The Economist s’intéresse aux banques d’investissement. Les belles années de la profession semblent derrière elle. Quelques banques américaines sont sorties victorieuses de la crise. (Ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour le contribuable américain qui devra sauver ces monstres de la faillite.) Comme d’habitude, les européennes ont pris un bouillon. (Y aurait-il quelque-chose que l’Europe n’a pas compris dans les règles du jeu de l’économie mondiale ?) En particulier les banques françaises semblent sous-valorisées. Toujours est-il que les class actions gagnent l’Europe.
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Régionalisation et globalisation
L’économie mondiale est en plein bouleversement. Rien ne va plus.
- Les échanges commerciaux sont devenus extrêmement complexes, en fait, ils ont été dématérialisés. Les technologies de l’information, les chaînes d’approvisionnement, la finance mélangent tout et défient les règles qui réglementaient jusque là les échanges de bien physiques. L’OMC serait défaite et le monde s’organiserait en blocs régionaux négociant dans la logique du rapport de force.
- De surcroît, il y a mélange entre nationalisme et globalisation. Les élites occidentales et les entreprises qu’elles dirigent se veulent apatrides, mais ce sont leurs nations d’origine qui financent leurs faillites. Surtout, les pays émergents sont farouchement nationalistes, et leurs entreprises obéissent à des stratégies politiques.
OMC et Responsabilité de la Presse
30 et 31 juillet. Je vois passer deux articles d’Eric Izraelewicz, directeur de la rédaction de La Tribune. Très alarmistes. Le jugement dernier est au coin de la rue. 1) Contrairement aux dires du gouvernement, la France n’échappera pas à la récession, car les économies mondiales sont interdépendantes ; 2) l’échec des négociations de l’OMC annonce la victoire du protectionnisme, qui en d’autres temps a déclenché la crise d’avant guerre (et la guerre).
J’ai dit ailleurs que ce qui cause une crise, c’est l’aléa moral (Crises et risque), le fait que les rats quittent le navire. La Tribune donnerait-elle le signal du départ ?
Et les gouvernements internationaux donnent-ils le sentiment qu’ils vont lui emboîter le pas ? Qui se préoccupait des négociations de l’OMC jusque-là ? Qui en connaissait, même, l’existence ? Et si cet échec était sain ? On sait depuis longtemps que le commerce ne profite à une nation qu’une fois que son industrie est suffisamment solide pour résister à la concurrence. Sinon, elle est rapidement balayée. Que reste-t-il alors du pays ? Toutes les grandes nations commerçantes ne le sont devenues qu’après une phase protectionniste (qu’Adam Smith appelait « mercantiliste« ). L’échec de l’OMC pourrait venir de là. Il est donc probable qu’il n’est pas définitif. D’ailleurs, pouvions-nous prendre le risque qu’un mauvais accord accule à la crise certaines nations ? Qu’avons nous gagné des réformes expéditives de ces dernières décennies (Consensus de Washington) ?
Quant à la Presse, si elle a la liberté de dire ce qu’elle veut, elle a aussi la responsabilité de ne pas déclencher une crise. Ne ferait-elle pas bien de nous fournir, outre son opinion, les éléments qui nous permettent de nous faire la nôtre ?
Références :
- Le blog de The Economist développe des arguments en faveur du mercantilisme et de l’OMC : http://www.economist.com/blogs/freeexchange/2008/07/not_a_complete_failure.cfm
- Un des premiers théoriciens du protectionnisme : LIST, Friedrich, Système national d’économie politique, Gallimard, 1998.
- Adam Smith : GROSSACK, Irvin M., Adam Smith : His Times and Work, Business Horizons, Août 1976.