Je me suis mis à lire un recueil de correspondance de nos hommes célèbres.
Une solution à mon néant intellectuel du moment ? Je doute à la fois de la science et de la littérature. Comme le courant pragmatique, je n’ai plus foi qu’en l’expérience. Résultat, je ne lis plus rien. L’intérêt de cette correspondance est qu’elle est bien écrite. Elle a même souvent du génie. En revanche, elle ne m’apprend pas grand chose. La sélection privilégie l’anecdote. Bref, je ne suis jamais content.
Notre correspondance n’est plus écrite, ou est mal écrite. Elle n’est plus construite. Si elle devait être rédigée, les fautes d’orthographe et de syntaxe la rendraient incompréhensible. D’ailleurs, nous ne parvenons plus à lire le caractère manuscrit. C’est un des changements qui se sera déroulé de mon vivant. Je me souviens d’une enfance sans téléphone et de lettres interminables. Pourtant je suis d’une famille de gens modestes et peu instruits.