Métamétéo

Il n’y a rien qui change aussi vite que des prévisions météo à quinze jours. Cela peut même changer dans l’heure. Pourquoi faire des prévisions, dans ces conditions ? 

Ce qui est curieux est que les modèles mathématiques qui sont à l’origine de ces prévisions sont aussi ceux auxquels ont doit le « battement d’aile du papillon » : une incertitude microscopique a un impact macroscopique. Autrement dit, il n’est pas impossible qu’ils soient impropres à toute prédiction ! (La raison en est simple : la prévision du jour J+1 se fait en fonction du jour J. Or, le jour J est incertain.)

Au fond, nous avons maintenant une science d’individu et de marché. Chacun arrive avec son idée, son « produit », son modèle « numérique » et son ordinateur, et affirme qu’il a raison, et, c’est au « marché » de faire le tri, à Dieu de reconnaître les siens. Sauf que cela n’a aucun sens de trier de mauvaises idées.

Et si l’on en revenait à la manière dont on faisait la science quand on n’avait pas d’ordinateurs ? On constaterait à nouveau que le temps est une question de masses d’air. (Elles se repèrent par le type de nuages qu’elles produisent, et par la pression.) En conséquence, ce qui compte est de savoir quand il va y avoir changement de masse d’air. A ce moment, il y a changement de temps. Une telle science est une science d’équipe, qui est capable de descendre de sa bicyclette pour se regarder pédaler, ou, pour parler comme Platon, de sortir de sa caverne. C’est une méta météo.

Normales saisonnières

J’ai été surpris de devoir chauffer ma maison au début de l’automne. En regardant les « normales saisonnières », j’ai constaté que nous étions très au dessous. 

Température anormale ? Je me suis rappelé des rentrées d’école pluvieuses. Cela me paraissait naturel alors. Probablement, comme cette fois, nous étions victimes d’une tempête qui touchait la Bretagne. Mais, entre-temps, j’ai vécu à Paris. Et, à Paris, dans un appartement et dans un bureau, le climat ne compte pas.

La perception de la température ne correspond pas à ce que dit le thermomètre. Elle ne retient que des événements frappants. Par exemple, j’ai été surpris de voir de la neige il y a quelques années. La neige était associée à ma toute petite enfance. J’étais convaincu d’une forme de « réchauffement climatique » avant même qu’il soit à la mode. Evénement d’autant plus frappant que la neige a stoppé pendant un jour l’alimentation en électricité de mon quartier, d’où une maison quasiment à zéro, et une chaudière qui a un pépin au moment de repartir. (Coup de chance : mon chauffagiste ne partait en vacances que le lendemain.) 

En outre, la température n’est pas liée très clairement au sentiment de chaud et de froid. A 20°, il fait froid dans ma banlieue, mais pas sur les bords de mer. Et le froid dépend de l’âge. Il m’arrive maintenant d’avoir très froid, alors que la température ne me préoccupait pas quand j’étais enfant. 

Saints de glace

Je croyais que l’été était là. Mais il fait froid. Saints de glace, dit un site météo. Je me renseigne chez wikipedia, qui traite ces saints de « croyance populaire ».

Je soupçonne que Wikipédia se trompe. Le chauffage central et la voiture nous ont fait oublier l’aléa climatique. Il se peut que l’histoire des saints de glace rappelait au cultivateur qu’il ne devait pas faire mon erreur. Le printemps est un moment d’instabilité. Ce n’est pas parce qu’il fait chaud un jour qu’il ne peut pas faire froid le lendemain. Attention à vos plantations. Et cela a peut-être une explication. Il n’y a pas d’inertie thermique : la terre n’ayant pas eu le temps de chauffer, son rayonnement ne peut compenser les variations de température de l’air. On parle aussi de « lune rousse« . Lorsque l’on voit la lune, à cette période, c’est du fait d’un épisode de haute pression. Pas de nuages, pas d’effet de serre. (La lune ne serait pas rousse, mais elle serait accompagnée du roussissement de la végétation.)

Changement de météo

Vous allez voir, il va y avoir un froid de saison. Voilà ce que j’ai vu sur un site de prévision météo, à au moins deux reprises. On a eu de la pluie et du vent.

J’ai l’impression que le temps reste du même type pendant plusieurs jours, avant de changer brutalement. La météo a beaucoup de difficultés à prévoir ces changements. Du coup sa prévision consiste à dire que demain il fera le même temps qu’aujourd’hui.

Nuages et règles

En regardant le ciel, je me suis souvenu d’avoir lu dans ma jeunesse que les nuages vous disent que le temps change. Haute pression pas de nuages, ou petit cumulus. Changement de temps : cyrus, alto-stratus, stratus, strato-cumulus, éventuellement cumulo-nimbus. Et c’est reparti pour un tour, généralement par cycles de trois jours. 
Ce qui est curieux est que tout ceci est immatériel. Qu’est-ce qu’un « nuage », pour commencer ? Quelle est la frontière entre un cyrus et un alto-stratus ? Pourtant cette description nous parle, et nous donne des conseils utiles. L’univers suit des règles qui s’évaporent lorsque l’on essaie de les toucher.

Météo fiable

Un Anglais a eu l’idée de chercher à corréler des règles, généralement tirées du bon sens populaire, avec l’évolution du temps. Après quelques décennies d’effort, il semble avoir mis au point une sorte de système expert plus efficace que les prévisions des ordinateurs. (Intelligent Life, septembre / ocobre 2011, The amateur weatherman who outdoes the professionals.)

L’idée est-elle généralisable ?

Compléments :

18 février

En regardant les prévisions à 15j de La chaîne météo, j’avais noté que le 18 devait être une date de refroidissement climatique. On annonçait 1°. Puis j’ai vu la prévision augmenter jour après jour, jusqu’à atteindre 13° le 16, le 17 elle reculait, finalement le 18 on annonçait 7°.
Je me demande si le problème de la météo à long terme n’est pas celui de la prévision des changements de masses d’air, qui doit être quasi impossible. Entre deux changements, demain aura le même ordre de températures qu’aujourd’hui.