J’ai toujours eu l’habitude de considérer Nixon comme un sale type. Je croyais à cette affiche où l’on lisait, sous sa photo : « lui achèteriez-vous une voiture d’occasion ? ».
J’ai été surpris de découvrir que de Gaulle et Pompidou en pensaient du bien. Et une émission de la BBC pourrait leur donner raison (Nixon, a resigning matter).
Curieusement, Nixon fut l’homme d’une politique qui fut bien plus démocrate que celle des démocrates. Cela lui avait valu une grande popularité auprès du peuple. Mais pas des jeunes, qui craignaient de devoir combattre au Vietnam.
Pourtant, contrairement aux démocrates ! ce n’était pas un va-t-en-guerre : il avait amorcé un très significatif retrait des troupes américaines du Vietnam (d’après Wikipedia, les manoeuvres militaires qu’il avait décidées avaient pour but de préparer des négociations de paix – ce qui ressemble à la stratégie de de Gaulle en Algérie), et il fut aussi l’homme de l’ouverture à la Chine, de la détente.
Plus surprenant, l’émission révélait que, au moment du Watergate, il y avait eu collusion entre la justice et les démocrates.
En fait, ce qui a causé la perte de Nixon semble avoir été, justement, le fait qu’il se sentait persécuté par les démocrates, qu’il pensait fondamentalement malhonnêtes. Ce qui l’a amené, je crois, à commettre des erreurs. Par exemple, il aurait cherché à éliminer tous les Juifs d’un département de l’administration parce qu’il les soupçonnait de trafiquer les chiffres de l’emploi (et, j’imagine, qu’il pensait que le Juif est démocrate) !
Pourquoi n’a-t-il pas fait preuve, au moment du Watergate, de la mauvaise foi d’un Bill Clinton ou d’un Donald Trump, me suis-je demandé ? Peut-être parce qu’il était usé ? C’était un petit blanc, qui avait trimé dur, et qui avait connu beaucoup d’échecs. Il était haï par la jeunesse, ce qui semble beaucoup l’avoir affecté. Peut-être aussi que, contrairement à l’image que l’on en a, il avait le sens de l’honneur. Dans une conférence, d’ailleurs, il cite Talleyrand, au sujet du Watergate : « c’est pire qu’un crime, c’est une faute ». (D’après une recherche sur Internet, la phrase ne serait pas de lui.)
Curieusement aussi, tous les présidents qui lui ont succédé, y compris Clinton, ont recherché ses conseils.
L’émission semblait dire que l’Amérique de Nixon est la mère de celle de Trump. En particulier, elle s’est mise à utiliser la justice comme une arme de combat, ce que l’on nomme aux USA « lawfare ». C’est peut-être aussi alors que les Républicains ont commencé à penser que leurs candidats n’étaient pas assez retors.

