Boom économique : une question de reconnaissance ?

Depuis deux ans, je mène une enquête : la PME française a un potentiel ignoré, comment le développer ? Pourquoi me poser cette question ? Si la PME décollait, les maux de notre société disparaîtraient. 

Mais aucune idée qui ressort de mon étude ne motive le dirigeant. Grande frustration. 

Mais, voilà une surprise. « Vous êtes la première personne qui me dit que je suis important« . Le dirigeant se croit un paria ! « Si j’étais aux USA, je n’aurais pas deux restaurants, mais quinze« . Pas parce que la vie des affaires est plus facile là-bas, mais parce que la société encourage l’entrepreneur à se dépasser. Et si le dirigeant, au lieu d’investir dans le développement de son entreprise, s’offrait de petits luxes, pour lutter contre la déprime ? 

Le dirigeant aurait-il besoin de reconnaissance ? Et si c’était la condition d’un boom économique ?

Autre observation : le dirigeant, comme nous tous, semble rechercher un sens « non financier » à sa vie. 

Devrait-on lui dire qu’il est le médecin de l’économie ? C’est à lui de nous sauver de la crise économique, en poussant à fond son entreprise ? Tant pis s’il s’enrichit au passage ?

Prochaines années : mot d'ordre : optimisme ?

Marre des mauvaises nouvelles ? Eh bien, cela risque d’être notre quotidien. Le pays est fragile, tant qu’il ne se sera pas reconstruit, il est en danger. Et le court terme est inquiétant. D’autant que nous ne sommes pas seuls. Les amibes de nos amis, sont nos amibes…

Bonne attitude ? Optimisme. Au sens premier, optimisme = contraire de dépression. C’est-à-dire, être stimulé par l’adversité.

L’optimisme, ça s’apprend. Relisons Martin Seligman ?

Le secret du bonheur : l'insécurité ?

Je me suis toujours demandé pourquoi les pauvres étaient joyeux, et les riches sinistres.

Colas Breugnon, le livre de Romain Rolland dont parle un précédent billet, a peut-être une réponse à cette question. Quand la vie est imprévisible, quand elle est sujette aux catastrophes, on vit au jour le jour, et on apprend à tirer le meilleur de ce qu’elle a à apporter. Et on traverse les catastrophes avec bonhommie, et fatalisme.

L'esprit de la résistance

J’ai découvert après sa mort que mon père avait été résistant. Un résistant de rien du tout, bien sûr. Il se trouvait que les résistants en chef avaient placé les jeunes résistants, ceux dont la vie ne comptait pas, derrière les Allemands en recul. Et que ceux ci, dans le cas de mon père, ont décidé de se rendre aux résistants, plutôt qu’aux Américains. A quelques kilomètres de là, à Tulle, ces mêmes Allemands ont décidé de massacrer la population. La vie tient parfois à des hasards.

Ce que je comprends maintenant est qu’être résistant n’était pas une question de maquis, mais d’état d’esprit. Mon père était quelqu’un de très calme, de très posé. Je ne l’ai jamais vu se mettre en colère. Il avait d’ailleurs un sens de la répartie étonnant. Je me souviens, par exemple, que mon grand père maternel parlait du gouvernement de l’époque, de sa mauvaise gestion de l’inflation, et de la crise de 29. Mon père lui avait répondu qu’en 29, il fallait des valises et des brouettes de billets pour faire ses courses, et que ce n’était manifestement pas le cas. Mon grand père s’était trouvé sans mots. (Tout cela est loin, et l’histoire est surtout juste par son esprit.)

Et pourtant cet homme posé et calme était un révolté, au sens de Camus. Il avait une réaction épidermique à l’injustice et à la manipulation. Il me semble que c’est cet esprit qu’a eu notre corps médical face à la détresse de la population. Et que c’est cet esprit qu’il faut que nous adoptions.

La barbe !

Cette épidémie me rappelle, une fois de plus, que j’ai toujours tort.

N’ayant plus de savon à barbe, et ne voulant pas repartir faire les courses et la queue, j’ai eu recours au rasoir électrique abandonné il y a près de quarante ans. Il rase très bien. Je ne le pensais pas à l’époque. J’ai compris que c’était parce que je ne savais pas me raser.

Je retrouve là une idée fausse dont j’ai pris conscience il y a quelques années. Lorsque je rencontre  certains problèmes, je me dis que « je n’y arriverai pas ». J’illustre parfaitement les théories du psychologue Martin Seligman. Je me suis rendu compte petit à petit que cela expliquait mon comportement bizarre durant certains examens, mais aussi quelques mauvais réflexes de conduite, heureusement sans conséquence (je ne conduis plus), puis que cette idée fausse s’était infiltrée partout, y compris dans des actes physiologiques qui semblent automatiques. Arriverai-je à m’en débarrasser ?

En tout cas, je crois qu’il y a un enseignement général derrière mon cas particulier : ce que nous prenons pour des lois de la nature vient souvent d’idées qui n’ont pas été suffisamment critiquées.

Vive l'ordre ?

J’ai remarqué que mon humeur allait au gré de l’entretien de mon jardin. Quand il est en désordre, je suis déprimé. Et pourtant, le désordre a des raisons qui, objectivement, devraient m’être favorables : j’économise mon effort, voire l’énergie de la planète.

Ce phénomène ne m’est pas propre. Un ancien militaire me disait que l’on avait remarqué que, pour que le moral des troupes soit bon, il ne fallait pas qu’elles se laissent aller. Voilà pourquoi le soldat se rase, quelle que soit les conditions dans lesquelles il se trouve, y compris à Dien Bien Phu. Un spécialiste du redressement d’entreprise m’a expliqué quelque-chose de similaire. Lorsqu’il arrive dans une entreprise, il fait repeindre les locaux, et applique une démarche de contrôle qualité. Immédiatement, sans raison apparente, la performance de l’entreprise augmente de 20%, d’après lui.

L’optimisme serait-il une question de discipline ?

Passions tristes, le mal de notre temps ?

« Passions tristes« , on entends cela de plus en plus souvent. L’expression viendrait de Spinoza. Elle serait associée à notre époque. La première page de Google donne au moins deux références l’ayant pour titre.

l’explosion de la demande de soins est en fait le symptôme d’un profond malaise culturel, d’une époque submergée par la tristesse, une tristesse qui traverse toutes les couches sociales. (Les passions tristes, Miguel BENASAYAG, Gérard SCHMIT)

Pour Spinoza : « Il y a des passions qui augmentent ma puissance d’agir. Ce sont les passions de joie. Il y a des passions qui diminuent ma puissance d’agir. Ce sont les passions de tristesse. » (Ici.)

Cette expression m’est venue en tête en écoutant France Culture. C’est un repère de gens pétris de bonnes intentions, et pourtant ils me donnent envie de me flinguer.

Mieux vaut avoir tort avec M.Trump que raison avec le GIEC ? Ce sont les intellectuels et leurs passions tristes qui nous jettent dans les bras du « populisme » ?

Optimisme

Discussion des théories sur l’optimisme de Martin Seligman avec un éminent universitaire.

Il m’a dit avoir été quitté par une de ses étudiantes qu’il préparait à l’agrégation au motif que les notes qu’il lui donnait la décourageaient. Ce qu’il ne comprenait pas. Les mauvaises notes étaient le signal inverse pour lui. Elles lui disaient qu’il avait des choses à apprendre.

Et voila un exemple d’optimisme.