Le numérique ou l'exploitation de l'homme par l'homme ?

Un gourou du MIT disait que le « hacking » (piratage) était le principe de l’entreprise numérique. Plus exactement, elle nous fait prendre des vessies pour des lanternes. Hervé Kabla en donne un exemple. Une application vieillit vos photos. Amusant ? A l’heure de la reconnaissance faciale, votre visage est la clé de votre compte en banque… Surtout, cette information est celle dont a besoin un réseau neuronal (et dont dispose Facebook) pour apprendre à vous pister.

L’industrie du numérique exploite la division des tâches, le propre du capitalisme et ce qui fait qu’elle en sait plus que nous, pour nous mener en bateau. Ne serait-il pas temps de s’interroger sur la moralité de ses entrepreneurs, et sur leur apport à la société ?

Crise en Chine ?

Les investisseurs se détournent de l’industrie numérique chinoise, jugée malsaine, disait le Financial Times.

Un signal de plus que la bulle numérique, en particulier celle de l’Intelligence artificielle, pourrait éclater. Qu’est-ce qui va lui succéder ? En tout cas, pour la Chine, cela pourrait être inquiétant : son avenir semblait en dépendre beaucoup, ainsi que ses millions de diplômés qui croyaient y trouver un emploi…

Quantum supremacy !

Quantum supremacy ? C’est le moment où un ordinateur quantique fera ce que ne sait pas faire un ordinateur normal. Mais l’ordinateur normal continuera à faire ce que l’autre ne saura pas faire. Et, au moins au début, l’ordinateur quantique fera des choses difficiles, mais inutiles. Avant de parvenir à des applications utiles il faudra résoudre une quantité de casse-têtes techniques, sur lesquels on sèche. (Lien vers plus de détails.)

Quantum supremacy ? S’il y a eu un changement ces dernières décennies, il est chez les ingénieurs. Ce ne sont plus des scientifiques, mais des publicitaires, arrogants de surcroît.

(Cela fait au moins deux ans que Google annonce qu’il va y parvenir « avant la fin de l’année ». Google : des gens sérieux ?)

Flop et MOOCs

MOOCs ? On n’en parle plus. Les rêves ont été défaits par la réalité.

Encore une mode qui a fait long feu. Marketing adroit, puis prospectivistes qui se nourrissent de nouveauté, puis, personne ne veut être en retard, moutons de Panurge, en particulier écoles d’élite. C’est à celui qui s’affirme le plus bruyamment le champion de la nouveauté. Est-ce comme cela que ça se passe ?

Combien cela coûte-t-il aux start up nations crédules ?

Uber ou la fin d'une époque ?

L’entrée en bourse d’Uber a été décevante. Le Financial Times se demande combien de temps encore le marché permettra à Uber d’être déficitaire. Et si on était à la fin d’une époque ?

Uber n’est pas qu’une entreprise, c’est un humanisme. L’idée a émergé, un peu partout, que la société idéale était une société d’individus, c’est à dire une société « atomisée », sans liens sociaux (donc pas une société au sens des sciences humaines). Le 68 français n’a pas été la seule expression de cette aspiration. D’autres ont pensé que le marché était le moyen de réaliser leurs désirs. Le marché était la force qui permettait à cette société d’individus d’exister. Pas besoin d’Etat et de services publics, qui volent l’entrepreneur pour nourrir le paresseux.

Uber était cette vision faite entreprise. En remplaçant le salariat par l’entrepreneuriat, il faisait exploser le tissu social. Mais, en se dispensant de prélèvements sociaux, peut être aussi en profitant d’un excès d’offre de taxis par rapport à la demande, il devait gagner beaucoup. Et, un jour, il serait en position de monopole. Il pourrait prélever une rente colossale. C’était un pari. Mais il arrivait au bon moment. Il y a énormément d’argent qui cherche des rendements énormes. Uber a été le modèle d’une nouvelle génération d’entreprises. Ce que les Allemands appellent « capitalisme de plates-formes ». Et il a même séduit la gauche, du moins son élite. C’était une autre façon de faire 68 ? D’autant que cette société nouvelle reconnaissait les talents des intellectuels, et les payait très cher. Divine surprise.

L’utopie d’une société atomisée aurait-elle été rattrapée par la réalité ?

Les tweets du canard

Le canard enchaîné a un compte twitter. Surprise. Car le Canard refuse la transformation numérique. Et il s’en porte extrêmement bien.

Serait-il particulièrement intelligent ? En effet, ses tweets m’ont rappelé ce que me disait une spécialiste des relations presse sur le bon usage d’Internet. Il faut être rare, ne pas saturer la capacité d’intérêt du lecteur. Les tweets doivent porter uniquement sur ce qui a trait à sa « mission », et apporter une information unique (puisqu’elle vient d’un traitement de l’information à la lumière de son analyse, unique par nature). C’est exactement ce que fait Le Canard, qui annonce, en quelques mots, la révélation que contiendra son prochain numéro.

Géant du numérique français

Un groupement d’anciens de grandes écoles se demande comment créer un géant du numérique français. Décidément, la politique industrielle a le vent en poupe.

Et si l’on faisait comme les Chinois ? Ils ont fermé leurs frontières et ils ont copié ce qui se faisait aux USA. Le tour était joué.

Mon premier employeur, Dassault Systèmes, est un des rares succès français du numérique. Comme le dit son créateur, les derniers à acheter son logiciel ont été les Français. Il doit sa réussite commerciale à IBM, qui le distribuait, et qui est allé chercher les premiers clients, chez eux : aux USA et en Allemagne.

Je ne crois pas au numérique. C’est un miroir aux alouettes. Je soupçonne que les grandes innovations sont derrière nous, et qu’elles n’ont rien de magnifique. Tout le reste, cela n’a pas cessé depuis la bulle Internet, n’est que bulle spéculative après bulle spéculative. En revanche la France a un tissu économique riche qui ne demande qu’à être développé. Et si on arrêtait de copier ce qui se fait ailleurs, et on commençait à avoir un peu d’originalité, pour une fois ?

La transformation numérique des Misérables

Mais c’est du vol ! L’intelligence artificielle, c’est du vent ! s’exclamait, en substance, le producteur de La suite dans les idées de France Culture (émission du 5 janvier artificielle Intelligence Artificielle).

L’IA, ce sont ces recommandations stupides que font Amazon ou d’autres sites marchands ? Mais pourquoi fait-on tant de battage alors que c’est foireux ? Et, le comble du ridicule, c’est le « machine learning » ! Ce sont des milliers d’exploités qui doivent nourrir la machine d’informations. Sortez le clown !

L’IA ou les Misérables ? Fantine vendait son corps, ses cheveux, ses dents… Maintenant, nous vendons notre intelligence. Une fois qu’elle sera dans la machine, nous n’aurons plus de place. La lutte finale de l’exploitation de l’homme par l’homme ?

Homosexualité numérique

Israël commençait à être mal vue de ses alliés traditionnels, du fait des traitements qu’elle inflige aux Palestiniens. Alors, elle a fait une campagne de relation publique. Pour cela elle a utilisé ses start up. Car les start up apportent avec elles l’esprit du libéralisme que l’Occident apprécie. Rien de tel qu’une Gay Pride pour faire aimer une nation. Voilà ce que disait, samedi, un journaliste spécialiste du sujet à France Culture. Du moins si je l’ai bien compris.

J’ai rapproché cela de ce qui se passe en Arabie Saoudite. On pense aussi, là-bas, que la libéralisation des moeurs est indissociable du succès de l’économie numérique. Va-t-on bientôt faire la promotion de l’homosexualité ?

Apple : début de la fin ?

La valorisation d’Apple atteint 1000 milliards de dollars. Tout cela parce que la société a augmenté énormément ses bénéfices, grâce à une énorme augmentation du prix de l’un de ses produits, l’iPhone,  qui est en passe de devenir son seul produit. Est-ce une situation saine ? Le marché est-il omniscient, comme le disaient mes professeurs de l’INSEAD ?

J’ai connu le temps où IBM était la plus grande et la plus admirée société mondiale. Pour augmenter ses bénéfices, un de ses dirigeants a décidé de mettre un terme à la politique de location de ses matériels. L’entreprise a d’abord gagné beaucoup d’argent, puis elle a connu la faillite.