Étiquette : négociation
Iran et enjeux de l'accord nucléaire
Crise grecque et art de la négociation
PS. Il semble bien que les choses aient continué sur ce même mode : la Grèce démarre ses réformes, sans contrepartie. Elle veut prouver qu’elle n’est pas telle qu’on la dit. La réduction de sa dette fera l’objet de discussions ultérieures… (Article de Jean Quatremer.)
Raté grec ?
- Systématiquement, il y avait incompréhension. Et cette incompréhension conduisait à une prédiction auto réalisatrice destructrice. Curieusement, cette incompréhension était toujours extraordinairement banale et stupide. Exemple : l’entreprise était deux fois trop grosse du fait d’un terme, « plate-forme », dont personne ne savait ce qu’il signifiait. Mais que chaque unité essayait de construire, en concurrence avec les autres. Autre exemple : un dirigeant parlait de mesures d’économies, ses employés dépensaient à plein tube. D’ailleurs, quasiment nulle part, je n’ai rencontré d’entreprise connaissant la stratégie de son dirigeant. Cela m’a fourni longtemps un exercice amusant : je disais à mon client : voici ce que votre entreprise pense qu’est votre stratégie. Voilà ce qu’elle fait pour la mettre en oeuvre. Mine déconfite.
- L’intermédiaire est un confident. On lui dit ce que l’on croit honteux. Le « déchet toxique ». (Par exemple, je ne sais pas ce que je devrais savoir, où je suis incompétent, mais, vus mes énormes diplômes, je perdrais la face si j’occupais une autre place.) Là aussi, il s’agit d’une forme d’incompréhension. Souvent avec soi. Car nos erreurs sont humaines, alors que nous les croyons diaboliques. (Mais ça pourrait devenir de moins en moins vrai : la prédiction est auto réalisatrice, là aussi…)
- L’intermédiaire est un catalyseur. J’ai appelé, dans mon livre 1, sa technique la « méthode navette ». Il discute avec tous indépendamment. Il voit le dessous des cartes. Mais, surtout, il révèle à chacun que l’autre n’est pas tel qu’il le croit. Il est bien plus amical qu’on ne le pense. Ou, plus exactement, il a des intérêts qui sont complémentaires aux siens, pas antagonistes. Une fois que l’humeur n’est plus au conflit, il peut réunir les uns et les autres autour d’une table. Il leur propose une formulation rationnelle de leur problème collectif. Ils travaillent à sa résolution comme s’il ne s’agissait plus d’eux, mais d’un problème qui leur est extérieur. Le problème de la collectivité.
Grèce : négociation ou apprentissage ?
Grèce humiliée par la BCE ?
Maybe it’s an effort to push the Greeks into reaching a deal, but my guess — and it’s only that — is that it’s actually aimed more at the Germans than at the Greeks. On one side, it’s the ECB making tough noises, which might keep Germany off their backs for a little while. On the other, it’s a wake-up call: dear Chancellor Merkel, we are *this* close to watching a Greek banking collapse and euro exit, and are you really sure you want to go down this route? Really, really?
Et si la société pensait, sans nous le dire ?
Besoin d'honnêteté
Je retrouve le message d’Humble Inquiry dans Talk lean (billet précédent). Phénomène de société ?
Nous ne savons plus qui croire. Tout est manipulation. Le seul moyen de revenir à du solide est d’essayer de retrouver des fondations fermes :
- La première de ces fondations, c’est soi. Ne parlons pas de grandes lois morales ou de la nature, mais de ce que nous sentons, ce que nous voulons. Là, nous sommes légitimes.
- Ensuite, il faut stabiliser l’autre. Il faut le comprendre suffisamment bien pour connaître celles de ses caractéristiques qui sont inamovibles. Pour cela, il faut procéder à une enquête. Cette enquête passe par le décodage de nos émotions. Elles nous disent justement que quelque chose nous échappe chez l’autre. Ce qui se fait en l’interrogeant. Mais surtout en travaillant ensemble à un projet qui est dans l’intérêt de chacun.
- Enfin, tout passe par le langage. L’implicite, dans la mesure du possible, doit être combattu.
Méfions-nous des Iraniens quand ils font des cadeaux ?
Les Iraniens semblent plein de bonne volonté. Ne seraient-ils pas en train de démanteler leur programme nucléaire ? Curieux. La radio m’apprend aussi que les Américains négocient sous le manteau, sans en parler à leurs partenaires. Tout ce monde a l’air bien pressé…
On reproche à M.Obama de ne s’intéresser qu’aux nobles idées. Idées à l’emporte pièce sans grand lien avec une réalité qu’il méprise. Et, en plus, de n’être concerné que par son pays. De n’avoir qu’une vue caricaturale du reste du monde.
Est-il prudent de laisser à un tel homme la responsabilité d’une négociation importante ?
Grand Satan français
Les Iraniens prennent la France pour le Grand Satan. Notre pays fait dérailler les négociations entre l’Iran et l’Occident. Quelle mouche nous a piqués, nous petit pays ridicule ? Nos vieux démons venus d’une grandeur passée seraient-ils toujours vivants ?
A la réflexion, je n’en suis pas sûr. Toute négociation a ses rites. Celle-ci aussi. Je soupçonne, contrairement à ce que l’on nous dit, qu’il n’y a pas un bon, le président, et un méchant, le guide suprême, en Iran, mais deux larrons. Ils s’entendent pour obtenir le meilleur accord possible. Car jamais le bon n’aurait été élu sans l’aval du méchant. En conséquence, si nous voulons parvenir à un accord équilibré, nous devons faire de même.
En outre, il ne faut pas oublier ce qui est en jeu. Ce n’est pas uniquement des centrifugeuses. C’est surtout beaucoup d’argent. Une fois que l’Iran ne sera plus soumis à sanctions, l’argent affluera. Et il sera utilisé pour de saintes guerres.
Il se pourrait que, pour une fois, la France n’ait pas été ridicule.
