Sanctions et Russie

Les sanctions contre la Russie se sont-elles retournées contre l’UE ? Question que se posait, il y a quelques temps, Affaires étrangères, de Christine Ockrent.

Ce que je retiens de l’émission : la guerre a effectivement enrichi la Russie en augmentant le prix de ce qu’elle produit ; le pays est relativement autarcique et s’était préparé avec soin au conflit ; il protège son petit peuple, qui n’est pas mécontent de voir que les sanctions occidentales frappent les oligarques, qui, eux, font profil bas ; mais les choses pourraient changer à long terme : la Russie a besoin de la technologie occidentale pour ouvrir de nouveaux champs pétroliers et gaziers.

Ce qui pose la question : M.Pountine n’est pas à quelques années près ; dès que la guerre s’arrêtera, l’Occident se battra pour lui vendre le matériel qui lui manque ; aurait-il bien calculé ?

A moins que l’on n’ait pas compris ce qu’est une négociation de crise. Lorsqu’il y a pris d’otages, en Russie, on commence par sacrifier les otages. Cela montre que l’on est sérieux. N’est-ce pas ce qu’est en train de faire, à sa façon, l’Occident ?

Défier la Chine

Pourquoi Mme Pelosi provoque-t-elle la Chine ? se demandait un ami. Pourquoi risquer une guerre mondiale ? 

A mon avis, exactement pour la même raison que les Chinois nous menacent d’une guerre mondiale. Pour leur faire entendre que l’on n’en a pas peur, et que Taiwan est un sujet que nous prenons au sérieux. 

Dans ce type de sujet, la Chine, comme tout le monde, adopte la stratégie du « voleur chinois ». Quand le « voleur chinois » veut voler quelque-chose, il le déplace imperceptiblement jusqu’à ce que son propriétaire n’en ait plus conscience. 

Si l’on veut éviter une guerre, il faut que la Chine sache que l’attention des démocraties ne se relâche pas (ou plus). 

Les USA frappent l'Iran, et après ?

Les USA éliminent un général iranien. C’était probablement l’homme le plus important du régime, plus important même qu’un premier ministre. Quand M.Trump a parlé de réplique à l’attaque de son ambassade, il n’a pas exagéré.

Cela ressemble aux méthodes des Russes lors des prises d’otages au Liban : ils découpaient en petits morceaux ceux qu’ils soupçonnaient d’être coupables. C’était efficace.

Le rôle et le succès du général iranien posent une question que l’on n’aborde pas souvent. L’Iran est-il, comme le dit M.Trump, un facteur de déstabilisation redoutable ?

Peut-être qu’il n’y a pas débat sur la question dans les hautes sphères du pouvoir mondial. Ce qui change est la façon de résoudre le problème. Hier, on croyait à la négociation, et aux vertus pacificatrices (corruptrices ?) du marché, maintenant, on estime qu’il faut se faire respecter ?

Donald Trump ou l'anti raison ?

L’existentialisme rejoint la religion. Pour eux la raison est trompeuse. Seul le « coeur » voit juste. Face à l’élite intellectuelle dominante, les tenants de la raison, Donald Trump est le champion du parti adverse. Donc, celui de la passion. Qu’est-ce que cela pourrait signifier ?

Il pense qu’il est bien d’agir sur des impulsions, qui sont des mouvements du coeur. Il s’attend à ce que l’autre en face de même. En quelque sorte la crise permet de parler de « coeur à coeur » ? (Par exemple, il a du respect pour le très ferme Jean-Claude Juncker.)

Est-ce irrationnel ? Le diplomate Francis Walder,  dans « Saint Germain ou la négociation », montre ce qu’est une négociation. Une succession de coups de théâtre, apparemment irrationnels. A chaque fois, un camp prend l’avantage, par effet de surprise. Mais l’autre, revenu de son étonnement, découvre ce qu’il a perdu. Le sentiment d’injustice lui donne l’énergie qui lui rend l’avantage. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’on atteigne un équilibre « juste ».

Trump ou la négociation ?

Grève moderne

Radio France est en grève. Les perturbations sont considérables, mais, d’après le Parisien, seulement 7,88% des personnels seraient en grève ! Car ce serait une « tournante », on fait le maximum de dégâts pour un minimum de désagrément pour le gréviste.

Jadis, ceux qui faisaient grève étaient des miséreux, et ils mettaient toutes leurs ressources dans le combat. Maintenant, on s’économise. L’article dit que le gouvernement veut faire croire à une grève de privilégiés. Mais ces petits calculs ne lui donnent-ils pas raison ?

Le Mexique et M.Trump

M.Trump et le Mexique trouvent un accord sur le contrôle de l’immigration. Victoire pour M.Trump ?

En tout cas, cela semble montrer que sa technique de négociation fonctionne. Il est probable, aussi, qu’il demande beaucoup pour avoir relativement peu. Ce qu’il cherche surtout, c’est de la publicité.

J’ai aussi entendu qu’il ne s’agissait pas que de migration mexicaine. En effet le Mexique ne serait qu’un point de passage pour des immigrés venus du reste de l’Amérique latine et d’Afrique. Ce qui est en jeu n’est donc probablement pas, comme on l’entendait dire, l’immigration, mais son volume.

(J’entendais dire la même chose du Brexit : l’immigration européenne en Angleterre a été réduite, mais l’immigration en provenance des colonies britanniques se maintient, car l’économie en a besoin.)

En outre, ce bras de fer aurait été, aussi, favorable au président mexicain, derrière lequel s’était alignée sa population.

En résumé, M.Trump a un comportement qui parait de moins en moins irrationnel. En outre, lui faire plaisir peut être bon pour sa popularité, à la maison… De l’art de la négociation ?

(Informations venues de diverses émissions de France Culture.)

Comment dire non poliment

Le problème du non, c’est que l’on est à peu près sûr que l’on doit dire non, mais on ne sait pas l’expliquer clairement. Ce qui fait que l’on est maladroit.

Je me demande si l’on ne devrait pas aborder la question comme cela : « je pense que je dois vous dire non, mais je ne sais plus pourquoi ; si vous avez un peu de temps à m’accorder, je vais essayer de retrouver mon raisonnement« . Les relations humaines ne s’en porteraient-elles pas mieux ?

Et si la CGT gagnait ?

La CGT affronte le gouvernement. Elle peut le faire reculer. Il suffirait pour cela qu’elle endommage la croissance, qui redémarrerait, notamment en nuisant au championnat d’Europe de football. C’est ce que disait France Culture ce matin. 
Même si elle ne vaut à la CGT que l’amitié d’une minorité de la France, cette stratégie a du sens. Le marketing appelle cela une stratégie de niche. Ce positionnement correspond aux aspirations d’une partie de l’électorat. C’est suffisant pour faire une CGT forte.
Le gouvernement va-t-il céder ? S’il se moque de l’électeur et ne voit plus que sa place dans l’histoire, comme le dit un précédent billet, ou construit ses chances d’être élu en 2022, non.
(Où l’on voit que, dans ces circonstances, il est une bonne stratégie de dire que l’on ne tient pas à l’électeur même si ce n’est pas le cas…)

Effets imprévus de la tactique Tsipras

Depuis qu’elle est au pouvoir, ce blog s’interroge sur l’équipe Tsipras : bande d’amateurs ou fin négociateurs ? Jean Quatremer analyse la question. Il en arrive à quelque-chose qui ressemble à mes conclusions : ce sont des amateurs mais ils ont obtenu l’essentiel… Ils ont fait le contraire de leurs promesses et sérieusement aggravé la situation de leur nation, mais ils ont maintenant les mains libres pour la diriger. Aux innocents les mains pleines, aurait dit mon grand père ?

Cameron imite Tsipras

Après le Grexit, le Brexit. Comme M.Tsipras, M.Cameron annonce un référendum pour bientôt. Lui aussi pense qu’il va obtenir des concessions de l’Europe, qui ne veut pas le voir partir. Et il a avancé la date du référendum de 2017 à 2016, pour augmenter l’anxiété de survie de l’Europe et ne pas être gêné par les élections allemandes et françaises. 
Une question qui est rarement posée est : quelles conséquences pourraient avoir ces concessions ? En particulier, pour le petit peuple européen.
Quelles sont ses chances de réussite ? Apparemment élevées. L’Allemagne est un fan de l’Angleterre, et la France pense que Mme Le Pen profiterait d’un Brexit
Il reste que M.Cameron serait un négociateur plus maladroit que ses prédécesseurs. En effet, il est peu à l’aise avec les autres Européens. Et que Mme Merkel, qui semble le seul dirigeant de l’UE ayant un comportement responsable, a une vision de l’intérêt collectif européen. Sainte Angela, priez pour nous ?