Apprendre c'est changer

Aristote parlait de puissance et d’actes. Nous avons un potentiel, qui nous est propre, de changer, par exemple de devenir un champion auto, nous sommes alors un champion auto « en puissance », mais le changement ne se fera pas obligatoirement. S’il se réalise, il sera « en actes ».

Je crois que l’apprentissage, c’est ce procédé mystérieux de changement. Nous créons des circonstances qui font que nous devons nous transformer. Mais ce procédé est hautement irrationnel, contrairement à ce que croit l’Education nationale. Car, la seule chose que nous sachions est que nous souffrons. Mais, si nous avons assez de force pour taper suffisamment contre les murs, une idée peut surgir. Et nous devenons un autre. Tout ce qui compte dans le changement est l’optimisme : la volonté increvable de se relever des échecs.

Martin Seligman est en France

La radio disait que Martin Seligman était en France. C’est un psychologue dont parle souvent ce blog. C’est le spécialiste de l’optimisme. L’optimisme, c’est être stimulé par l’aléa.

Il a donné deux conseils à France Info. Chaque soir, écrire les trois bonnes nouvelles de la journée. Et chercher si quelqu’un a changé votre vie, écrire ce qu’il a fait, et le rencontrer pour le lui dire.

J’imagine que par « changer », il entend quelqu’un qui vous voulait du bien, et qui vous en a fait. (Car, il y a des gens qui vous veulent du mal, comme Staline, mais qui, par la réaction qu’ils suscitent, font de vous des héros ; et d’autres, de plus en plus nombreux, qui pavent votre enfer de leurs bonnes intentions.)

En aidant un ami à réfléchir à la scolarité d’un de ses enfants, je me suis rendu compte que mon père entrait dans cette catégorie. Malheureusement je ne pourrai pas le lui dire. Mais, qui d’autre ? L’esprit de notre époque est-il favorable au « donneur d’aide » ?

L'humanisme commence par le rire

On en appelle à un « nouvel humanisme ». Comment passer à l’action ?

Rabelais dit : « le rire est le propre de l’homme ». On rit de moins en moins. 68 semble avoir déclenché une contre-révolution puritaine. Or, le rire, c’est la manifestation du bonheur. Rire renforce le système immunitaire. Mais c’est surtout le signal que notre esprit s’égare, selon Bergson : nous confondons l’artificiel et le réel. Course vers le néant.

Optimisme, changement et football

Argentine France. L’équipe de France se réveille au moment où elle prend un second but.

Etre stimulé par le revers est la définition de l’optimisme selon M.Seligman. J’ai observé que c’est le critère de réussite d’un changement. (Ce qui n’a rien d’évident quand on y réfléchit bien.) C’est aussi la caractéristique des champions, selon M.Seligman.

Peut-on en tirer une conclusion sur l’équipe de France ? Sur le changement en France ?

Bravo l'artiste

Pourquoi MM.Giscard d’Estaing, Sarkozy et Hollande ont suscité une haine destructrice, chez leurs anciens supporters, mais pas MM.Mitterrand et Chirac ? Pourtant, il y avait de quoi reprocher à ces deux derniers. Idem pour Mme Clinton, d’un côté, et MM.Clinton et Obama de l’autre ? On pense aussi à Jack Lang, au ministère de la culture, et à DSK, à celui des finances.

Je me demande si cela ne vient pas de ce que nous reconnaissons à certains un talent exceptionnel. Même si ce talent a quelque chose de sulfureux. Je me demande si même leurs pires ennemis ne disent pas « chapeau l’artiste ». Je me demande aussi si ce talent ne va pas au delà de l’exercice brillant d’équilibrisme. Car ces gens savent créer des périodes de prospérité. (Quitte, peut-être, à ce que les générations futures en paient le prix.)

Ces gens nous donnent une leçon de vie et d’optimisme, et c’est tout ce que nous demandons à un président ?

L'amour comme calcul

Un ami avait mis son chien, très vieux et très malade, dans une clinique. Il venait le voir tous les jours. L’animal est mort juste après son passage. Comme s’il l’avait attendu.

La théorie du deuil est basée sur l’observation de personnes en fin de vie. Elles doivent renoncer à leur vie, ou du moins à ce qu’elles avaient fini par imaginer qu’était la vie. C’est le deuil. Et si les gens qui aiment n’avaient pas de deuil à faire ? Car, ils vivent d’espoir. Chaque seconde gagnée, c’est la possibilité d’un événement heureux. L’égoïsme serait-il un mauvais calcul ?

Communication présidentielle

M.Macron serait-il en train de trouver une façon efficace de communiquer ? Il convoque des journalistes qui ne pensent pas comme lui, et ils parlent des sujets du moment, sans politesse excessive.

Il faut du talent pour employer cette méthode. Visiblement, M.Macron a un plaisir certain à affronter le mécontent. Martin Seligman qualifierait cette capacité « d’optimisme » : M.Macron est enchanté par ce qui rendrait la plupart d’entre-nous fous : une opposition frontale. Clémenceau lui ressemblait probablement.

Cela ressemble à un phénomène paradoxal, que j’ai souvent observé. Il suffit qu’un dirigeant discute avec des gens mécontents, en reprenant leurs arguments !, pour faire cesser le mécontentement. Mon hypothèse ? Drame de la solitude. Ce qui crée l’inquiétude d’une société, c’est la conviction que son dirigent n’est pas au courant de ce qui s’y passe (ou qu’il est incompétent). Découvrir que le dirigeant existe et qu’il est ferme dans ses convictions rassure ses collaborateurs. Le mécontentement est un appel au secours.

Optimisme

M.Macron a fait un discours « urbi et orbi », disait la radio hier. Idem à Davos, où les étrangers ont jugé qu’il avait fait un discours « à la Macron ».

Si M.Macron ne change pas, il va lasser.

Mais, justement, je crois que sa caractéristique première, c’est de savoir changer. Il était le meilleur élève de sa ville de province, il a voulu finir ses études secondaires à Henri IV, et ça a commencé par mal se passer. Mais il s’est repris. Puis il a voulu entrer à Normale Sup, et il s’est fait recaler. Mais il est reparti vers Sciences Po, est entré à l’ENA et en est sorti cinquième. On connaît la suite.

La caractéristique des champions est l’optimisme, écrit Martin Seligman. Ils sont stimulés par l’échec.

La mouche

Nos grands esprits sont idiots. C’est le sentiment que j’ai en étudiant leurs travaux. Ils étaient des virtuoses d’une technique, la philosophie, les mathématiques, l’écriture ou autres. Ce qui les rend difficiles à comprendre, donc on les admire. Mais, lorsqu’on en vient à leur vision du monde, elle est indigente, voire ridicule. Comme leur vie.

Les psychologues disent que, pour réussir, l’optimisme est déterminant. C’est la théorie de la mouche. L’homme est comme une mouche contre une vite. Il se tape la tête contre un problème. Il ne peut que le résoudre par hasard. Il faut qu’il ait assez d’inconscience pour s’entêter suffisamment longtemps pour qu’un courant d’air dévie sa course, et lui fasse trouver la sortie. La science a dû nous donner cette inconscience.

Il semble que, même en l’absence de science, nous ayons tous une réserve d’inconscience. Si l’on cherche bien, on trouve au fond de nous des choses en lesquelles nous croyons. Si l’on arrive à les faire émerger, confrontées à la réalité, elles provoquent une réaction qui pousse l’homme en avant. Ce phénomène s’appelle « révolte » chez Camus.

Souhaits

Optimisme. Souhait de bonne année ?

J’ai remarqué, dans l’entreprise, qu’un changement réussi produisait des employés optimistes. Optimisme s’entend au sens du psychologue M. Seligman. L’optimisme est, paradoxalement, stimulé par l’imprévu. (C’est l’opposé du pessimisme, et de la dépression.)

Et si l’humanité réussissait son changement ?