Les dessous de big data

Des amis m’ont lancé sur la piste de big data. Pourquoi en parle-t-on autant, et pourquoi y a-t-il aussi peu de résultats. Voici quelques impressions que je retire du début de mon enquête.
Il semble qu’une guerre de titans se livre entre les mastodontes de type Microsoft, Oracle et IBM et Google et son gang.
Le premier groupe est celui des grosses machines, de la technocratie, il a dominé la société d’hier. Il l’a saturée de « gros » matériels et logiciels, dont on se rend compte aujourd’hui qu’ils sont inadaptés à beaucoup d’usages. Ce qu’ils nous fourguent n’est même pas inutile. C’est nuisible. C’est l’équivalent de la « junk food ». 
La seconde équipe reflète une idéologie à la Ayn Rand. Le riche est créateur de valeur, pas la société. Mais l’individu ne peut pas faire de miracle, seul il ne peut pas créer grand chose. Il est contraint d’exploiter les techniques du passé. Réseaux d’ordinateurs frustes, vieux algorithmes « démocratisés »… C’est un monde à la Branson où les avions explosent en vol. Un monde à la Mad Max, d’hommes dignes de ce nom, à qui l’évocation du principe de précaution cause des crises d’épilepsie. Pensez-donc, si l’on ne peut plus vendre d’avions qui explosent, mais où va-t-on !
Tous les deux s’affrontent sur le sujet de la smart city, une société où tout passerait par Internet. Les premiers pensent relancer leur croissance flageolante en casant des masses de capteurs, et du gros matériel. Les seconds veulent nous faire entrer dans leur monde virtuel.
L’entreprise « normale » est au milieu des deux, elle est, en partie, l’objet de la lutte qu’ils se livrent. Le premier groupe se demande comment l’alourdir un peu plus ; le second cherche à la transformer à son image, à en faire une « lean start up ».
Le cave se rebiffe ?
Et si c’était l’heure de la revanche ? Et si après avoir donné sa chemise à Oracle et aux autres, puis à Google, l’entreprise jouait de leur rivalité pour reprendre des couleurs ?
En effet, grâce à Google, elle peut faire maigrir sérieusement son système d’information. Et, en même temps, IBM, Oracle et Microsoft. Quant à Mad Max, pourra-t-il longtemps vivre du passé ?
(L’avenir serait-il à une entreprise qui aurait retrouvé un « poids de forme » ? On en revient à Münchhausen, mais sous un angle inattendu.)
Mad max two the road warrior.jpg

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Monde de pauvres

M.Obama est de retour au Moyen-Orient. Il pense utiliser son armée pour y conduire le changement. La Hongrie prend modèle sur la Russie, la Chine et la Turquie. Ce qui n’empêche pas l’Europe de l’abreuver de ses fonds. Europe qui devrait s’agrandir aux pays des Balkans, ne serait-ce que pour leur éviter de sombrer dans l’anarchie. (Ils auraient l’appui de l’Allemagne et de la nouvelle responsable des affaires étrangères.) L’Allemagne se rendrait compte que la cause de sa prospérité ne serait pas celles qu’elle croyait. Et que persévérer pourrait lui être fatal. « Les Allemands ont déduit de ce conte trois illusions (…) La premières que l’Allemagne restera forte simplement en continuant sur la même voie. La seconde est qu’elle n’a pas vraiment besoin de la zone euro. La troisième est que ses partenaires de la zone euro veulent lui prendre son argent, et que les contribuables allemands sont les vraies victimes de la tentative de sauvetage de l’euro. » M.Sarkozy revient. Mais il divise plus qu’il n’unit. Il est plus un problème qu’une solution. Scénario somalien pour l’Ukraine ?La zone indépendantiste deviendrait un pays de pirates. Le Royaume Uni essaie de se reconstruire après la tentative de sécession de l’Ecosse. Il s’agit de donner plus de liberté à ses composants. Devant les obstacles à toute évolution, il va falloir bricoler. Aux USA, la croissance et la baisse du chômage se traduisent par un appauvrissement d’une grande partie de la population. Rejet des politiciens en place. En Amérique latine la droite revient au pouvoir, mais elle devra composer avec une population qui s’est habituée à la démocratie et la justice. Les réformes indiennes sont un juste nécessaire qui ne restaurera pas une croissance forte. En attendant, avec l’aide puissante des USA, l’Inde a envoyé un satellite faire le tour de Mars. Coup de pub. La Chine construit des canaux pour amener l’eau du nord au sud. Ce qui ne résoudra rien. Tout cela pour ne pas vouloir augmenter le prix de l’eau qu’elle gaspille.

Succession chez Samsung. Enchevêtrement compliqué de participations, qui va devoir être restructuré. Surtout, la partie électronique, qui fut un gros succès est sauvagement attaquée. Elle va devoir se réinventer, si elle ne veut pas subir le sort de Nokia. Larry Ellison change de titre, chez Oracle. L’évolution de la technologie, cloud et open source, placerait l’entreprise devant un problème de prix. « Comment maintenir ses prix pour ses anciens clients, mais être concurrentiel sur le marché des nouvelles applications ? » Les grandes surfaces sont attaquées par les discounters, Lidl et Aldi. C’est, en grande partie, un résultat de l’appauvrissement de la population occidentale.
C’est le physique, d’animal dominant, qui fait le patron (au moins aux USA). Les banques ne faisant pas grand-chose pour rassurer le régulateur sur leur sens des responsabilités, il empile les règles qui visent à les encadrer.
Les caractéristiques d’un pays sont liées à sa taille et à sa composition. Il est fortement redistributeur et fournisseur de services publics si sa population est homogène. Trop de disparités le rendent fragiles. Et les frontières sont nuisibles au commerce. Mieux vaux une fédération que des pays indépendants.
Francis Fukuyama découvre qu’un Etat compétent « peut produire nombre des vertus de la modernité sans les bénéfices de la démocratie ou du libre échange ». 

Après le chaos, la démocratie ?

« Les crises économiques, plus que la prospérité, annoncent la démocratie. »The Economist s’interroge sur la vague de révoltes qui secouent le monde. Et s’en réjouit, finalement. D’ailleurs, les affrontements sectaires, Shiites contre Sunnites, n’ont pas pour vocation de dégénérer. Une forme d’équilibre a toujours été de rigueur. « Ni le poids des allégeances religieuses ni la forme des alliances politiques n’ont été constants au Moyen-Orient. Savoir que cela peut changer agit comme un frein contre un affrontement sectaire à outrance. » Pour le reste, ça bouge partout. En Turquie, le gouvernement a été apparemment ferme face à ses opposants, mais flexible, en réalité. Les négociations avec l’Europe et les Kurdes n’ont pas été suspendues. Au Brésil, la crise semble calmée. Mais n’a-t-on pas promis l’impossible ? (Le problème majeur est la corruption et le dysfonctionnement de l’Etat, si je comprends bien, i.e. de ce qui devrait mener les réformes !) Qui va tirer parti de ces troubles ? L’ex président Lula ? Mais n’est-il pas à l’origine de ce dont souffre le pays ? (Demain le chaos ?) Le retour de fortune brésilien a fait une victime : son homme le plus riche. Les investisseurs étrangers ne croyant plus au pays ne lui prêtent plus. Et ses affaires n’étaient apparemment que des bulles spéculatives. En Egypte, le pays est paralysé par l’affrontement entre gouvernement et opposition. Ce qui pourrait ramener l’armée au pouvoir. L’équilibre politique italien est suspendu aux démêlés judiciaires de M.Berlusconi. En Russie, Gazprom, outil de pouvoir et d’influence internationale de M.Poutine est menacé par le gaz de schiste. Il fait choir les prix, émerger une concurrence interne, et apporte de nouveaux fournisseurs à ses clients. En France « les implications politiques (de l’affaire Tapie) sont explosives ». Les Portugais veulent rester dans l’euro, mais ils souffrent. Qu’ils supportent cette souffrance est capital. « L’UE (…) a désespérément besoin d’un succès. Si le Portugal ne peut pas se remettre sur pieds en dépit d’un gouvernement de centre droit qui adopté le libre échange avec zèle, les critiques diront que le problème est dans le traitement, pas dans son application ». C’est la faiblesse de la France qui a fait de l’Allemagne un leader. Mais elle est extraordinairement mal à l’aise dans ce rôle. Elle sait surtout ce qui n’est pas bien. Non où aller. Barack Obama tente de faire passer quelques mesures de lutte contre le réchauffement climatique. Mais il est paralysé par une opposition qui utilise toutes ses initiatives pour lui nuire. (Dans ces conditions, ne devrait-il pas chercher à encourager le réchauffement climatique ?) L’Affaire Snowden, en dévoilant l’hypocrisie massive des USA, provoque « le malaise de l’Amérique et la joie de ses ennemis ». Annonce de la prochaine crise économique ? La banque fédérale américaine parle de ralentir sa politique de soutien de l’économie. Partout les marchés sont sans dessus dessous. Et les banques tremblent.  « C’est une douce ironie que les titans de la gestion de fonds, qui se considèrent comme des champions robustes du système du libre échange, soient si dépendants des subventions des autorités monétaires. » Quant à Internet, il facilite les révolutions, mais pourrait bientôt être la meilleure arme pour les éviter, ou les réprimer.

Dans le monde de l’entreprise. Le marché monte à l’assaut de l’école. Dorénavant, on va apprendre par ordinateur. Certes ce n’est pas la première fois que l’on cherche à appliquer une innovation à l’école. Mais cette fois-ci, c’est sûr, c’est plus efficace que la méthode traditionnelle. Mais n’est-ce pas un moyen de licencier de l’enseignant ? D’accroître les inégalités ? En tout cas les lourdeurs administratives pourraient freiner ce changement, bénéfique selon The Economist. Alors, les entreprises cherchent à rendre les familles accro à leurs produits, afin qu’elles fassent pression sur l’Etat. (Au fait : quid de la socialisation dans l’apprentissage ?) Pour le reste, cela bouge presqu’autant que dans la société civile. Les télécoms européennes sont « dans le trou ». En particulier, les spécialistes du mobile. La faute apparemment à trop de concurrence, et trop de déréglementation ! Du coup, ils n’ont pas les moyens d’investir dans le 4G. Les Américains tournent autour des sociétés européennes, exangues. Le cloud donne l’avantage à IBM et Amazon (« Amazon pourrait rouleau compresser tout le monde »). Cela force Salesforce, Oracle et Microsoft à s’unir, pour tenter de sauver leur peau. 

Entrons-nous dans l'ère de la diversité et de l’écosystème?

Depuis quelques années, j’entends beaucoup parler d’écosystème. Écosystème d’entreprise d’abord. Puis que l’homme n’est rien sans son écosystème. Et enfin que l’homme, lui-même, est un écosystème.

Écosystème semble aller de pair avec diversité. La condition de survie de l’écosystème, donc de ses membres, est, peut-être, qu’il devienne de plus en plus divers. Le rôle du membre de l’écosystème serait, même, de chercher à développer cette diversité.

Je ne sais pas à quoi cela est dû. Mais cela semble prendre le contre-pied de la tendance naturelle de la civilisation née de la Révolution industrielle, qui aurait cherché à tout uniformiser. Par exemple, c’est le combat de Taylor. Il voulait amener tout le monde aux « meilleures pratiques », pour des raisons « d’efficacité ». C’est l’idée qui sous-tend les progiciels de gestion modernes (SAP, Oracle…).

L’intérêt récent pour la diversité semble provenir de la crise. L’idéologie dominante ayant été ébranlée, son idéologie opposée a profité du vide pour se faire entendre ?

Compléments :

Maintenance de logiciel

Il semblerait qu’il y ait une possibilité que la maintenance des logiciels d’Oracle et de SAP puisse être prise en charge par d’autres sociétés. « Pour les deux sociétés, la maintenance génère deux fois plus de revenus que le logiciel et la totalité des bénéfices. » (Maintaining fees.)
Oracle et SAP seraient-ils victimes d’un vice de leur stratégie d’écrémage du marché ?