France malaimée

Il y a quelque-chose de curieux dans les attentats français, c’est qu’ils sont commis par des personnes qui devraient être reconnaissantes au pays de les avoir accueillies. Au temps de « l’affiche rouge », les étrangers venaient se faire tuer pour les idéaux de notre pays. Maintenant, cela semble le contraire.

Tout paraît marcher à l’envers, d’ailleurs. L’école est attaquée, par exemple, alors qu’elle était le principal mécanisme d’intégration de la nation. Et qu’elle a longtemps était un objet de fierté. Autre exemple. Dans le cas du dernier crime, c’est grâce à des ONG, si j’en crois wikipedia, que celui qui est devenu un tueur n’a pas été expulsé de notre territoire. Or, ce même tueur s’en prend visiblement aux valeurs de ces mêmes ONG.

Enseignement ? On peut se demander si le changement qu’a subi notre pays n’a pas été fait au nom de ce qui n’allait pas. Ainsi, il est possible que l’école ait eu des aspects désagréables. Seulement, en éliminant le mauvais, on a oublié de se demander s’il l’on ne se privait pas aussi du bon. N’aurait-il pas été mieux de chercher à améliorer plutôt qu’à détruire ?

Qatargate

Cette fin d’année aura été celle du Qatargate. Le Qatar aurait corrompu des parlementaires européens.

Ce blog s’intéresse au changement, et, ce cas semble significatif d’une sorte de loi de la nature. A savoir que l’infection attaque le système immunitaire. Ici, les corrompus étaient au dessus de tous soupçons. C’était, d’une part, des parlementaires, et d’autre part des politiciens de gauche.

Résumé en deux mots : au coeur du scandal est l’ONG « Fight Impunity » ?

Rien d’étonnant en ce qui concerne le Qatar : on lui reprochait son traitement des droits de l’homme, il avait besoin que les champions de ces droits changent de discours.

Mais pour les parlementaires ? Ils étaient tellement surs d’être les combattants du bien qu’ils refusaient tout contrôle de leur institution. Probablement par ce qu’il n’aurait pu être que le fait des forces du mal. Ainsi, ils tentaient le diable. (Si je comprends bien, c’est la justice belge qui a découvert la forfaiture.)

Doit-on, surtout, soupçonner un « effet Tartuffe ». Ou une « innovation » au sens du sociologue Robert Merton : notre société nous encourage tellement à avoir certaines opinions que nous les tenons même quand notre nature s’y oppose ?

ONG France ?

Qui est M.Macron ? Une question que se pose régulièrement ce blog. 

Dernière hypothèse : French tech. M.Macron appartiendrait-il à ce courant qui pense que le passé est obsolète, et qu’un monde nouveau s’ouvre à nous, par génération spontanée ? (Un précédent billet.) 

Comme Platon, il est sorti de la caverne où nous sommes enchaînés, et il a vu la lumière ? C’était chez Rothschild. Mais, âme désintéressée, il est revenu nous révéler la bonne nouvelle. M.Macron, comme M.Obama, activiste d’ONG ? 

ONG et gouvernements

Il y aurait 5 grandes ONG qui seraient aux prises avec des scandales. France Culture disait cela ce matin. Il semblerait aussi que les ONG anglo-saxonnes soient fortement financées par leur Etat d’origine (contrairement à MSF, par exemple).

Cela n’apporterait-il pas des munitions à M.Poutine, qui les voit comme des agents de propagande de l’ennemi ?

Pouvoir des ONG

La BBC cherche les causes du scandale qui secoue OXFAM. « Pouvoir ». Du fait de ses moyens, cette ONG (et beaucoup d’autres) a un pouvoir immense sur les populations qu’elle secourt. Et le pouvoir absolu corrompt absolument.

J’entends beaucoup ce mot, « pouvoir », ces derniers temps. Le principe de l’ONG : volonté de puissance ? Serait-ce pour cela qu’elle voit partout un excès de pouvoir ? 

Pouvoir des ONG

Le scandale qui affecte les ONG serait un abus de pouvoir, disait France Culture. Ce qui rejoint ce à quoi on attribue les causes des maltraitances faites au femmes (et l’analyse d’un de mes derniers billets, qui mettait en parallèle ces deux phénomènes).

C’est peut-être une conséquence imprévue de la conscience de faire le bien. Celui qui fait le bien se pense supérieur à celui qu’il aide ? Pour bien aider, il faut se sentir égal ? Comme l’entraineur face au champion ? Ou comme la petite soeur des pauvres ?

(Ce serait donc la « culture », au sens anthropologique, des ONG qui serait à revoir.)

ONG

Scandale « exploitation sexuelle » chez OXFAM. La récente « libération de la parole » féminine a attaqué beaucoup de champions de causes « socialement avancées ». Même phénomène ? Hypocrisie à la Tartuffe ? Les bons sentiments cachent quelque turpitude coupable ?

Je me souviens d’un ami, qui avait parcouru le monde en routard pendant près de deux ans. Il en était revenu révolté contre les ONG. (En particulier contre leurs 4×4 de luxe.) Pour lui, elles se comportaient en colonisateurs, plein de mépris pour les populations locales.

Peut-être qu’elles font plus de bien que de mal ? En tout cas, être porteur du bien ne doit pas encourager au respect de l’autre.

Lobby

L’autre jour, le gouvernement annonce qu’il va maintenir l’état d’urgence. Les informations de la radio disent qu’un nombre étonnant d’ONG s’élèvent contre cette mesure. La violence de l’indignation m’a surpris. Que pensent les Français ? me suis-je demandé. 
Nous sommes à une époque de lobbys. Il y a les lobbys qui défendent les intérêts des entreprises, mais aussi les lobbys qui portent des sujets de société. Quel est le résultat de l’affrontement de ces lobbys ? 
Peut-être l’individualisme. C’est ce qu’ils ont en commun. Or, paradoxalement, leur force vient de leur puissance sociale. C’est parce que les dirigeants de l’entreprise disposent de l’argent collectif qu’ils peuvent l’utiliser pour défendre leurs intérêts. Idem pour l’ONG, qui joue sur des mécanismes sociaux, par exemple sa proximité avec les gouvernants, pour faire réussir ses combats. Pas sur une légitimité qui lui viendrait de la société.
Peut-être que M.Cameron avait vu juste lorsqu’il parlait de « big society ». La société doit se réapproprier sa propre puissance ?

Petit traité de manipulation : le framing

Le « framing » est un procédé qui consiste à formuler (frame) une question en sous-entendant sa réponse. Par exemple ? 80% de nos produits n’intéressent pas le marché, ce qui sous-entend que l’opinion du marché est importante. Ou, quel taux de croissance peut faire baisser le chômage ? Ce qui sous-entend que chômage et croissance sont liés.

L’interlocuteur est obligé d’entrer dans la logique implicite de la question, sous peine de paraître idiot.
The Economist, ma lecture favorite, est un champion du framing. Dès qu’il y a un problème mondial, il sous entend que sa solution est économique.Ce qui n’a pourtant rien d’évident. Tout d’abord, les périodes de plein emploi et de prospérité n’ont pas été des périodes où l’économie régnait en maître, mais au contraire des temps de réglementation. À l’envers, dans les périodes de grande déréglementation l’humanité à eu recours à la charité (RSA, ONG…) pour nourrir son prochain. Ensuite, cette hypothèse conduit à asservir l’homme à l’économie, une chose. Il n’y a pas besoin de s’appeler Karl Marx pour penser que c’est inacceptable.
La technique du framing s’est déployée récemment à échelle industrielle. Nos partis politiques ont ainsi rebaptisé ce qui servait leurs intérêts de noms qui sous-entendaient l’approbation de la morale collective. La gauche est « de progrès », par exemple. Pour la droite, les riches sont les « créateurs de richesse », ou « travaillent dur », le loisir (du pauvre) est de « la paresse ». Aux USA elle est « pro life », favorable à la vie (i.e. anti IVG et contraceptif).
Compléments :

État et libéralisme

Le libéralisme veut qu’il n’y ait rien en dehors de l’individu et que ce qu’il gagne lui soit propre. Dans un tel système, il n’y a pas d’inégalité. Mais il y a quand même une forme d’entraide qui passe par la charité, acte volontaire de l’individu.
Curieusement ce modèle n’élimine pas non plus l’État, puisqu’il semble qu’il y ait besoin de maintenir l’ordre, mais il est subventionné lui aussi par la charité.
Compléments :
  • Subrepticement cette vision du monde a pénétré nos vies : les ONG s’occupent des déshérités et nous indiquent les maladies que notre argent doit aider à soigner, l’économie sociale remplace l’État. (Le projet de Big Society de David Cameron.)
  • Si je comprends bien le modèle de Mancur Olson, une société dans laquelle les riches subventionneraient l’État-bien commun serait une mauvaise affaire pour eux. En effet, l’allocation optimale leur permet de s’offrir une quantité de bien commun moindre que si toute la communauté y avait contribué (par exemple une milice), et, en plus, le reste de la population peut en profiter gratuitement.