Vive le papier ?

Un journaliste veut lancer un nouveau média électronique. Il demande à sa cible, des professionnels, ce qu’elle veut. Un magazine papier ! Elle n’en peut plus de l’électronique. Elle est bombardée de choses qu’elle ne lit pas. 
Et je suis comme ces gens. Par exemple, 2 de mes anciennes écoles ont un magazine électronique, je ne lis pas. Idem pour leurs mails, que je reçois plusieurs fois par jour, et qui partent en spam.
Je passe une partie de ma vie sur un ordinateur. Ordinateur = stress, fatigue. Papier = détente. Cambridge m’envoie une belle revue, trois fois par an. Je la lis de bout en bout. (Comme je le faisais, hier, du 4 page merdique de l’association Insead France.) Et je fais ce qu’attend Cambridge de sa publicité : de la publicité à ce que j’y lis. Parce que ce que je lis m’intéresse. J’ai même envisagé un partenariat avec un de ses laboratoires. 

Uber, taxis et démocratie

Uber la société qui veut appliquer les lois du marché au monde réglementé des taxis rencontre des difficultés avec les gouvernements. Elle aurait recruté le directeur de campagne de B.Obama pour qu’il répète ses exploits. C’est-à-dire rechercher grâce à des algorithmes des personnes qui pourraient être convaincues de monter à l’assaut des gouvernements pour les faire changer d’avis. 
Les entreprises du numérique (ou digital) sont porteuses d’une idéologie qu’elles comptent bien diffuser dans le monde, si possible en manipulant la démocratie ?

(PS. Article qui semble confirmer ce point de vue.)

Commerce électronique : essoufflement ?

Et si le commerce électronique n’avait pas l’avenir pour lui ? Les ventes croissent mais de moins en moins vite. Des projections donnent, pour les USA, une part de marché de 18% en 2030. 
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles le commerce électronique perd de sa superbe. Tout d’abord, il est possible qu’il ait dû une partie de son avantage au fait qu’il échappait aux impôts. Ensuite sa structure de coûts est particulièrement élevée (grands entrepôts, transport sur de longues distances), il est peu rentable. Enfin, l’évolution technologique ne lui profite pas plus qu’à sa concurrence traditionnelle. Au contraire ? 
L’article est ici
Ce qui me ramène à mon thème de ces derniers temps. Tout ceci ressemble à de la manipulation. Le succès du numérique est probablement une question de prédiction autoréalisatrice. (Voir aussi : Bulle Amazon ?)

La numérisation / digitalisation, idéologie totalitaire ?

au sein de la population adulte de la Silicon Valley (…) on constate déjà les premières manifestations de modifications insolites de la personnalité. Leur trait commun le plus caractéristique est le refus, voire l’incapacité de surmonter les difficultés liées aux aspects déraisonnables, illogiques, irrationnels ou simplement émotionnels de la vie en société et tout particulièrement dans les domaines de la vie privée et du couple. Ces gens vous disent, avec le plus grand sérieux et transis d’émotions, qu’ils espèrent voir enfin arriver le jour où l’on aura éliminé tout ce qu’ils appellent « analogique » : l’homme et l’univers seront pris dans les mailles serrées du filet conceptuel infaillible et objectif d’une pensée « digitale ». La digitalisation généralisée apparaît comme la version moderne du rêve d’un paradis terrestre. (WATZLAWICK, Paul, Les cheveux du baron de Münchhausen, Seuil, 1991. P 250.)

Le numérique, c’est le stress ?

Mon antivirus me dit des choses bizarres. Il y a quelques temps, c’était Internet qui avait des hoquets. Mon portable ne sonne pas toujours quand on m’appelle, ou se fige au moment où je dois prendre un appel et ne reçoit pas les mails de partout. La communication est généralement mauvaise, d’ailleurs. Elle se coupe de manière incompréhensible. Il y a quelques jours, une amie m’appelle. La communication ne passe pas. Sa ligne Internet ? Mon portable ? Je la rappelle de ma ligne Internet, mais elle ne marche pas ! Finalement on s’appelle de portable à portable… Mes mots de passe ne sont-ils pas fragiles ? Cela ne pourrait-il pas être fatal au Cabinet Faurie ? Le numérique, c’est le stress !

Et, il y a pire. Un quai de métro. Chacun est plongé dans la lecture de son portable. Drogués du numérique. Ses esclaves.

Ce monde fait-il des heureux ? Les grands profiteurs du système ? Et leurs exécuteurs de basses œuvres, qui goûtent d’autant plus l’instant présent, que leur bonheur pourrait ne pas durer ?

Numérique et résistance au changement

Etude de Cap Gemini. Les managers français n’aiment pas le numérique. Mais le petit peuple si. Conséquence logique : flinguer ces vieux ringards de managers ?
Mais en quoi un manager diffère-t-il substantiellement d’un opérationnel ? Et si je remplaçais l’un par l’autre n’aurais-je pas le même phénomène ? Non, répond Cap Gemini. Il s’agit de deux espèces séparées : le vieux désire une société bien organisée, le jeune est désenchanté, et prêt à vendre son âme au diable. 
Et si le malaise du manager venait de ce que l’entreprise est dysfonctionnelle ? Et si la cause en était que son top management s’en désintéressait ? C’est parce qu’il veut du numérique partout que les gens protestent. Et c’est parce qu’ils protestent qu’il veut plus de numérique, pour les remplacer ? 

La mode numérique (ou digital ?) expliquée ?

On parle beaucoup d’entreprise numérique, de « digital »… J’ai consacré plusieurs billets à cette question qui me surprend. En effet, sur le fond il n’y a rien de neuf. Ce discours a au moins 15 ans, et la preuve est faite qu’il ne mène nulle part. Je ne le prenais pas au sérieux. Et, en même temps, d’une certaine façon, il mettait ce blog en échec. Puisque je n’arrivais pas à lui trouver une explication. En voici peut-être une. 
J’ai rencontré quelqu’un qui fréquente le meilleur monde, qui m’a dit que cette offensive numérique venait de ce que les entreprises étaient en panne de performance. Elles penseraient qu’il y aurait un traître. Les structures intermédiaires, syndicats mais aussi managers, seraient la source du blocage. (Sous la révolution, ces gens étaient appelés des « privilégiés ».) Le numérique leur permettrait de s’en passer. Le dirigeant serait en ligne directe avec les opérationnels. Un ami m’a dit que Google avait effectivement tenté de monter une organisation sans management intermédiaire. Et y avait renoncé après un mois. 
Cette utopie est fascinante. C’est celle de la Révolution française, qui rejoint celle du marché. Plus de lien social (mon interlocuteur craint une nouvelle vague de suicides), que des électrons libres. Mais cela pourrait expliquer aussi le fameux « modèle du sablier« , la disparition de la classe moyenne que l’on constate dans le monde anglo-saxon, au moins. Et si la classe moyenne était aussi la structure intermédiaire de la société, l’ossature de la « société civile » ?

Les Geeks victimes des médias sociaux ?

Au fond, les médias sociaux étaient un rêve d’autistes paresseux. Big data tirerait automatiquement des idées de nouveaux produits du bruit ambiant. Et, mécaniquement, la publicité ferait acheter.

Or, on découvre que la pub dans les médias sociaux, ça ne marche pas. Leur réel intérêt est d’être une réinvention, avec de nouveaux outils, des études de marché. Ce qui demande, donc, de créer les conditions d’un dialogue avec le marché. Pour cela, il faut du travail, du génie, aimer son métier et son prochain. Et si les médias sociaux avaient la peau des Geeks ? Qui a vécu par le média social… ?

Le numérique est-il une idéologie ?

Le « numérique » est un acte de foi.

Ce vocabulaire est une construction idéologique, un mythe, qui n’a que peu à voir avec les divers dispositifs techniques dont il est question et qui tend à engloutir toute analyse dans un océan de généralités et d’approximations.

Rien de ce que l’on nous dit sur le Big data ou autre n’est fondé. Mais ce n’est pas grave. Car le numérique n’est pas une question de raison ou de choix de vie du peuple, de démocratie. La civilisation numérique doit s’imposer à nous parce que c’est le bien.

(Pour poursuivre l’analyse :
Sébastien Broca, « Les chausse-trappes de la pensée Internet », La Vie des idées, 16 mai 2014. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Les-chausse-trappes-de-la-pensee-2665.html)

Le XXIème siècle ou le retour des sectes et de l’âge des ténèbres ?

L'homme numérique ou l'internalisation du Taylorisme

Un gourou du « numérique » m’explique que le bracelet qu’il porte règle sa vie. Il semblerait qu’aux USA ce comportement ait un nom: « life hacking« . Un article analyse le phénomène. « Le concept (…) maximiser sa productivité personnelle« . Principe : « la vie est plus facile (…) si vous la traitez comme un emploi« .  Résultat : « le travail, sans beaucoup de résistance, est parvenu à envahir chaque recoin de notre vie« .

Les conseils que nous recevons (et les « applications » informatiques qui vont avec) ne sont rien d’autre que le Taylorisme appliqué à la vie privée. Ce que les consultants appellent les « meilleures pratiques ». Le phénomène est allé jusqu’à reproduire la bureaucratie qui asphyxiait l’entreprise taylorienne, en particulier « les « pseudo intellectuels qui vendent des conseils inutiles quant à comment organiser vos armoires ou ranger vos vêtements d’hiver (et quelqu’un doit programmer les applications de contrôle qui vont avec)« .

Etrange. 68 devait être la libération de l’homme. Le contraire est survenu ?