Ombre de Paris

Mes amis m’ont affirmé que je faisais une erreur de m’installer hors de Paris. Un de mes changements de cette année. La vie parisienne me manquera, m’ont-ils dit. 
Mais qu’en reste-t-il, de Paris ? J’ai couru à une époque les cinéclubs. Mais la majorité des films est porteuse d’un message moral bien lourd, et c’est lassant. Quant au théâtre, qu’est-il en comparaison de ce qu’il fût à l’époque de Victor Hugo ? Les concerts ? La vie dans les bars ? Cher et prétentieux. La ville elle-même n’a plus rien du charme auquel Walter Benjamin était sensible quand il s’y promenait. Les Champs Élysées ne sont plus que fast food et bling bling pour parvenu, les monuments historiques sont récurés, et la mairie et le pouvoir culturel, avec un goût de chiotte affirmé, y construisent partout des immeubles écoresponsables, qui font regretter l’esthétique soviétique. Il reste une librairie, rue des écoles, et quelques magasins, que l’on ne trouve pas en banlieue. Mais ils ne sont pas perdus.

Paris = ENRON, décidément

Je disais que Paris avait adopté une tactique à la ENRON. Il s’agit de capitaliser les loyer que la mairie va recevoir. Ce qui transforme 6m de revenus annuels en 360m arrivant d’un coup. Et l’année prochaine ? Même chose. Parce que la mairie va créer du logement social, et donc, dès qu’il existe on capitalise ses revenus, qu’il soit ou non rempli. Et on continue comme ceci jusqu’à quand ? 
(ENRON a duré 10 ans.)

La mairie de Paris fait du ENRON ?

Nouvelle formidablement surprenante. La mairie de Paris utiliserait une technique qui est associée au scandale d’ENRON. C’est ce que l’on appelle de la comptabilité créative. Il s’agit d’enregistrer en un coup des gains correspondant à des années de revenus, « mark to market » en anglais. Dans ce cas, la mairie reçoit 6,5m de revenus de location par an, et ce pour les 60 ans à venir. Elle entre 360 millions dans ses comptes, d’un coup. Elle a crée 350 m de revenus ! Cela lui permet de masquer les ponctions faites par l’État, sans avoir besoin de renoncer à un plan d’investissement extrêmement ambitieux. Et ce, apparemment, avec la bénédiction de l’État.

la Ville a utilisé les possibilités ouvertes par un décret du 27 novembre 2015 qui lui permet désormais de reprendre « en section de fonctionnement des loyers capitalisés qu’elle avait au préalable comptabilisés en recettes d’investissement au titre de ses dettes », indique la chambre régionale des comptes (CRC) d’Île-de-France. Ce sont donc 360 millions d’euros qui ont été comptabilisés en section de fonctionnement par la mairie, au lieu de la seule la quote-part annuelle de la recette de loyers (ici 6,5 millions d’euros ) qui, au titre du principe d’annualité budgétaire, « incrémente le résultat de fonctionnement de l’exercice », note la CRC.

La Grèce aussi a utilisé ce genre de méthode… 
Paris va-t-il faire faillite ? Le ver de la comptabilité créative a-t-il pénétré l’Etat ?

Paris : piéton malaimé

Pas de véhicule à moteur sur les Champs Elysées, entends-je dire. Il paraîtrait aussi que 60% des Parisiens n’auraient pas de voiture. Et je découvre qu’il existe une sorte de parti des piétons. 
J’ai l’impression qu’il est malaimé. Et que son problème n’est pas une question de Champs. Moi qui marche beaucoup, je ne cesse de zigzaguer. Crottes de chien (qui ont leur film), commerces qui s’étendent presque jusqu’à la rue, travaux qui s’arrogent tous les droits, voitures mal garées et cyclistes qui passent au feu rouge. 
La chaussée française est le terrain de rencontre de trois forces. La roue d’une part. Elle se divise en deux factions ennemies :  avec moteur (voiture, scooter, moto) et sans moteur (cycliste, roller…). De l’autre, le piéton, majorité sans voix manifestement méprisée par les élus.

Journée sans voitures

27 septembre, journée sans voiture ? Je ne m’en étais pas rendu compte.
La Mairie de Paris ne semble pas avoir réussi son changement. Kurt Lewin dirait que, pour changer l’individu, il faut agir sur le groupe, et qu’elle n’a pas su créer un mouvement social qui arrête la voiture. Pour cela, il aurait suffi que les piétons envahissent les rues. Mot d’ordre pour la prochaine fois ? 

Les jeux olympiques à Paris

En lisant la revue de la Mairie de Paris, j’ai appris que Paris voulait héberger les jeux olympiques. L’article insiste : de nos jours, ça ne coûte rien. Que six milliards. Une bouchée de pain. Avec plein d’aides. 
Mais six milliards, c’est beaucoup pour pour deux millions de personnes… Et qu’est-ce que cela peut bien nous apporter ? Quelle est la raison d’organiser un tel événement ? Une partie de l’électorat marche-t-il encore au pain et aux jeux ? Mais, elle ne pourra pas y assister, de toute manière. Est-ce bon pour le tourisme ? Cela me semble plutôt devoir le gêner. Et Paris n’a plus besoin de pub depuis longtemps. Alors, un monument à la gloire du maire ? Un rite politique ?… 
Toujours est-il que je trouve que les jeux ont perdu de leur lustre. On n’est plus au temps de Mimoun. Les sportifs dont on se sert pour promouvoir les jeux me semblent peu admirables. La raison en est, probablement, qu’il y a inflation d’épreuves. La médaille d’or a été dévaluée. Peut-être, aussi, la gloire olympique a-t-elle été un ascenseur social ? Le champion n’était pas seulement musclé, il était intelligent, et attachant ?

(PS. J’ai entendu dire que les Jeux allaient coûter au Brésil 15md€…
PS2. vendredi matin, France Culture interroge un universitaire qui a étudié les JO. Aucun de rentable, sauf ceux de Los Angeles en 84, parce qu’une seule ville se présentait et qu’ils étaient boïcottés pas les Soviétiques. En moyenne doublement des coûts, les fournisseurs jouant de la politique de l’avenant pour augmenter leur facture. Les revenus sont très inférieurs à ceux projetés. Car ceux-ci sont volontairement enflés : on compte comme dus aux jeux ce qui serait arrivé quoi qu’on fasse, par exemple les touristes de Paris ; et les équipements battis pour les jeux sont peu ou pas réutilisés.)

Changement d'air

A chaque fois qu’il fait beau, une alerte d’Airparif m’avertit qu’il y a un pic de pollution. En comptant les alertes, j’en déduis qu’il fait beau un mois par an. Heureusement ? Mais, le magazine de la mairie de Paris (n°54) m’explique qu’elle s’en prend à la question. Attaque contre la voiture. En particulier celle qui pollue le plus. 
Exemple de changement mal conduit. On parle de moyen, pas de résultat. Et on ne fait pas appel à la participation du citoyen.
Comment savoir si les mesures prises seront efficaces ? La voiture est-elle le seul vecteur de pollution ? Dominant ? Et le chauffage urbain ? Peut-il y avoir des causes extérieures à Paris ? Et les mesures prises vont-elles avoir un effet significatifs ?… Ce qu’il aurait fallu c’est essayer de comprendre d’où vient la pollution. Et, à partir de là, l’attaquer à sa racine. En montrant le lien entre l’action et les résultats attendus. Et en en déduisant un objectif quantifié. Au moins cela aurait été convaincant. Surtout si l’on avait expliqué les dangers que représente la pollution parisienne pour notre vie. Et cela nous aurait donné envie d’appuyer la mairie, de faire un effort. Or, peut-être bien que nous sommes les principales causes de pollution !

(Changement « dirigé ». Changement technocratique type. Le maire agit, seul. Et considère implicitement ses administrés comme des enfants. Une typologie des changements est ici.)

Paris, capitale mondiale de la pollution

La BBC disait ceci de Paris : 

The city saw a severe spike in smog on Wednesday last week and briefly had the world’s dirtiest air

A moins que l’air ait été exceptionnellement propre dans le monde, cela veut dire que Paris a un sévère problème de pollution. C’est inattendu, puisque Paris n’est pas Shanghai ou Pékin : son activité économique est déprimée, sa population est stable, elle a des transports publics bien développés, des vélib et des autolib, et des maires écolos depuis des années… 
La réponse semble être que le pic de pollution ne vient pas de Paris. Peut-être des agriculteurs qui entourent la capitale… Ou des centrales au charbon allemandes. En tout cas, le pic ne serait pas propre à Paris, mais à une partie de l’Europe. (Et l’information de la BBC serait fausse.)
(Ce qui ne va pas dire qu’il ne faut par réduire la circulation. Cependant j’aimerais bien connaître l’efficacité de la mesure.)

Tour Triangle : de la résistance au changement en France

La Tour Triangle doit être construite près de chez moi. Cela ne m’avait fait ni chaud ni froid. Car je ne pensais pas avoir mon mot à dire. (Inexcusable passivité.) Or, je constate qu’elle a des opposants, et qu’ils parviendraient à gêner le projet. Comme quoi, beaucoup de choses sont possibles à l’individu décidé. Il ne faut jamais baisser les bras. 
La Tribune a un article sur le sujet. Apparemment NKM serait parvenue à défaire Mme Hidalgo en forçant les députés UMP et écolos à une sorte de vote public. Ce qui en dit long sur nos hommes politiques. En effet, une partie des UMP et écolos prétendait être contre la tour tout en voulant voter pour. Une fois que le vote a été public, il fallait tenir parole. Voilà des comportements à donner en exemple à nos enfants.