Israël en guerre

J’entendais que, pour répondre au dernier attentat du Hezbollah, Israël avait choisi de tuer un de ses leaders, en Iran, au sein même d’un quartier de haut sécurité. Message : je peux abattre qui je veux, où je veux.

Israël et ses adversaires suivent ce que disent les cours de négociation : « dent pour dent ». Mais, ce qui compte n’est pas l’acte, mais sa signification.

Cela rappelle ce que dit ce blog depuis au moins le covid : nous traversons des temps où un rien peut mettre le feu aux poudres. Et la dissolution de M.Macron en est un exemple. A tel point que M.Trump apparaît désormais effroyablement conventionnel.

Peut-être, d’ailleurs, y a-t-il quelque-chose de naturel dans cette situation : notre société semble évoluer par cycles, et la fin d’un cycle doit exiger une destruction qui permette une recréation. Avec, bien sûr, le danger qu’elle ne soit pas pacifique.

Ce type d’événement nous montre aussi la vacuité de la parole. Une partie de nos intellectuels dénonce Israël, d’autres expliquent les dangers fatals de sa politique. Mais Israël la poursuit, comme M.Poutine poursuit sa guerre. D’ailleurs, je me demande, si j’ai bien compris ce que l’on dit d’Israël, si ce n’est pas dans sa nature : ses fondateurs pensaient que leur Etat devrait sa survie à une guerre permanente.

Héraclite avait-il raison ? Le propre de la vie est d’être un combat ? Une leçon que nous avions oubliée ?

Trêve olympique

J’ai toujours vu les Jeux Olympiques de Paris d’un mauvais oeil. Je soupçonne que Madame Hidalgo les a voulus par amitié pour M.Delanoë, à qui ils avaient été refusés : ce qui est un motif malsain. Ils risquent fort d’être un gouffre financier, en outre. (Je suis heureux de m’être extrait de Paris. Pour autant, si les jeux sont déficitaires, il est certain qu’on demandera aux pauvres de faire preuve de solidarité avec les paniers percés…) Et depuis qu’il y a guerre en Ukraine, ils semblent fournir à M.Poutine et ses alliés l’occasion rêvée de faire un mauvais coup, bien sanglant.

Bizarre. Jadis les Jeux Olympiques étaient une trêve. Maintenant, c’est le contraire.

En fait, c’est le paradoxe de la société. L’homme « fait société » pour se protéger, et la protection qu’apporte la société crée l’irresponsabilité, l’attentat et l’instinct de mort.

Fameuse « énantiodromie » de la systémique ?

Jeu de l’Houthi

A quoi jouent ces Houthis qui attaquent les navires marchands ?

Ils seraient armés par l’Iran, mais relativement indépendants. Et ils feraient ce qu’ils disent : manifester leur solidarité vis-à-vis du Hamas. En effet, cela leur fait une publicité bienvenue. Ils apportent un peu fierté aux populations locales, à défaut de prospérité. (Le « modèle économique » de Robin des bois ?)

Par ailleurs, ce serait une caste de seigneurs, descendant du Prophète. Comme quoi, la monarchie a de beaux jours devant elle. Et les frappes américaines leur feraient peu de mal. Apparemment ils ont adopté le modèle soviétique et coréen : pauvreté abjecte et armement massif.

Curieusement, les Houthis ne menacent pas le commerce des Américains, mais ceux-ci doivent intervenir, parce qu’ils sont les gendarmes du capitalisme. Quant à l’Angleterre, l’appui qu’elle leur apporte serait minable. Effet d’annonce ? Le commerce chinois serait affecté, mais la Chine garde une prudente réserve. Ce qui est, apparemment, aussi le cas de la France. Et les Iraniens feraient tout ce qu’ils peuvent pour éviter un affrontement direct avec les Américains.

Enseignement ? Il n’est jamais bon de « laisser faire » les conflits ? Ils vous retombent toujours sur le nez ?

(Informations venues d’Affaires étrangères de France culture, la semaine dernière, et d’un général américain, interviewé par la BBC, mardi dernier.)

Deux Etats

Arab nations develop plan to end Israel-Hamas war and create Palestinian state
Arab states are working on an initiative to secure a ceasefire and the release of hostages in Gaza as part of a broader plan that could offer Israel a normalisation of relations if it agreed to “irreversible” steps towards the creation of a Palestinian state.

Financial Times du 18 janvier

« Idée qui fait son chemin » : mettre Israël et la Palestine sous tutelle ?

Cela pose un problème de « droit des nations » ? Mais, on sursoit bien aux droits de l’homme lorsque l’on considère qu’un individu est dangereux pour la société ? (Ce qui donnerait un sens à « société des nations », mais poserait aussi la question d’institutions nécessaires ?)

Intéressant problème, d’ailleurs : comment mieux réussir la rédemption de la nation que celle de l’individu par la prison ? Peut-être faire ce qu’elle fait quand elle réussit : amener l’individu à trouver une nouvelle vie ?

Apprentis sorciers ?

S’exprimant à l’université de Valladolid, le responsable de la politique étrangère de l’Union européenne a déclaré que le mouvement islamiste palestinien, créé en 1987, avait été « financé par le gouvernement israélien pour tenter d’affaiblir l’Autorité palestinienne du Fatah ».

Le Monde de samedi

Est-ce vraisemblable ? Israël aurait-il fait comme les Américains avec les islamistes ?

En tous cas, le machiavélisme paie rarement à long terme. Mais, comme le disait Keynes, à long terme on est tous morts ? Même ceux qui n’auraient pas dû l’être ?

Transition pacifique

A chaque fois qu’il se passe quelque-chose on entend une autorité intellectuelle dire que la cause en est le réchauffement climatique. S’il s’agit de quelque conflit, elle annonce que ce n’est rien en comparaison avec ce qui va nous arriver, du fait du réchauffement climatique. Cela finit par ressembler au retour du millénarisme.

Pendule arrêtée ?

Et si la paix dont nous profitons depuis 80 ans n’était qu’une exception ? D’ailleurs nous, les Occidentaux, nous sommes bien les seuls à en avoir bénéficié. Aurions-nous eu tort de croire que c’était un avantage acquis ?

Et si l’on s’attelait à trouver les conditions de la paix ? Peut-être que le climat s’en porterait, aussi, mieux ?

Paix en Palestine

Le calcul du Hamas semble avoir été, par ses atrocités, de contraindre les Israéliens à massacrer ses frères palestiniens. D’en faire des martyrs, et de déclencher un cycle de vengeances sans fin, qui gagne le monde.

L’autre jour, j’entendais la BBC se demander si les Israéliens n’avaient pas adopté une stratégie à la Poutine (ma traduction) : le sort de leurs otages compte moins que l’élimination des terroristes.

Et si l’Europe, qui a été détruite par une guerre fratricide, aidait les Palestiniens et les Israéliens à trouver une solution à leurs problèmes ? Et à reconstruire ce qui a été détruit. Après tout cela ne devrait pas coûter aussi cher que le soutien aux Ukrainiens.

Pour cela, il faudrait sûrement s’inspirer des erreurs commises par les Américains, en Irak et en Afghanistan. Evitons de plaquer un modèle culturel sur une société. Il faut comprendre son âme. Et il ne faut pas lui envoyer ce que l’on a de plus fruste, une armée, mais, au contraire, ce que l’on compte de meilleur et de plus subtil. Car le succès du changement, selon ce blog, c’est « in quiétude » et « donneur d’aide ».

Europe et Moyen Orient

L’Europe peut-elle aider le Moyen-orient ? Question que pose Affaires étrangères de France Culture et de Christine Ockrent.

Je retiens l’intervention d’une participante : de l’Ukraine à la Palestine, l’Occident récolte des conflits dont il pensait s’être habilement débarrassé. Je retiens aussi que les Palestiniens avaient été comptés par tous, à commencer par les gouvernements arabes, comme ayant disparu. Je retiens enfin qu’à la fois chez les Palestiniens et chez les Israéliens, le pouvoir est amené à changer, et qu’il est possible de rebattre les cartes.

Il me semble que, dans une situation dans laquelle personne ne sait trop où il va, il y a de la place pour les gens de bonne volonté. L’Occident a fait beaucoup d’erreurs, mais demeure une sorte de Croix rouge, et ses opposants ont eu le temps de montrer qu’ils n’étaient pas bien meilleur que lui. Il est peut-être possible d’oublier le passé et de partir d’un nouveau pied.