Trump suite

M.Trump annonçait, l’autre jour, assurer la domination des USA sur l’intelligence artificielle.

Depuis 40 ans que je m’intéresse au sujet, je ne le trouve pas très sérieux. Mais, pas sérieux n’est pas américain. L’entrepreneur américain est un bateleur. Ce n’est pas un esprit scientifique. Le seul arbitre de sa vie est le succès. La fin justifie les moyens. Et, s’il réussit, c’est que Dieu est de son côté.

La logique de Trump est celle du mauvais coup. C’est de bonne guerre.

Chez lui, aux USA, c’est aussi une guerre. Mais une mauvaise guerre. Contre les universités, d’abord, et maintenant contre M.Obama. Règlement de compte ? Les démocrates ont déclenché la justice contre lui, et ont fait de sa vie un enfer, maintenant il veut les faire payer ?

Bienvenue au FarWest ?

Crimée, notre Munich ?

Je n’y avais pas pensé à l’époque. La Crimée fut-elle notre Munich ?

Il est probable que celui qui aurait prêté l’oreille aux discours de M.Poutine aurait compris ses intentions, et qu’en lui donnant le doigt, il prendrait le bras. J’ai toujours tort, une fois de plus.

Mais, dans ces conditions, M.Obama encore plus que moi, car c’était lui qui aurait pu changer le cours de l’histoire.

Enseignement : de l’utilité d’être « in quiet », et de prêter attention à l’autre ? Pour vivre heureux, ne vivons pas caché ?

(Une idée qui me vient de la BBC : How might the next US president affect the war in Ukraine, The inquiry, 24 octobre.)

La vérité et la loi

Il y a quelques temps, M.Trump a été condamné dans une affaire impliquant une vedette du cinéma porno. Ensuite, on apprenait que, du fait d’une décision de la Cour suprême, certaines preuves qui avaient servi à l’inculper n’étaient peut-être plus utilisables. Par conséquent, sa condamnation pourrait être annulée.

Etonnant combat de géants. C’est parce que M.Trump a nommé des juges suprêmes qui lui sont favorables que le jugement a changé. Pour autant, en cela il n’a fait qu’appliquer les règles du jeu de la politique américaine : M.Obama avait, lui aussi, voulu modifier la composition de la Cour suprême, mais n’y était pas parvenu. (Ce qui est surprenant lorsque l’on y réfléchit un rien : M.Obama n’est-il pas un phénix d’intelligence, et M.Trump de bêtise ?)

Mais surtout, cela pose la question de la vérité. L’affaire Trump, comme beaucoup d’autres, montre que la vérité n’est pas une valeur absolue pour notre société – contrairement à ce qu’affirmait le Socrate de Platon. Un témoin peut vous avoir vu assassiner votre conjoint, mais s’il n’avait pas le droit d’être là, on ne pourra que conclure au suicide…

Donc ? La loi ne s’impose pas naturellement à l’homme, par son évidence. Elle le fait tant qu’elle semble « juste », c’est-à-dire pas trop loin de la vérité. Si l’on veut éviter la révolution, il faut réfléchir, avant de les décréter, aux conséquences des lois, mais aussi peut-être armer les chercheurs de vérité pour qu’ils puissent éviter sans trop de difficultés les obstacles qui s’opposent à leur travail ?

McChrystal

Lorsque je relis mes notes, je vois que, du temps du général McChrystal, on pensait que l’Afghanistan pourrait devenir un pays civilisé. Il a été licencié par B.Obama. 

On peut se demander si le retrait d’Afghanistan, honteux, n’a pas convaincu le monde du ridicule de l’Ouest, avec toutes les conséquences que cela peut signifier, en Ukraine, demain à Taiwan ?, et ailleurs.

L’Afghanistan aurait-il pu être un succès ? 

En y réfléchissant, il me semble que l’on ne peut pas laisser crever des gens quand on peut les sauver. Et qu’il aurait fallu essayer de le faire « quoi qu’il en eût coûté ». Ce n’était pas parce que, jusque-là, l’intervention américaine avait été un échec qu’il ne fallait pas persévérer.

(On disait d’Obama que de « cool », il était devenu « cold ». Le mal des bien-pensants ?)

ONG France ?

Qui est M.Macron ? Une question que se pose régulièrement ce blog. 

Dernière hypothèse : French tech. M.Macron appartiendrait-il à ce courant qui pense que le passé est obsolète, et qu’un monde nouveau s’ouvre à nous, par génération spontanée ? (Un précédent billet.) 

Comme Platon, il est sorti de la caverne où nous sommes enchaînés, et il a vu la lumière ? C’était chez Rothschild. Mais, âme désintéressée, il est revenu nous révéler la bonne nouvelle. M.Macron, comme M.Obama, activiste d’ONG ? 

Les vertus de la liberté

Joe Biden se révèle. Il renverse un demi siècle de politique américaine, et fait passer pour un benêt le si génial B. Obama et son QI hors norme. 

C’est étonnant quand on y songe. Pendant 8 ans, lorsqu’il était vice président, il a joué un rôle de potiche.

Drame de l’organisation hiérarchique ? Elle fait de nous un rouage, elle se prive de notre talent ? Et si, entre l’anarchisme et la bureaucratie, il y avait un juste milieu optimal ?

Obama l'innocent ?

B.Obama écrit ses mémoires. Je retiens d’un compte-rendu que son passé « d’humanitaire » lui colle à la peau. Mu par des utopies, il a cru qu’il suffisait d’ordonner pour changer le monde.  

découverte de l’homme Obama, un idéaliste, un social-démocrate, un politique talentueux (…) le livre est parsemé de développements justifiant son action pour l’élimination de l’arme nucléaire, son rejet du capitalisme financiarisé et sa conviction que les Etats-Unis peuvent être la nouvelle terre promise, celle de l’abolition des différences sociales et raciales, (…) un homme obsédé par la nécessaire sanction des « fat cats » de Wall Street et la redistribution au profit des pauvres et des chômeurs, convaincu des bienfaits d’une protection sociale universelle, appliqué à une relance keynésienne par l’investissement et pas seulement à la réparation des dégâts de la crise, obsédé par le New Deal et vouant un véritable culte à Teddy Kennedy le réformateur social. (Article.)

Les gens qu’il n’aimait pas ont résisté à ses réformes. Surprenant ?

Il incrimine la montée du populisme. Ce qui fait penser à ce que l’intellectuel dit du nazisme : un mal absolu. Sans s’interroger sur la crise et la misère qui l’ont précédé, et sur l’indifférence, l’aveuglement, ou le cynisme, des partis politiques fréquentables. 

Et si le populiste était une mauvaise solution à un bon problème ? Serait-ce ce qu’ont pensé les gouvernants d’après guerre, et peut-être M.Biden ? M.Obama de « cool » est devenu « cold », a dit la presse américaine. Méfions nous de la raison pure, M.Obama ? Un enseignement pour votre prochain livre ?

Obamacare

Qui se souvient de l’Obamacare ? Un système d’assurance santé universelle. Quasiment, la seule réforme de M.Obama. Son action a été paralysée, ensuite, par une mauvaise foi, qui frise le génie, des Républicains et sa propre intransigeance. 

Cette réforme a provoqué une violente indignation. Mais, lorsque M.Trump a voulu la démanteler, il ne l’a pas pu : beaucoup trop de gens y tenaient. 

Mais pourquoi M.Obama a-t-il usé sa crédibilité pour une réforme qui n’était pas demandée ?

« Obamacare », n’est peut être pas Obama + Healthcare. « Care » est la doctrine d’extrême gauche de la compassion. Elle s’oppose au « développement personnel » du « self made man », valeur constitutive de l’Amérique. Accepter le « Care » c’est renoncer au rêve. Obamacare équivalent des 35h de Mme Aubry, ou passage de « l’union libre » au « mariage pour tous » ? 

Comme on le dit parfois aux USA, M.Trump a-t-il été le fils de M.Obama ? Obama-idéologue a produit une réaction de même nature ? Obama-hybris, Trump-némésis, Biden, catharsis ?

Sympa Obama ?

Un temps, B. Obama président a changé de « cool » à « cold ». J’en avais déduit que c’était une intelligence (exceptionnelle) froide. Un tueur. Et je pensais qu’il aurait mis en pièces M.Trump.

Mais je lui vois une mine piteuse. Ai-je tort ? Je crois qu’il se sent responsable de son héritage. Ce qui le rend sympathique.

(Quant à sa femme, c’est le contraire qui semble lui être arrivé. De Mme Smith au Sénat, elle est devenue une vedette de l’aristocratie démocrate.)

Kamala Harris : un autre Obama ?

Avec Mme Harris, M.Biden reconstitue la couple qu’il a formé avec M.Obama ? On ne change pas une équipe qui gagne ?

Si j’en crois wikipedia et la presse américaine, en comparaison à la clique des prétendants démocrates à la présidence, elle semble modérée. Ensuite, c’est une drôle de noire. Comme M.Obama, elle n’a pas d’esclaves américains parmi ses ancêtres. Elle est la fille de professeurs d’universités les plus prestigieuses. L’un jamaïcain et apparemment descendant en ligne droite d’un propriétaire d’esclaves, l’autre indien. Elle semble, aussi, avoir fait un parcours à la Obama : juriste d’élite (sommet de l’intellect aux USA), fonctions prestigieuses, sénatrice. Bref, elle fait partie de l’aristocratie démocrate. Elle serait même appréciée par M.Trump, qui aurait financé deux de ses campagnes. (Et qui l’aurait qualifiée de « méchante », ce qui est un compliment, chez lui.)
Malin ? C’est une couleuvre a avaler, pour beaucoup. Sans être une vraie noire, elle est susceptible d’attirer le vote des noirs (apport qui peut être important, mais, comme d’autres pauvres, le noir vote peu) ; sans être LGBTQ et impeccablement politiquement correcte, l’extrême gauche blanche ne peut pas s’opposer ouvertement à une femme noire ; sans être blanche, il est possible que sa modération ne renvoie pas le petit blanc déçu par M.Trump vers ce dernier ou l’abstention. Phénomène Obama ?