Vocation

36 quai des Orfèvre et le Conservatoire nationale de musique semblent n’avoir rien en commun. Pourtant, ils me font m’interroger sur ce qui fait le bonheur au travail et son efficacité. En effet, ils me semblent, dans ces domaines, être de grands succès.

  • Il y a probablement une logique de vocation. Paradoxalement cela tient à ce que ces lieux sont prestigieux sans l’être trop. Une profession (par exemple celle d’écrivain, de PDG de multinationale, de président de la République) qui est trop vantée attire les tocards qui noient le talent. Une profession inconnue ne tente personne. (Voilà une source de nouvelles idées pour nos scénaristes de télévision ?)
  • La formation se fait par la pratique, avec des maîtres. Le métier est ingrat et riche à la fois. L’individu est en situation de « responsabilité ». C’est, au fond, très proche de l’artisanat.
  • La dimension communautaire, de fraternité, de confrérie, pourrait compter fortement.
  • On peut faire carrière, sans rencontrer d’énarque parachuté. La vie a une histoire. Elle est franchissement d’étapes.

A suivre.

Nouvelle Calédonie

BBC World service interroge un indépendantiste calédonien.

Curieux procédé, dont j’ai déjà parlé, pour la France : la parole du gouvernement est dite, en deux mots, par le présentateur, et l’opposant a droit à une longue interview.

Ce que j’en ai retiré était un paradoxe, comme toujours : l’indépendantiste parlait anglais comme un natif, pas comme M.Macron. Mais comme un natif d’une colonie anglaise, sans que son accent soit assimilable à celui d’une autre colonie. (En anglais, tout est dans l’accent.) Comme si la Nouvelle Calédonie avait eu un passé anglais, et avait développé sa propre variante de la langue de l’occupant.

Explication ?

Soudan

Je me suis mis à écouter les nouvelles de BBC World service. Elles ne ressemblent pas à celles du service national.

En particulier, on y parle du Soudan. Ce qui est dit est effrayant. (Et je ne suis pas capable de parler de ce qui est effrayant.)

Pourquoi n’en est-il pas question dans notre presse ?

Mon hypothèse est que l’information obéit à des processus mécaniques. D’une certaine façon, le journaliste ne pense pas ce qu’il dit, pas plus que l’émetteur de la station de radio. Forme d’impuissance ?

Croyance artificielle

Generative AI is sucking up cash, electricity, water, copyrighted data. It is not sustainable. A whole new approach may be needed.

Financial Times du 6 avril

FT donne la parole aux critiques de l’Intelligence artificielle. Ou plutôt aux sceptiques. Ils sont majoritaires. Mais ils n’ont pas l’oreille des médias. (Particulièrement en France, dont les journalistes ont depuis longtemps mis leur cerveau en veille.)

Un simple constat : l’IA ne marche pas.

Le véritable enseignement de cet article, à mon avis, est que tout le monde sait que l’IA est un leurre, mais il y a tellement d’argent à placer qu’il faut bien lui trouver un emploi. Alors ce que l’on demande aux ingénieurs de la Silicon Valley, ce sont, simplement, des idées nouvelles et qui puissent être un peu crédibles. Au moins par des journalistes.

Journalisme 2.0

Electric Ink, feuilleton anglais parlant de la transformation du journalisme.

Du papier à Internet, de l’information à l’émotion. Et toujours moins de revenus, et toujours plus de sensationnel pour sortir du cercle vicieux. Le journaliste vit sous l’épée de Damoclès du licenciement. Licenciement, qui est un outil de gestion pour les puissances financières qui ont mis la main sur la presse : on n’hésite pas à licencier tout le personnel, afin de renégocier son salaire.

Voilà ce que l’on n’aurait pas le courage de dire en France.

L'immigration comme arme

« L’UE parle de l’utilisation des migrants comme arme ». Lit-on dans Politico.eu de mercredi. La Biélorussie attire des migrants venus d’Irak pour les expédier dans l’Union Européenne. Depuis l’usage de cette « arme » par la Turquie et le Maroc, apparemment tout le monde s’y met.

EU MINISTERS TALK WEAPONIZATION OF MIGRANTS: EU interior ministers meet today to address the situation in Lithuania, which in recent weeks has seen a surge of migrants, primarily from Iraq, crossing its border with Belarus — their journeys facilitated by the regime of authoritarian leader Alexander Lukashenko. 

Le plus étrange dans cette affaire est que les autres nations de l’UE semblent parler ouvertement de cette question, mais pas les médias français. Cancel culture ?

Les médias font-ils l'opinion ?

J’entendais une émission de France Culture s’inquiéter de l’émergence de C News. Contrairement aux médias traditionnels, comme France Culture, parfaitement neutres, ce serait une chaîne d’opinion. Cela sent le soufre. (Emission.)

Fox News à la française ? Mais les médias font-ils l’opinion, comme on semble le croire chez France Culture, ou est-ce l’inverse ? Si le groupe Bolloré finance cette chaîne, n’est-ce pas parce qu’il sent qu’il y a un marché ? 

Et si c’était ceux qui pensent le contraire qui avaient fait son succès ? 

Radio de gauche, télévision de droite

Il me semblait que la gauche avait gagné la bataille des médias. Un journaliste de France Culture disait le contraire l’autre jour. Cette impression fausse vient de ce que je n’écoute que la radio publique, qui est « de gauche ». Alors que la télévision serait « de droite ». 

Paradoxe du libéralisme ? Au lieu de produire, comme prévu, une société d’individus débattant vigoureusement, il en résulte des communautés qui ne s’écoutent plus ? Le grégarisme est le propre de l’homme ?