Déflation et politique du pire

Risque de politique du pire. Cela pourrait être le message de la semaine. L’Allemagne est bloquée, bloque l’Europe et le monde. Mme Merkel en est en grande partie responsable. Elle a développé une technique redoutable pour conserver indéfiniment le pouvoir. Elle dit aux Allemands ce qu’ils ont envie d’entendre. En leur faisant croire que cela vient d’elle. Or, les Allemands ne veulent pas bouger. C’est pour cela qu’ils désirent imposer des réformes au reste de l’Europe. Idem aux USA. Les Républicains vont prendre le pouvoir aux prochaines élections et réduire M.Obama à l’impuissance. Il y aurait de quoi s’entendre, mais ce n’est pas dans l’intérêt des extrémistes de chaque bord. D’autant qu’il est possible de réutiliser les techniques mises au point par le subtil B.Obama pour démolir ce qu’il a construit. Idem en Angleterre. Il serait simple de satisfaire les aspirations, modestes, de la population. Elles n’ont rien à voir avec les thèses de Ukip. Partout en Europe, c’est la même chose. « Les populistes ne vont pas prendre le pouvoir (…) Cela laisse le gouvernement entre les mains des partis traditionnels (…) Puisque la zone euro poursuit une intégration de plus en plus étroite pour survivre, cela signifie demander aux électeurs de faire confiance à des institutions qu’ils en sont venus à mépriser. »
La déflation saisit le monde. « La crainte des investisseurs semble être que le monde développé glisse dans la spirale de la déflation (…) La récente faiblesse de l’euro et du yen pourrait être un signe que ces régions exportent la déflation au reste du monde, leurs exportateurs baissant leurs prix pour prendre des parts de marché ». Parmi les conséquences : prix du pétrole en baisse accélérée. Economie mondiale faible donc demande faible et offre en hausse, de tous côtés. Au Japon, les réformes économiques dont on attendait tant de bien plongeraient le pays dans la récession.
Ailleurs, autres crises ordinaires. Les Serbes basculent dans l’autoritarisme. Mais ils organisent des défilés d’homosexuels pour donner le change à l’UE. Renversement d’alliances en Turquie. Le gouvernement lâcherait les Kurdes, devenus alliés des USA, et se rabibocherait avec les généraux, et jouerait les comparses de l’Etat Islamique. Ce dernier réinvente l’esclavage. Le pouvoir syrien est faible. Mais il ne veut pas abandonner, même pour une solution qui lui sauverait la face. Résultat : chaos probable.
L’Irlande élimine une mesure qui permettait aux entreprises (étrangères) de ne pas payer d’impôts. Mais la compense par une contre-mesure. En Inde, M.Modi voudrait rendre fiable son administration avant, éventuellement ?, de libéraliser son économie. (Ce qui me semble sage.)
Ebola. Croissance exponentielle du nombre de victimes. Il devrait atteindre 10.000 par semaine. Compliqué et coûteux (une capacité de traitement de 100.000 lits coûterait de 1 à 2md$ par mois) d’enrayer l’épidémie. D’autant qu’elle attaque en premier les systèmes immunitaires sociaux, c’est-à-dire les personnels médicaux. Il faut des centres de traitement, changer les comportements  des populations et que les vaccins dont on dispose se révèlent efficaces. Puis relever les pays touchés des dévastations subies.
L’électronique européenne relèverait (modestement) la tête « grâce à sa force dans des technologies qui conviennent bien au nouveau monde des objets interconnectés et de consommation ultra basse puissance ». Apple offre un nouveau système de paiement sans contact. Les bénéfices n’en sont pas évidents pour le marché occidental. Mais les normes pourraient être utiles aux pays en développement, où la téléphonie mobile se substitue déjà aux réseaux financiers.
Toutes les prévisions faites au sujet d’Internet étaient fausses. L’univers d’hier n’a rien de différent de celui d’aujourd’hui. « Il y a un monde entre « disruption » et destruction ». Les économistes se sont trompés. Baisser les taux d’intérêt ne stimule pas l’économie ! Ce qui le fait, c’est la perception que les choses vont bien…

Spécial indépendance écossaise

Indépendance écossaise. La classe politique anglaise veut refaire le coup du Québec, en 1995 : on promet à l’Ecosse que, si elle reste, elle aura plus d’autonomie que si elle part. Mais les Ecossais semblent amalgamer les Anglais de tous bords à des Conservateurs, qu’ils exècrent. On n’est plus dans le domaine de la rationalité. Curieusement, étant un réservoir de votes pour les Travaillistes, l’indépendance de l’Ecosse signifierait que l’Angleterre deviendrait durablement conservatrice. Par ailleurs, même si l’Ecosse ne fait pas sécession aujourd’hui, elle pourra la faire demain. Cette perspective affaiblira considérablement l’Angleterre. Quant à dire ce que serait une Ecosse indépendante… Beaucoup de dettes, une population vieillissante, un poids économique démesuré de grandes banques qui pourraient être tentées de partir… Et probablement la nécessité d’inventer une nouvelle monnaie. Une union monétaire avec l’Angleterre étant presque plus compliquée que l’équilibre périlleux de la zone euro. En fait, l’Angleterre va vraiment très mal. Après les eurosceptiques de droite, voici les écologistes de gauche. Le pays semble se disloquer…
L’UE est aux mains de Mme Merkel, comme le prouve la composition de Commission. En Suède, le centre droit, libéral, devrait perdre les élections. Croissance, mais inégalités et chômage. Le nouveau gouvernement devrait être fragile. Mais moins belliqueux à l’endroit de la Russie que son prédécesseur. Ukraine : trêve. Visiblement les efforts de M.Abe pour sortir l’économie japonaise de sa torpeur sont en train d’échouer.
M.Obama forme une coalition hétéroclite pour lutter contre l’Etat Islamique. Son opinion publique est à nouveau favorable à une guerre. Problème : la dite coalition ne tiendra pas plus longtemps que le dit Etat Islamique. Si l’on veut éviter des troubles continuels dans la région, il faudrait veiller à ce que des Etats s’y installent qui satisfassent toutes les communautés locales. M.Obama ne semble pas intéressé par ce travail. En Afrique du sud, les services d’espionnage sont à la solde du gouvernement.
On disait que les pays émergents allaient rapidement rattraper les pays riches. Ce n’est plus le cas. Leur croissance accélérée venait de la facilité moderne de construire des chaînes d’approvisionnement qui exploitaient leur main d’œuvre et leurs matières premières. Mais ils n’ont pas su se créer une capacité de production autonome. A l’exception de la Chine. Chine qui aurait acquis un savoir-faire remarquable pour accélérer le cycle de développement des produits. En copiant le plus rapidement possible les innovations des autres nations.
Apple le « world leading gadget maker » change d’identité. D’une entreprise refermée sur elle-même, il devient un écosystème. Publicité et Internet. Tout ce que l’on fait sur Internet est enregistré. Qu’on le veuille ou non. Puis on est mis dans des catégories de comportements pathologiques. Vide juridique total. Solution ? Un Internet payant qui serait non policier. Ou un mouvement populaire qui forcerait le législateur à intervenir. Netflix attaque le marché français. Mais ne compte pas y payer ses impôts. The Economist lui promet le succès de McDo. 
Les entreprises achètent leurs actions pour en augmenter le prix, quitte à s’endetter (en outre, la dette réduit l’impôt). Du coup, elles n’investissent plus. Mais, il semblerait que, sous la pression des fonds de pension, la mode change. Les banques émettent un nouveau type d’obligations. Leur particularité est de perdre toute leur valeur dès que la banque a des ennuis. Ce qui pourrait produire quelques effets pervers.

Qu’est-ce qui fait une éducation nationale efficace ? Ni le salaire, ni la taille des classes. La compétence de l’enseignement, et le dispositif qui le soutient. 

Mr Juncker und Dr Merkel

M.Juncker est président de la commission européenne. Sa désignation a fait l’objet d’une bataille, dont il n’est pas facile de comprendre les enjeux réels. 
M.Cameron s’en est pris personnellement à M.Juncker. Il avait deux griefs. Tout d’abord, M.Juncker est un fédéraliste. Or, M.Cameron pense que l’UE est une bureaucratie inefficace. Il estime que les dernières élections européennes lui donnent raison. Le peuple a exprimé un jugement sur l’Europe. Ensuite, M.Juncker est le choix du parlement européen. Jusqu’ici, le président de la commission était désigné par les chefs d’Etats. Or, pour M.Cameron, seuls eux sont légitimement élus pour prendre ce type de décision. Le parlement européen, lui, ne l’est pas. A tout ceci, M.Cameron a ajouté le chantage. Si vous ne démantelez pas l’UE, alors les Eurosceptiques vont sortir l’Angleterre de l’UE. Et ça, ça ce serait un retour à l’âge des ténèbres. L’obscurantisme français n’aurait plus de contre-poids. 
A cela, il faut ajouter que l’opinion anglaise approuve ce tissu de sophismes. En particulier, une BBC qui n’est plus que l’ombre de sa rigueur journalistique passée.
Résultat. M.Cameron s’est retrouvé isolé, seul aux côtés d’une Hongrie qui sent quelque peu le soufre, contre le reste de l’UE. En particulier, il a été lâché par ses alliés usuels. Ils ont considéré ses gesticulations malséantes. 
Que va-t-il arriver maintenant ? Probablement rien. M.Cameron voulait sans doute se faire aimer de son opinion publique. Il lui a donné un beau spectacle. Il peut lui dire qu’il s’est bien battu. En fait, seule Mme Merkel compte. Non seulement parce qu’elle dirige le pays le plus fort, mais aussi parce que l’UE est une démocratie allemande. Donc, que pense Mme Merkel ? Les journaux anglais estiment qu’elle veut une Europe libérale, comme M.Cameron. L’impuissante France, qui attend tout des autres sans avoir le courage de ne rien faire, craint probablement que ce soit vrai. Or, je soupçonne que le principe de gouvernement de Mme Merkel est le consensus. Elle veut que l’Angleterre et la France, et les autres, trouvent leur place dans une Europe qui respecte les intérêts allemands. C’est cela le modèle allemand. Si j’ai raison, elle va donc essayer de faire ce qu’il faut pour conserver l’Angleterre dans l’UE. Elle pardonnera même à M.Cameron de s’être comporté comme un ministre français.
(Un compte-rendu de l’affaire. Quant à M.Renzi n’aurait-il pas tout compris à cette logique germanique ? Il demande un aménagement du pacte de stabilité qui permettrait une relance keynésienne, sans faire perdre la face aux intégristes de la rigueur.
PS. Un complément venu de Jean Quatremer : L’Union bascule dans la démocratie parlementaire.)

Chaos, principe du capitalisme de marché ?

Irak. L’intervention américaine a donné l’Irak à des intérêts particuliers. D’où révolte du peuple. D’où terreau pour Al Qaeda. Europe. Mme Merkel a besoin de l’Angleterre pour faire pièce à la France et bâtir une Europe libérale. L’irresponsabilité de M.Cameron ne lui facilite pas la tâche. Alors, elle temporise. Avec le temps, on peut faire avaler n’importe quoi aux uns et aux autres. D’ailleurs, tout va bien en Allemagne. Le marché européen redevient porteur, la baisse de l’euro favorise les exportations, le marché domestique consomme. Le capitalisme de marché a vaincu l’Italie ? Mediobanca avait des participations dans les très grandes entreprises. Mission de reconstruction donnée en 46. Aujourd’hui, elle se retire. C’est le marché financier qui la remplace. Il en est de même dans la PME. Là, c’est un capitalisme familial qui disparaît. Ukraine. Le peuple veut nettoyer la corruption oligarchique. Mais les mêmes sont à la tête du pays. Les USA désertent Israël. Reste l’Europe. Mais l’Europe est un chaos confus. Aux USA, les Républicains vont reprendre le pouvoir. Cependant, le peuple s’en méfie. La faute à Bush. Il a fait l’envers de ce qu’il avait promis.
Le régulateur américain mène une croisade contre le financement par les banques internationales des ennemis des USA. Pour cela, il va au-delà de l’esprit des lois et inflige des peines terrifiantes. Résultat : les banques, par prudence, ne font plus d’affaires avec les pays qui auraient le plus besoin de leurs services. Le petit investisseur est bien meilleur que le grand analyste. Et cela parce qu’il a moins de pression à la conformité. Innovation chez les fonds d’investissement. Plutôt que d’acheter des entreprises, ils les reconstruisent de zéro. Les vieilles industries innovent. La destruction créatrice ne les liquide pas (cf. montres, stylos, voiliers, vêtements traditionnels, livres…). Elle en fait des niches hyper rentables et innovantes. Destruction créatrice de HP ? HP cherche de nouvelles idées pour renouveler des affaires qui vont mal. Pour l’instant, la seule certitude, c’est que 50.000 personnes ont été licenciées. Bataille de la batterie. Par l’effet d’échelle on veut abaisser massivement son coût. Destruction créatrice de l’automobile. Cependant, une grosse partie de ce coût est de la matière…
Football. La nature d’une société influe sur le succès du penalty. L’anxiété de l’échec est insoutenable pour l’individualiste. 

Une nouvelle semaine de surplace mondial

Rien ne semble pouvoir sauver le pauvre Hollande. Collé à 18% d’opinions favorables. Dommage, il fait une bonne politique. L’Espagne change de roi. Le précédent n’avait pas su comprendre les évolutions de la société. Miracle allemand sans lendemain ? Déficit démographique, que le pays ne cherche pas à compenser par le gain de productivité. Investissements en baisse, éducation peu performante… La croisade anti Juncker de M.Cameron serait-elle allée trop loin ? L’omnipotente Mme Merkel partage ses vues sur l’avenir libéral de l’Europe, mais est agacée. Il est bien que l’Angleterre veuille faire triompher ses intérêts au détriment de l’intérêt général. Mais pas qu’elle le fasse au détriment des apparences d’entente cordiale. En réalité, pour Cameron, la menace n’est pas l’Europe, on l’aime trop, mais l’Angleterre. Il y fait monter un espoir qu’il est incapable de satisfaire. Dans leur lutte contre les Russes, les Polonais, déçus par la tiédeur européenne, se tournent vers les Américains. L’Europe est-elle antisémite ?A moins de vouloir fuir les taxes françaises, The Economist estime qu’Israël demeure moins sûr que l’UE. La Chine stimule une croissance qui faiblit. Le Brésil est parvenu à stopper la déforestation par la contrainte. La contrainte marche, finalement. Fin de règne de M.Obama. Il soigne sa place dans l’histoire. Il a relâché 5 Talibans de Guantanamo, contre un Américain, passé à l’ennemi de son plein gré. La seconde partie de l’affaire n’était pas prévue. La première si. Malin. Les Talibans étaient des prisonniers de guerre. Ils auraient été relâchés quoi qu’il arrive. En outre, l’Amérique va devoir négocier avec les Talibans. M.Obama s’intéresse maintenant au changement climatique. Il promulgue des lois néfastes à la production de charbon. Réaction hostile des Etats producteurs, et des hommes politiques, y compris de son camps (ils risquent de perdre de ce fait les prochaines élections). En fait, manœuvre pour forcer les Indiens et les Chinois à suivre son exemple. D’autant que le gaz de schiste, guère plus cher que le charbon et moins polluant, est en passe d’inonder le marché américain. La croissance chinoise faiblit. Le gouvernement procède à une relance.
Et si les services secrets américains avaient infiltré la communauté Internet ? Toujours est-il qu’il n’y a pas encore de marché pour la protection des données. Comment faire du business en France ?Mettez un énarque dans votre équipe. Ses copains du gouvernement n’ont rien à lui refuser. Voilà l’histoire de Clara Gaymard et de GE, dans l’affaire Alstom. La force d’Apple ? Son écosystème de produits. Il en renforce l’interopérabilité. Les producteurs d’énergie allemands relèvent la tête. Torpillés par des surinvestissements, l’arrêt du programme nucléaire national, les subventions aux énergies renouvelables, les tribunaux pourraient leur accorder de grosses compensations. Malheureusement, ils sont en panne de stratégie. Automobile, haut de gamme japonais. Dans les années 90, on disait qu’il allait balayer le monde. Or, il a été ridiculisé par les Allemands, et même par les Anglais (aux mains des Indiens). Les Japonais n’y croient plus. Seul Lexus en a encore un peu sous la pédale.
Où il est démontré que le marché a pris le relai du public en termes d’innovation. La nanoparticule contre la bactérie ? Mieux que les antibiotiques en perte d’efficacité ? Peut-être, pour certaines applications. Mais il demeure des dangers. Le micro satellite, bâti sur la technologie smartphone est en passe de transformer l’industrie spatiale, y compris du propulseur. On fabrique des microscopes en papier, pour les pauvres. La montre mécanique innove. Comme elle se vend très cher, elle a de l’argent à investir dans la recherche.
Football. Coupe du monde au Qatar. Le Qatar aurait acheté quelques pays africains ainsi que Platini et Sarkozy. (Voilà un type de manœuvre qui serait inconcevable en Angleterre, ou aux USA.)

Contrat et égalité des sexes

Attention, ce billet n’est pas pour tous publics. Certains propos sexistes pourraient heurter la sensibilité du lecteur.

Ma vision de la femme et de l’entreprise évolue :

Dans un premier temps, j’ai constaté que la femme était l’as du changement. Elle a les vertus de l’animateur du changement. En gros, elle sait jouer sur les codes informels de la société, sur ses réseaux. « Elle a du pouvoir sans pouvoir ». (Elle peut manœuvrer un groupe humain sans en être le chef.)

Petit à petit, j’ai découvert d’autres caractéristiques. Celles-ci ne collent pas à ce que demande la vie des affaires.

La meilleure façon d’en parler est d’évoquer le stéréotype de la femme fragile et capricieuse. Curieusement, c’est une militante du MLF qui m’en a la première parlé, il y a 30 ans. Elle s’était trouvée, avec un groupe de randonneurs, dans une situation difficile. Et alors, elle s’était comportée en femme traditionnelle, que l’on doit défendre. Quant au caprice, il me semble avoir sa raison. C’est une façon efficace, mais inquiète, de tester l’affection de l’autre. Si tu m’aimes, tu dois chercher à me comprendre.

Ce comportement ne va pas avec la logique de rationalité, matérialisée par le contrat, qui est probablement le fondement du capitalisme. « My word is my bond » de la bourse de Londres, je m’engage et je tiens parole. Ce qui demande de penser vite et bien. Et d’être tenu par une forme de sens de l’honneur. La femme, quant à elle, tend à se défiler. Et, quant elle ne le fait pas, elle est en situation de faiblesse face à l’homme. Car il est mieux préparé qu’elle à cette situation par son éducation, me semble-t-il.

Tout ceci est donc probablement une question de socialisation, d’apprentissage. Et même de socialisation occidentale. Cependant, en l’état, il me semble que, dans l’entreprise, femme et homme ne sont pas substituables. A long terme, a-t-on intérêt à appliquer une « théorie des genres », qui rendrait femme et homme indistinguables ?

(Deux cas d’espèce :

  • Mme Thatcher. Je soupçonne qu’elle a eu, au moins en termes de leadership, un comportement masculin. C’est le type même du leader charismatique. 
  • Mme Merkel. Représente le leadership féminin typique ? Ce qu’une dirigeante appelait le « maternalisme » ? Peut-être défend-elle les siens ?)

Mme Merkel über alles

En lisant ce que disent les étrangers, je réalise que Mme Merkel dirige l’Europe. Le fait-elle bien ou mal, me suis-je demandé ?

Ce qui me frappe, c’est qu’elle me semble penser par elle-même. Ne déciderait-elle pas en son âme et conscience ? Elle navigue probablement selon l’intérêt de son pays, mais je ne suis pas sûr qu’elle ne prenne pas aussi en compte les intérêts des autres. Car elle ne semble pouvoir compter sur personne. Autour d’elle, c’est l’irresponsabilité. La France ? Ne tirez pas sur l’ambulance. Les Italiens ? Massacre entre amis ? Cameron ? Le cire-pompes, qui veut s’attirer les bonnes grâces de la maîtresse ? Rajoy ? L’échec honteux ? Les pays du nord ? Repli égoïste ?

Ce qui semble louable :

Moins judicieux :

  • Sa volonté de rigueur pour les autres.  Elle plonge l’Europe dans une forme de cercle vicieux déflationniste. Mais peut-elle dire autre chose que « rigueur » aux irresponsables qui nous gouvernent ? 
  • Sa politique énergétique.

L'Ukraine enrichit l'Amérique ?

Il faut sauver l’Europe de sa dépendance au gaz russe. Il faut l’approvisionner en gaz américain et irakien. Voilà le message qu’envoie de plus en plus la presse anglo-saxonne (UK urges EU to cut energy reliance on Russia, dit le Financial Times.)

La crise ukrainienne ne pourrait-elle pas tourner en une magnifique action commerciale anglo-saxonne ? S’emparer du marché de l’énergie européen, cela doit rapporter beaucoup, non ? Ne serait-il pas dans l’intérêt de l’Europe d’amener M.Poutine à arrêter de se comporter comme un irresponsable ? (Ce qui est peut être le jeu de Mme Merkel.)

Sympathie pour l’opprimé et incertitudes internationales

Imprévisibilité du changement. L’accord avec l’Iran annonce une nouvelle ère d’incertitude. Va-t-il employer ses nouveaux moyens pour attiser les conflits du moyen orient, ou pour les calmer ? The Economist estime que, de toute manière, la situation était intenable. Quant à la Chine elle multiplie les provocations contre ses voisins et les USA. Stratégie Munich ?

L’Allemand se sent pauvre. Mme Merkel va renforcer la solidarité sociale. The Economist le regrette. En Angleterre, la croissance est de retour, mais le pouvoir d’achat n’arrête pas de reculer. Et le nord n’arrête pas de sombrer. Heureusement, M.Cameron a trouvé un moyen de diviser l’Europe, afin de faire prévaloir les intérêts de son pays : raviver les différences entre l’ancienne ligue hanséatique et le sud. Curieuse France : dure à l’extérieur, molle à l’intérieur. Ayant perdu ses protections, M.Berlusconi pourrait connaître l’arbitraire de la justice italienne… Les réfugiés syriens arrivent en Bulgarie, par la Turquie. Quant à l’Ukraine, sa classe dirigeante semble particulièrement nauséabonde. Pour le moment, l’Europe a résisté à la tentation de se boucher le nez. Aux USA la fraude atteint des niveaux exceptionnels, entre 70 et 240md$ par an. A tel point que les malfrats abandonnent le commerce de la drogue pour escroquer l’Etat.
Il est de plus en plus facile d’acheter des armes de plus en plus puissantes. Les services secrets tentent de garder la trace de leurs mouvements. Et il y a un marché pour la contre-mesure. C’est bon pour les affaires. Que penser du Bitcoin, monnaie électronique qui échappe à tous les contrôles ? Il a subi des manipulations spéculatives et pourrait être remplacé par d’autres monnaies électroniques. Ce qui ne répond pas à la question. Quant au commerce de détail, il est attaqué par Internet. Pas facile de vendre, de manière rentable, des produits frais, en ligne. Va-t-il céder au « dilemme du prisonnier » ? En tout cas, il pourrait apprendre des erreurs des autres vendeurs en ligne.
L’innovation peut-elle combattre le réchauffement climatique ? Les papetiers auraient trouvé le moyen de « réduire la consommation d’énergie par au moins un quart et sa production de CO2 par plus de deux, d’ici 2050 ». « Le projet était inhabituel en ce que les entreprises ont collaboré. D’habitude elles sont en concurrence. Les papetiers sont parvenus à travailler ensemble en confinant leurs efforts à des « concepts génériques et pré concurrentiels », c’est-à-dire à des avancées sur les fondamentaux ». Le codéveloppement aurait-il le vent en poupe ? 
Comment éviter au dirigeant de « dérailler », comme M.Messier ? Peut-être, simplement, prendre conscience qu’il n’est pas un dieu. La sympathie de la société irait-elle maintenant aux opprimés ? Dans son cœur, les débiteurs semblent prendre l’avantage sur les créditeurs.

Et l’on a découvert que les tissus des êtres vivants (des dinosaures) parvenaient à se conserver quasiment indéfiniment. 

Et si le nom de notre changement était "contrôle de gestion" ?

Jadis les entreprises et les Etats dépensaient sans compter. Une bonne idée ne devait-elle pas, fatalement, les enrichir ? D’ailleurs n’était-ce pas le message de Keynes aux Etats : dépensez, cela créera de la croissance ? Mme Merkel ne veut-elle pas nous sortir de cette pensée magique ?

Or, les entreprises disposent d’un outil pour cela. Le contrôle de gestion. Il veut permettre au dirigeant de s’assurer qu’il obtient bien ce qu’il veut. Ou, plus exactement, il lui indique que ses plans ne tournent pas comme il l’avait prévu, et qu’il est temps d’agir.

Je me demande si notre histoire récente ne peut pas s’interpréter comme cela. Essayer de contrôler les conséquences de nos idées, avant qu’elles ne nous nuisent. Apprentissage de la responsabilité ?

(Cette idée m’est venue, notamment, en considérant la vie d’Henri Bouquin, un des inventeurs du contrôle de gestion moderne. C’est en s’adaptant à l’évolution de la société qu’il a produit son oeuvre, me semble-t-il.)