Gouvernements, investissez ?

Il n’y a pas de bulle spéculative. Juste une déprime post crise, comme en 30. Il faut relancer l’économie. Investir. En particulier, dans de grands travaux. Voilà ce que dit The Economist. (Je note qu’en 30, il y a eu la guerre, source d’une créativité technologique hors du commun. Où trouver l’équivalent ? Effet de serre ?) Il y a tout de même quelques dangers. BlackRock, le plus gros fonds d’investissement mondial, possède un système d’analyse de risques, utilisé par beaucoup. Risque que l’investissement mondial ne fasse, comme un seul homme, une erreur de jugement fatale ?
L’Ukraine est en ébullition. « Au lieu de moderniser le pays et de construire ses institutions, ses élites ont pillé ses ressources laissant le pays vulnérable aux influences extérieures ». (Et l’on en parle toujours aussi peu en France.) Le milieu des affaires allemand s’inquiète des fréquentations de Mme Merkel. Mais avec elle, on n’est sûr de rien. Les lois française contre la prostitution, révèlent les tendances « anti libérales » de notre gouvernement. Nouvelle mode (occidentale) ? Le votant ne changeant plus de camp, les politiques anglais veulent séduire les abstentionnistes. Retape à la Obama. Risque de populisme ? Idem aux USA : jamais les électeurs n’ont été aussi murés dans leurs certitudes. La France intervient en Afrique. Si le Mali est représentatif, elle y est pour longtemps. (Pour ses anciennes colonies, l’armée française avait-elle une fonction, qu’elles n’ont pas sur remplacer ? me suis-je demandé.) Quant à M.Cameron, perçu comme « détaché de la réalité », et ayant la réputation « de ne pas écouter », ce que renforce celle de son partie, qui est d’être « coupé des préoccupations ordinaires », il me fait un peu penser à MM.Obama et Hollande. L’Irlande est sous la coupe de seulement deux banques. Et elles sont contrôlées par l’Etat. Autrement dit leurs intérêts priment ceux du pays. « Les ramener à la santé pourrait peser lourdement sur le reste de l’économie irlandaise. » Les institutions de l’UE sont à la fois un « canard boiteux » et « vitales » pour l’avenir de la région. Aux USA, Detroit est en faillite. Il semble avoir été victime d’une crise de la pension de retraite. Il a promis plus qu’il ne pouvait tenir. Apparemment, les retraités vont devoir se serrer la ceinture. Le mal pourrait gagner l’Amérique. L’Amérique quitte l’Asie Centrale. Est-ce un bien ? « Le problème est que l’aide militaire américaine permet aux dictateurs de consolider leur pouvoir, d’où des régimes autoritaires dirigeant des Etats mal fichus, non des pays pouvant résister au danger afghan. » La Chine occuperait le vide avec ses intérêts économiques. L’Afrique de l’Ouest tente d’établir une union monétaire sur le modèle de l’euro et de la zone franc CFA (relié à l’euro par le biais de la France, qui garantit la convertibilité). Mais vues les caractéristiques quasi opposées des constituants du groupe, la mission semble impossible.
L’étude Pisa, une fois de plus. Comment avoir un système éducatif qui fonctionne ? « qualité de l’enseignement » et « détermination à faire réussir le jeune ». Elles manquent en Europe. Et de plus en plus en Finlande.
Le « digital » et l’entreprise. Le DSI, homme de processus fiables, mais lent, affronte le directeur du marketing adepte de toutes les modes. Le DSI ne doit pas refuser le changement. Il doit en prendre le contrôle. Pour le bien de l’entreprise.
Aura-t-il fallu 10 ans pour que les conseils d’administration trouvent leurs marques ? Ils deviennent de plus en plus interventionnistes (ce que je constate aussi). Le bon conseil d’administration ? Il doit être un faiseur de dirigeants. Il doit gérer, en quelque sorte, la fonction direction. En la conseillant. Mais aussi en en renouvelant le titulaire à bon escient.

Les cerveaux de l’homme et de la femme ne sont pas câblés de la même façon. Ce qui explique pourquoi « l’homme a de meilleures capacités motrices et spatiales que la femme et des schémas de pensée plus monomaniaques. La femme a une meilleure mémoire, est plus socialement efficace et meilleure à traiter plusieurs choses à la fois ». Ces capacités semblent acquises plutôt qu’innées. (Je note au passage que la femme semble mieux armée que l’homme pour maîtriser la complexité du monde moderne…)

Pénurie de main d'oeuvre… en France ! (si, si)

Par ces temps de crise, il existe au moins un secteur qui ne cesse de progresser, y compris en France : le monde numérique. A tel point qu’une pénurie de main d’oeuvre se fait jour.

Selon Arnaud Cantet de Lincoln & Associés, « la pénurie actuelle pouvait pourtant s’anticiper à la lecture des démarches qu’ont eues l’immense majorité des entreprises :

  • Tous les acteurs recherchent des compétences dans le digital, avec des parcours proches ou similaires.
  • Les systèmes managériaux traditionnels et les organisations ne se sont pas adaptés au monde digital.
  • La demande est croissante auprès de profils qui justifient souvent de peu de réalisations concrètes. »

On ne forme pas assez de spécialistes du marketing en ligne, de développeurs, etc. Trois entrepreneurs célèbres ont même créé leur propre école, l’EEMI (voir ci-dessous).

Compléments :

Le numérique pousse la presse dans ses retranchements

Je rebondis sur l’article de Christophe « Liquidation de la presse ? »
En tant qu’ancien journaliste, je reste sensible au sujet. La presse française est encore malade de la radicalisation des idéaux fondateurs de la Résistance, selon lesquels l’information n’est pas un produit comme les autres. Or, nous avons devant nos yeux le fait qu’il s’agit bien d’un produit et que ce terme n’est pas un gros mot. Non, le marketing n’est pas mauvais ! Non, faire de l’argent avec la presse n’est pas un renoncement ! Ou, pour faire plus court : non, la capitalisme n’est pas le diable !
L’éthique, l’honnêteté, l’exhaustivité et toutes les autres valeurs attachées à l’information des lecteurs sont autant d’attributs de ce produit. C’est-à-dire que les clients n’achèteraient pas l’information sans voir ces attributs (vous le feriez, vous ?).
La presse française est aussi victime de ses archaïsmes, notamment dans le domaine de l’impression et de la distribution. C’est l’un des derniers bastions des coopératives d’inspiration soviétique où le conservatisme et les intérêts particuliers l’ont emporté sur l’aptitude au changement et l’intérêt général – et c’est peu de le dire ! Ces derniers jours, le syndicat du livre a empêché manu militari la tenue d’un CE à l’Union de Reims, séquestrant le PDG (il s’appelle Hersant, mais est-ce une raison ?). Jolie démonstration de démocratie.
L’avenir de la presse consiste désormais – en partie – à vendre des applications, des abonnements et de la publicité (des produits) sur l’iPad et autres supports numériques (qui contournent ces archaïsmes dinosauriens). CQFD ?