Gaza

Y a-t-il une explication à ce qui se passe à Gaza ? Christine Ockrent peut-elle m’éclairer ?

Je retiens qu’Israéliens et Palestiniens veulent leurs disparitions respectives. Dans ces conditions, il y a peu de chances que le conflit s’arrête. Trump, un temps modérateur, serait devenu suiveur. Les pays arabes, voyant comment il traite ses alliés, adopteraient une attitude circonspecte.

Israël ne risque-t-il pas le sort de la France, qui, après avoir ravagé l’Allemagne, a été ravagée par l’Allemagne ? A moins que, comme ces mêmes Allemands, un temps, elle ne pense qu’une nation ne puisse exister que « contre » des adversaires ? L’esprit d’Israël, pour parler comme Montesquieu, serait-il la guerre ?

(Israël et le « mur de fer ».)

Interprétation

J’avais à peine écrit l’article précédent que je lis :

In recent days, Ahmed Fouad Alkhatib has spoken with many Gazans who are furious about the starvation unfolding around them and hold Hamas responsible for their suffering. “The best way to undermine Hamas’s position is to instead flood Gaza with food,” he argues

The Atlantic

Une loi dit que la parole du témoin indirect n’a pas de poids. Si l’on ne parvient pas au coeur de la mêlée, on ne peut pas savoir réellement ce qui se passe. Non seulement les médias interprètent l’information selon leur biais culturel, mais ils dépendent d’informateurs.

Cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas agir. Mais, pour cela, il faut user d’autres principes que ceux qui ont cours. Par exemple ceux de la paix, plutôt que ceux du bien et du mal ?

Reconnaissance

Complexité palestinienne. Le conflit est sous le feu des projecteurs.

Notre président a décidé de reconnaître la Palestine. Bonne idée ? Peut-être. Peut-être pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la vertu. Le risque pour nous aurait été d’être seuls, il semble être suivi. Ensuite, c’est peut-être la seule menace que puisse entendre Israël, et qui puisse, peut-être encore, donner un espoir d’envisager sérieusement d’ôter aux belligérants l’idée que la seule issue à leur guerre est l’élimination de l’autre. Ce qui est aussi bon pour l’Occident : il disparaît et a tout intérêt à laisser à ses successeurs un monde dans lequel on n’a pas de comptes à régler… Et, enfin, c’est probablement aussi bon pour nos négociations avec Trump : plus nous avons de conflits avec lui, plus il y a de place pour des concessions de sa part.

Beaucoup de si. Beaucoup de hasards. Aucune certitude. Sinon, peut-être une dernière fois, que « le cave se rebiffe ». Celui qui n’est pas respecté est faible. Pour se faire respecter, il faut prendre des risques.

Démographie et Palestine

Un ami me disait qu’un million de Palestiniennes étaient enceintes.

Je ne suis pas parvenu à vérifier cette information. Mais la recherche fut intéressante. D’abord, je constate que dès que l’on cherche « palestinien » sur Internet, on tombe quasi immédiatement sur des articles parlant de « génocide ». Israël a visiblement perdu la bataille d’Internet.

J’ai aussi lu des réactions indignées à la suggestion d’une croissance de la population palestinienne. Cela irait-il à l’encontre de la thèse du génocide ?

En tous cas, il semble bien qu’il y ait une guerre des bébés. D’un côté, il y a les Juifs orthodoxes. Ils devraient représenter un tiers de la population israélienne, d’ici 2065, et la moitié des jeunes de moins de 15 ans (article). En outre, il y aurait aussi 20% d’Arabes israéliens. De l’autre, les Palestiniens. Le taux de fertilité de ces derniers serait supérieur à celui de Israéliens, dans son ensemble, mais faiblirait, peut-être du fait de mauvaises conditions de vie. Toujours est-il que cette rapide croissance démographique ne fait que dégrader ces conditions et envenimer les tentions entre les peuples.

Comment cela va-t-il finir ? Les Israéliens font tout pour se faire haïr, et ils vont bientôt être aux mains de fondamentalistes qui ne veulent pas combattre…

(Leur situation ressemble à celle de la France face à l’Allemagne. Lorsque la première, qui n’arrêtait pas d’être ravagée par la seconde, après l’avoir ravagée pendant des siècles, a compris qu’elle ne pourrait jamais être la plus forte, elle a proposé une alliance entre égaux. Conséquence paradoxale ? La croissance démographique allemande s’est effondrée.)

Vive Trump ?

Surprenante émission de Christine Ockrent, samedi dernier.

Et si Trump sauvait le monde ? Il ne comprend rien à rien, il n’est intéressé que par les (ses) affaires. Pour cela, il lui faut la paix. Sa stratégie est de se débarrasser du (très coûteux) rôle de gendarme des USA, en le confiant aux puissances locales.

Paradoxalement, il y aurait de la lumière au bout du tunnel palestinien et israélien. En liquidant Hamas et Hezbollah, Israël laisse la place aux Palestiniens et Libanais de bonne volonté, et Netanyahu ne devrait pas survivre aux prochaines élections…

Responsabilité de l’homme blanc

Curieusement, on ne s’est pas interrogé sur les causes des événements de Gaza.

Qu’avaient en tête les terroristes, qui ont commis des crimes qui semblent (pour le peu qu’on en sait) d’une barbarie sans beaucoup d’équivalents ?

Une possibilité pourrait être qu’ils pensaient que la riposte israélienne, le massacre de leurs concitoyens qui en résulterait (comment frapper le Hamas sans tuer des innocents dans un Gaza surpeuplé ?), provoquerait un conflit qui susciterait l’émoi mondial et la défaite d’Israël.

Cela ne s’est pas produit. Les Palestiniens ont subi sans se révolter. L’Iran s’est trouvé embarrassé. Les voisins ont détourné les yeux. L’intellectuel occidental a bruyamment manifesté. Mais sa conscience ne lui en demandait pas plus. On ne meurt pas pour Gaza ?

Comme les « printemps arabes », les terroristes du Hamas ont-ils été abusés par la bien-pensance occidentale ? Où sont les coupables, dans cette affaire ?

Gaza

M.Trump fait une sortie dont il a le secret et obtient le résultat escompté : il est à la une des journaux.

Comment souvent, ce qu’il dit n’est pas totalement idiot. Il serait bien de reconstruire Gaza, comme on l’a fait de l’Europe en 45. Et transformer Gaza en « riviera » doit avoir quelque-chose d’évident pour un promoteur immobilier.

Quant à la méthode proposée, celle utilisée par ma mairie pour transformer une friche industrielle en « marina », comme souvent, elle ne semble ni faire l’unanimité ni avoir quelque chance de réussir.

(En fait, le problème est plus complexe qu’une simple aide à la reconstruction : ceux qui veulent y participer doivent aussi s’assurer qu’ils vont en retirer un minimum de reconnaissance. « Faire le bien » n’est pas suffisant. N’est-ce pas la leçon que l’Occident devrait retirer du résultat de ses bonnes actions ?)

Anniversaire

Ce blog a toujours une guerre de retard. (D’autant que ses billets sortent longtemps après avoir été écrits.) Que penser de la façon dont notre société a parlé de l’anniversaire de l’agression du Hamas contre Israël ?

Il me semble avoir noté un changement notable de l’attitude de la presse que je lis. Pour une fois, elle se plaçait du côté israélien. Peut-être a-t-elle pensé qu’il y avait des victimes en Israël et que cela se fait de montrer sa compassion.

En tous cas, ce qui me surprend toujours, depuis le début, c’est que l’attentat n’ait semblé, initialement, provoquer la moindre émotion, alors qu’il était bien plus violent que le 11 septembre américain, et qu’il touchait un pays qui ne représente même pas 5% des USA.

Ensuite, pourquoi ne s’interroge-t-on pas sur la culpabilité des terroristes ? Non seulement, ils ont trouvé louable d’infliger un traitement atroce à des innocents, mais, en outre, on ne peut que croire qu’ils ont cherché consciemment à faire massacrer leurs femmes et leurs enfants, de façon à déclencher une guerre. Et s’ils avaient voulu faire sortir leur propre peuple de sa passivité, le forcer au sacrifice ?

Une autre question : qu’aurait pu faire la justice face à un crime d’une telle barbarie ? Notre responsabilité collective est peut-être là : laisser s’installer des situations qui sont en elles-mêmes des « crimes contre l’humanité » ?

Paroles

Israël exécute deux responsables Iraniens et une possible « bavure » tue 7 membres d’une ONG. Qu’en déduire ?

Peut-être qu’il y a d’un côté les paroles, et de l’autre les actions. Il semble qu’Israël soit, paradoxalement, en position de force. C’est peut-être pour cela qu’elle a été surprise par l’attaque du Hamas.

Quant à l’opinion publique, elle crie beaucoup, mais elle fait peu. Au temps des réseaux sociaux, l’homme n’a plus d’émotions ? Il vit dans un monde virtuel à la Matrix ?

(Quant aux otages, ils sont oubliés. Ou l’on ne peut plus rien faire pour eux ?)

Deux Etats

Arab nations develop plan to end Israel-Hamas war and create Palestinian state
Arab states are working on an initiative to secure a ceasefire and the release of hostages in Gaza as part of a broader plan that could offer Israel a normalisation of relations if it agreed to “irreversible” steps towards the creation of a Palestinian state.

Financial Times du 18 janvier

« Idée qui fait son chemin » : mettre Israël et la Palestine sous tutelle ?

Cela pose un problème de « droit des nations » ? Mais, on sursoit bien aux droits de l’homme lorsque l’on considère qu’un individu est dangereux pour la société ? (Ce qui donnerait un sens à « société des nations », mais poserait aussi la question d’institutions nécessaires ?)

Intéressant problème, d’ailleurs : comment mieux réussir la rédemption de la nation que celle de l’individu par la prison ? Peut-être faire ce qu’elle fait quand elle réussit : amener l’individu à trouver une nouvelle vie ?