millions de personnes vivent à moins de 5 km des côtes ». Pire : les villes, cœurs économiques des pays menacés, sont situées sur leurs côtes. Elles sombreront en premier, entrainant leurs populations dans la famine. Mais peut-être que la solidarité internationale les sauvera de la misère ? Peut-être que « L’émergence de la question des « réfugiés climatiques » en dit finalement moins sur le monde que sur nous-mêmes – de notre obsession de la propriété du sol à notre crise identitaire. »
  • PSA a son rapport, Sartorius. Il laisse le sentiment que la famille Peugeot s’est nourrie sur la bête. C’est surprenant, les entreprises familiales sont supposées voir loin. Mais peut-être que la mode de l’enrichissement personnel, qui a gagné l’ensemble du monde, peut aussi toucher les familles ?
  • Apple annonce un nouvel iPhone. Apparemment, la principale nouveauté est qu’il est plus plat et plus grand que le précédent. Apple copie Samsung ? 
  • Et si la France exploitait son gaz de schiste ? Et si elle éliminait sa dette moins vite que prévu ?… entend-on dire. Je ne suis pas d’accord. Plus ça va, et plus je suis favorable à ce qui nous force à la vertu. Lepays a besoin de réformes structurelles, et il ne pourra y parvenir sans contraintes.
  • Mathématiques. Je découvre Cédric Villani. Normalien, médaille Fields, et nouvelle star people. Quand travaille-t-il ? Du méfait des médailles ? Je découvre aussi la conjecture abc, dans la mouvance du grand théorème de Fermat. Elle aurait été résolue en 500 pages par un chercheur japonais. Hier les mathématiciens créaient des disciplines entières, aujourd’hui ils passent leur vie à démontrer un seul résultat. Rendements décroissants ? Qui est en cause, les mathématiques, ou les mathématiciens ?
  • De l’intérêt des mémoires. Cette semaine, j’ai subi un certain nombre de soutenances de mémoires. Epreuve douloureuse. Ce qui ne m’empêche pas de trouver étonnant le principe du mémoire. D’une part, les élèves conduisent des études extrêmement fouillées sur les entreprises dans lesquelles ils sont employés. Ils en tirent une connaissance que peu de personnes doivent avoir. D’autre part, l’utilisation, forcée, qu’ils font des outils théoriques en montre la puissance d’analyse. Dommage que ces mémoires soient pris, par les entreprises, pour des exercices scolaires, gratuits.
  • Peut-être suis-je un idéaliste ? Je pense que les DRH doivent plus être « Humaines » que « Ressources ». Pour les encourager, je vais publier une série de billets sur le site de Focus RH. Le premier : Ressources humaines : quel rôle dans le changement ? Par Christophe Faurie

Comment réussir un changement ? évaluer sa complexité

Il y a quelque chose de paradoxal dans notre façon nationale d’envisager le changement. Réussir le changement est probablement ce qu’il y a de plus important pour notre société. (« Le » et pas tel ou tel changement, c’est-à-dire maîtriser le processus générique de changement.) Or, nous nous entêtons à échouer, alors que bien faire ressortit au bon sens.

J’ai fini par comprendre que mes techniques, qui plaisent aux universitaires, ne sont pas adaptées au commun des dirigeants. Il faut faire plus simple et plus fondamental. Dans cette série de billets, je vais parler de l’évaluation de la complexité du changement. De quoi s’agit-il ?

Aujourd’hui, les entreprises sont terrorisées par le changement. Par exemple, Free a parlé de la stratégie qu’il met actuellement en œuvre il y a 2 ans, au moins. Qu’ont fait ses concurrents en attendant ? Je ne serais pas surpris que la réponse soit : rien. Et qu’ils ne fassent pas beaucoup plus aujourd’hui.

Du coup, que se passe-t-il ? Ce que les consultants appellent « the burning platform ». On ne saute d’une plate-forme pétrolière en feu que lorsque les flammes vous lèchent les pieds. Si bien que vous vous écrasez 40m plus bas.

Pourtant, même une impréparation aussi grossière n’a pas de raison d’être fatale. Dans cette série de billets je vais expliquer :
  1. Comment préparer un changement alors que les flammes vous lèchent les pieds, donc vite, bien et discrètement.
  2. Les 5 sujets qu’il faut examiner avant de sauter.   
  3. Comment une « évaluation de la complexité du changement » permet de se tirer honorablement d’affaire.