Vérité de l'information

Les commerces sont-ils barricadés à New York ? Il y a de longue files de votants, avec des orchestres pour les distraire, c’est sympa. Interview d’un musicien qui vit à New York, hier, par France Culture. 

Sommes-nous bien informés ? Un ami qui a vécu aux USA me disait que dès qu’il y a une manifestation en France, elle passe en boucle, et l’Américain est convaincu que la France revit 1789 (en imaginant qu’il ait entendu parler de notre révolution). On a demandé à un autre ami, aux USA, s’il était facile de vivre dans un pays musulman. Idem pour le Liban. Des Libanais m’ont raconté avoir vécu tranquillement alors que le pays était en guerre. 

Les médias sont peut être comme la médecine : seules les maladies les intéressent ? 

Je n'écoute pas les informations

J’ai remarqué que la plupart des gens que je connais me disent qu’ils s’abritent des informations. Elles sont anxiogènes.

Je suis comme eux. Sommes-nous représentatifs de la société ? En tout cas, je constate qu’il m’arrive ce que je dénonce par ailleurs : pour qu’une information me parvienne, elle doit être portée par quelqu’un de mon réseau. Et elle vient de partout sauf des principaux médias.

Les médias auraient-ils raté leur crise du coronavirus ?

La polarisation des médias français

Que représentent les médias français ? Une étude les compare aux médias américains.

Les médias américains sont fidèles à la polarisation de leur « marché ». Il y a le pôle démocrate, et le pôle Trump. Ce qui signifie gauche, droite, mais avec une droite qui l’est plus qu’avant.

En France, il y a l’élite, concentrée, et l’anti élite, atomisée. De Libération au Figaro, on pense à peu près la même chose. En dehors, il y a une nuée de médias aux noms inconnus. Ils sont contre l’élite, mais chacun à sa manière (et peut-être aussi les uns contre les autres).

(A une époque, j’ai fréquenté les journalistes. J’ai été surpris de voir que, effectivement, une carrière les faisait passer de Libération au Figaro ou à Challenge.)

L’étude de l’Institut Montaigne.

Vive les journaux

Depuis que tout est numérique, je ne suis plus informé. Je m’y perds dans tout ce bruit. Je me suis abonné à plusieurs sites d’information, mais j’efface systématiquement les mails qu’ils m’envoient. Je n’en peu plus de tout ce courier.

L’idéal, c’est le papier. Un bon journal concentre à peu près tout ce qu’il faut savoir. Ce que ne peut faire ni le journal télé ou radio, trop court, ni l’information Internet, trop dispersée.

Pourquoi ne suis-je abonné à aucun journal ? Du fait de l’influence écologiste : cela me fait mal au coeur de jeter autant de papier. (Je n’ai pas ces scrupules avec les emballages.)

Bref, pour le moment la destruction d’Internet est surtout destructive.

Etat de grâce

La presse (médias) disait que les sondages se trompaient. Puis que M.Macron avait été élu par défaut et qui’l n’y aurait pas d’état de grâce. Tout cela était faux. Et, en termes d’état de grâce, M.Macron semble atteindre des niveaux inconnus depuis longtemps. 
Faut-il croire la presse ? Aurait-elle donné dans la prédiction auto réalisatrice ? 

France Info

France Culture traversant une période de deuil, j’écoute France Info. Il y a de la vie. 
Mais cela m’a fait redécouvrir un phénomène oublié. Le traitement par les médias de masse du drame sordide. Actuellement, c’est l’attentat de Manchester. Hier, il s’agissait d’un crime familial atroce. Il se passe alors quelque-chose de typique : on parle pour ne rien dire. Comme l’information va beaucoup plus vite que l’enquête, il faut meubler les temps morts. Donc on cherche de quoi parler. On interviewe les voisins, les victimes, l’homme qui a vu l’ours, on fait des enquêtes sur la taille de la salle de spectacle, sur tout et n’importe quoi pouvant avoir la moindre relation à l’événement. 
Quel peut-être la conséquence de cet acharnement médiatique ? Rendre concret l’événement, abstrait ? Nous communiquer une saine compassion ? C’est, au contraire, une forme de voyeurisme ? Cela fait du sujet, le terrorisme et la fracture sociale, une idée fixe, qui renforce le mal ?… 
Cela mériterait une étude. 

The Economist contre Internet

Qu’arrive-t-il à The Economist ? La semaine dernière il reconnaissait qu’avoir donné le pouvoir aux hommes d’affaires était une erreur. Cette semaine, trois articles s’en prennent à Internet.
On y lit que l’usage de Facebook cause la déprime chez les adolescents : chacun n’y parlant que de ses triomphes cela renvoie le lecteur à sa médiocrité. (« L’émotion la plus fréquemment suscitée par l’usage de Facebook est l’envie. ») La relation directe, au moins, nous met en face des hommes tels qu’ils sont. On y lit aussi qu’Internet produit stress et désorganisation, avec pour premières victimes les créatifs. Tout d’abord parce que le traitement des mails prendrait un quart de la journée, en moyenne. Mais surtout parce que l’homme vit en permanence son travail. Bref, on pensait utiliser Internet au service de l’homme, et c’est le contraire qui s’est produit. « Il y a certainement des raisons d’en faire beaucoup moins – de rationner les emails, de réduire le nombre de réunions, de se débarrasser de quelques dirigeants excessivement zélés. Depuis quelques temps s’impliquer dans son travail a un retour sur investissement négatif. Il est temps d’essayer une stratégie bien plus radicale : prendre du recul. » Mais ce serait surtout en dehors de l’entreprise que la perte de productivité produite par Internet serait la plus violente. Internet a remplacé l’emploi fixe traditionnel, par un emploi précaire, peu productif. « Les auto-entrepreneurs (40% de la création d’emploi en Angleterre) travaillent plus longtemps – 6 % de plus que les employés – mais leurs revenus horaires moyens sont moins de la moitié de ceux des employés. » Internet a aussi « transformé certaines branches de l’économie – la vente de détail, la musique et l’édition, par exemple -, en grande partie en détruisant des modèles économiques existants. » « Internet, par opposition (à l’usine), semble atomiser la force de travail. En donnant un plus grand contrôle au possesseur de capital, il pourrait expliquer pourquoi les profits aux USA sont au plus haut depuis l’après guerre. »
Pour le reste, pas grand-chose de neuf. L’Egypte semble partie pour un scénario algérien. Que ce soit du côté des frères musulmans ou de celui de l’armée, l’affrontement stimule, en quelque sorte, les forces du mal. Des composants extrêmement dangereux, masqués jusque-là, s’affirment et s’affrontent. Inde / Pakistan. L’économie pousse les deux pays à s’entendre. Mais c’est tout. L’avenir ? Peut-être des « décennies de troubles – « une série de crises ponctuées par l’apathie » ». En attendant, l’Inde construit une marine de guerre moderne avec porte-avion, et sous-marins nucléaires. Israëlmodifierait sa politique d’implantation. De la Cisjordanie, elle irait vers le Néguev. Mais, une fois de plus, c’est au détriment des populations locales (Bédouins). Israël, par ailleurs, relâche une poignée de prisonniers, en signe de bonne volonté. Ce qui n’est pas suffisant pour les Palestiniens, pour qui les prisons israéliennes ont quelque-chose d’un rite de passage (« 750.000 Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes (depuis 1967) » « 5071 Palestiniens seraient derrière les barreaux, pour des actes de violence ou de subversion à motivation politique. »). Pour sa part, l’Amérique, est le premier incarcérateur mondial, loin devant la Chine. « Un Américain sur 107 était derrière les barreaux, en 2011 – le taux le plus élevé au monde – et un sur 34 était sous « surveillance correctionnelle » (soit sous les verrous, soit sous probation, soit en liberté conditionnelle). Un noir a 3,6 fois plus de chances d’aller en prison en Amérique qu’en Afrique du Sud, en 1993, juste avant la fin de l’Apartheid. » Mais le pays a décidé de se réformer. « Le coût élevé de la prison a attiré l’attention à la fois de la gauche et de la droite. » La vertueuse Suède pourrait passer à gauche. Le parti au gouvernement est pris entre une montée du chômage (8%) et un mouvement anti immigration.
L’industrie des médias commencerait à profiter d’Internet. Les revenus passeraient de « produits physiques » au numérique, téléchargement et streaming, de la vente à la location. (Remarque : aux USA, les livres électroniques représenteraient 30% des ventes totales.) Aussi, l’industrie sortirait de ses activités traditionnelles. « Les journaux entrent dans de nouveaux métiers tels que le marketing et les conférences. » Quant aux fonds activistes ils en ont après les entreprises de haute technologie, comme Apple. Pourquoi ? Parce qu’elles sont remplies d’un argent qu’elles ne savent pas utiliser. Et qu’elles ont du mal à changer assez rapidement (cf. Microsoft). Qui a tué par le glaive… ? L’Europe cherche à développer le fret ferroviaire. Pour cela, il s’agit d’aménager des « corridors » aux travers de l’Europe. Mais cela coûte cher, demande des collaborations entre Etats, et, de toute manière, le rail est moins flexible que la route. En tout cas, il semblerait que ce marché doive-t-être dominé par les chemins de fer allemands. Pour sa part, un entrepreneur américain envisagerait de construire des trains sous vides.
Et les groupes d’oiseaux n’entreraient pas en collision en se posant, parce que, grâce à leur capacité à repérer le champ magnétique, ils adoptent tous le même angle d’atterrissage. 

Les médias : abêtissement délibéré du peuple ?

Possibilité d’être interviewé par un journaliste d’une grande radio privée. Problème : on a peur d’un propos « intellectuel ».
Curieux. On ne dit pas au médecin qu’il est « intellectuel ». Pourtant il nous parle avec des mots techniques. Qu’est-ce qu’il y a d’incompréhensible et d’abstrait chez moi ? Je parle avec les mots de l’entreprise. Et dans l’entreprise je côtoie tout le monde, et j’ai l’impression d’être parfaitement compris. Et même d’être trouvé utile. Puisque tout le monde finit par me demander de l’aide. D’ailleurs, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de gens qui aient mon expérience des êtres humains.
Eh puis, j’ai entendu dire que 80% d’une classe d’âge avait le Bac. Cela ne signifie-t-il pas que l’écrasante majorité de la population peut absorber des concepts un peu compliqués ?

Nos médias nous méconnaissent-ils ? Nous méprisent-ils ? Veulent-ils nous abêtir pour mieux nous manipuler ?…