Faible Europe

La semaine dernière j’ai vu passer beaucoup d’opinions concernant les négociations entre M.Trump et l’Europe.

C’est un sujet trop complexe pour que je puisse formuler le moindre avis. D’autant que les promesses n’engagent que ceux qui les croient, et que l’on ne sait pas si M.Trump aura encore beaucoup de pouvoir dans un an.

En tous cas, ce que j’ai cru comprendre était que l’UE s’était fait tondre la laine sur le dos. J’ai lu dans la presse étrangère que, en revanche, les Chinois considéraient être sortis gagnants de leurs négociations. Et, qu’en outre, ils sont parvenus à augmenter leurs exportations vers le reste du monde.

Faut-il critiquer nos gouvernants ? Ou dire que nous récoltons ce que, comme pour l’industrie, nous avons semé, et qu’il faut maintenant se mettre à reconstruire ?

La science de Trump

Au fond, Trump, c’est l’Attila de la science, son fléau.

Il en montre les limites. Les économistes n’ont pas suffisamment confiance en eux pour « prédire l’avenir ». Certes, tout cela devrait mal tourner, disent-ils faiblement. Mais, au fond, ils attendent de voir. Les seules bonnes prévisions sont faites après coup. C’est bien connu.

Un « effet Sarkozy » est toujours possible. Trump ne paraît pas aussi imprévisible qu’on le dit, ou qu’il a peut-être intérêt qu’on le pense. Il a besoin de montrer des résultats à ses électeurs. Le temps ne joue pas pour lui. C’est un enseignement que l’on pourrait tirer de ses négociation ukrainiennes, qui ne semblent pas finir comme elles ont commencé.

La science et nos théoriciens de tout poil devraient-ils en tirer une leçon ?

La vengeance de Trump

J’entendais dire à M.Trump qu’il avait vécu « un enfer de cinq ans » et qu’il allait faire payer à ses ennemis la monnaie de leur pièce.

Les scientifiques qui étudient la coopération constatent que « dent pour dent » est la meilleure façon de se faire des amis. La vengeance a des vertus sociales. D’ailleurs Hollywood en fait la promotion. L’Amérique va-t-elle finir par s’appaiser ?

Câble sous marin

La dernière mode est d’endommager des câbles de communication sous-marins. Technique : laisser traîner une ancre. Les navires russes et chinois sont à pied d’oeuvre.

Comment réagir ? Traiter la cause ou le symptôme ? Dent pour dent ? Mais cela ne risque-t-il pas d’entraîner une dangereuse escalade avec de dangereux fous-furieux ?

Une autre solution, chinoise : politesse étouffante ?

Escalade

3ème guerre mondiale ? La question de la semaine. Dans la guerre ukrainienne, chaque camp essaie de prendre l’avantage. Mais comment ne pas aller trop loin ?

Le premier qui « cligne des yeux » a perdu, dit-on en anglais. C’est un classique.

Au fond, ce qui se joue est un affrontement éternel. Sparte contre Athènes. D’un côté un régime dirigiste, déterminé mais pauvre, de l’autre, la démocratie, riche, pleine de vie, mais lâche et prédisposée à la lutte aveugle des intérêts. L’un cherche Munich, l’autre le « containment ». Car elle sait qu’elle n’a pas intérêt à perdre M.Poutine.

Ce qui est à la fois un atout pour lui et hautement insultant.

(Si l’on en croit la rumeur, on se prépare à des négociations de paix, et chacun essaie d’être en position avantageuse.)

Suspension

J’ai découvert la « suspension » à l’époque où j’enseignais la négociation. Quand vous sentez que l’émotion monte, danger : vous devenez incontrôlable. Alors, suspension : vous laissez « passer un tour », vous ne répondez pas.

Puis j’ai lu que la suspension était le propre de la philosophie. Notre jugement est entaché d’erreurs, de préjugés. Doute cartésien ou phénoménologique.

Et, finalement, que la suspension sauvait le pilote d’essai ou de guerre. En situation désespérée, débranchez votre raison.

Cela semble signifier que la raison n’est qu’empilage social, artificielle par nature ? Si l’on veut faire la moindre chose sérieuse, il faut la mettre à zéro ?

Phénomène Trump

M.Trump pose un problème à ses opposants, lisais-je : ce qu’il promet ne peut qu’avoir de terribles conséquences, mais personne ne le prend au sérieux !

(Un autre observateur pensait que, comme M.Poutine, il est imprévisible : c’est la caractéristique d’un négociateur.)

L’élection américaine paraît se jouer sur autre chose que la raison.

Peut-être d’ailleurs que la raison a fait son temps ? Lorsque l’on considère ce que peut produire un dirigeant raisonnable, tel que MM. Macron et Cameron, il est peut être raisonnable d’étudier d’autres possibilités ?

(Je note que Macron et Cameron sont quasiment fait des mêmes lettres. En hébreu, qui n’utilise que les consonnes, ils seraient identiques. Y a-t-il quelque part dans un écrit de la cabale ou autre Nostradamus une annonce de la fin des temps dont le signe serait ces lettres ?)

Dialogue des peuples

Les Israéliens tuent des militaires iraniens. L’Iran doit riposter. Mais on sait qu’il n’a pas intérêt à un conflit. Attention, dit M.Biden, ils vont envoyer une nuée de drones. Les Iraniens envoient une nuée de drones. Ils sont abattus. Ne ripostez pas dit M.Biden aux Israéliens. On ne peut pas, entend-on dire l’armée. Attaque limitée. L’Iran n’en parle pas. Mais elle porte, d’après ce que j’entends, un message : rien en Iran n’est à l’abri de nos tirs, et nous savons où tirer.

Paradoxalement, c’est une forme de dialogue. Pour le pratiquer, il faut une connaissance intime de l’autre, et donc un grand intérêt pour lui. Comme disait Saint Augustin : « aime et fais ce que tu veux » ?

Les damnés de la terre ?

Guerre en Israël. Pour le moment, elle ne s’étend pas.

Y aurait-il un accord implicite entre « ennemis » ? Israël liquide le Hamas, à condition de le faire rapidement ?

Le danger pour cet accord, s’il existe, semble, en effet, que les peuples s’agitent. Y aurait-il, alors, une divergence de point de vue entre gouvernants et gouvernés ? Cela tiendrait-il à un phénomène constaté depuis quelques temps : une uniformisation des fortunes nationales, avec creusement des inégalités au sein des nations ?

(La théorie des jeux dit qu’un accord n’a pas besoin d’être explicite pour exister. La technique dite « tit for tat », ou « dent pour dent », permet de le faire respecter. On tire sur vos vaisseaux, vous ripostez en maximisant la nuisance pour celui qui est derrière l’attaque, mais en évitant l’escalade. On vous laisse tranquille, vous laissez tranquille… C’est comme cela que l’on se fait des amis.)