Les bons côtés du Brexit ?

Et si le Brexit avait de bons côtés ? Il pourrait permettre de concevoir un nouveau modèle de coopération entre un pays non membre et l’UE. Pour des pays que l’UE veut conserver à proximité (pour causes commerciales ou afin qu’ils ne basculent pas ailleurs), sans les intégrer (pour cause de divergences de valeurs), comme l’Ukraine et la Turquie.

La chance sourit à l’esprit éclairé ? Le tout est probablement que le Brexit ne tourne pas au règlement de compte…

(Une leçon qui s’applique aussi au divorce ?)

Fantôme d'Hollywood

Le fantôme d’Hollywood est celui d’une actrice qui est s’est jetée d’une de ses lettres. C’était lors de la grande dépression. Elle ne parvenait pas à trouver d’emploi.

Il semble qu’un engagement lui soit arrivé le lendemain de sa mort. C’est un classique. Ainsi on a retrouvé pas mal de gens congelés à proximité d’un village. Comme quoi il ne faut jamais désespérer. Si ça va vraiment très mal, c’est que l’on est proche du but ?

Jean d'Ormesson

J’ai été triste d’apprendre le décès de Jean d’Ormesson, ce matin. J’aimais l’écouter parler. Aujourd’hui, nous sommes tous sinistres et haineux. A commencer par ceux qui nous entretiennent d’empathie, de méditation, ou de développement personnel. Lui était plein d’une délicieuse joie de vivre. Aime et fais ce que tu veux ?

Chronique / Quels sont les objectifs de la conduite du changement ?

Je mets en oeuvre un changement, quel objectif dois-je me donner ? 

Le premier objectif est de construire un dispositif qui permet de s’assurer que l’on va atteindre le but que l’on s’est fixé. Par exemple, que tel nouveau logiciel va bien permettre de faire les gains de productivité que l’on en attendait lorsqu’on l’a acheté. On peut appeler ce dispositif une « boucle de rétroaction ».

Cela semble évident, mais ce n’est jamais fait. Par exemple, les entreprises achètent d’autres entreprises, ou installent des logiciels, sans s’assurer qu’elles vont bien obtenir ce qui justifiait l’investissement. (Les réformes gouvernementales sont laissées au lecteur comme exemple d’application.)

Tout est psychologie
En réalité, l’expérience montre que l’objectif ultime du changement est l’optimisme. Martin Seligman définit l’optimisme comme la capacité à être stimulé par l’aléa. Une organisation optimiste est ultra performante.

Pourquoi rit-on ?

Bergson a toujours défendu sa théorie du rire (billet précédent). A mon avis, il a eu raison au sens où ce qu’il dit est important, mais tort parce que le rire n’est pas que moquerie, visant à corriger les moeurs. Car, d’après ce que j’ai lu, le rire est bon pour la santé. Or, le rire de Bergson est un rien grinçant, comme il le dit lui-même en conclusion : « une certaine dose d’amertume« .
Il me semble que, pareil à toute autre manifestation irrationnelle (pleurer, se mettre en colère…), rire est provoqué par la défaite de la raison. La raison est dépassée, et se rend. Que le rire puisse être bon signifie probablement que suivre la raison, force de l’ordre de la société, demande un effort. Comme le dit Bergson, mais à l’envers, le rire peut résulter d’une évasion d’une réalité bornée, grise et contraignante. La raison régnante c’est l’Union soviétique ou 1984.
Rire peut être plus qu’un délire bienfaisant. Il peut signaler la résolution d’un problème subtile. C’est la victoire de l’intuition sur la raison. Eureka ! Voire la victoire de l’individu sur la société. Sens de Tartuffe ? Molière nous interpelle : regarde comme ta société est minable. Et le jugement royal, coup de théâtre final, fait fi de la raison dévoyée. Il rétablit la hiérarchie des valeurs de sa société. Il libère ses sujets de la médiocrité. Le roi sourit ?
(Je répète que l’indicateur de succès du changement est l’optimisme. Pour Edgar Schein, le rôle de la société est de rendre ses membres heureux : pas béats, mais correctement équipés pour faire face à l’incertain. Le rôle de la société c’est « organiser l’autonomie », pour paraphraser les propos d’Henri Bouquin sur le contrôle de gestion.)

PSG Monaco

Monaco, Manchester City, 3-2 puis, 3-5. Commentaires France Info : pas de chance. PSG perd 6-1. Commentaire France Info : probabilité nulle de remonter un 4-0. France Info parle à tort et à travers. 
Les matchs se font maintenant avec des scores d’années 50. On marque sans arrêt. On a changé la technique pour améliorer le spectacle. Donc, les statistiques ne veulent rien dire : elles ne correspondent pas aux circonstances actuelles. 
Surtout, ce que ceci illustre est le prochain billet. Les équipes françaises ne sont pas des championnes. Elles ne résistent pas à l’adversité. Monaco rate un penalty, son gardien laisse échapper un ballon. Manchester et Barcelone, pour leur part, sortent le grand jeu lorsqu’elles sont dominées. C’est ça l’optimisme. C’est ça être un champion.
(Depuis que j’écoute France Info, le foot est entré dans ma vie !
PS. Monaco m’a fait mentir : et si, après tout, c’était une équipe optimiste ?) 

Comment parler à ses enfants

« On pensait qu’on allait faire un malheur, mais on est tombé sur un os. On nous a fermé la porte, mais on est passé par la fenêtre… » Je travaille avec des entreprises. La communication intérieure qui donne les meilleurs résultats est celle qui parle de revers. C’est paradoxale, et ce n’est pas une habitude française. Cette communication qui montre la débrouillardise face à l’adversité crée des communautés optimistes, que rien n’atteint. 
Le 8 d’aviron dans lequel je ramais dans ma jeunesse était un peu comme cela. On n’arrêtait pas d’avoir des problèmes, mais on n’était jamais à cours d’idées. L’ambiance était excellente. 
Et si l’on appliquait ces principes à la famille ? Que se passe-t-il aujourd’hui ? Les parents disent au gamin, fais-ci, fais-ça. Comme s’il était idiot et eux omniscients. Et si, au contraire, ils lui donnaient le spectacle de leurs démêlés avec l’imprévu ? De comment ils se tirent de l’adversité ? Ne serait-ce pas la meilleure des leçons sur la vie ?

Fournisseur d'espoir

J’entends les intellectuels américains et français se désespérer des réseaux sociaux. Hier, ils y voyaient le ferment du printemps des nations. Des révoltes qui feraient tomber les dictatures. Or ces réseaux ont été instrumentalisés par Trump et l’Etat Islamique. Et si l’intellectuel se trompait ? 
Pourquoi l’argent des fonds de pension remplit-il les fonds d’investissement ? se demandait The Economist. C’est un très mauvais investissement. Réponse : les fonds d’investissement sont les seuls organismes financiers qui promettent des rendements élevés. L’intellectuel est un homme de parole. Alors, il croit que le pouvoir est dans la parole. Il pense gagner par la parole. Et quand ce n’est pas le cas, c’est forcément une question de parole. Et si ce qui portait au pouvoir un homme était, simplement, le besoin d’espoir ? 
M.Obama a écrit « the audacity of hope » : tout un programme ? 
(Et si c’était l’atout de M.Fillon : 35 ans d’effacement lui permettent de paraître comme neuf ?)

L'Amérique n'est pas la France

Nouvelle affaire des emails de Madame Clinton. Patatras. Coup de théâtre. On disait l’élection pliée. Tout est à refaire. Le Français est atterré. Lui qui croît à la vérité. Mais il n’en est pas de même aux USA. 
Probablement, la vérité n’existe pas, là-bas. Ce qui compte, c’est la capacité du champion à faire face à l’aléa. Tout lui est pardonné, viol, crime, parjure…, pour peu qu’il sache affronter l’adversité avec talent. Bill Clinton en a fait la démonstration. Ce qui a été fatal à Nixon, ce n’est pas le Watergate, mais sa gueule de triste sire. Et si le principe de la culture américaine, au sens de Montesquieu, était « l’optimisme », au sens du psychologue ?
Voilà. Dieu a lancé un nouveau défi à nos deux héros. Lequel d’entre-eux, va le mieux en tirer profit ?

Les bienfaits de la société ?

J’ai parlé à une épatante DRH. Elle pensait avoir des tas de problèmes. Je lui ai dit qu’elle faisait ce qu’il fallait pour les résoudre. Elle en a convenu. 
C’est une situation que je rencontre fréquemment. Dirigeant déprimé, par exemple. Mais, il agit bien, la situation est difficile, voilà tout. Il repart regonflé, et même transfiguré. Ce n’est plus le même homme.
Cela m’a toujours semblé étrange. Peut-être est-ce une erreur ? Peut-être a-t-on besoin d’un repère extérieur pour savoir si l’on est loin ou non du but ?