Le langage : piège à philosophe ?

J’entendais Bernard Stiegler dire que la philosophie requiert l’effort de comprendre les concepts qu’avait inventés le philosophe.

Il en est de même des mathématiques, ou de n’importe quelle science. Seulement, ce vocabulaire n’est-il pas un piège. ?L’effort pour l’acquérir épuise les forces de l’individu, qui n’a plus les ressources intellectuelles pour regarder la discipline de l’extérieur et se demander si elle n’a pas quelque erreur constitutive. Et si elle était fondée sur une hypothèse première qui contraint ses conclusions ?

Par exemple, les statistiques sont basées sur la notion de « variable aléatoire ». Or, il n’y a pas de variable aléatoire dans la nature. Il y a des choses qui y ressemblent (les dés), mais d’autres qui en sont éloignées. Si l’on voit partout des variables aléatoires, c’est parce que, sans cela, nos mathématiques seraient impuissantes. Et, de temps en temps, cela nous retombe sur le nez, comme en font l’expérience les financiers et leurs algorithmes, qu’ils ne comprennent pas.

Curieusement, il est possible qu’il y ait là une des idées centrales de la pensée de Bernard Stiegler : nous sommes dépassés par notre création. Et jamais nous ne l’avons été autant que depuis que nous sommes dominés par la Silicon Valley. Le numérique ce n’est, même pas, le degré zéro de l’intelligence.

Microsoft : le retour

L’ultra ringard Microsoft devait être « disrupté » par les licornes du « digital ».

Au moment où les dites licornes boivent un bouillon, qui refait surface ? Microsoft.

La force de Microsoft : l’humilité ?

(Contrairement à Steve Jobs et à l’immense majorité des dirigeants, Bill Gates aurait-il réussi sa succession ?)

Le moteur qui ne cherche pas

Les moteurs de recherche ne trouvent plus. J’ai l’impression qu’ils nous disent, comme Georges Marchais : « vous avez vos questions, j’ai mes réponses ».

On a cru qu’Internet verrait le triomphe de la « sagesse des foules ». Ce qui est arrivé est plutôt « la loi du marché ». Le marché, c’est le rapport de forces. Le bon est menaçant. En conséquence, il est étouffé par celui qui a la force.

Créer un « moteur qui trouve » demande de s’interroger sur comment l’homme cherche.

  • On peut penser que chacun a sa manière. En conséquence de quoi, il serait bien qu’un moteur de recherche possède un moyen de modifier ses critères en fonction de notre satisfaction. 
  • Il est aussi vraisemblable que nous sommes des « suiveurs ». Pour chaque sujet, nous commençons par rechercher une référence fiable, qui puisse nous guider. C’est souvent le rôle de wikipedia. Malheureusement, ses articles sont mal écrits, peu fiables (pas mal de choses varient d’une langue à une autre), et ses références inutilisables. 

Et si la recherche sur Internet commençait chez les hommes ?

France : old tech nation, et fière de l'être ?

Décidément, ce blog va devoir être lu par les investisseurs : apparemment les milieux financiers, eux-aussi, commencent à penser que le luxe à la Arnault-Pinault et d’autres tristes métiers anciens sont de meilleurs placements que le numérique à la Netflix, Uber et WeWork. Titre du Financial Times : « ‘Old tech’ shows it still has bite for investors. A good year for established names creates a headache for active managers« .

Alors, pour une fois, ayons une guerre d’avance : oublions la « start up nation » et soyons la « old tech nation » ? Et si l’on en revenait au français, d’ailleurs, pour être encore plus révolutionnaires ? Soyons la nation qui est une « Exception culturelle ? »

Entretenir son cerveau

Il y a ceux qui pensent que le numérique est une panacée, et que, demain, nous serons tous des (heureux) objets connectés. D’autres, comme le New York Times, qui estiment que la nature demeure plus efficace que le dit numérique. Et même que le numérique pourrait être la source de notre ruine intellectuelle.

Juste et faux ? A partir du moment où vous êtes un drogué du smart phone, tout doit passer par là. Y compris les soins de l’esprit ?

Le retour du Vinyle

Section musique de la FNAC. Je suis accueilli par un immense rayon disques (vinyles). Le graphique ci-dessous confirme cette tendance. Surtout, il semble signifier que le numérique a été plus destructeur que créateur…

Le retour du « vinyle » serait-il l’annonciateur du changement ? Un retour vers une économie un peu plus traditionnelle ? Un peu moins : c’est gratuit, et demain ce sera rentable ? Qui vend des biens et des services que le consommateur a envie d’acheter tout de suite ?

Le crash de la licorne

Les start up du numérique ont des problèmes. La bourse américaine n’en veut plus.

Les investisseurs privés ont énormément d’argent. Grâce à eux, les start up acquièrent rapidement des valeurs colossales, et ce sans devoir se soumettre aux lois du marché (être rentables). Une nouveauté est que l’enthousiasme de l’investisseur privé ne parvient plus à convaincre la bourse. Faute de pigeons, l’investisseur privé risque d’y laisser une (petite) partie de sa garde-robe.

Le phénomène ne toucherait encore que le « BtoC » (Uber, etc.). Mais il peut poser un problème gênant : des masses d’argent risquent de ne plus savoir où aller. Et que dire des « start up nations » ? Quelqu’un aurait-il une idée ?

(Article du FT.)

Cantique du quantique ?

Quand j’entends « ordinateur quantique » je soupçonne le marketing d’une bulle spéculative. En fait, comme souvent, il semble que la question quantique soit décisive, mais qu’elle ait été prise à l’envers :

Une recherche quantique explore plusieurs chemins à la fois. Voilà son intérêt. Eh bien on a découvert que la nature, d’une manière générale, tendait à se comporter de cette façon. Cela expliquerait, par exemple, le fait que l’ADN soit fait de 4 bases et de 20 nucléotides.

Vouloir construire des ordinateurs quantiques serait-il idiot ? La nature est, elle même, un ordinateur quantique. Exploitons le ?

Wework : fin de bulle ?

Wework, c’est la génération Uber. Cette génération semble avoir beaucoup de soucis. Elon Musk perdrait pas mal d’argent, Uber aussi. Netflix n’est pas brillant. Et Wework doit renoncer à entrer en bourse. Fin d’une bulle spéculative ?

En tout cas, je soupçonne que ce n’est pas la der des der. Car, dans la spéculation, il y a des gens qui gagnent à tous les coups. Ce sont ceux qui investissent en départ de bulle, et qui vendent à la génération suivante d’investisseurs. (Il arrive aussi que ceux qui ont investi initialement parient ensuite contre l’entreprise qu’ils viennent de quitter.) Surtout, à chaque éclatement de bulle, les banques centrales réinjectent de l’argent dans le système. Ce qui signifie qu’il y aura toujours beaucoup d’argent voulant s’investir. L’industrie financière a-t-elle commencé sa recherche d’idées nouvelles susceptibles d’emballer le marché ?

La chute de la maison Uber

Ubérisation a dit Maurice Lévy. Il y a quelques années, Uber était le symbole de la « disruption ». La vieille entreprise allait crever. Elle serait remplacée par du jeune, dynamique et numérique.

Uber a perdu 5,2md$ sur un trimestre… Il n’est que l’ombre de lui-même.

Qu’est-ce qu’était Uber ? La fusion de la contre-culture américaine et du capitalisme le plus primitif. La croyance au bien et au mal. Uber affrontait des politiciens corrompus et le lobby des taxis. L’innovation numérique, le logiciel, allait révolutionner, par miracle, la qualité du service. Et même résoudre la question de l’insécurité au Brésil. Guerre de religion. Uber recrutait des croyants, qu’elle payait royalement. Pour gagner tous les coups étaient permis, et l’argent ne comptait pas.

Mais la réalité s’est rappelée à eux. Uber a beaucoup de concurrents, et aucun avantage concurrentiel. Elle dépense beaucoup et gagne peu. Et son modèle a une faille : ses chauffeurs avec lesquels Uber est en guerre. Seul espoir : la voiture autonome. Uber est un puits sans fond. Mais Uber a enrichi beaucoup de monde : les investisseurs qui ont vendu leurs actions lors de l’entrée en bourse de la société. Uber a été un attrape nigauds.

Fin d’une nouvelle bulle spéculative ?