Inintelligence collective

Chronique d’une bulle spéculative ?

How OpenAI put itself at the centre of a $1tn network of deals
The company behind ChatGPT has signed agreements with many of the largest tech groups, adding to a growing web of financial dependencies across the AI world

Financial Times du 10 octobre

J’ai vécu plusieurs bulles spéculatives. Ce qui m’étonne toujours, c’est à quel point l’humanité est désarmée face à elles. La société, collectivement, semble incapable de penser.

(Et que dire des guerres ?)

La BBC, sur le même sujet.

La fabrique des bulles

Les journalistes font-ils leur travail ? Ils s’émerveillent de l’IA. Pourquoi ne cherchent-ils pas ce qu’il y a derrière la façade ?

Ils y verraient un tout petit nombre d’entreprises qui se tiennent par la barbichette. Pyramide de Ponzi ?

Openai devrait dépenser 320md$ dans les prochaines années. Le gros de son financement vient de SoftBank, qui n’a, évidemment, pas les épaules assez larges pour cela, et vit d’expédients. Sa capacité de calcul est fournie par Microsoft, qui passe la main à CorWeave, une start-up, qui n’a qu’un client ! Et tout cela représente 6% des revenus de NVIDIA.

La valeur d’Openai, qui n’est pas cotée, est faite par ses investisseurs. Qui ont, bien sûr, tout intérêt à ce qu’elle augmente.

Seulement, Openai risque de rapidement manquer d’investisseurs, mais aussi d’être limité par la disponibilité de capacités de calcul : elle aurait obtenu 16.000 unités de traitement graphique contre 300.000 promises. En outre tout cela repose sur STARGATE, dans lequel serait impliqué Oracle, un programme de construction de datacentres pharaonique. Or,

future data center expansion is based on two partners supporting CoreWeave and Oracle: Crusoe and Core Scientific, neither of which appear to have ever built an AI data center.

Course artificielle

Je lisais l’autre jour que l’intelligence artificielle coûtait peu, car les entreprises qui la produisent sont financées par leurs investisseurs. Mais cela ne pourrait pas durer. Attendons-nous à des hausses de prix.

Ce raisonnement me semble erroné. L’exemple d’Openai : on ne voit pas comment il pourra financer les investissements prévus, et il n’arrive plus à trouver les capacités de calcul dont il a besoin. Microsoft, parce qu’il a obtenu ce qu’il cherchait ? s’en désengage. D’une manière plus générale : « absolutely nobody other than NVIDIA is making any money from generative AI ».

Or, Openai vaut 500md$. En 2024, il en a gagné un peu moins de 4 et perdu 5 ! Il ne prévoit d’être rentable que le jour où son chiffre d’affaires dépassera 125md$.

Depuis la bulle internet et l’innovation de Goldman Sachs, on donne à une entreprise la valeur que promet son business plan. L’investisseur achète un résultat futur. Mais raisonné-je à l’époque de la bulle, si toutes ces prévisions sont justes, alors l’économie mondiale devrait être multipliée par 100 ou plus.

Ce qui pourrait arriver cette fois (voir l’article cité plus haut) est que les investisseurs ne puissent plus financer les pertes de leur champion. Une hausse des prix ne pourra les remplacer.

Serait-il prudent de ne pas devenir trop dépendant de l’IA ?