- Le monde est aux mains de l’idéologie du laisser-faire. L’idée de Bretton Woods, et des gouvernements d’après guerre, était la maîtrise du marché, de façon à assurer le plein emploi. C’était (aussi ?) le temps de l’Etat providence. Mais, cela rendait fous certaines personnes, Hayek et Friedman en particulier. Elles y voyaient la promesse du totalitarisme. Vieille idée des Lumières. Seule une « loi naturelle » permet la liberté humaine. (L’homme ne peut pas se diriger lui même, sans recourir à la dictature.) Et cette loi est celle du marché. Autrement dit, ces gens exigeaient, pour nous, le chômage ! (Quant à l’idée centrale du monétarisme, c’était que le marché avait, tout de même, besoin d’un coup de pouce : une politique de la monnaie judicieuse. On réintroduisait l’homme dans le système. Mais pas n’importe lequel : l’économiste éclairé, l’élu de Dieu ?)
- Mais ce ne sont pas eux qui ont eu la peau de Bretton Woods. Ce sont ses vices de conception, et le marché. C’est-à-dire nous. Autrement dit, nous avons estimé, probablement, que nous devions suivre notre intérêt à court terme et éliminer ce qui nous contraignait, plutôt que de faire un effort pour adapter le modèle de l’Etat providence aux circonstances du moment. Banalité du mal, aurait dit Hannah Arendt ?
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Economie mondiale : en piqué, commandes bloquées ?
Angleterre en difficulté ?
Apparemment The Economist confirme mon diagnostic (Double-dip trouble). Quel que soit l’angle sous lequel on regarde la situation anglaise, il n’y a pas de lumière au bout du tunnel. Fait exceptionnel, elle est à nouveau en récession, alors qu’elle aurait dû sortir la tête de l’eau si elle avait suivi le chemin des précédentes crises (y compris de la grande dépression, d’ailleurs). Et ce en dépit d’une dévaluation de la livre de 20% (et de mesures monétaires, aussi radicales que peu conventionnelles, de la banque d’Angleterre). Seul son plan de rigueur continue à suivre son cours sans encombre.
Je note aussi que l’inflation y est de 3,5%.
Les inégalités causent-elles les crises ?
Les économistes semblent divisés : la croissance récente des inégalités de fortune est-elle la cause ou la conséquence de la cause de la crise ? (Inequality and crisis: The usual suspect | The Economist)
Nouveau modèle de régulation monétaire ?
Nous avons abandonné l’étalon or il y a 40 ans, pourtant l’Europe l’a réinstauré avec l’euro. Grave erreur ? Cependant, c’est la fluctuation des taux qui rend la spéculation endémique et qui a produit notre crise. « Par contraste, il n’y a pas eu de bulle financière pour ainsi dire pendant l’ère Bretton Woods et (…) pratiquement aucune crise financière. » (Forty years on)
Gouvernements à cours de munitions
« Quand les marchés tanguaient, les banques centrales réduisaient brutalement les taux d’intérêt. Un sous-produit de cette politique a été une série de bulles alimentées par endettement ». « Une politique qui a consisté à éviter les petites récessions a résulté en la plus grande crise depuis les années 30. » « Il reste peu d’options aux gouvernements des pays riches si l’économie s’affaiblit encore. » (Running out of options)
Keynes
Analyse lumineuse de la théorie de Keynes :
- Pour les monétaristes, l’individu a une vision parfaite de l’avenir, et investit toujours de manière optimale.
- Pour Keynes l’avenir est imprévisible. L’individu amasse de l’argent pour se protéger. C’est cela le rôle de l’argent : protection contre l’incertitude. Plus elle grandit, plus il empile, et plus l’économie se rétrécit. D’où la relance keynésienne : en dépensant, l’État rend à nouveau le monde prévisible.
Attaque de la banque centrale
- La BCE n’est qu’en partie un enfant de cette mode, elle est surtout la réincarnation de la Bundesbank.
