Tous coupables

Dans la crise des subprimes, y a-t-il des bons et des mauvais, comme l’affirment John McCain et les économistes ?

Je crois que s’il y eut des « bons » ils furent seuls contre tous. Comme dans les films d’Hollywood. Depuis longtemps on savait que le système était malsain. Peu de gens s’en plaignaient. À commencer par l’élite économique américaine. Selon Jacques Mistral, elle affirmait que l’industrie financière était « innovante », qu’il ne fallait pas brider cette innovation : c’est la force de l’Amérique. Cette « innovation » c’est l’escroquerie que l’on dénonce aujourd’hui.

Et pourtant on était prévenu : elle avait terrassé la très admirée Enron, la gloire de l’Amérique. Un coup de tonnerre, un drame, une tâche sur l’honneur national. Pourquoi personne n’en avait-il tiré de conséquences ? Et que dire des insolvables qui ont profité des conditions que leur faisaient les banques ? Je me souviens que quelques entreprises n’avaient pas été victimes de la folie de la Bulle Internet . Génie ? Non, maladroites. Elles n’avaient pas su lever des fonds (LDCOM, à ce qu’on disait alors). Elles avaient dû gérer sainement leurs affaires. Ici aussi je pense que ceux qui n’ont pas cédé à la tentation de la malversation n’y ont, pour l’immense majorité, pas été soumis.

Quand une armée n’avait pas été à la hauteur de leurs attentes, les Romains la décimaient. Une leçon pour les survivants. Si l’on veut que de nouvelles crises ne se reproduisent pas, c’est la nation américaine et le monde, qui doivent comprendre que leur comportement est dangereux. Désigner des boucs émissaires est contreproductif, déresponsabilisant. Il faut un apprentissage de groupe.

Compléments :

Blocage américain

Henry Paulson, ministre des finances américain et ancien dirigeant de Goldman Sachs, conduit le changement. Un plan de sauvetage du système bancaire. Il fait face à des difficultés.

Il veut retirer aux institutions financières leurs actifs les plus dangereux. Ils sont dangereux parce qu’on ne sait pas ce qu’ils valent. Je soupçonne qu’il pense que c’est ce qui fait peur au marché. Surtout cela peut amener les banques à la frilosité. Devant couvrir un risque inconnu, elles garderont leur argent plutôt que de le prêter. D’où faillites en série des entreprises les plus fragiles, rétrécissement du marché…

Un « consensus » d’économistes critique ces mesures. Ils sembleraient craindre une crise de liquidité. Mauvais esprit ? Je me demande s’ils ne craignent pas surtout une menace pour un système qu’ils croient parfait ne serait-ce les malversations de quelques-uns (qui leur ressemblent comme des frères, pourtant).

Les démocrates semblaient estimer la mesure injuste : elle va grever le budget américain, qui n’était pas brillant. S’ils gagnent les élections, plus de moyen de faire une politique sociale, rigueur financière nécessaire, mécontentement du pays et risque consécutif de victoire républicaine à mi-mandat.

Mais c’est une coalition de Républicains qui a fait capoter l’affaire. Au grand désespoir du Président Bush. Est-elle le porte-parole d’une Amérique d’en bas qui trouve injuste de gaspiller son agent pour sauver quelques escrocs ? Une Amérique d’en bas qui a la sollicitude de John McCain? Il n’a, bien sûr, rien à voir avec ce mouvement.

Le changement révèle les idéologies des uns et des autres, ce à quoi ils croient le plus, leurs ambitions. Le risque ? C’est qu’ils n’en démordent pas. C’est la surdité. C’est que l’individu fasse passer son intérêt avant celui du groupe. C’est le dilemme du prisonnier de la théorie des jeux. C’est ce qui est arrivé à la France de l’avant guerre de 40. Voilà pourquoi un changement ne peut pas passer en force.

Comment se tirer d’affaires ? « Ordinateur social ». C’est un mode de négociation, qui n’est pas une négociation, parce qu’on ne cherche pas un compromis, mais l’unanimité, et ce rapidement. Pourquoi ? Parce que si chaque parti est honnête, ses raisons représentent une part de la vérité. Elle doit figurer nécessairement dans la solution aux difficultés du moment. Et s’il y a des malhonnêtes ? Leur argumentation ne tiendra pas. Ils seront alors sous la pression de la réprobation publique, qui est insoutenable. Ce qui fait l’ordinaire de la résistance au changement, le « lien social », est ici la meilleure arme du changement.

Il y a dans les forces qui sous-tendent la société, des mécanismes qui permettent le changement. Conduire le changement, c’est apprendre à les utiliser. Je pense que la démocratie américaine l’a compris depuis longtemps.

Compléments :

Obama rend fou ?

John McCain partirait-il perdant ?

Le candidat McCain arguerait de la crise actuelle pour ne pas débattre avec son adversaire Obama. Ce dernier semble surpris : en période de difficultés, la nation n’attend-elle pas des explications ?
McCain refuse l’affrontement ? Depuis le début de la campagne, il se comporte bizarrement. Il semble avoir renié les opinions qui en faisaient un Républicain modéré. En choisissant Sarah Palin il aurait joué la tactique de Nixon, tentant de diviser l’Amérique. Matthew Yglesias (on trouve un lien vers son blog sur celui-ci) lui reproche de parler sans arrêt de son passé héroïque…

L’homme s’enferme facilement dans des interprétations dangereuses, qu’il est incapable de remettre en cause. Ça le conduit dans une spirale qui peut lui être fatale. Le dirigeant est souvent victime de ce mal : il se croit à tort incompétent. Et il prend des décisions d’incompétent. Pour le plus grand désagrément de ceux qui dépendent de lui.

Et si McCain se demandait comment il peut affronter Obama à la loyale ? Certes Obama est extrêmement brillant. Mais, après tout, John McCain est un homme estimable. Il a 72 ans, il a beaucoup vécu. Tout ceci n’est quand même pas réduit à néant par le simple talent de Barak Obama !

Compléments :

  • Sur le surprenant comportement de John McCain, et sur la stratégie du président Nixon : Obama ou McCain ? et Amérique: intello contre bouseux.
  • La prédiction auto-réalisatrice dont il est question ici : Hara-kiri.
  • Si McCain était un bon négociateur, il saurait qu’avant d’affronter un autre négociateur il faut se construire une certitude en béton sur sa force. Ce qui signifie trouver où elle se situe. FISHER, Roger, URY, William L., Getting to Yes: Negotiating Agreement Without Giving In, Penguin, 1991.
  • Sur les raisons qui font que l’on parle des ses exploits passés lorsque l’on est mal en point, l’exemple du polytechnicien : A lire absolument II.

La finance mondiale mord la poussière

Effondrement de banques américaines. Des géants à la taille presque inconcevable disparaissent du jour au lendemain. La part des profits des entreprises américaines réalisée par les institutions financières est passée de 10 à 40% en un quart de siècle. Ce qui donne une idée de l’ajustement en cours.

Je crois toujours que le risque de crise est lié à « l’aléa moral » (les rats quittent le navire – Crises et risque) et que le moyen de le combattre est la solidarité. L’intervention massive de l’État américain paraît donc intelligente, de même que ce qui semble un effort des banques mondiales de construire un fonds de solidarité.

John McCain, fidèle à sa stratégie populiste, a dénoncé l’appétit du lucre des financiers, qu’il fera payer pour leurs crimes, et son adversaire comme ayant profité de leurs largesses. Que le lucre soit au cœur de la pensée du monde des affaires (favorable à McCain), et que McCain soit immensément riche, n’entrent pas en ligne de compte. Obama semble lui avoir joint l’utile à l’agréable : il soutient George Bush, à contre courant, mais a attiré l’attention du public sur le sort des défavorisés. À tout problème, il y a une solution honorable et efficace. Encore fallait-il la chercher.

Il me semble aussi que « punir les coupables » n’est pas une option (Comment faire payer le banquier ?), pas plus qu’un contrôle policier. Que la crise capitaliste est une conséquence d’une société où le lien entre hommes s’est distendu, laissant l’individu seul face à des problèmes qu’il ne sait pas gérer (Société Générale et contrôle culturel, Combattre la perfidie).

Je serais incohérent avec moi-même si je pensais possible la recréation des communautés de jadis. Le changement doit s’inscrire dans les règles d’une société. Et nos règles sont individualistes. C’est pourquoi Internet et le Web 2.0 sont de bonnes nouvelles. L’ingénieur, l’idéal type de l’individualisme, est en train de la redécouvrir dans ses équations. Il lui sera d’autant plus attaché qu’il pensera l’avoir inventée.

Compléments :

  • Mes statistiques sur les profits des financiers viennent de What next ?, The Economist du 20 – 26 septembre.
  • J’ai entendu les déclarations d’Obama et McCain aux nouvelles de RFI de ce matin.

Amérique: intello contre bouseux

The Economist reprend (indépendamment) mon analyse L’Amérique segmentée. On y apprend que Nixon a eu la géniale idée de monter une partie de l’Amérique contre l’autre pour se faire élire. McCain doit espérer les mêmes miracles. Explication de propos apparememnt stupides (ils désespèrent The Economist) : ils seraient destinés à l’Amérique profonde ?

Il y a même dans cet article un équivalent de mon « peuple le plus bête du monde » :

effectivement beaucoup de libéraux regardent de haut l’Américain au ras des pâquerettes, le considérant comme un imbécile à la bouche pleine de chicots, étrangement beaucoup d’Américains au ras des pâquerettes leur en veulent pour cela.

D’où l’efficacité de Sarah Palin. Elle rend folle l’Amérique intellectuelle. Ce qui pousse la dite Amérique intellectuelle à des critiques qui insultent l’Amérique éternelle.

Quant à Obama. Un livre cité par The Economist conclut qu’il est « juste comme tous ceux de Washington (un politicien comme les autres) ». Le plus conventionnel des démocrates. Son arme ? Les subtilités du droit. Pas les urnes. Il a gagné la candidature démocrate au Sénat en éliminant ses adversaires par des subtilités juridiques. On ne se change pas : il est éditeur de la revue de droit de Harvard, où il a obtenu sa thèse avec la plus haute distinction. Appui à un ancien billet (Homme politique et changement) : un processus de sélection ne sélectionne pas le meilleur, mais celui qui sait en contourner les règles ?

Le seul qui s’en tire dignement est George W. Bush. La critique du Président Bush est la tactique favorite de John McCain. Mais Georges Bush continue à le soutenir de bon cœur et a éviter tout ce qui pourrait l’embarrasser. Et à gouverner le pays en bon gestionnaire (billet suivant).
George Bush, honnête homme victime de ses fréquentations ? (Neocon)

Richard Milhous McCain et Here’s looking at you, kid. Deux articles de The Economist du 20 – 26 septembre.

Où l'on reparle des élections américaines

Je tombe par hasard sur un billet d’un blog de The Economist (Democracy in América) : A revitalised campaign (10 septembre). Il semble arriver à la même conclusion que moi (Sarah Palin, la parole est à la Défense) :

Dites ce que vous voulez sur Madame Palin, mais McCain a fait un choix politique habile. Les membres du parti, autrefois désabusés, sont maintenant d’enthousiastes McCainiaques.

Bizarrement, l’argument Ronald Reagan est aussi évoqué. Les orphelins de Ronald Reagan (qui semblent nombreux), se reconnaissent en Sarah Palin.

Sarah Palin et The Economist

Un commentaire fait à un article de The Economist (qui s’est perdu dans une masse d’autres !)

I am asking myself a few questions:
The economist said last week that McCain looked like Bush 3. Worse: he contradicted himself. But is there a correlation between what a candidate says and what he does when elected? Don’t you think he is just trying to get elected? And that contradicting oneself is the name of the game?
You seem appalled by Sarah Palin (cf. also Democracy in America’s comments on her first speech). But don’t you think she just puts off intellectuals?
What about ordinary American people? I don’t know how they are affected by the current recession. But it may be tough. And there is worse. A lot of things seem wrong in America: its elite? Financial crooks?; President Bush; Irak… Are America’s core values wrong? Everything ordinary people believe in seems to crumble. There is no light at the end of the tunnel.
Both candidates speak of change. But don’t you think that before being willing to tackle any change, you need some kind of belief in yourself? I am wondering whether this is not what Sarah Palin is bringing to the USA. I am also wondering whether this is not what Ronald Reagan has brought to this country.

Les étapes de la réflexion précédentes : Obama ou McCain ?, Inquiétante Palin, Sarah Palin, la parole est à la Défense et Homme politique et changement

Sarah Palin, la parole est à la Défense

Sarah Palin, Ligne Maginot des USA ? Ma précédente note sur Sarah Palin (Inquiétante Palin) est une faute professionnelle. Regardons l’Américain moyen. Il est inquiet. Rien ne va bien.

Je ne sais pas trop ce qui se passe aux USA. Mais je peux imaginer que l’Américain est pris entre l’inquiétude personnelle de perdre son emploi, alors qu’il est surendetté, et une perte de confiance dans des valeurs qui comptent peut-être plus que sa vie. Explications :

  • Les bulles ne sont pas que spéculatives. Chacune signifiait le triomphe de l’Amérique (La Nouvelle économie a été vue comme un nouveau Millénarisme). On croit à tort qu’il s’agissait d’argent. Pas du tout. La victoire d’un capitalisme mondialisé, pour l’Américain, c’est la paix et la prospérité pour tous, la fin de la barbarie. Un monde meilleur. Or, que découvre-t-il ? Que des escrocs ! L’élite du pays a manipulé ces mêmes idéaux pour abuser le petit peuple.
  • Le Président Bush ? Manipulé. La guerre d’Irak ? L’Amérique, qui croyait libérer un peuple de la dictature et lui apporter la démocratie, cause son malheur et se fait haïr. Et si la réelle raison de cette guerre était quelques intérêts privés ?

Que peut comprendre un Obama à ces misères quotidiennes, à ces inquiétudes ? Imperceptibles. Il ne voit que les grandes injustices, les causes nobles et immenses, seules dignes d’un esprit supérieur. Son vocabulaire est-il, même, compréhensible ? Arrive Sarah Palin. Que dit-elle ? Que l’Américain doit faire confiance aux valeurs de ses pères.

De là, je vois deux interprétations à l’attitude de l’Américain.

  1. La « Maginite ». Le gouvernement français disait à son peuple « vous pouvez dormir tranquilles, nous sommes bien défendus » (un film de 1939). Ce qui a fait du Prix de l’excellence de Peters et Waterman un énorme succès ? Il affirmait que l’entreprise américaine était extraordinaire. Alors que les Japonais lui taillaient des croupières.
    Homme politique en période d’incertitude : assurez le monde que tout va bien, vous gagnerez les élections !
  2. Besoin de retrouver des repères pour affronter, avec courage, le changement. Ces repères ? Un peu d’assurance que les valeurs fondatrices du pays ne sont pas pourries. C’est probablement ce qu’a apporté à l’Amérique le Président Reagan qui, vu de loin, a beaucoup en commun avec Sarah Palin.

Finalement, coup de génie de John McCain ?

La citation vient de LABORIE, Pierre, L’opinion française sous Vichy, Seuil, 2001.

Inquiétante Palin

The Economist trouve les capacités de décision de McCain préoccupantes. Il aurait choisi sa vice-présidente en 15 minutes. Son équipe découvre qu’elle n’est pas ce qu’elle lui paraissait.

Pourquoi l’a-t-il préféré à de grands hommes d’états ? Parce que tous étaient favorables à l’avortement, elle non. Elle le prouve dans sa vie privée : une fille de 17 ans enceinte (célibataire), une petite dernière atteinte du syndrome de Down (ou trisomie 21 – relativement fréquente chez les enfants de femmes âgées). Voilà ce que veut l’Amérique traditionnelle ? Sans se demander si le gouverneur Palin ne ferait pas mieux de s’occuper sérieusement, traditionnellement, de sa famille, plutôt que de jouer à la politique.Pire :

(elle) ne voit aucune influence humaine dans les changements climatiques en cours, aucune raison de remettre en cause les forages pétroliers dans les zones protégées. L’ordre naturel, et la place de l’homme en son centre ont été fixés une fois pour toute par ce créationnisme qu’il conviendrait d’opposer dans les écoles à l’évolutionnisme honni.

Rappel des théories des philosophes anglais des Lumières (Droit naturel et histoire) : c’est l’homme qui donne à la nature tout ce qu’elle a de bon ? Tout ce qu’il fait est bien. Pas d’effet de serre, ou de bombe atomique ici. (L’homme en question est probablement « l’élu », Palin.)

Et John McCain pense qu’une personne figée dans une idéologie du 17ème siècle va être un leader du changement dont il se fait désormais le champion ? La proximité du pouvoir ferait-elle perdre tout sens commun au futur « commandant en chef » ?

Compléments :

  • La citation vient de : FENOGLIO, Jérôme, Portrait d’une Amérique figée, Le Monde.fr, 7 septembre 2008.
  • The woman from nowhere, The Economist, 6 – 12 septembre 2008.
  • Sur les dangers de l’idéologie pour le leader du changement : Dangereux Adam Smith.

Obama ou McCain ?

Phyrezo m’expédie une phrase d’Obama qui illustre les idées fixes de ce blog. Ça m’amène à me poser la question : que penser de ces élections ; pour qui voter ? Ce qui ressort d’un bien mince vernis culturel :

  • Aucun parti n’a la « bonne solution », ce qui fait qu’une démocratie fonctionne, c’est une confrontation d’idées. Un mauvais choix peut être corrigé par l’alternance des partis. Ou parce que l’un tend à emprunter à l’autre. De toute manière le pouvoir présidentiel est beaucoup plus faible aux USA qu’en France. Et le Président, souvent choisi pour son rayonnement, y écoute ses conseillers, choisis pour leurs compétences.
    Certes, mais pour beaucoup le précédent choix était une erreur, et il serait bien de ne pas persévérer…
  • L’image traditionnelle des partis américains : d’un côté le démocrate est un grand bourgeois, un intellectuel pétri de bons sentiments, mais coupé de la réalité ; de l’autre le Républicain, même s’il est riche, est proche des valeurs de l’Amérique profonde (c’est typiquement Clint Eastwood).
  • Obama est la caricature du démocrate. Sa force, évidemment, c’est son charisme. Il parle bien. Mais est-ce suffisant pour bien diriger un pays ? On lui reproche son inexpérience et son arrogance. Et s’il se mettait à penser qu’il est le seul à avoir raison ? Va-t-il avoir la souplesse et la diplomatie qui sont l’essence de la politique ? Il semblerait qu’il soit considéré comme une « start up » par la Silicon Valey : de grosses chances d’échec, mais s’il réussit ce sera énorme ?
  • Quant à McCain, il était originellement très à gauche des Républicains. Depuis il est parti à l’extrême droite. En reniant beaucoup de ce qu’il avait dit avant. Son image d’homme droit et intègre a été écornée. The Economist, pourtant fervent supporter, est inquiet : « Tout cela sonne trop comme Bush 3 ». McCain rappelle George Bush, la détermination en plus. Il semble disposé à régler les différends internationaux par la force (l’Iran) ; il va certainement creuser un déficit déjà très préoccupant ; ses positions morales sont extrêmes.

Conclusion ? On juge l’ouvrier au pied du mur. Il est impossible de savoir ce que peut donner un homme dans une situation qu’il n’a pas rencontrée. Rien de ce qui arrive dans un changement ne peut être prévu.
Par contre, il semble probable que la conjoncture internationale ne va pas s’apaiser. Plus que jamais, je crois que le Français doit prendre son sort en main. (Martin Hirsch : leçon de changement)

Compléments :