Paris est un roman

Une émission à la gloire de Paris.

Elle m’a fait penser que Paris avait perdu la fascination qu’il exerçait sur le monde. D’ailleurs, aucune ville ne me semble l’avoir remplacé.

Pourquoi ? Je me demande si les transports n’ont pas dissipé le mystère. Ainsi, dans mon enfance, aller à Paris était une aventure. Et on y voyait des spectacles rares et des nouveautés étranges. Par exemple des métros sur pneus. Y habiter ne changeait rien : les quartiers de Paris étaient isolés les uns des autres.

Maintenant tout se ressemble. Tout est devenu banal.

Privat d’Anglemont

Privat d’Anglemont, une découverte (France Culture.) C’est un « bourgeois bohème ». Fils de famille, martiniquaise, il abandonne ses études de médecine pour la vie d’artiste. Il est l’ami de Baudelaire dont il a probablement signé des poèmes (que Baudelaire a reniés par la suite).

Son oeuvre tiendrait en une description du Paris d’avant Haussmann. Le Paris des misérables, dont beaucoup étaient sis derrière le collège de France. Curieusement, certains pauvres parvenaient à faire fortune en exploitant « génialement » la misère de leurs contemporains. Réel esprit d’entreprise ? Au fond la France d’alors était l’Inde d’aujourd’hui ?

Mais que la vie d’artiste était triste ! Privat d’Anglemenont (son nom était Danglemont, Privat étant un prénom) a vécu dans la misère, est devenu alcoolique et est mort prématurément. Mais il semble avoir était sympathique : ses amis ne l’ont jamais abandonné.

Psychologie du cycliste parisien

Le cycliste parisien aurait pour pratique habituelle de frapper la carrosserie des véhicules qui le gênent, disait l’émission de la BBC dont il était question plus haut.

Le cycliste ne serait-il qu’une personne qui veut se déplacer ou un Jihadiste ? me suis-je demandé.

Cela m’a rappelé une histoire qui m’est arrivée à l’époque où je vivais à Paris. Je traversais, seul, un passage clouté d’une rue déserte lorsqu’un cycliste s’est offusqué que je ne fasse pas attention à lui ! Je me demande maintenant si ce n’était pas un de ces redresseurs de torts. En fait, j’ai été tellement surpris du spectacle ridicule qu’il donnait, il était déguisé en vieille grenouille jaune, que j’ai passé mon chemin.

Plus curieux, la bicyclette n’a pas attiré que les redresseurs de tort, leurs ennemis se sont joints à eux. Faire de la bicyclette a quelque-chose de « macho ». C’est un signe extérieur de jeunesse éternelle. J’ai fait la même remarque sur le tatouage. Etrangeté du comportement humain.

Bataille du vélo

La BBC consacre une émission à la bicyclette à Paris.

Elle commence par un meurtre. Un automobiliste écrase délibérément un cycliste. Elle se poursuit par une traversée d’un Paris qui ressemble à un no man’s land où aucune loi n’est respectée. Les voies cyclables ont été installées en dépit du bon sens, sans tenir compte des risques qu’elles font prendre aux uns et aux autres. La politique de la mairie a déclenché une forme de guerre civile. Mais, un élu, fort calme, explique que cela passera. Les commerçants se plaignent de ne plus avoir de clients ? C’est la faute d’Internet, pas de ce que l’on ne peut plus les atteindre en voiture. De toute manière, n’est-ce pas le sens de l’histoire ?

En écoutant l’émission, j’ai pensé que l’idéologie devrait être condamnée par la loi. Elle tue.

Paris et le désert français

Paris, îlot de résistance au vote Rassemblement national

Le Monde du 27 juin

L’association des interpreneurs m’a fait rencontrer le Parlement rural, qui essaie de faire entendre la voix de la ruralité depuis plus d’une décennie. Il m’a fait découvrir ce que je ne connaissais pas : l’état, préoccupant, de nos « territoires ». Et entendre l’inquiétude de ses élus modérés. A chaque élection le vote FN monte, il est désormais majoritaire. En quoi sont-ils encore représentatifs de leur population, se demandent-ils ? Devraient-ils démissionner ?

Ce qu’ils disent aussi, depuis des années, c’est qu’entre l’élite politique et le citoyen de province, personne de bon sens qui n’a rien d’un extrémiste inquiétant, il y a incommunicabilité totale. Elle vit sur une autre planète. Ilot parisien ?

Lyon la prospère ?

Lyon n’est que travaux. Cela fait longtemps que je n’avais pas rendu visite à la ville, et je ne me souvenais pas d’avoir vu autant de travaux. Signe de prospérité ? 

J’ai aussi rencontré beaucoup de jeunes, et vu des quartiers entiers fait de nouvelles entreprises. J’en conclus que oui, probablement, la ville a le vent en poupe. 

Curieusement, j’ai l’idée inverse pour Paris, cité qui est aussi en travaux. Elle me semble morne, triste, déprimée, vieille… 

Comme quoi il ne faut pas juger la ville sur ses travaux ? 

(Apparemment, la cause des travaux serait la même : des idées, similaires, de leurs maires.

Je me souviens d’un passage en Espagne, là aussi à une époque de grands travaux. Je n’avais jamais vu autant de grues, et ce même dans de petits villages. Eh bien, c’était un moment de grande spéculation, qui s’est très mal finie.) 

Paris en faillite ?

Les dettes de Paris sont très inquiétantes, lit-on. On parle d’interdire une pratique dont sa mairie a usé : la capitalisation des loyers. C’est-à-dire additionner les futurs loyers qui vont lui être versés et les considérer comme des revenus. (Ce qui fait que l’on remplace 6,5m de revenus par 360…)

Cette pratique a choqué ce blog il y a fort longtemps. En effet, elle avait été utilisée par Enron, société américaine de sinistre mémoire, pour gonfler (invraisemblablement) sa valeur. La Grèce, aussi, s’en était servie aux temps de ses malheurs. (Explication.)

Question : pourquoi a-t-il fallu aussi longtemps pour réagir ? 

Paris, je te quitte !

Paris, je te quitte, est un site web qui aide les familles de Parisiens à s’installer en province. Voilà qui répond à un très vif besoin. Pas tant du Parisien, d’ailleurs, que de la province. 

En effet, c’est fou ce que le bon sens peut dire de sottises. En particulier, il reproche au Français, par comparaison avec l’Américain souvent, de ne pas être mobile. Mais sait-on ce que cela signifie être mobile ? Il ne faut pas seulement trouver un emploi, mais deux, il faut une habitation, des nourrices, des écoles, des universités, du sport, des hôpitaux… Or, ce dont souffre la province, c’est « d’attractivité », abandonnée des programmes de développement gouvernementaux (qui croyaient à une mondialisation des mégalopoles ? Façon Grand Paris ?), il lui manque beaucoup. Du coup, ses entreprises ne parviennent pas à recruter. Cercle vicieux. 

On oublie que les Etats américains sont des Etats, c’est à dire des pays, on y trouve tout, idem en Allemagne, d’ailleurs. 

Et c’est pourquoi, lorsque l’on est Français, vouloir partir de son territoire est extraordinairement compliqué et doit être un réel « projet de vie » géré en mode « changement planifié » ! D’où l’intérêt de Paris, je te quitte

La bataille du plot

Paris aurait été défiguré par ses pistes cyclables. Une émission de France Culture, jeudi matin. 

La mairie aurait profité du confinement pour infliger une défaite à ce qu’elle considère semble-t-il comme les forces du mal : les automobilistes ? Seulement, quand on agit dans l’urgence, on n’a pas toujours beaucoup de temps pour penser ? 

La mairie aurait commencé par refuser la critique, apparemment en arguant du fait qu’elle ne pouvait venir que du RN. Elle se raviserait. 

Comment se fait-il que le maire, qui, certainement, aime sa ville, ne se soit pas rendu compte des dégâts occasionnés ? Vit-il dans un autre monde ? Un monde coupé de celui des employés municipaux, qui, eux doivent agir dans la vitesse et la précipitation, au gré des caprices du monarque ? L’exemple même du changement en France ? 

Vive Paris libre ?

Je tombe sur ceci : « Cette opposition territoriale tient, à mon sens, davantage à l’apparition de villes-mondes détachées de leur arrière-pays. Cela a été théorisé par Anne Hidalgo et son collègue le maire de Londres Sadiq Khan juste au lendemain le Brexit. Tous deux plaidaient, pour un retour aux cités- Etats sur le modèle des villes marchandes d’Italie et des Pays-Bas de la fin du Moyen-Age. Cela avait en partie du sens à Paris. En partie seulement, car la capitale serait à la peine sans ses fonctions administratives centrales. En tout cas, cela en dit long sur la représentation que Paris se fait d’elle-même. » (Interview de Jérôme Sainte-Marie.)

Mme Hidalgo autonomiste parisienne ?