Pauvre riche

Mes incursions dans le monde des riches m’ont fait rencontrer l’absurde.

En fait, le problème se pose surtout à l’héritier.

Le créateur de la fortune a eu généralement une vie riche et mouvementée. Jusqu’à ce qu’il réussisse et se fige dans des certitudes ridicules, faute de contradicteurs. (Ce qui est manifeste lorsque l’on écoute nos milliardaires.)

Mais l’héritier, lui, fait face à un vide sidéral. Au mieux, il entre dans l’univers factice des études.

Il me semble d’ailleurs que c’est un des thèmes du Gorgias de Platon. En ce temps, beaucoup pensaient que la philosophie était un sain exercice intellectuel, mais qu’il ne fallait pas en abuser : l’homme se fabriquait au contact de la réalité.

Fuel poverty

« Fuel poverty » disait la BBC, hier matin. Beaucoup d’Anglais ne parviennent plus à payer le prix de leur chauffage.

Un autre billet disait que, à Roubaix, 50% de la population était sous le seuil de la pauvreté. La pauvreté serait-elle redevenue le mal de l’Occident ? Pourquoi ne semble-elle pas avoir préoccupé nos gouvernements ? Pourquoi n’en parle-t-on pas plus ?

Aurait-on cru qu’il était suffisant de s’occuper de « discriminations » ? Un mal de riche ?

Ticket

Je dois acheter des tickets de train pour me rendre à Paris. Curieusement, la SNCF a démonté ses machines, si bien qu’il n’en reste plus qu’une en fonctionnement. En vertu de quoi, je dois faire la queue, et vois passer les trains. Ce qui n’est pas grave : je prends toujours beaucoup d’avance, pour pallier les aléas devenus usuels de la SNCF. Toujours est-il que cela m’a fait prendre conscience d’une source de mécontentement populaire : la dégradation des services publics. J’en étais là de mes réflexions, lorsque j’ai prêté l’oreille à ce que l’on disait dans la file d’attente.

Avant moi, trois femmes, l’une essaie de comprendre comment fonctionne la machine, l’autre regarde de temps en temps par dessus son épaule. Elle se révèle être une parente de la première. Une troisième est une jeune et très grande femme voilée, très blanche, caractéristiques que mes préjugés racistes certainement n’associent pas à la femme voilée. 10€ pour aller à Paris ! s’exclame la seconde. Elle explique à la femme voilée que c’est sa belle-soeur qui achète les tickets, car c’est une retraitée de la SNCF et qu’elle ne paie pas le train. La femme voilée, avec une voie d’intellectuelle, lui répond que c’est une contrepartie des faibles salaires de la fonction publique. A quoi son interlocutrice répond : elle gagne 3000€, deux fois ma retraite, alors que ma vie a été bien plus dure que la sienne : j’étais dans la restauration, et je travaillais 12h par jour. Ce sur quoi la femme voilée a observé qu’effectivement son mari, employé d’EDF, avait beaucoup d’avantages.

Nos hommes politiques feraient-il bien d’acheter des tickets de train ?

Economie appliquée

Nearly 3mn fell into financial difficulty last year in the UK
Study finds more than 20mn people in Britain are now living in vulnerable circumstances

Financial Times du 13 juillet

Le dernier demi siècle aura été celui de l’économiste, du financier, de l’inspecteur des finances, de Mme Thatcher et de M.Reagan. J.K. Galbraith parlait, après guerre, de « The affluent society », et tous ces gens nous ont affirmé qu’ils allaient améliorer le sort de l’humanité. Où en est-on aujourd’hui ?

Ne serait-il pas temps de faire un « post mortem » des théories qui ont dirigé nos vies ?

Death of despair

People living in the North of England and in coastal areas are more likely to die from ‘death of despair’, according to new University of Manchester led research.

Article

« Death of despair » c’est se suicider ou détruire sa vie par l’alcool ou la drogue.

The analysis also looked at associated factors that predict the risk of these kinds of deaths; living in the North was the strongest predictor. Local authorities with higher proportions of unemployment, white British ethnicity, people living alone, economic inactivity, employment in elementary occupations, and people living in urban areas had higher rates of Deaths of Despair.

On meurt de désespoir quand on est un natif perdu sur un territoire qui a été abandonné par l’économie. Faut-il aller chercher plus loin les raisons du vote dit « populiste » ?

Misère

Dans l’Allier, département rural du centre de la France, un habitant sur cinq vit avec moins de 800 euros par mois et beaucoup n’ont pas assez dans le porte-monnaie pour remplir l’assiette. 

Ces campagnes où l’on a faim, Envoyé spécial, sur France 2

Peut-être serait-il intéressant de se demander comment notre pays a-t-il pu autant s’appauvrir, alors qu’il n’a été question que de bonnes intentions ?

Les nouveaux misérables

L’enquête que je mène auprès des entrepreneurs m’a fait découvrir une population que je ne soupçonnais pas. Cela vient d’un curieux phénomène : ce blog a parlé de ce sujet à sa source, mais l’a oublié. Ce qu’il avait prévu s’est passé. Avoir eu raison n’est pas d’une grande utilité, car, aujourd’hui, on est confronté à une situation nouvelle, ancrée dans les moeurs. Une nouvelle société. Une société de pauvres.

En effet, il y a une catégorie de misérables nouveaux : les entrepreneurs. Un Que sais-je ? d’il y a quelques années disait qu’il y avait alors 2,5 millions d’entreprises. Aujourd’hui, on en compte 4 millions.

La différence est constituée d’auto entrepreneurs. Ils ont été victimes du mirage de l’entrepreneuriat, mais peut-être surtout ont été la solution de facilité à l’allégement des effectifs de grandes entreprises. Ce sont des chômeurs masqués.

Ces « entrepreneurs » sont la proie du marketing « consumériste » et de charlatans, me dit-on. Ils leur donnent une idée fausse de ce qu’est l’entrepreneuriat. Ils leur font croire, par exemple, qu’il y a un marché pour le coaching, ou que vendre ses services, c’est parler de soi sur les réseaux sociaux. Une personne évoque un « piège à pauvreté ».

Comment les en sortir ?

Piège à pauvreté

Les explications convergent. Les conditions dans lesquelles la société a placé certaines populations sont favorables aux récents événements violents que nous avons connus.

Elle les a enfermées dans un « piège à pauvreté ». Il n’est pas très agréable d’y vivre, mais il est difficile d’en sortir. Comme le montre l’exemple de mon voisin, il faut faire des « sacrifices » pour cela. Or, quand on est désoeuvré, on n’en a pas l’envie.

Ce qui est surprenant est qu’une étude faite sur les PME est parvenue à la même conclusion : le dirigeant de PME est dans une sorte de « puits de potentiel ».

Et s’il y avait quelque chose dans notre société qui nous enfonçait, plus ou moins tous, dans le pessimisme, la torpeur de la médiocrité ?

Pitié dangereuse

Pourquoi une telle violence dans nos banlieues ? Jean-Claude Mairal, il y a encore peu président de conseil général, a une explication inattendue.

La « raison d’être » de nombre d’élus (clientélistes), de la « politique de la ville », des organes d’assistance sociale… c’est la pauvreté ! La pauvreté et la victimisation sont le fonds de commerce de beaucoup de monde !

Il a pris le contre-pied de cette politique, avec succès. Le changement est possible.

Je retiens que la réforme passe par l’exigence. Ceux qui, aujourd’hui, se croient victimes doivent vouloir de bonnes écoles pour leurs enfants et de bons emplois pour eux-mêmes. Et comprendre, qu’à côté d’eux, il y un dispositif d’aide véritable que met à leur disposition notre société !

Voilà pourquoi il avait remplacé les « assistantes sociales » par des « assistantes d’intervention citoyenne ». Elles aidaient le citoyen à prendre son sort en main. Un exemple à imiter !

Refroidir le monde

La réfrigération, moyen de réduire l’effet de serre. Voici ce que disait 39 ways to save the planet de la BBC. 

Surprenant, non ? Réfrigérer semble être contre nature. 

En fait, l’idée est double. Aujourd’hui, on refroidit avec des moteurs diesel, et, seconde idée, faute de chaîne du froid, une grande quantité de la production mondiale de nourriture se perd. En particulier dans les pays pauvres. 

Une minute… Les pays pauvres souffrent de la faim, apparemment on a une solution à ce problème, et on ne fait rien ? On ne commence à bouger que parce que les riches des pays riches ont peur que le ciel leur tombe sur la tête ? 

Diantre, que nous sommes hypocrites ?