Violence innée

Les atrocités commises au Rwanda l’ont été pour beaucoup entre voisins et au sein d’une même religion, et parfois par des prêtres. Faut-il s’en étonner ?

N’est-ce pas une histoire éternelle ? A la dissolution de l’URSS, on s’est étripé entre voisins, pendant la dernière guerre, on se dénonçait, et la Saint Barthélémy ne fut rien d’autre.

L’homme semble pris d’accès de violence. Avec des circonstances favorables, il devient facilement criminel ? Mais, dans d’autres circonstances, il redevient placide. Ne jouons pas avec le feu ?

Gaza

Y a-t-il une explication à ce qui se passe à Gaza ? Christine Ockrent peut-elle m’éclairer ?

Je retiens qu’Israéliens et Palestiniens veulent leurs disparitions respectives. Dans ces conditions, il y a peu de chances que le conflit s’arrête. Trump, un temps modérateur, serait devenu suiveur. Les pays arabes, voyant comment il traite ses alliés, adopteraient une attitude circonspecte.

Israël ne risque-t-il pas le sort de la France, qui, après avoir ravagé l’Allemagne, a été ravagée par l’Allemagne ? A moins que, comme ces mêmes Allemands, un temps, elle ne pense qu’une nation ne puisse exister que « contre » des adversaires ? L’esprit d’Israël, pour parler comme Montesquieu, serait-il la guerre ?

(Israël et le « mur de fer ».)

Logique de blocs

La bombe atomique et la série d’émissions qui lui était consacrée (un billet précédent) évoquaient la dissolution de l’URSS. Se posait alors un grave problème : l’arme nucléaire se retrouvait maintenant entre de multitudes de mains peu recommandables.

Comme il était dit, la guerre froide et ses bombes ont assuré une exceptionnelle période de paix pour l’Occident. Les conflits ont ravagé ceux qui n’avaient pas de protection nucléaire. (On parlait, me semble-t-il, de trente millions de morts conventionnelles.)

De l’utilité de la reconstitution de blocs culturels nucléarisés ?

(Explication de la politique de Poutine, qui veut un bloc slave. Et du « golden dome » de Trump, qui ne veut pas dépendre de l’Europe ?)

Paix éternelle

L’Europe submergée a écrit Alfred Sauvy. Il y a quelques années, j’ai lu que la crainte que l’Amérique soit submergée pourrait être à l’origine des remous qui s’y produisent.

D’un côté, on pense qu’il faut être les amis des forces de submersion, aujourd’hui « dominées », de l’autre qu’il faut les combattre.

Comme souvent, il est possible que tout le monde ait tort.

L’hypothèse de la submersion est vraisemblable, mais le résultat qu’on lui suppose n’est pas le seul possible. En effet, les deux camps semblent croire qu’il ne peut qu’y avoir règlement de compte. Il serait plus judicieux de laisser en héritage un monde paisible, à l’image du projet d’Union européenne. Et, ce n’est pas une question de bons sentiments, mais de « gilets jaunes ». Il faut construire un monde qui réponde aux aspirations naturelles de l’homme, qui sont fort éloignées de celles de Platon.

Interprétation

J’avais à peine écrit l’article précédent que je lis :

In recent days, Ahmed Fouad Alkhatib has spoken with many Gazans who are furious about the starvation unfolding around them and hold Hamas responsible for their suffering. “The best way to undermine Hamas’s position is to instead flood Gaza with food,” he argues

The Atlantic

Une loi dit que la parole du témoin indirect n’a pas de poids. Si l’on ne parvient pas au coeur de la mêlée, on ne peut pas savoir réellement ce qui se passe. Non seulement les médias interprètent l’information selon leur biais culturel, mais ils dépendent d’informateurs.

Cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas agir. Mais, pour cela, il faut user d’autres principes que ceux qui ont cours. Par exemple ceux de la paix, plutôt que ceux du bien et du mal ?

Reconnaissance

Complexité palestinienne. Le conflit est sous le feu des projecteurs.

Notre président a décidé de reconnaître la Palestine. Bonne idée ? Peut-être. Peut-être pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la vertu. Le risque pour nous aurait été d’être seuls, il semble être suivi. Ensuite, c’est peut-être la seule menace que puisse entendre Israël, et qui puisse, peut-être encore, donner un espoir d’envisager sérieusement d’ôter aux belligérants l’idée que la seule issue à leur guerre est l’élimination de l’autre. Ce qui est aussi bon pour l’Occident : il disparaît et a tout intérêt à laisser à ses successeurs un monde dans lequel on n’a pas de comptes à régler… Et, enfin, c’est probablement aussi bon pour nos négociations avec Trump : plus nous avons de conflits avec lui, plus il y a de place pour des concessions de sa part.

Beaucoup de si. Beaucoup de hasards. Aucune certitude. Sinon, peut-être une dernière fois, que « le cave se rebiffe ». Celui qui n’est pas respecté est faible. Pour se faire respecter, il faut prendre des risques.

Démographie et Palestine

Un ami me disait qu’un million de Palestiniennes étaient enceintes.

Je ne suis pas parvenu à vérifier cette information. Mais la recherche fut intéressante. D’abord, je constate que dès que l’on cherche « palestinien » sur Internet, on tombe quasi immédiatement sur des articles parlant de « génocide ». Israël a visiblement perdu la bataille d’Internet.

J’ai aussi lu des réactions indignées à la suggestion d’une croissance de la population palestinienne. Cela irait-il à l’encontre de la thèse du génocide ?

En tous cas, il semble bien qu’il y ait une guerre des bébés. D’un côté, il y a les Juifs orthodoxes. Ils devraient représenter un tiers de la population israélienne, d’ici 2065, et la moitié des jeunes de moins de 15 ans (article). En outre, il y aurait aussi 20% d’Arabes israéliens. De l’autre, les Palestiniens. Le taux de fertilité de ces derniers serait supérieur à celui de Israéliens, dans son ensemble, mais faiblirait, peut-être du fait de mauvaises conditions de vie. Toujours est-il que cette rapide croissance démographique ne fait que dégrader ces conditions et envenimer les tentions entre les peuples.

Comment cela va-t-il finir ? Les Israéliens font tout pour se faire haïr, et ils vont bientôt être aux mains de fondamentalistes qui ne veulent pas combattre…

(Leur situation ressemble à celle de la France face à l’Allemagne. Lorsque la première, qui n’arrêtait pas d’être ravagée par la seconde, après l’avoir ravagée pendant des siècles, a compris qu’elle ne pourrait jamais être la plus forte, elle a proposé une alliance entre égaux. Conséquence paradoxale ? La croissance démographique allemande s’est effondrée.)

Paix mondiale

J’entends dire de Trump : « il suivait déjà cette ligne dans son premier mandat… ». Il avait donc une « ligne » ? Je croyais que c’était un fou ? Désinformation massive ?

En tous cas, une de ses orientations, nous répète-t-on maintenant, c’est la paix.

Et si, l’on reprenait cette idée ? L’occident, pour commencer ? force de maintien de la paix ? Avec partage du coût de l’opération, comme le veut Trump ? Logique de bien commun façon Elinor Ostrom ?

(C’est bon pour les affaires. Cela évite les dépenses militaires, semble-t-il penser. L’argument n’est pas excellent. L’histoire montre que la confrontation militaire est peut-être le seul moyen de créer la concurrence qu’aime tant l’économie de marché. Celle qui est bonne pour l’innovation et la croissance. A moins qu’on ne la remplace par la crise environnementale ?)

Iran

Guerre Iran, Israël : quels enseignements ?

Publicité pour la bombe atomique ? Avec elle ni l’Iran, ni l’Ukraine n’auraient été attaquées, probablement ? Bientôt, tout le monde sera équipé ?

La loi du plus fort est toujours la meilleure ? Nous, pays occidentaux, qui nous affaiblissons à vue d’oeil, aurions peut-être intérêt à changer les choses rapidement ? A faire régner la paix ?

Loup solitaire

The most successful assassination in history est une émission de la BBC qui relate l’assassinat de Yitzhak Rabin. Effectivement, cet assassinat fut un succès. Il n’est plus question de paix au Moyen-orient depuis.

En fait, cela ne tient peut-être pas qu’à l’assassinat. Shimon Perez était le leader naturel du camp de la paix. Mais, au lieu de profiter de l’émoi suscité par l’assassinat pour constituer une coalition autour de lui, il a voulu être élu pour son propre mérite, et il a perdu. Et M.Netanyaou occupe depuis, quasiment sans discontinuer, le pouvoir. Comme quoi, l’amour propre est parfois bien plus dangereux que les balles ?

Quant au tueur, c’était un loup solitaire. Seulement, en ces temps, M.Rabin avait beaucoup d’ennemis et les défilés où l’on réclamait sa mort se succédaient. Si l’on veut éliminer quelqu’un pas besoin d’engager un tueur à gage ? Il suffit de créer un climat favorable, et il se trouvera toujours un loup solitaire désireux de faire la besogne ?