Blogspot en panne

Avant hier, Blogspot était en panne et avait effacé deux jours de publications.
Un enchaînement d’idées m’a fait passer de la faible qualité de service de Google (d’ailleurs qui peut mesurer celle de son moteur de recherche ?) au problème que pose son monopole, et, plus généralement, celui de toutes les entreprises des TIC (aussi bien Microsoft que Facebook, d’ailleurs).
Je ne connais pas une théorie qui approuve le monopole. Pourquoi laisse-t-on subsister des positions aussi dominantes ?
Parce que le service public n’a plus la cote et que les casser serait difficile ?
Quid du modèle Wikipédia ? Un bien commun (ici la connaissance) peut-il être apporté par la charité (de ceux qui fournissent le contenu du site et de ceux qui financent, par leurs dons, les moyens dont il a besoin) avec un minimum d’organisation ?
Wikipédia est utile, mais n’atteint pas la profondeur d’analyse du spécialiste patenté en ce qui concerne les sujets que couvrent d’ordinaire les dictionnaires. En outre le travail gratuit que fournissent les rédacteurs de wikipedia n’élimine-t-il pas des emplois de spécialistes qui auraient pu porter bien plus loin la satisfaction collective ?
Et si la situation actuelle était une variante du brevet ? Pour encourager l’inventeur, il faut lui donner un monopole momentané. Mais il doit être bref.

Kinect et Xbox

Apparemment pas mal d’Anglais se plaignent d’un dysfonctionnement lié à l’ajout d’un composant à la Xbox. (Émission hier de la BBC.) Le centre d’appel de Microsoft répondrait que le client est en faute.
Qui n’a pas eu ce problème avec un centre d’appel ? D’ailleurs, peut-il faire autrement ? Nous sommes dans l’ère de la taylorisation des services. L’employé est payé pour dépanner aussi vite que possible. Si le matériel n’est pas dépannable, il est échec et mat. Peut-il dénoncer son employeur ou mener une enquête ?
Une entreprise conçoit-elle ses services de « relation client » en fonction de l’estime qu’elle a pour son marché ? 

Microsoft et smartphone

Nouveau système d’exploitation pour « smartphone » de Microsoft. Le marché est énorme, mais Microsoft n’arrive pas à y pénétrer.
Une personne interviewée par la BBC ce matin ne semblait pas être épatée. Rien de neuf. De toute manière Microsoft n’a aucune chance de rattraper Apple, ou l’Android de Google. Il se bat au mieux pour un strapontin.
The Economist pense que Microsoft va finir par acheter RIM, qui produit le Blackberry.

Compléments :

  • Très intrigante idée : la stratégie de Microsoft a été le bundling, l’étendue d’une offre qui tuait tout adversaire qui n’en attaquait qu’une partie. Or, ce qui lui fait défaut aujourd’hui, dans le cas du Smartphone, est exactement le manque d’une telle offre. Ce bundling était-il la clé de voûte de l’édifice Microsoft, ce qui guidait son comportement ? Si oui, comment la recette a-t-elle pu être perdue ?

Dassault Systèmes et Exalead

Hasard d’une attente. Vieux numéro des Échos. Dassault Systèmes achète Exalead, 135m€, alors que la société a un chiffre d’affaires de 16m€. Priceminister a-t-il été bradé ?
Je me suis penché sur Exalead, et ses concurrents, il y a quelques années. J’en avais déduit qu’il y avait un marché intéressant pour les applications des moteurs de recherche de type Google « multi supports » à l’entreprise. La difficulté de leur vente était la prise de conscience par l’entreprise qu’il existait de tels produits, et probable nécessaire « conduite du changement » pour les implanter. Seconde difficulté : besoin de fonctionnalités Google et pas beaucoup plus.
Bref, il fallait probablement à Exalead une force de vente capable de démarcher l’entreprise. Dassault Systèmes et son marché de la CAO est évidemment un cheval de Troie. Mais ses forces commerciales ont-elles le métier et la motivation nécessaires ? Quant au prix il semble vraiment très élevé, il intègre probablement les résultats d’un développement commercial dont Exalead, seul, est incapable. D’ailleurs, il y a deux ans, Microsoft achetait Fast, un gros concurrent. Je ne suis pas sûr que c’ait été un grand succès.
Il est loin le temps où Charles Edelstenne vérifiait les achats de fournitures et où les ingénieurs de DS voulaient tout développer eux-mêmes, et où je devais me battre pour que nous signions nos premiers partenariats. Peut-être ai-je trop bien réussi ? 

Lamentable Microsoft ?

Il y a 3 ans, le patron de Microsoft déclarait que l’iPhone n’aurait « aucune part de marché significative » et qu’il préférait à celle d’Apple la stratégie de Microsoft, qui était d’équiper 60 à 80% des mobiles. Résultat actuel ? 6,8% de part de marché, en net recul. (Why Does Steve Ballmer Still Have a Job?)
Je ne peux m’empêcher de penser que la seule force de Microsoft est d’exploiter un monopole qui lui permet de vendre très cher des logiciels pour PC qu’il n’a jamais appris à programmer correctement, et que tous ses autres investissements n’ont été que gaspillages.
Je dis souvent aux créateurs d’entreprise que plus leurs débuts seront difficiles, plus leur entreprise sera durable : ils auront appris beaucoup. Microsoft, quant à lui, a réussi à s’imposer par beaucoup de bluff et un logiciel « ni fait ni à faire ». Quelles sont les compétences acquises pendant son histoire qu’il puisse utiliser aujourd’hui pour se transformer ?
Compléments :

Dangers de l’innovation

L’innovation financière fut un grand coupable de la crise, dit-on. Elle aurait poussé au crime d’une curieuse façon :
Plus l’innovation rapporte moins ceux qui en sont responsables la mettent en œuvre correctement (par exemple les gestionnaires de fonds ne se préoccupent plus d’évaluer ce qu’ils vendent mais en laissent le soin aux agences de notation). L’innovation devient un moyen d’extraire de l’argent du public. Jusqu’à ce que ça ne soit plus viable. L’innovation disparaît alors avec le forfait.
En fait, en modifiant les règles du jeu, l’innovation désorganise le contrôle social, ce qui permet de tels phénomènes de parasitisme.
La science serait-elle devenue un moyen de détrousser la société ?
Compléments :
  • Je décris quelque chose comme cela dans un livre que j’ai failli publier. La mauvaise qualité du logiciel produit à partir des années 80 (notamment de Microsoft) me semble venir de ce que le « ni fait ni à faire » était devenu la meilleure stratégie de carrière. Là aussi il y avait eu détournement d’innovation.
  • OGM, science et démocratie.