Changer, c'est imaginer le futur

Extraordinaire idée pour inaugurer le campus de l’EDHEC: faire plancher les élèves sur le futur des entreprises et de l’économie, direction 2035!

Au final, quelques excellentes idées comme:

  • Tatasoft, fusion de Tata et Microsoft
  • GGS, fusion de Google et de Goldman Sachs
  • Exxon Hydro, pour bien montrer que le pétrole ne salit pas…
Et en France, quels grands changements du côté des entreprises d’ici 2035?

BBVA : Outlook au clou, vive Gmail !

La banque espagnole BBVA a annoncé qu’elle déploierait (uniquement en interne) les applications Google (http://www.bbc.co.uk/news/business-16486796). Le coût n’est visiblement pas la motivation. BBVA espère accroître la productivité mais surtout accomplir une « mutation culturelle », notamment mieux faire collaborer les employés (élaboration de documents, vidéo conférences, etc.).

BBVA a opté pour une approche en « big bang » : les employés auront accès à leurs courriels Outlook s’ils l’estiment nécessaire mais ils passeront du jour au lendemain aux nouveaux outils. Commentaire de la directrice de l’Innovation de BBVA : « Nous ne voulons pas maintenir les anciens comportements.  Pour aller vers l’avenir, il faut mettre le passé de côté. » Et pan ! (ou bang ?) 😉

Cette adoption emblématique est la conséquence de deux tendances :
  1. Les employés, ne seraient-ce qu’à titre individuel, travaillent de plus en plus à partir de leurs smartphones, voire de tablettes. Comment collaborer si les applications ne permettent pas de travailler à partir des terminaux mobiles ?
  2. Les Microsoft et autres essaient bien de se mettre au Cloud. Mais les clients penchent d’abord pour ceux -dont Google- qui ont le nuage « dans le sang ».
Ma réflexion :
  • Les smartphones jouent le rôle de cheval de Troie d’une nouvelle informatique fondée sur le nuage.
  • Les PC apparaissent comme des dinosaures, mais aussi tout leur écosystème avec. Muter ne semble pas suffisant. La menace est celle d’une extinction pure et simple.
  • Il est très difficile d’être le leader dans une ère et de le rester dans la nouvelle.

Le changement vu par Bill GATES ou comment Microsoft micro sauve la planète!

Après avoir proposé la révolution informatique, grâce à son système d’exploitation, et fait fortune, il semble que Bill GATES cherche à sauver le monde grâce à sa fondation, créée en 2000 (l’année du supposé grand bug !) (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fondation_Bill-et-Melinda-Gates). Le projet est terriblement séduisant :

Apporter à la population mondiale des innovations en matière de santé et d’acquisition des connaissances

Bill GATES aurait doté sa fondation de 95 % de sa fortune personnelle (environ 35 milliards de dollars). Ses dons annuels seraient supérieurs aux dépenses de l’OMS ! Bigre !

Consacrer sa fortune pour éduquer et soigner est sans aucun doute, la plus noble et la plus louable des missions. Cependant, en janvier 2007, le Los Angeles Times, dans un article sévère, écorne sérieusement cette belle image.

Le quotidien s’interroge alors sur les investissements du fond de la fondation, confiés à des financiers sans instruction autre que la diversification et la rémunération. L’efficacité semble irréprochable car la fondation aurait distribué plus de 10 milliards de dollars.

L’enquête du Los Angeles Times relayée dernièrement par un documentaire sur France 2, pose la question de la nature de ces investissements qui paraissent bien incompatibles, voir en contradiction avec le but des actions menées. Ainsi les effets d’une campagne de vaccination dans le delta du NIGER ne sont-ils pas balayés par les agissements des compagnies pétrolières présentes, dont la fondation est actionnaire, qui dégraderaient quotidiennement l’écosystème des populations autochtones ?

L’amalgame entre un soutien des OGM par la fondation et ses partenariats et investissements dans une entreprise sulfureuse comme MONSANTO, n’est-il pas insoutenable ?

Pourquoi la fondation n’utilise-t-elle pas sa puissance financière pour faire évoluer le comportement des sociétés dans lesquelles elle investit ?

A quoi bon vacciner des bambins contre la polyo s’ils doivent être ensuite victimes de la détérioration de leur écosystème ?

Le projet de ladite fondation, qui paraissait si louable à première vue, finit par provoquer un certain malaise. L’objectif de la fondation ne serait-il pas finalement diabolique ? Rendre la population dépendante des monstres de l’agroalimentaire tout en les « microsoftant » ?

Le projet paraîtrait ainsi bien huilé car aucune autorité ne serait en mesure, en capacité ou en droit de réguler les choix et les actions de la fondation.

Que confirme-t il ?

Les Etats ont bien renoncé à leur rôle de protecteur et de garant de la justice sociale, englués dans le remboursement de leur célèbre dette, ils laissent libres les plus riches de la planète, tout puissants, de s’approprier la solidarité et décider, seuls et pour tout le monde, comment l’organiser, bien à l’abri dans leur belle fondation.

Google et MBA

Google gagne énormément d’argent grâce aux revenus publicitaires que lui apporte son moteur de recherche. Avec cet argent, il finance des projets qui ne marchent pas (cf. 2 précédents billets), ou qu’il ne fait pas payer (Android), ce qui est une forme de dumping.

Ça me semble être en complète opposition avec ce que l’on m’enseignait en MBA.

On me disait que le marché savait mieux allouer les revenus d’une entreprise qu’elle-même. Et, ce qui allait de pair, que le protectionnisme était un mal absolu.

On est ici dans un cas d’allocation sous-optimale typique, qui reprend le principe du protectionnisme. Google adopte la stratégie de Microsoft consistant à utiliser une position monopoliste pour tuer le processus d’innovation capitaliste. 

Microsoft et Intel : has been ?

Microsoft et Intel ne sont plus là où est l’action.
Ils essaient de combler leur retard. Microsoft, en particulier, annonce un mirifique Windows 8. (Wintel swings)
Un retour aux vieux procédés ? Pour gêner ses concurrents, Microsoft a longtemps eu la pratique d’annoncer la mise à disposition imminente de produits qu’elle ne savait pas mettre au point.
Compléments :
  • WALLACE, James, ERICKSON, James, Hard Drive: Bill Gates and the Making of the Microsoft Empire, Collins, 2005 (premier tirage en 1992).

Killer app de Google+ ?

Google+ peut-il rejouer, vis-à vis de Facebook, Microsoft contre Netscape ? Éternel problème de marketing : le nouvel entrant face au concurrent installé.

Avec Google+, plus de demande (difficile à refuser) de rejoindre le réseau d’une personne. L’effet réseau est obtenu en choisissant ceux que l’on veut informer. Ils peuvent refuser l’invitation, et qui sont ou non des utilisateurs de Google+.

Google+ permet de dire non poliment à des gens à qui on ne peut pas dire non. Donc de débarrasser son réseau « d’amis » Facebook de ceux qui ne l’étaient pas vraiment, ou ne le sont plus. (How Google+ Will Balkanize Your Social Life)
Si les réseaux sociaux peuvent être facilement piratés, pourquoi leur valorisation est-elle aussi élevée… ?

Compléments :

  • Hervé Kabla se demandait comment il se faisait que Google, ayant depuis plusieurs années les briques techniques qui lui permettait de nuire à Facebook, ne l’avait pas fait. Manque de réactivité peut-être. En tout cas, cela lui a peut-être permis de voir la faille de Facebook. (En leur temps les Japonais laissaient à un concurrent innovant le temps d’explorer une niche, avant de l’en déloger et de développer agressivement le nouveau marché. Facebook, un peu japonais ?)

Entreprise : secret de la longévité

Une entreprise serait durable si elle est bâtie sur une idée (IBM : la technologie au service de l’entreprise ; Apple : faire de la technologie la plus récente des produits simples, élégants et chers ; Amazon : faciliter l’achat), mais pas si elle est liée à un produit (Microsoft, Dell et Cisco), dit The Economist. The test of time.
Convainquant ? Pas trop. IBM doit sa survie à sa taille ; je ne suis pas certain qu’Apple puisse durer sans son dirigeant ; et Amazon n’est pas le seul à vouloir faciliter l’achat, mais est le plus gros. Et Enron était le champion de la déréglementation. Par ailleurs, Boeing est lié à un produit…
Il me semble que l’avantage de l’entreprise vient non d’une phrase, mais du « capital social » qu’elle a accumulé. C’est-à-dire de l’empilage de règles implicites qui lui permettent de s’adapter. 

Microsoft achète Nokia ?

Rumeur selon laquelle Microsoft achèterait Nokia.
Probablement sans fondement, mais pas illogique. Steve Balmer, le patron de Microsoft, est menacé de liquidation. Tenter un coup d’éclat à risque maximum est un moyen rationnel de sauver sa place dans un monde d’individualistes optimisant leur utilité. C’est ce que semble avoir fait, avec succès, Carly Fiorina, chez HP.
Quant aux politiques, dans ces situations, ils préfèrent généralement déclencher des guerres.