L’intelligence est manipulation de symboles, dit Herbert Simon. C’est ce que le cerveau et l’ordinateur savent faire.
D’où la tentation de penser que l’un égale l’autre, comme le croit les papes du « numérique » ?
Je tends à croire que c’est faux.
Les démonstrations sont faites a posteriori. On commence par l’intuition, le « coup de génie », et on la prouve ensuite. D’ailleurs, très souvent, on « rationalise » : on invente une justification à ses actes. On serait bien incapable de trouver leur cause.
Et observer un entrepreneur montre qu’il agit selon des envies, irrationnelles. Ce n’est qu’a posteriori, une fois de plus, que son action prend un sens.
D’autre part, l’homme invente les symboles, mais pas l’ordinateur. Et il y a la poésie, et la « figure de style ». Le sens jaillit d’un détournement de sens, de la contravention avec la règle !
Le concept central de la théorie de la complexité est « l’émergence ». Il semble bien que ce soit aussi ce qui caractérise l’intelligence humaine. Comme le dit James March, un temps associé à Herbert Simon, « decisions happen » ?
(Et les théories concernant l’intelligence comment s’expliquent-elles ? Ceux qui les conçoivent sont des virtuoses du symbole, et ils se trouvent extrêmement intelligents ?)