Bulle 5G

Ce blog n’a pas toujours tort. Il dît que la 5G était une bulle spéculative, et il semble bien que ce soit le cas.

Depuis que je suis entré dans la vie active, avec la « 5ème génération », « l’intelligence artificielle va changer le monde », je ne vois que mode de management après mode de management.

Ce qui est fascinant est la capacité de nos faiseurs d’opinion, de notre élite intellectuelle auto-proclamée, journalistes, hommes politiques, meilleurs diplômés de nos meilleures grandes écoles… à les avaler sans aucun esprit critique. Et à entrer en transe. Et à n’avoir aucune mémoire.

After astronomic levels of hype, the fifth generation of mobile networks has been a letdown. What happened? And will 6G be any better?

After astronomic levels of hype, the fifth generation of mobile networks has been a letdown. What happened? And will 6G be any better?

Business Insider (@businessinsider.com) 2025-03-14T20:44:24.328Z

Guerre des talents

Un temps, on parlait de « guerre des talents ». Les talents étaient rares. Il fallait les payer chers. manifestement Elon Musk, vue sa fortune, est celui d’entre nous qui a le plus de talent.

Comment souvent, je me demande si l’on ne se trouve pas dans une situation dans laquelle le mot est juste, mais pas son interprétation.

J’étudie le savoir-faire de nos petites entreprises. Je découvre qu’il répond à des problèmes nouveaux, mondiaux, dont personne n’a idée, et que, si nous étions capables de passer de l’artisanat local à la production en série globale, le sort du pays serait changé.

Le talent est partout, il faut le réveiller ! Voilà la véritale guerre des talents !

(En fait, l’autre les avait anesthésiés.)

La Bourse ou la vie

Le Financial Times (31 octobre) : « Samsung falls short of expectations as chipmaker fails to reap AI benefits ».

Lorsque j’ai commencé à lire la presse américaine, j’ai découvert le terme « mode de management ». En fait je pensais que c’était un effet Panurge. C’est plus fort que cela : lorsqu’un mot est à la mode toute la société fait pression sur l’entreprise, par le biais de la bourse, pour qu’elle le mette à son catalogue.

l’individualisme forcené produit d’étranges effets de masse.

Candidat artificiel

Jobhunters flood recruiters with AI-generated CVs
About half of applicants are using tools such as ChatGPT to help write cover letters but without editing the language is ‘clunky’

Financial Times du 13 août

Je devrais ouvrir une agence de presse. Le FT reprend avec des mois de retard ce que l’on trouve sur ce site.

Et encore, le FT fait preuve d’une remarquable indépendance d’esprit.

Et si l’on enseignait au journaliste l’art de la critique ?

BI

Quiconque s’est intéressé à la start-up et à son business plan, sait que l’art de la levée de fonds consiste à mettre quelques termes « à la mode » dans son texte. Actuellement il s’agit « d’intelligence artificielle ». En revanche, je ne suis pas certain que le discours portant sur la « transition climatique » ait toujours le vent en poupe.

Petit à petit, je constate que ce procédé se retrouve partout, dans la presse, dans la parole politique, dans le rapport annuel de la multinationale…

Dans l’esprit de la « hype curve » du Gartner, je me disais qu’il serait intéressant de créer un indicateur mesurant l’utilisation de ces « stéréotypes spéculatifs » par un discours. Le « bullshit indicator », pour utiliser un vocabulaire technique ? Un travail pour chatgpt ?

Flop 5G

Au salon du mobile de Barcelone, l’industrie des télécoms ne cache pas sa morosité quant au développement de la 5G sur le Vieux Continent. Certains jugent que ce nouveau réseau n’a pas encore permis d’accoucher d’applications de rupture pour convaincre le grand public.

La Tribune de mercredi

Une mode de plus qui fait flop ? On est tellement blasé, qu’il faut faire un effort pour entendre la nouvelle. A quand la même chose pour l’intelligence artificielle ?

Il serait intéressant de s’interroger sur l’origine du phénomène. C’est un mal américain, mais le mécanisme de la spéculation semble très ancien. Il semble jouer sur la capacité de l’homme à croire au père Noël, en particulier lorsqu’il sert ses intérêts.

L’homme et l’artifice

Powerpoint a une fonction illustration automatique (« concepteur de création »). Comme le correcteur orthographique, c’est l’intelligence artificielle mise à la disposition du petit peuple. C’est amusant à utiliser, une fois que l’on a compris les règles du jeu.

En effet, c’est d’une insigne stupidité. Pour une raison qu’il reste à expliquer, l’illustration est une sorte d’exact envers de ce que dit le texte qu’elle est supposée traduire. Pour obtenir quelque-chose d’intéressant, il faut se réduire à un seul mot. Ou jouer de l’effet de surprise. Surtout, le système a fort peu de mémoire. Ce qui rend compliqué l’essai erreur. Du coup, il faut apprendre à jouer, au contraire, sur cette caractéristique : on peut obtenir des effets curieux, en faisant perdre au système ses souvenirs. Ensuite, comme tout ce que fait Microsoft, cela ressortit au sens de l’esthétique de Bill Gates. Comme le disent les traités d’anthropologie : la marque du fondateur sur une culture d’entreprise est indélébile.

De l’effet du marketing sur l’esprit de nos dirigeants ?

Comment gagner des millions ?

Newspace. Une idée d’Elon Musk semble-t-il. Il faut mettre des tas de satellites en orbite. Les lanceurs traditionnels sont obsolètes. Au secours la start-up ! On va désormais lancer des fusées de partout sur la planète, peut-être même d’un jardin proche du vôtre. Et même d’avions.

Est-ce très écologique toute cette consommation d’énergie, et tous ces déchets spatiaux ?

En tous cas, c’est un des secteurs qui captent actuellement le plus d’argent.

La recette de la fortune ? Trouvez le mot qui fait rêver. Intelligence artificielle, new space, Xtech… Elon Musk est le Jules Verne de notre temps ? Et le financier, le dernier des poètes ?

Changement et boussole

Il s’est produit un changement étonnant depuis que j’ai écrit mon premier livre, il y a 20 ans : une génération spontanée d’experts du changement. Désormais, on sort de l’Education nationale diplômé en conduite du changement. 

Le changement est partout, pourtant rien ne change. 

Comment expliquer, alors, avec tout ce savoir-faire, le conflit qui mine le pays, l’échec des réformes gouvernementales, et l’état de notre économie ? 

Je constate le manque de « boussole » dans le changement. Une boussole a deux intérêts :

  • Elle demande un cap. Ce cap doit être un « changement de rupture » (par opposition à « incrémental »), ce que l’on appelle aussi un « stretch goal » ou un « changement de modèle économique ». Autrement dit le changement doit être un changement : l’organisation ne doit plus être la même avant qu’après. Quand on observe de près nos changements, ils n’en sont pas. On installe tel ou tel logiciel, par exemple, mais, simplement, en espérant qu’il transformera l’entreprise. Non : la fin justifie les moyens, et pas le contraire. 
  • Ensuite la boussole guide. L’humanité semble incapable d’envisager le long terme, elle est dans l’instant présent. A chaque fois qu’elle rencontre une difficulté, elle cherche à l’escamoter. Le changement dévie de son cours, et le statu quo revient au galop. Homéostasie. La boussole rappelle le cap, et pourquoi on l’a choisi, et comment on compte l’atteindre. Et alors, miracle, le problème devient simple à résoudre. 

(Légende de l’illustration : « By Jacek Halicki – Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48106443