Étiquette : Murdoch
Rupert Murdoch et la roche tarpéienne
Ça barde pour la famille Murdoch. À la réflexion, l’affaire est curieuse.
- Dans un monde d’individualistes, le fort a un avantage. Il divise pour régner.
- Mais un « point d’ancrage » peut surgir. Une idée commune peut rallier le peuple divisé. Ici, ce fut l’horreur du piratage des téléphones de familles malheureuses. Les victimes de la politique d’intimidation de Murdoch y ont vu le moyen de s’unir pour se débarrasser de lui.
- Sur les points d’ancrage voir Thomas Schelling et Strategy of conflict. Et The logic of collective action pour une explication de pourquoi le petit nombre exploite le grand.
- Le groupe de presse Murdoch a piraté des milliers de téléphones et graissé la patte de la police anglaise, qui a lentement enquêté. Qu’aurait dit la presse anglo-saxonne si un tel événement était survenu dans cette Europe du sud si paresseuse et méprisée ? Par contre la nôtre ne dit rien.
Fin des mass media
The Economist étudie l’avenir de la presse. Internet a tué les mass médias. Retour au 19ème siècle, où la communication passait par les cafés.
Fin du terrorisme journalistique ?
Les hommes politiques anglais vivaient dans la terreur de la presse de Rupert Murdoch.
- The lowest low.
- Interrogation. Pendant longtemps l’Angleterre a accordé l’asile au terroristes afin qu’ils posent leurs bombes ailleurs. Puis la tactique s’est retournée contre elle. Et s’il en avait été de même pour la presse ? La haute société l’a crue son amie ? Idem pour la finance ? On ne pactise pas avec le diable ?
News of the world
Rupert Murdoch
- A Oxford, Lénine trônait sur son bureau. Son père, qu’il perd alors qu’il est jeune, l’a peut-être marqué par son exemple : sa gloire vient d’avoir dénoncé la boucherie de Gallipoli.
- Son empire est une sorte de triomphe d’une forme de libéralisme à la Margaret Thatcher. C’est un « dérégulateur ». Il s’en prend à des entreprises qui se sont endormies. Il leur injecte une saine dose de populisme, qui fait vendre, et ravive la concurrence dans le secteur où elles sommeillaient. Curieusement, aujourd’hui ses positions sont monopolistiques. Et Internet, auquel il ne comprend rien, le fait vaciller.
Scandale en Angleterre
Berlusconi l’insubmersible ?
La fin du gratuit
Le groupe de presse de Rupert Murdoch va faire payer ses informations sur Internet. Newscorp killed the blogging star dit que la presse va suivre son exemple et que le lecteur, étant attaché à Internet plutôt qu’à tel ou tel journal, se verra offrir une sorte d’accès payant à Internet (presse) via des agrégateurs.
Mais ce modèle économique n’est-il pas trop primitif pour marcher ? La vie est toujours plus élégante que cela. Réflexions en vrac :
- Serais-je intéressé par un agrégateur ? Mon information est tirée d’un petit nombre de sources auxquelles je suis abonné, parce qu’il est désagréable de lire à l’écran, et que lire un journal organise le temps que je passe à m’informer. Le reste vient de blogs d’universitaires plus ou moins indépendants (fonctionnement de type open source). L’intérêt que je trouve à un accès à des articles Internet est le lien html. Mon blog me sert d’aide mémoire : quand je veux retrouver un article, je passe par les liens de mes billets.
- Un système d’agrégateurs aura-t-il le même effet pour la presse anglaise que pour la presse d’autres nations ? J’ai déjà accès à des bases de données de journaux, mais uniquement en anglais. Rentabilité d’un agrégateur français ? D’ailleurs un agrégateur peut-il intéresser autre chose qu’un segment de lecteurs « spécialisés » ?
- N’y a-t-il pas des usages qui se sont installés, qui ont force de loi, et qui veulent que beaucoup de choses soient gratuites sur Internet, en particulier l’information ?
- Internet presse payant peut-il être rentable ? Ne va-t-on pas voir une disparition de l’activité Internet des journaux, les derniers à proposer un contenu gratuit (type Huffington post) récoltant un lectorat monstre, et des bloggers « bénévoles » de top niveau voulant que leurs idées frappent le plus grand nombre, au moment où la diminution de l’offre conduira à une augmentation des prix de la publicité en ligne ? Ne va-t-on pas voir l’émergence d’une sorte « d’open source » de l’information (cf. Wikipedia, particulièrement efficace dans sa version anglaise) ? La bonne presse gratuite et d’opinion libre, contre la mauvaise presse payante et manipulée, du grand capital ?
- Je continue à croire que la « valeur » créée par Internet est siphonnée par le contenant : mécaniquement nous ne pouvons pas dépenser plus sur contenant + contenu que nous le faisons. Si j’ai raison, il faut que le contenant trouve un moyen de subventionner le contenu.
Compléments :
- Hadopi bis, Hadopi ter.
- La nouvelle lubie de M. Murdoch : faire payer la presse en ligne complète la discussion : les sites qui arrivent à faire payer leur contenu sont spécialisés (marché de professionnels) ; les chaînes de télé continueront à diffuser gratuitement leurs informations sur Internet (notamment la BBC).
