Jean-Jacques Pauvert

Un autre inconnu. Jean-Jacques Pauvert. Un éditeur rendu célèbre par la publication de Sade, en un temps où cela ne se faisait pas.

Jusque-là, je trouvais que France Culture accordait trop d’importance aux éditeurs. Encore des pistonnés ? En écoutant celui-ci, j’ai pensé que je me trompais. Les éditeurs d’antan n’avaient rien à voir avec leurs avatars modernes. C’était des passionnés et des esthètes. Ils faisaient oeuvre de missionnaire.

Jean-Jacques Pauvert, un éditeur en liberté.

Jean-Jacques Pauvert

La semaine dernière France culture rediffusait une série d’interviews de l’éditeur Jean-Jacques Pauvert. J’ai découvert un homme intéressant. 
A une époque où l’on n’est rien si l’on n’est pas Bac+5, il n’avait pas dépassé la seconde. Et pourtant il m’a semblé bien supérieur à nos grands intellectuels. En particulier, à la ribambelle de philosophes que l’on vénère. Il me semble qu’il a livré un combat contre l’hypocrisie. Pour la liberté de parole. Ou peut-être encore plus pour la liberté de penser. Il semble aussi avoir cherché à lire l’oeuvre comme on l’aurait fait à l’époque de sa publication. Curieusement, il a recherché les procès qu’on lui a faits. Il espérait que l’on y discuterait des raisons de la censure. Mais, il a été déçu. Si je l’ai bien compris, la censure n’a pas de raison. 
Il a perdu la bataille. La publication de l’oeuvre de Sade, le prouve. Il le voyait comme un grand écrivain, original, important. Aujourd’hui, on le lit (ou plutôt on en parle, je doute que beaucoup de monde l’ait lu) parce que c’est « bien » de le faire. Parce qu’ainsi on est un esprit avancé. Un révolté reconnu.

(JJ. Pauvert parle de censure en France.)