Economie mondiale : en piqué, commandes bloquées ?

On ne peut même plus se réjouir du malheur des autres ! Il nous retombe immédiatement sur le nez.
Au cœur du problème se trouve l’illusion selon laquelle on peut gouverner le monde par la monnaie. La politique de création monétaire des banques centrales était supposée relancer l’inflation. Ce qui permettait d’éliminer les dettes. Résultat ? Baisse des obligations, augmentation corrélative des actions, baisse des taux de change, qui doit être compensée par une baisse de salaires… Bref, l’activité freine, les dettes augmentent, les riches s’enrichissent (ils possèdent les actions), et les pauvres (individus ou nations) coulent. Accélération de la déflation. Et maintenant, illustration :
En piqué
La politique monétaire du Japon a pour seul résultat la baisse de son taux de change. Il exporte sa déflation. Et ça ne lui profite même pas. Il ne fait que s’enfoncer. Et l’Irlande ?  L’Europe la veut succès de sa politique de rigueur. En fait, le peuple souffre. Et son embellie vient des exportations vers des pays en forme (USA et Angleterre). Elle pourrait être sans lendemain. Autre exemple. Alors qu’hier on nous donnait en modèle les BRICS, aujourd’hui ils sont au bord du gouffre. Ils n’avaient pas de moteur propre. Particulièrement la Russie et le Brésil. Il suffirait que les gestionnaires de fonds occidentaux prennent peur, pour que cela se termine en bain de sang.
Et maintenant, des individus. On découvre qu’aux USA, ce sont les 0,01% les plus riches qui se sont gigantesquement enrichis. L’effet est tellement disproportionné qu’il ne se sent pratiquement plus au niveau du 1% ! Et ces riches sont de plus en plus des rentiers.
Commandes bloquées
Quant aux pouvoirs, c’est la Bérézina. Elections américaines. Le pays a voté la paralysie de sa démocratie. S’il est ingouvernable, cela n’empêche pas ses dépenses de croître, et ses dettes de s’accumuler. Cela ne va pas mieux au Pakistan : pouvoir faible, état de chaos ? Ni en Espagne. Classe gouvernante corrompue jusqu’à la moelle. En Inde, on essaie de réformer un système de taxation incohérent, mais les résistances internes vident les réformes de leur substance. Les USA se barricadent contre le terrorisme canadien… En Syrie, la guerre contre l’Etat Islamique liquide les modérés. La Russie exproprie les entreprises occidentales, ce qui fait la fortune des oligarques. (L’obsession de M.Poutine du contrôle va-t-elle transformer le pays en Corée du nord ?) Allemagne. Anniversaire de 1989. Plutôt que d’une inégalité est / ouest, il faut parler de différences nationales : il y a désormais des Etats très pauvres et des Etats très riches. Ukraine. Les séparatistes ukrainiens doivent construire un Etat. Kiev leur a coupé les vivres. Il leur faut capturer des villes stratégiques. NSA. Les services secrets anglo-saxons désirent espionner Internet. Google et autres ne voudraient pas que ça se sache. Calme dans la tempête, la Chine veut installer son influence mondiale. Mais, dans le domaine automobile, sa politique de joint venture avec l’Ouest n’a pas fonctionné. Elle s’est endormie, alors qu’elle pensait lui piquer son savoir-faire.
Un autre jour au paradis
La Banque Mondialechange. Elle serait dirigée par un illuminé qui se prend pour superman, et restructure par oukase. Twitter, acteur de niche ? La qualité de l’eau devient un problème critique pour beaucoup de multinationales. Le cannabisest légalisé. Un cadre légal incohérent empêche le développement de grands monopoles. Pas pour longtemps. Et si les multinationales du tabac s’emparaient du marché ? Vive l’économie de marché !
Les enfants asiatiques sont devenus énormément myopes. Trop d’études et de jeux électroniques, et surtout pas assez de lumière.

Le retour du long terme ?

Et si le monde devait se donner des objectifs à longs termes ? se demande Jeffrey Sachs. (Eliminer la pauvreté, les émissions de CO2…) Et agir comme elle l’a fait avec la loi de Moore en électronique : éliminer les blocages qui se trouvent sur la route du dit objectif. (Bonne idée, je crois : cela nous sortirait de la malédiction du cours terme.)
The Economist semble penser que l’Ouest a traité la crise syrienne à la manière munichoise (je suis en désaccord). En tout cas, elle est utilisée par la Russie pour retrouver un rôle central dans la diplomatie mondiale. Et l’Iran fait de son mieux pour retrouver les bonnes grâces des USA.
L’Angleterre et les pays du nord montent un front anti-immigration. Pour le moment, l’UE ne les entend pas. L’immigration est un résultat de l’ouverture des marchés voulue par le nord, et elle permet aux pays du sud d’écouler leurs chômeurs, qui pour certains sont hautement qualifiés.
Débats budgétaires américains : les Républicains toujours aussi cons (traduction littérale de l’anglais).
« Quand une dette n’est-elle pas une dette ? » Quand elle concerne les retraites. Aujourd’hui, les engagements (colossaux) les concernant ne sont pas comptabilisées. Mais, cette dette se réduit beaucoup plus facilement que celle due aux marchés. Aux USA, la planche à billets n’est pas prête de s’arrêter. Elle n’a pas eu encore d’effets sur les pauvres. En attendant, elle enrichit les riches.
La valorisation des entreprises américaines est revenue au sommet mondial. Mais il suffirait à celles des autres pays d’un peu mieux comprendre ce qui plaît au marché pour s’y trouver aussi.
15% de riches, 85% de définitivement pauvres. Fin de l’ascenseur social. Le type d’emplois que fournit l’économie est inaccessible au gros de la population. (Travaux de Tyler Cowen.)
McKinsey aurait l’avenir pour lui. Car son métier est d’apporter un peu de réconfort à des PDG stressés. Que ses missions de conseil soient utiles est secondaire. Bombardier attaque Boeing et Airbus. Pas de danger immédiat. Ce n’est que le début de l’offensive. La place des voitures électriquesest en ville. Bonne nouvelle pour Bolloré.
La guerre entre le Bengladeshet le Pakistan a donné lieu à un génocide. Nixon était au courant, mais n’a pas voulu intervenir. Les Pakistanais étaient ses amis. Les raids de l’aviation alliée sur les villes ennemies ont été aussi meurtriers qu’inefficaces (la production a augmenté) et coûteux (40% des budgets). Reste à savoir pourquoi on a persévéré dans l’erreur.

Sciences. Les animaux verraient la vie d’autant plus rapidement que la leur est courte. 

The Economist contre Internet

Qu’arrive-t-il à The Economist ? La semaine dernière il reconnaissait qu’avoir donné le pouvoir aux hommes d’affaires était une erreur. Cette semaine, trois articles s’en prennent à Internet.
On y lit que l’usage de Facebook cause la déprime chez les adolescents : chacun n’y parlant que de ses triomphes cela renvoie le lecteur à sa médiocrité. (« L’émotion la plus fréquemment suscitée par l’usage de Facebook est l’envie. ») La relation directe, au moins, nous met en face des hommes tels qu’ils sont. On y lit aussi qu’Internet produit stress et désorganisation, avec pour premières victimes les créatifs. Tout d’abord parce que le traitement des mails prendrait un quart de la journée, en moyenne. Mais surtout parce que l’homme vit en permanence son travail. Bref, on pensait utiliser Internet au service de l’homme, et c’est le contraire qui s’est produit. « Il y a certainement des raisons d’en faire beaucoup moins – de rationner les emails, de réduire le nombre de réunions, de se débarrasser de quelques dirigeants excessivement zélés. Depuis quelques temps s’impliquer dans son travail a un retour sur investissement négatif. Il est temps d’essayer une stratégie bien plus radicale : prendre du recul. » Mais ce serait surtout en dehors de l’entreprise que la perte de productivité produite par Internet serait la plus violente. Internet a remplacé l’emploi fixe traditionnel, par un emploi précaire, peu productif. « Les auto-entrepreneurs (40% de la création d’emploi en Angleterre) travaillent plus longtemps – 6 % de plus que les employés – mais leurs revenus horaires moyens sont moins de la moitié de ceux des employés. » Internet a aussi « transformé certaines branches de l’économie – la vente de détail, la musique et l’édition, par exemple -, en grande partie en détruisant des modèles économiques existants. » « Internet, par opposition (à l’usine), semble atomiser la force de travail. En donnant un plus grand contrôle au possesseur de capital, il pourrait expliquer pourquoi les profits aux USA sont au plus haut depuis l’après guerre. »
Pour le reste, pas grand-chose de neuf. L’Egypte semble partie pour un scénario algérien. Que ce soit du côté des frères musulmans ou de celui de l’armée, l’affrontement stimule, en quelque sorte, les forces du mal. Des composants extrêmement dangereux, masqués jusque-là, s’affirment et s’affrontent. Inde / Pakistan. L’économie pousse les deux pays à s’entendre. Mais c’est tout. L’avenir ? Peut-être des « décennies de troubles – « une série de crises ponctuées par l’apathie » ». En attendant, l’Inde construit une marine de guerre moderne avec porte-avion, et sous-marins nucléaires. Israëlmodifierait sa politique d’implantation. De la Cisjordanie, elle irait vers le Néguev. Mais, une fois de plus, c’est au détriment des populations locales (Bédouins). Israël, par ailleurs, relâche une poignée de prisonniers, en signe de bonne volonté. Ce qui n’est pas suffisant pour les Palestiniens, pour qui les prisons israéliennes ont quelque-chose d’un rite de passage (« 750.000 Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes (depuis 1967) » « 5071 Palestiniens seraient derrière les barreaux, pour des actes de violence ou de subversion à motivation politique. »). Pour sa part, l’Amérique, est le premier incarcérateur mondial, loin devant la Chine. « Un Américain sur 107 était derrière les barreaux, en 2011 – le taux le plus élevé au monde – et un sur 34 était sous « surveillance correctionnelle » (soit sous les verrous, soit sous probation, soit en liberté conditionnelle). Un noir a 3,6 fois plus de chances d’aller en prison en Amérique qu’en Afrique du Sud, en 1993, juste avant la fin de l’Apartheid. » Mais le pays a décidé de se réformer. « Le coût élevé de la prison a attiré l’attention à la fois de la gauche et de la droite. » La vertueuse Suède pourrait passer à gauche. Le parti au gouvernement est pris entre une montée du chômage (8%) et un mouvement anti immigration.
L’industrie des médias commencerait à profiter d’Internet. Les revenus passeraient de « produits physiques » au numérique, téléchargement et streaming, de la vente à la location. (Remarque : aux USA, les livres électroniques représenteraient 30% des ventes totales.) Aussi, l’industrie sortirait de ses activités traditionnelles. « Les journaux entrent dans de nouveaux métiers tels que le marketing et les conférences. » Quant aux fonds activistes ils en ont après les entreprises de haute technologie, comme Apple. Pourquoi ? Parce qu’elles sont remplies d’un argent qu’elles ne savent pas utiliser. Et qu’elles ont du mal à changer assez rapidement (cf. Microsoft). Qui a tué par le glaive… ? L’Europe cherche à développer le fret ferroviaire. Pour cela, il s’agit d’aménager des « corridors » aux travers de l’Europe. Mais cela coûte cher, demande des collaborations entre Etats, et, de toute manière, le rail est moins flexible que la route. En tout cas, il semblerait que ce marché doive-t-être dominé par les chemins de fer allemands. Pour sa part, un entrepreneur américain envisagerait de construire des trains sous vides.
Et les groupes d’oiseaux n’entreraient pas en collision en se posant, parce que, grâce à leur capacité à repérer le champ magnétique, ils adoptent tous le même angle d’atterrissage. 

Monde agité

Quelques nouvelles du monde et de l’économie.

Nouveau président iranien. Apparemment, c’est la même chose, mais à visage humain. Manifestations au Brésil. « Les marches sont un signe que (les Brésiliens) découvrent qu’ils paient des impôts et qu’ils méritent des services publics corrects, et pas uniquement des stades flambant neufs. » En Afghanistan rien ne va plus. Un équilibre peut-il être trouvé entre les forces en présence ? À savoir l’armée afghane, les Talibans basés au Pakistan, les résistants locaux, les combattants venus de l’extérieur, et l’aide américaine. Au Baloutchistan voisin, le terrorisme fait rage. Histoire compliquée entre Sunnites, Chiites et généraux.  En Syrie, M.Obama ne veut pas intervenir, mais il a la main dans l’engrenage. En Afrique, il semble suivre une politique discrète, mais judicieuse, contrairement à celle de M.Bush, qui tendait à s’enflammer pour des régimes peu recommandables. Le premier ministre turc a choisi la confrontation, avec son peuple et le reste du monde. Mais la démocratie pourrait avoir gagné, tout de même. L’économie russe aurait vécu de ses acquis, dévaluation et sous capacité. Elle s’essouffle faute d’investissements. L’Angleterre tente « un changement radical de la culture bancaire » : la criminalisation des fautes de management. The Economist craint pour l’avenir de la City. Par ailleurs, les Polonais reprochent à l’Angleterre la légèreté de son attitude vis-à-vis de l’Europe. Dommage. A l’opposé de la position française, ils étaient ses alliés naturels. M.Barroso, en dépit de ses louables convictions libres échangistes, s’est mis trop de monde à dos pour pouvoir continuer à diriger la commission européenne. Réforme des retraites, en France. M.Hollande avance lentement et prudemment. Curieusement The Economist trouve que c’est un vice quant il s’agit de lui, et une qualité quand cela concerne Mme Merkel.
Les « attaques par déni de service » sont en croissance sur Internet. Une des causes en serait la faible protection des serveurs, qui peuvent ainsi être utilisés par les pirates pour relayer leur offensive. Le groupe Murdoch a survécu aux scandales anglais et s’est enrichi. Par ailleurs, les groupes de presse mondiaux se débarrassent de leurs acquisitions exotiques pour se concentrer sur ce qui a les meilleures perspectives. (Le câble aurait le vent en poupe.) Alcatel (dont le prix de l’action a baissé de 86% depuis 2006) suivrait l’exemple de ses concurrents, et se spécialiserait dans le transport de données à haut débit. Les transformations à faire sont douloureuses. Les licenciements devraient être massifs. « La souffrance est loin d’être finie. » Les cimentiers vont mieux, le marché est bon, et ils ont fini par absorber les malencontreuses acquisitions qu’ils avaient faites. Mais ça ne devrait pas durer. En Italie, l’industrie de la mode pourrait disparaître, faute de travailleurs qualifiés. Le G8 s’en prend à l’évasion fiscale. Mais, vue l’importance qu’a pris le phénomène, l’exercice est difficile. Les économistes découvrent qu’ils ne peuvent pas négliger l’influence, colossale, des très grandes entreprises dans leurs calculs.

Finalement, ce serait la guerre avec le Japon, plus que l’invasion occidentale, qui aurait réveillé la Chine. 

Renaissance de l’impérialisme japonais ? Europe, au bord de la dislocation ?

Le Japon, paralysé et malade, devient brutalement le meilleur élève du libéralisme. Et ses réformes à la cosaque semblent réussir. Que lui est-il arrivé ? Qu’est-il arrivé à son premier ministre ? Son précédent mandat n’avait-il pas été pitoyable ? Sursaut d’orgueil. La Chine menace le Japon de disparition. Alors, le Japon veut en revenir à ce qui a fait sa gloire. Ce qui signifie tenter le tout pour le tout, pour se tirer de son marasme économique. Et éliminer de sa constitution l’influence occidentale. Inquiétant ?

Quant à l’Europe, elle passe un mauvais quart d’heure. L’Angleterre est sur la pente glissante de la sortie. David Cameron est de plus en plus fermement contraint par le jeu politique à tenir ses promesses de référendum. D’ailleurs, les liens commerciaux du pays avec l’Europe s’affaiblissent (mais représentent encore 50% de ses exportations). En Allemagne, la coalition qui pourrait sortir des élections est incertaine. Un nouveau parti vient d’émerger, à droite de Mme Merkel. Il demande la fin de l’euro (mais pas de l’UE). L’idée pourrait marquer l’opinion, et le dit parti empêcher les alliés naturels de Mme Merkel d’obtenir les minima pour être représentés. Et les pays européens vont-ils longtemps tolérer leur perte de souveraineté ? Ici, la BCE propose son « aide en échange d’une approbation de l’austérité et de réformes structurelles. » « Cela semble du chantage à certains électeurs de nations débitrices. » Là, le gouvernement d’Andalousie découvre qu’il ne peut pas aider des sans-logis, du fait de l’accord de renflouement des banques espagnoles. L’Europe est partout en récession. Elle est à l’image de son marché de l’immobilier : « les performances contrastées du marché de l’immobilier reflètent et renforcent la tendance générale vers une économie mondiale à trois vitesses. Les marchés sont généralement forts dans les économies émergentes, en rapide développement. Le redressement du marché immobilier américain va contribuer à soutenir la reprise engagée par ailleurs. Le mal affectant de nombreux marchés immobiliers européens est une raison supplémentaire pour laquelle l’Europe est à la traîne. » Aurait-elle été plombée par la BCE de M.Trichet ? Une comparaison avec Fed et Banque d’Angleterre, montre que la BCE a curieusement voulu combattre une inflation inexistante, par des taux élevés. Et a insisté pour « demander que les gouvernements réduisent leurs déficits en échange de son assistance ».

Rien ne va plus en Iran. Lors des prochaines élections, le clan du président va devoir faire face à deux gêneurs. M. Rafsanjani et un poulain de M.Amadinejad. L’Amérique latine se divise entre les bons, l’Union du Pacifique, libres-échangistes, et les mauvais, membres du Mercosur, socialistes. La piraterie se déplacerait, de la Somalie, tenue en respect par l’armada de l’économie mondiale, au delta du Niger. Aux USA, les Républicains cherchent de mauvaises querelles à M.Obama. Histoire, à nouveau, de le paralyser. L’international n’est pas porteur. L’interventionnisme de l’Etat, si.

Il y a tout de même de bonnes nouvelles. Les élections pakistanaises semblent éloigner le risque de chaos (en particulier terroriste). Le parti de la famille Bhutto serait en perdition.

Poussées par les politiques monétaristes des banques centrales, les actions s’envolent. L’entreprise Sony perd beaucoup d’argent. Elle est attaquée par un activiste américain. Il veut lui faire vendre ses studios. Mais ses difficultés viennent de la perte de sa créativité. Drame japonais. La commission européenne part en guerre contre les panneaux solaires et les équipementiers télécom chinois. (Je m’interroge: manœuvre de l’Allemagne et de la France ?) Une étonnante histoire de changement. Le conteneur aurait été une révolution ! Il aurait transformé l’économie mondiale, en facilitant le transport des biens : « plus gros bateaux (…) réduction massive du temps passé dans les ports (…) réduction par deux du voyage porte à porte (…) réduction du pouvoir de négociation des dockers, et du nombre de grèves (et) des pertes pour vol (…) De plus grands ports, moins nombreux (…) il a été possible d’échanger économiquement un plus grand nombre de biens (…) les chaînes d’approvisionnement ont pu devenir plus complexes et plus généralistes. » Et cela aurait permis le miracle des pays émergents : ils n’auraient eu qu’à utiliser ces nouvelles routes, pas à en construire de nouvelles.  
Revue de livres. L’humour juif serait récent, associé à la culture Yiddish, et politesse du désespoir. Ce n’est pas les tensions internationales qui disloqueront la Corée du nord, mais la différence de niveau de vie avec le sud. Alors, attention au chaos (au moins régional) qui va s’ensuivre. Peut-être faudrait-il hâter la dislocation, par la technique utilisée contre l’URSS ? Personne n’est intéressé. L’Egypte ancienne, société stable et hiérarchisée, n’avait pas besoin de monnaie. « La monnaie a été l’instrument qui a permis aux sociétés postérieures de se libérer de l’ordre social et de devenir individualistes. Avec l’argent est arrivée la spéculation et ses crises financières endémiques. » Solution ? Les Etats ne devraient plus assurer les flux financiers. Payer pour ses erreurs éliminerait spéculation et crise. 

Le Pakistan et la poudrière islamique

Les élections qui se tiennent au Pakistan éclairent les forces qui tentent de modeler le monde islamique. Rien ne va plus. Très intéressant article.

  • Au Pakistan, « une petite mais très motivée partie de la population a choisi la violence extrême comme forme d’expression politique ».
  • L’affrontement en Syrie déterminera l’équilibre entre Shiites et Sunnites. « Si les Sunnites gagnent, ils vont vouloir renforcer leur pouvoir dans les pays ayant une importante population shiite. Il est rarement su que le Pakistan a la deuxième plus importante population shiite du monde (…) elle a été attaquée impitoyablement à Karachi et Quetta ces dernières années, il y a eu plus de 400 tués. »
  • L’Occident a changé de ligne directrice. Il n’est plus question de l’ancien compromis « autoritarisme en échange d’un approvisionnement en pétrole sûr, de la protection des voies maritimes stratégiques et d’une certaine tolérance à l’endroit d’Israël ». 
  • Mais, une fois de plus, le nœud du problème semble bien plus économique que religieux. La coalition qui dirige le Pakistan a « réussi à créer une structure politique basée sur des fondations tout à fait stables », mais pas à donner au pays une croissance suffisante pour nourrir sa population. De ce fait, « augmentant le réservoir dans lequel les extrémistes tirent leurs recrues ». 

Fermons nos centrales nucléaires ?

Je fais remarquer à un collègue, soucieux de l’avenir de la PME française, que le programme de François Hollande semble lui être favorable. Il me répond qu’une personne qui veut fermer 50% du parc nucléaire n’aime pas la PME.

Bizarrement, j’avais cru entendre, lors du débat présidentiel, que seul Fessenheim était concerné. Mais, à la réflexion, il serait une bonne chose que mon collègue ait raison. Pourquoi :
  • L’énergie nucléaire est dangereuse. La probabilité d’un Fukushima français, ou pire, n’est pas nulle. Et que dire d’un Armageddon iranien, pakistanais ou jihadiste ?
  • Il n’y a pas de source de remplacement de l’énergie nucléaire. Le seul moyen d’y survivre, selon moi, est de réduire notre consommation d’énergie. Pour ce faire, nous sommes contraints d’être innovants, et c’est bon pour notre économie. Mais, pour cela, le changement doit être préparé et coordonné.
Compléments :

De la globalisation à la parcellisation ?

Les trente dernières années du monde ont été marquées par ce que l’on peut résumer par le « consensus de Washington ». C’est-à-dire la domination du libre échange et de la démocratie anglo-saxonne. Ce modèle a connu une crise majeure. Or, aucun modèle ne peut survivre à une crise. Les forces qui vont le renverser sont certainement en cours de constitution. Peut-on apercevoir ce qui pourrait les alimenter ? Tentative d’exercice de prospective :

  • La démocratie  a été pervertie pour servir de rouleau-compresseur au libre échange. Elle est vue comme une hypocrisie par les puissances montantes (à commencer par la Chine).
  • Au Moyen-Orient, s’affrontent des forces extrémistes islamistes. Elles remplacent des dictatures dont l’ambition avait été d’occidentaliser leurs pays (Iraq, Syrie, Égypte, Tunisie…). Que mettront-elles à leur place ? L’Islam, avec ses variantes infinies qui se haïssent toutes, est probablement plus explosif que le christianisme des guerres de religion.
  • Le Japon, le meilleur converti à l’occidentalisme, est en dépression quasi suicidaire.
  • La Chine pourrait devenir une grande puissance pauvre. Viserait-elle à atteindre la taille qui lui permettra de tenir l’Occident et son modèle en respect ?
  • L’Inde est un chaos au contact de poudrières, le Pakistan et l’Afghanistan.
  • Quant à l’Occident, il se bat contre lui-même. Les Républicains américains pensent que les démocrates sont le mal. En Europe, le nord veut se séparer du sud. Les pays victimes de la crise se déchirent.
Tout cela semble signifier un repli sur soi généralisé. Qu’il soit instable ou non dépend peut-être de ce que l’Occident arrive ou non à se réconcilier avec lui-même, et à contrôler l’irresponsabilité (revendiquée) de la classe financière anglo-saxonne. En effet, il n’y a pas beaucoup d’autre groupe social désireux d’assurer la concorde internationale

Obama tue

Depuis quelques temps les Américains se demandent s’il est juste d’utiliser les drones de la CIA pour tuer, partout dans le monde et sans toujours y être invité, des terroristes soupçonnés. Parmi lesquels des Américains.

M.Obama est un juriste d’une telle subtilité qu’il peut faire ce qu’il veut de la loi ?

Compléments :
  • Drones and the law
  • Un aperçu des contorsions de la réflexion américaine.
  • Un inconvénient de cette pratique est qu’elle risque, en particulier, de pousser le Pakistan à la guerre civile. 

Rationalité des marchés

Les pays que les marchés pensent les plus certains de faire faillite : La Grèce, le Portugal et l’Irlande sont au sommet, plus risqués que le Venezuela et le Pakistan ; l’Espagne est moins sûre que l’Égypte révolutionnaire. (How much closer a union?)

Raison ? Cacophonie de la communication gouvernementale européenne.

Autrement dit la rationalité des marchés (dont on nous a rebattu les oreilles) est nulle. On les manipule par la propagande.