Clémenceau disait que les droits de l’homme étaient l’apport de la France à l’humanité.
Dans un certain sens c’est une réussite sans précédent. A y bien réfléchir, on ne parle que de ça : la lutte, mondiale, qui se joue est celle des droits de l’homme. D’un côté « l’Occident » de l’autre « le reste global », selon la terminologie à la mode.
Ayant compris la faiblesse de l’Occident, le « reste » joue sur cette corde : je peux vous frapper, mais vous n’allez pas tuer mes femmes et mes enfants, qui ne comptent pas pour moi. (Comme c’était le cas, hier, pour vous.)
Au fond, il est mauvais perdant. Il a essayé d’être occidental, mais il n’y est pas parvenu. Car les « droits de l’homme » sont aussi un jeu qui fait de perdants, et qui, si l’on interprète les travaux de Thomas Picketty, a les même effets que le capitalisme des origines.
Et effectivement, qui se fait exécuter aux USA ? Les pauvres. La justice n’est pas juste ? Où en est le rêve égalitariste de la 3ème république, avec sa laïcité, son ascenseur scolaire, son aménagement du territoire… ? à terre. Et quel est notre quotidien ? Réécriture de l’histoire, et les techniques d’influence. Discours un rien schizophrénique d’ailleurs, qui défend les communautés religieuses mais renie les religions… Tout cela produit un sentiment désagréable. Sans qu’il ait compris ce qui lui arrivait, le peuple se retrouve gros Jean comme devant. D’où un mécontentement irrationnel, la recherche d’un bouc émissaire et, partout en Occident, l’émergence de partis dits « populistes » ?
Encore un effort ? Les droits de l’homme seront effectifs le jour où l’homme ne sera plus un loup pour l’homme ? Bonne idée, M.Clémenceau, mais il reste encore à en trouver le mode d’emploi ?